Chine: un patron contestataire condamné à 18 ans de prison

Critique régulier des politiques rurales, Sun Dawu (en photo) demande que les agriculteurs soient davantage libres de s'organiser pour protéger leurs intérêts économiques. (Photo, AFP)
Critique régulier des politiques rurales, Sun Dawu (en photo) demande que les agriculteurs soient davantage libres de s'organiser pour protéger leurs intérêts économiques. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 29 juillet 2021

Chine: un patron contestataire condamné à 18 ans de prison

  • Sun Dawu est à la tête d'un immense empire couvrant l'élevage, la santé et le tourisme
  • Le milliardaire avait critiqué avec véhémence les autorités pour leur gestion de la pandémie

PÉKIN: Le milliardaire chinois Sun Dawu, qui émet régulièrement des critiques contre le pouvoir, a été condamné à 18 ans de prison pour une série d'infractions et de malversations, a annoncé mercredi un tribunal. 

Le procès de ce médiatique patron autodidacte de 67 ans, dirigeant d'un groupe spécialisé dans l'agriculture, était jugé par ses défenseurs comme emblématique de la manière dont le régime communiste perçoit les puissants magnats du secteur privé.

Selon un communiqué du tribunal populaire de Gaobeidian dans la province de l’Hebei (nord), où il était jugé, Sun Dawu a été condamné à 18 ans de prison et à une amende de 3,11 millions de yuans (405 000 euros).

Cette lourde peine est justifiée par une longue liste de condamnations pour "exploitation minière illégale", "occupation illégale de terres agricoles", "entrave à la fonction publique", "rassemblement d'une foule en vue d'attaquer des organes de l'Etat" ou encore "provocation aux troubles".

Cette dernière accusation, à l'intitulé vague, est souvent utilisée contre les opposants.

Le magnat de l'agroalimentaire, des membres de sa famille et des employés avaient été interpelés fin 2020 à la suite d'un conflit foncier avec une exploitation agricole étatique de l’Hebei.

Sun Dawu avait fondé le groupe Dawu en 1984 comme une entreprise familiale d'élevage de poulets et de cochons. Il l'a depuis transformée en un immense empire couvrant également la santé et le tourisme. 

C'est l'une des entreprises phares du secteur agricole dans le nord de la Chine. Elle a également ouvert des écoles et des hôpitaux.

Franc parler

La sentence est l'une des plus lourdes prononcées ces dernières années par la justice chinoise à l'encontre d'un critique du pouvoir. Elle égale celle infligée l'an dernier à un autre richissime patron, Ren Zhiqiang, condamné pour corruption.

Surnommé "le Canon" pour ses diatribes contre le pouvoir, M. Ren avait osé comparer le président Xi Jinping à "un clown" pour son rôle dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

Connu pour son franc-parler, Sun Dawu avait, lui aussi, critiqué avec véhémence les autorités pour leur gestion de la pandémie.

Il s'était déjà fait remarquer en 2019 lors d'une épidémie dévastatrice de peste porcine dans le pays, à l'origine de l'abattage de millions de têtes. Il avait publié en ligne des photos de cochons morts pour alerter les médias et accusé les responsables locaux de laxisme face à la maladie.

Critique régulier des politiques rurales, Sun Dawu demande que les agriculteurs soient davantage libres de s'organiser pour protéger leurs intérêts économiques.

Signe de la sensibilité de son procès, une forte présence policière était visible aux abords du tribunal, selon une vidéo partagée par son avocat.

Le procès "a violé les normes judiciaires et les droits de l'accusé n'ont pas été garantis", a estimé ce dernier dans un communiqué.

Sun Dawu avait eu ses premiers démêlés avec la justice en 2003.

Il avait alors été condamné à quatre ans de prison avec sursis pour "collecte illégale de fonds" après avoir été reconnu coupable d'avoir récolté 13 millions de yuans (1,7 million d'euros au taux actuel) pour son entreprise, sans autorisation de la banque centrale.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.