Liban: L'UE est prête à des sanctions pour peser sur la formation d'un gouvernement

L'Union européenne a annoncé vendredi être en mesure d'imposer des sanctions ciblées contre les dirigeants libanais, responsables du blocage politique, afin d'aider à la formation d'un gouvernement et à l'adoption de réformes pour sortir le pays de l'impasse. (Photo, AFP)
L'Union européenne a annoncé vendredi être en mesure d'imposer des sanctions ciblées contre les dirigeants libanais, responsables du blocage politique, afin d'aider à la formation d'un gouvernement et à l'adoption de réformes pour sortir le pays de l'impasse. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 30 juillet 2021

Liban: L'UE est prête à des sanctions pour peser sur la formation d'un gouvernement

  • Les ministres des Affaires étrangères de l'UE avaient demandé lors de leur dernière réunion le 12 juillet la mise en place d'un cadre juridique pour ces sanctions, qui a été approuvé vendredi, selon un communiqué
  • La liste des personnes et des entités qui seront sanctionnées doit encore faire l'objet d'un accord à l'unanimité des Vingt-Sept de l'UE

BRUXELLES : L'Union européenne a annoncé vendredi être en mesure d'imposer des sanctions ciblées contre les dirigeants libanais, responsables du blocage politique, afin d'aider à la formation d'un gouvernement et à l'adoption de réformes pour sortir le pays de l'impasse.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE avaient demandé lors de leur dernière réunion le 12 juillet la mise en place d'un cadre juridique pour ces sanctions, qui a été approuvé vendredi, selon un communiqué.

La liste des personnes et des entités qui seront sanctionnées doit encore faire l'objet d'un accord à l'unanimité des Vingt-Sept de l'UE.

Ce cadre juridique "donne la possibilité d'imposer des sanctions à l'encontre de personnes et d'entités qui sont responsables de l'atteinte à la démocratie ou à l'État de droit au Liban", précise le communiqué.

La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE est prévue le 21 septembre.

Le nouveau Premier ministre libanais désigné, le milliardaire Najib Mikati, 65 ans, a promis mardi de former un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais.

Les sanctions européennes viseront les personnes qui feront obstacle à ce processus, selon le communiqué de l'UE.

Elles consistent en une interdiction de voyager dans l'UE et un gel des avoirs pour les personnes ainsi que les entités. En outre, il est interdit aux personnes et entités de l'UE de mettre des fonds à la disposition des personnes figurant sur la liste.

L'UE se donne également les moyens de sanctionner les personnes coupables de "saper la mise en œuvre des plans approuvés par les autorités libanaises et soutenus par les acteurs internationaux concernés, y compris l'UE, pour améliorer la responsabilité et la bonne gouvernance dans le secteur public ou la mise en œuvre de réformes économiques essentielles", poursuit le communiqué.

Sur ce dernier point, il mentionne les secteurs bancaire et financier et "l'adoption d'une législation transparente et non discriminatoire sur l'exportation de capitaux".

 


Quatre Palestiniens tués dans des heurts avec l'armée israélienne en Cisjordanie

Des médias ont fait état d'affrontements violents en Cisjordanie occupée depuis samedi soir (Photo, AFP).
Des médias ont fait état d'affrontements violents en Cisjordanie occupée depuis samedi soir (Photo, AFP).
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  • Trois Palestiniens ont été tués dans le village de Bidu, au nord de Jérusalem, et un autre à Borquin, dans le nord de la Cisjordanie
  • La radio publique israélienne faisait état dimanche matin d'affrontements armés entre des soldats israéliens et des Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie

JENINE, Cisjordanie: Quatre Palestiniens ont été tués dimanche dans des heurts avec l'armée israélienne en Cisjordanie occupée, selon le ministère de la Santé palestinien et l'armée israélienne.

Trois Palestiniens ont été tués dans le village de Bidu, au nord de Jérusalem, et un autre à Borquin, dans le nord de la Cisjordanie, selon ces sources. L'armée israélienne a affirmé que ces affrontements s'étaient déroulés durant "une opération destinée à démanteler une cellule terroriste du (mouvement islamiste) Hamas".

La radio publique israélienne faisait état dimanche matin d'affrontements armés entre des soldats israéliens et des Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie suite à une opération militaire destinée à arrêter des suspects dans la zone proche de Jénine.

L'armée israélienne, contactée par l'AFP, a déclaré qu'elle publierait un communiqué plus tard dans la matinée.

Quatre Palestiniens ont été tués récemment dans des affrontements avec les forces israéliennes au camp de réfugiés de Jénine, où les heurts se sont multipliés ces dernières semaines.


