Iran: trois morts dans des émeutes contre le régime au milieu d'une grave pénurie d'eau

Des manifestants allument des feux au niveau d'une autoroute à Behbahan, au Khouzestan, alors que les manifestations contre la pénurie d'eau se propagent. (Photo, capture d'écran d'Iran International)
Des manifestants allument des feux au niveau d'une autoroute à Behbahan, au Khouzestan, alors que les manifestations contre la pénurie d'eau se propagent. (Photo, capture d'écran d'Iran International)
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Publié le Jeudi 22 juillet 2021

Iran: trois morts dans des émeutes contre le régime au milieu d'une grave pénurie d'eau

  • Un officier de police figure parmi les tués lors d'une semaine de manifestations et d'émeutes dans le Khouzestan en proie à la sécheresse
  • Le hashtag «J'ai soif» en arabe envahit les réseaux sociaux pour attirer l'attention sur le sort de cette province qui abrite une importante minorité arabe sunnite

DJEDDAH: Au moins trois personnes ont été tuées, dont un policier, dans un contexte de tensions et de manifestations déclenchées par la pénurie d’eau dans la province du Khouzestan, au sud-ouest de l’Iran.

L’officier de police a été tué dans la ville portuaire de Mahshahr lors d’«émeutes», selon Fereydoun Bandari, gouverneur par intérim du comté.

Une "jeune personne" a aussi été tuée par des "émeutiers" et 14 policiers blessés à Izeh, dans la même province, selon le gouverneur local, Hassan Nobovati.

Un manifestant avait été tué à Chadégan, lors de rassemblements vendredi dans cette ville à 70 km à l'ouest de Mahshahr, abattue par "des opportunistes et émeutiers".

Le « peuple du Khouzestan est entrain de manifester chaque nuit, des protestations qui se poursuivent depuis des années » a écrit le journal réformateur, Arman-e Melli.

Ces derniers jours, des médias émettant depuis l'étranger ont montré des manifestations, violemment  réprimées par les forces de l'ordre, à Ahvaz, Hamidiyeh, Izeh, Mahshahr, Chadégan et Susangerd.

Les vidéos montrent des centaines de personnes marchant en scandant des slogans anti-régime, entourées par la police anti-émeute. Dans certains, il y a le bruit des coups de feu.

Le journal réformiste Etemad a déclaré que le hashtag "J'ai soif" en arabe était à la mode sur les réseaux sociaux pour attirer l'attention sur le sort du Khouzestan. Le Khouzestan abrite une importante minorité arabe sunnite, qui s'est souvent plainte d'être marginalisée.

En 2019, la province était un l’épicentre de manifestations antigouvernementales qui ont également secoué d'autres régions d'Iran.

"Il y a eu des signes de protestations et de troubles dans la province il y a longtemps, mais les responsables, comme toujours, ont attendu la dernière minute pour y répondre", a déclaré Etemad.

Le régime de Téhéran a envoyé une délégation de vice-ministres au Khouzestan la semaine dernière pour remédier à la pénurie d'eau. Mercredi, la télévision d'État a montré une longue file de camions-citernes qui appartenaient au Corps des gardiens de la révolution islamique, un jour après que les camions de l'armée eurent fait de même.

Au fil des ans, les canicules estivales torrides et les tempêtes de sable saisonnières ont asséché les plaines autrefois fertiles du Khouzestan. Les scientifiques disent que le changement climatique amplifie les sécheresses.

Le président Hassan Rouhani a déclaré ce mois-ci que l'Iran traversait une sécheresse "sans précédent", avec des précipitations moyennes en baisse de 52% par rapport à l'année précédente.

Ce mois-ci, des pannes d'électricité ont commencé à Téhéran et dans plusieurs autres grandes villes, en partie à cause de ce que les autorités décrivent comme une grave sécheresse et une augmentation de la demande d'électricité. Les précipitations ont diminué de près de 50 % au cours de l'année écoulée, laissant les barrages de production d'énergie hydroélectrique avec des réserves d'eau en baisse.

Les problèmes d'eau ont fait descendre des manifestants en colère dans les rues en Iran dans le passé. "Alors que près de 5 millions d'Iraniens au Khouzestan n'ont pas accès à l'eau potable, l'Iran ne respecte pas, ne protège pas et n’applique pas le droit à l'eau, qui est intimement lié au droit au meilleur état de santé possible", a déclaré le groupe Human Rights Activists en Iran.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.