Face à la crise, un sous-traitant d'Airbus mise sur les bagages de luxe

Dans ce bureau sont exposés aussi bien un meuble pour avion que les premières productions de la nouvelle société ST Luxury : un coffret à montres dont le prix se situe aux alentours de 5 000 euros ou une valise à quelque 9 000 euros. (AFP)
Dans ce bureau sont exposés aussi bien un meuble pour avion que les premières productions de la nouvelle société ST Luxury : un coffret à montres dont le prix se situe aux alentours de 5 000 euros ou une valise à quelque 9 000 euros. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 29 juillet 2021

Face à la crise, un sous-traitant d'Airbus mise sur les bagages de luxe

  • «Avant la crise, notre production était exclusivement dédiée à la fourniture de pièces et de sous-ensembles composites permettant par exemple d'aménager les cabines des avions»
  • Confronté depuis mars 2020 à une baisse de 50 à 60% de son chiffre d'affaires, qui était de quelque 3,2 millions d'euros avant la crise, ST Composites a décidé de concrétiser ce projet de diversification

LABEGE: Touché par la crise du secteur, un sous-traitant français d'Airbus se diversifie en produisant des bagages de luxe avec "la technologie de l'aéronautique" et le "look vintage" de l'Aéropostale dans l'espoir d'attirer une clientèle de propriétaires d'avions privés.


"Avant la crise, notre production était exclusivement dédiée à la fourniture de pièces et de sous-ensembles composites permettant par exemple d'aménager les cabines des avions", explique Stéphane Trento, PDG de ST Composites.


Désormais, cette activité coexistera avec la maroquinerie de luxe, permettant de garder les 30 salariés de l'entreprise, précise-t-il dans son bureau de la banlieue de Toulouse (sud-ouest de la France), non loin de là où était basée il y a près d'un siècle l'Aéropostale dont Antoine de Saint-Exupéry fut un des pilotes.

Très haut de gamme 
Dans ce bureau sont exposés aussi bien un meuble pour avion que les premières productions de la nouvelle société ST Luxury : un coffret à montres dont le prix se situe aux alentours de 5 000 euros ou une valise à quelque 9 000 euros.


M. Trento souligne le "look résolument vintage rappelant les carlingues d'antan" de ces bagages qui doivent être commercialisés avant la fin de l'année.


"Dans la structure même des bagages nous allons avoir des pièces en composite, issues des mêmes outils, des mêmes moyens de production" que celles destinées à l'aéronautique, poursuit-il.


Au lieu d'Airbus ou Dassault, ses nouveaux clients pourraient être des "passionnés de l'aéronautique" ou de "l'histoire de l'Aéropostale" dont "des gens qui ont acheté des jets privés".


Ces clients auront la possibilité de "personnaliser" leur achat: "Ils pourront, par exemple, demander qu'une pièce comme celle-ci soit en or 24 carats", dit M. Trento, montrant une petite pièce métallique.


Confronté depuis mars 2020 à une baisse de 50 à 60% de son chiffre d'affaires, qui était de quelque 3,2 millions d'euros avant la crise, ST Composites a décidé de concrétiser ce projet de diversification dont la conception a commencé il y a quelques années.


Deux millions d'euros ayant notamment servi à acheter deux robots et une imprimante en 3D ont donc été investis dans ce projet, auquel l’État a accordé une aide de quelque 800.000 euros dans le cadre du plan de relance. 


Une campagne de financement participatif visant à recueillir 400 000 euros pour ST Luxury a également été lancée.

Fibre de bambou 
Cette diversification comprend aussi des travaux de recherche visant à remplacer des produits chimiques utilisés dans l'aéronautique par des produits d'origine naturelle.


Ainsi, la fibre de bambou va remplacer la fibre de carbone utilisée dans l'aéronautique. Et, à la place des résines d'aujourd'hui, ST utilisera des résines "bio-sourcées" ne faisant pas appel aux habituels composants chimiques.