L'infrastructure numérique a permis à l'Arabie saoudite de faire face à la pandémie

La solide infrastructure numérique de l'Arabie saoudite a permis aux secteurs public et privé de relever les défis dévastateurs de la pandémie de la Covid-19, a déclaré le représentant du Royaume auprès de l'ONU. (Photo, Shutterstock)
La solide infrastructure numérique de l'Arabie saoudite a permis aux secteurs public et privé de relever les défis dévastateurs de la pandémie de la Covid-19, a déclaré le représentant du Royaume auprès de l'ONU. (Photo, Shutterstock)
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  • Les progrès technologiques du Royaume ont contribué à augmenter le niveau de transparence et d'efficacité, selon l'envoyé saoudien à l'ONU
  • Al-Mouallimi a indiqué qu'il est clair que la DCO met l'accent sur la promotion de la coopération numérique de manière à relever les défis actuels

DJEDDAH : La solide infrastructure numérique de l'Arabie saoudite a permis aux secteurs public et privé de relever les défis dévastateurs de la pandémie de la maladie à coronavirus (la Covid-19), a déclaré le représentant du Royaume auprès de l'ONU.

«Inspirés par le programme national de transformation, les progrès technologiques du Royaume ont contribué à élever le niveau de transparence et d'efficacité numérique», a déclaré Abdallah Al-Mouallimi, représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU. 

Al-Mouallimi a fait ces commentaires lors d'un événement parallèle de haut niveau organisé par l'Organisation de coopération numérique (DCO), sous le thème «Shaping a Comprehensive Digital Age» (Façonner une ère numérique globale), une organisation mondiale récemment créée qui œuvre pour la «prospérité numérique pour tous». 

L’Organisation de coopération numérique (DCO) travaille avec les gouvernements, le secteur privé, les organisations internationales et non gouvernementales et la société civile, dans le but de promouvoir une transformation numérique inclusive et la croissance des industries numériques.

L'organisation de sept membres de la DCO comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Nigéria, Oman et le Pakistan. Il compte une population de 480 millions d'habitants, dont 80% ont moins de 35 ans. L’organisation a souligné qu'elle était ouverte à tout nouveau membre qui partage les mêmes objectifs d’«autonomiser les jeunes, les femmes et les entrepreneurs et de faire un bond qualitatif dans le domaine de la transformation numérique».

Dans son allocution, Al-Mouallimi a souligné les réalisations numériques du Royaume et les efforts de la DCO pendant la pandémie.

«Ils ont contribué à rendre possible le travail à distance et à s'adapter aux nouvelles conditions imposées par la pandémie», a expliqué Al-Mouallimi, ajoutant que le monde subit une transition vers la transformation numérique à un rythme plus rapide que jamais.

«La numérisation crée des opportunités et des défis qui dépassent les frontières, faisant de la collaboration numérique un élément essentiel pour faciliter la transformation numérique au niveau international, de sorte que notre avenir numérique doit être plus inclusif et que les efforts mondiaux garantissent que la technologie soit accessible à tous».

Al-Mouallimi a souligné que la coopération multilatérale est nécessaire pour relever les défis et les opportunités numériques. Les pays doivent exploiter tout leur potentiel dans le but de s'intégrer à l'ère numérique, dépendant principalement de la collaboration mondiale.

Al-Mouallimi a indiqué qu'il est clair que la DCO met l'accent sur la promotion de la coopération numérique de manière à relever les défis actuels.

«Les principaux objectifs de la DCO consistent à accélérer la croissance de l'économie numérique, ainsi qu'à promouvoir la prospérité sociale pour tous», a estimé l'émissaire saoudien, ajoutant : «L'organisation cherche également à développer un modèle ambitieux pour promouvoir les efforts numériques mondiaux, nous obligeant, en tant que membres du bureau de coordination de l'organisation, à déployer tous les efforts afin d’atteindre nos buts et objectifs».

Il a soutenu que le Royaume avait précipité la croissance de l'économie numérique dans la région et dans le monde en tant que membre de la DCO, soulignant que l’Arabie saoudite poursuivra son engagement à exploiter au maximum les capacités numériques aux niveaux national et international. 

Al-Mouallimi a ajouté : «Le Royaume a placé la numérisation au premier plan des progrès technologiques qu'il recherche et, par conséquent, plusieurs réalisations exceptionnelles ont permis à l'Arabie saoudite de faire des progrès considérables dans les indicateurs mondiaux, se classant au premier rang des pays du G20 en termes de compétitivité numérique selon le Centre européen pour la compétitivité numérique».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les civils yéménites paient le prix du retrait des Houthis de la liste américaine de terrorisme

Des combattants houthis nouvellement recrutés participent à un rassemblement dans la capitale Sanaa. (Photo, AFP/Archives)
Des combattants houthis nouvellement recrutés participent à un rassemblement dans la capitale Sanaa. (Photo, AFP/Archives)
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  • La cartographie des conflits montre que les milices ont tué plus de personnes depuis que l'administration Biden a révoqué la désignation des Houthis comme organisations terroristes étrangères
  • Un diplomate saoudien affirme que le Royaume continuera d'utiliser les mécanismes de l'ONU pour montrer le véritable visage terroriste des Houthis

LONDRES : Sept mois après que les États-Unis ont retiré les Houthis de leur liste d'organisations terroristes étrangères, la milice tue plus de personnes qu'auparavant et intensifie ses efforts pour soumettre l'ensemble du pays du Yémen à sa doctrine extrémiste, selon des experts.

