HRW dénonce la répression iranienne au Khouzistan

Des protestataires se rassemblent à Washington Square Park pour soutenir les manifestations pour l'accès à l'eau au Khouzestan, en Iran. (Photo, Shutterstock)
Des protestataires se rassemblent à Washington Square Park pour soutenir les manifestations pour l'accès à l'eau au Khouzestan, en Iran. (Photo, Shutterstock)
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Publié le Samedi 31 juillet 2021

HRW dénonce la répression iranienne au Khouzistan

  • L’ONG appelle à une «enquête internationale sur l'utilisation présumée de la force par la police»
  • La répression des manifestations a un impact disproportionné sur la minorité arabe de la province

LONDRES : Human Rights Watch (HRW) a condamné vendredi la violente répression iranienne des manifestations dans la province du Khouzistan.

Amnesty International et la commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, ont également exprimé leur condamnation la semaine dernière.

HRW a signalé des centaines d'arrestations et au moins neuf décès, dont un enfant. «Des rapports non confirmés indiquent que le nombre de décès et d'arrestations pourrait être plus élevé», a ajouté l’ONG.

Le 15 juillet, des manifestations massives ont éclaté au Khouzistan contre les pénuries d'eau, menées par la communauté arabe de la province qui manifestait contre la négligence du gouvernement et la discrimination antiarabe.

Les Iraniens de plusieurs autres provinces se sont joints en guise de solidarité. Les responsables iraniens ont blâmé les «émeutiers» pour le meurtre de manifestants.

Mais HRW a affirmé: «Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux à partir des manifestations dans les villes du Khouzistan montrent des responsables de la sécurité tirant avec des armes à feu et des gaz lacrymogènes sur les manifestants».

Karim Dahimi, un militant des droits humains Ahwazi basé à Londres, a déclaré à Arab News que le nombre de morts pourrait s'alourdir car de nombreux manifestants «ne sont pas allés à l'hôpital de peur d'être arrêtés et sont rentrés chez eux avec des blessures graves».

Il a révélé que les autorités iraniennes avaient fixé des conditions pour le retour des corps des victimes aux familles, notamment «le numéro de téléphone portable des manifestants, des informations sur les personnes avec lesquelles ils étaient en contact, qui était avec eux et qui a informé les parents».

Une autre condition est que les pères des victimes passent devant la caméra et affirment: «Les manifestants ont tué mon fils et mon fils n'a pas participé aux manifestations», a ajouté Dahimi.

«Certaines familles sont sous pression et veulent prendre les corps de leurs enfants, elles ont donc accepté les conditions du gouvernement. D'autres familles ne l'ont pas fait.»

Huit des manifestants tués sont des Arabes ahwazis et le neuvième est Bakhtiari, a dévoilé Dahimi. La répression des manifestations de masse a un impact disproportionné sur la minorité arabe d'Iran.

Shadi Sadr, avocat et cofondateur de l'ONG londonienne Justice for Iran, a tweeté que les centaines de manifestants et de militants arrêtés sont «pour la plupart d'ethnie arabe d’origine ahwazi». Ils ont été arrêtés «à leur domicile et sur leur lieu de travail», a-t-il ajouté.

HRW a soutenu que les autorités iraniennes «doivent libérer immédiatement et sans condition les manifestants pacifiques, fournir des informations sur les décès et autoriser une enquête internationale indépendante sur l'utilisation présumée de la force meurtrière par les forces de sécurité. Tous les responsables d'abus devraient rendre des comptes».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.