Stéphane Trento et son responsable des programmes, Thomas Couach, espèrent que ces recherches permettront à terme d'utiliser aussi dans l'aéronautique ces "composites écoresponsables".


En outre, d'autres matériaux, en particulier plastiques, devront être remplacés pour tenter d'atteindre à terme le "zéro déchet".


Dans un des ateliers, un opérateur montre une sorte de doublure en silicone susceptible de remplacer plusieurs films en plastique servant à envelopper une pièce. "Ce changement va aussi simplifier mon travail", note-t-il.


D'autre part, ce "luxe nouveau", comme l'appelle M. Trento, "s'interdit l'utilisation, même si des clients nous le demandaient, de cuirs exotiques". 


"Il n'est pas question pour nous de d'élever et tuer des crocodiles uniquement pour faire un sac. Ce sont des cuirs, de veaux ou autre, éventuellement imprimés avec un +motif crocodile+, mais pas des cuirs exotiques", précise-t-il.


M. Trento souligne enfin sa volonté de limiter les transports inutilement polluants: "Ces objets ne vont pas faire le tour du monde avant d'être montés" car la dizaine de sous-traitants avec lesquels il travaille se trouvent en Occitanie, voire en Haute-Garonne.


Le verrier Arc demande son placement en redressement judiciaire

 Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché. (AFP)
Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché. (AFP)
Short Url
  • Ce groupe bicentenaire, qui emploie encore 3.500 salariés à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de nombreux plans de refinancement soutenus par l'État, le dernier il y a un an
  • Le tribunal de commerce de Lille Métropole doit statuer mercredi sur sa demande de placement en redressement judiciaire, précise le groupe dans un communiqué

LILLE: Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché.

Ce groupe bicentenaire, qui emploie encore 3.500 salariés à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de nombreux plans de refinancement soutenus par l'État, le dernier il y a un an.

Le tribunal de commerce de Lille Métropole doit statuer mercredi sur sa demande de placement en redressement judiciaire, précise le groupe dans un communiqué.

Cette procédure est "le seul cadre légal et possible pour permettre à Arc de s'adapter durablement à un environnement de marché profondément dégradé", estime le directeur général d'Arc France Nick Hodler, cité dans le communiqué.

Malgré un énième plan de refinancement et de relance validé en avril dernier par la justice, "notre modèle doit encore se transformer en profondeur (...), en revoyant notre schéma industriel et donc en réduisant nos effectifs", prévient M. Hodler.

"Il y a plusieurs centaines d'emplois qui sont clairement en jeu, ça pourrait être de l'ordre de 500 personnes", craint Frédéric Specque, délégué syndical central CGT chez Arc France interrogé par l'AFP.

Une offre de reprise 

L'environnement de marché pour Arc est très difficile, confirme ce syndicaliste, entre "la baisse de la consommation et la baisse du pouvoir d'achat" et la concurrence, déloyale selon lui, des produits importés d'Asie.

"Les contraintes économiques, elles sont là: on est envahis de produits chinois qui copient les nôtres sans la qualité, mais qui sont quatre à cinq fois moins chers. Donc tant qu'on aura ça, on peut faire tous les plans qu'on veut, on sera toujours trop chers", regrette M. Specque.

"On ferait mieux de faire pression sur le gouvernement et l'Europe pour qu'ils mettent enfin des protections aux frontières et qu'on arrête de faire entrer de la camelote qui vient de Chine ou d'ailleurs", ajoute-t-il.

Timothée Durand, membre d'une famille de propriétaires historiques d'Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu'en 2024, va présenter un projet de reprise de la société, précise l'entreprise dans son communiqué, qualifiant cette offre de "sérieuse" et "réaliste".

"L'État sera attentif aux conséquences humaines et sociales" de cette nouvelle procédure pour Arc, "dans la continuité du soutien apporté par l'État à ce groupe depuis plusieurs années", a réagi le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin dans une déclaration transmise à l'AFP.