Quelques jours après leur expulsion, les Houthis ont intensifié leur assaut contre Marib au Yémen, une province qui fournit un abri temporaire à des milliers de personnes déplacées à l'intérieur du pays et sert de bastion pour le gouvernement soutenu par l'ONU contre la tyrannie religieuse des Houthis. 

Six mois plus tard, le siège de Marib continue de faire quotidiennement des victimes, des deux côtés, et prolonge la double crise humanitaire et économique du Yémen.

Si l'on se fie à ces développements au Yémen, l'un des premiers actes de Joe Biden en tant que président américain s'est gravement retourné contre lui. 

«Je révoque la désignation d'Ansar Allah, parfois appelé les Houthis, en tant qu'organisation terroriste étrangère», a déclaré Biden, le 12 février.

Faisant référence à la «situation humanitaire désastreuse au Yémen», Biden a affirmé que l'inclusion du groupe sur la liste ne ferait qu'entraver l'acheminement de l'aide. 

«En nous concentrant sur l’allégement de la situation humanitaire au Yémen, nous espérons que les parties yéménites pourront encore se concentrer sur le dialogue».

Certes, Il est toujours facile de porter des jugements après coup, mais l'équipe Biden n'a jamais vraiment essayé de défendre la logique derrière l’action de retirer les houthis de la liste américaine de  terrorisme, avec des preuves. 

«Le retrait de cette liste a donné aux Houthis et, plus important encore, à leurs protecteurs iraniens un sentiment d'impunité», a déclaré à Arab News Michael Rubin, chercheur principal à Institut de l'entreprise américaine pour la recherche sur les politiques publiques. «Le retrait de la liste a également affaibli les efforts internationaux qui visaient à empêcher l'approvisionnement et le financement des Houthis».

En fait, la justification de l'administration Biden pour la retrait des Houthis de la liste, pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire, n'a jamais eu de sens en premier lieu.

«Il y avait déjà un système d'inspection» en place, a signalé Rubin. «L'ONU avait fait rapport à plusieurs reprises sur la livraison de produits humanitaires. 

Paradoxalement, ce sont souvent les Houthis qui ont empêché la livraison de marchandises vers des villes comme Taïz qui ne sont pas sous leur contrôle».

D’après Rubin, la décision de Biden de retirer les Houthis de la liste américaines des organisations terroristes étrangères, était plus liée à la politique intérieure américaine que le bien pour le peuple yéménite, et cela a peut-être encouragé d'autres groupes terroristes régionaux d’entrer dans le processus.

«Le retrait des houthis de la liste américaine par l'administration Biden avait plus à voir avec l'inversion de ce que l'ancien président Donald Trump avait fait qu'une quelconque considération des réalités sur le terrain», a-t-il expliqué.

«En tant que tel, le retrait des houthis de la liste américaine par Biden pour des raisons purement politiques a fragilisé la légitimité de la liste américaine, et a également encouragé d'autres groupes terroristes à exiger leur retrait de cette liste comme concession diplomatique».

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Des drones chargés de missiles, utilisés par les Houthis au Yémen dans des combats contre les forces de la coalition dirigées par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. (Photo, AFP/Archives)

Non seulement le retrait des houthis de la liste américaine n'a pas réussi à résoudre concrètement la situation humanitaire au Yémen, mais il a peut-être aussi coûté la vie à plus de personnes.

Alexander Jalil est analyste pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord au sein de l'Armed Conflict Location Event Data Project (ACLED), une organisation hautement spécialisée dédiée à l'enregistrement des cas de violence mortelle et non mortelle dans des conflits ou des endroits politiquement instables à travers le monde.

Jalil a déclaré à Arab News que les données de l’ACLED, minutieusement collectées et vérifiées sur la base de sources locales, indiquent que non seulement les Houthis ont été impliqués dans une plus grande intensification des combats au Yémen après avoir été retirés de la liste des terroristes, mais qu'ils étaient en fait responsables de décès de plus de personnes.

«Les événements survenus au cours des six mois qui ont suivi le retrait du groupe de la liste americaine de terrorisme ont également été plus meurtriers, car le nombre de décès a augmenté entre le 12 février 2021 et le 12 août 2021, par rapport au 12 août 2020 , et le 12 février 2021», a signalé Jalil.