M. Martin compte rencontrer jeudi Timothée Durand, a-t-il précisé, tout en soulignant que "l'Etat examinera avec sérieux" toutes les autres offres de reprise susceptibles de venir par la suite.

Fondé en 1825, Arc produit notamment des ustensiles pour la table (verres et assiettes) sous ses marques Arcoroc, Luminarc, Cristal d'Arques Paris et Chef&Sommelier, mais aussi des produits d'entrée de gamme pour le géant suédois de l'ameublement Ikea.

Mais le groupe fait face à des difficultés chroniques depuis les années 2000: en 20 ans, ses effectifs à Arques ont été presque divisés par trois.

Ces dernières années, Arc a été durement touché par la pandémie de Covid-19, la flambée des coûts de l'énergie et l'inflation, qui ont érodé ses ventes, et a aussi souffert des inondations historiques dans le Pas-de-Calais en 2023-24.

Dans un énième sauvetage en avril, un plan de refinancement de 42 millions d'euros avait été validé par la justice, avec l'arrivée notamment de deux nouveaux actionnaires minoritaires.

En parallèle, l'État avait accordé à Arc un nouveau prêt de 30 millions d'euros et renoncé à une partie de ses anciennes créances, alors qu'il avait déjà prêté plus de 138 millions d'euros au groupe entre 2020 et 2023.


France : la confiance des ménages «légèrement à la hausse» en décembre, selon l'Insee

La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee. (AFP)
La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee. (AFP)
Short Url
  • L'indicateur mesurant la confiance des ménages s'est établi à 90, soit un point de plus qu'en novembre, alors que la moyenne est de 100 entre 1987 et 2025
  • Plus la valeur de l'indicateur est élevée, plus l'opinion des ménages sur la situation économique est bonne

PARIS: La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee.

L'indicateur mesurant la confiance des ménages s'est établi à 90, soit un point de plus qu'en novembre, alors que la moyenne est de 100 entre 1987 et 2025.

Plus la valeur de l'indicateur est élevée, plus l'opinion des ménages sur la situation économique est bonne.

L'Insee établit cet indicateur à partir de questions divisées en deux grandes catégories: l'une portant sur la situation personnelle des ménages, l'autre sur leur perception de l'évolution économique en général.

En décembre, la part de ménages considérant qu'il est opportun d'épargner atteint un nouveau maximum historique.

Ainsi, le solde d'opinion sur ce thème atteint 46, une hausse d'un point par rapport à novembre, alors que la moyenne est à 19. Or la France connaît déjà un taux d'épargne très élevé, à plus de 18% du revenu disponible, autant d'argent qui n'alimente pas la consommation, premier poste de la croissance.

En revanche, les ménages ne sont pas très optimistes sur leur capacité à épargner, actuellement et à l'avenir : ces deux thèmes perdent deux points, à 19 et 14.

En décembre, l'opinion des ménages concernant leur situation financière personnelle future s'est dégradée légèrement (-14 après -13 en novembre, pour une moyenne de -7).

Cependant, la proportion de ménages jugeant opportun, dans la situation économique actuelle, de faire des achats importants rebondit, le solde d'opinion gagnant trois points à -27 tout en restant bien inférieur à la moyenne (-16).

Leur opinion sur le niveau de vie récent en France a rebondi en décembre (hausse de quatre points à -70), indique l'Institut national de la statistique, mais elle se dégrade d'un point sur le niveau de vie à venir, à -57.

Les ménages pensant que les prix ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois sont plus nombreux : le solde d'opinion sur cette question gagne cinq points à -3, pour une moyenne de -12.

La part de ménages pensant que les prix vont accélérer cette année augmente d'un point, là aussi au-dessus de sa moyenne (respectivement -30 et -32).

En revanche, les craintes sur l'évolution du chômage baissent encore : le solde correspondant perd deux points à 45, tout en demeurant supérieur à sa moyenne de 33.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Short Url
  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).