Covid-19: YouTube suspend la chaîne Sky News Australia pour désinformation

YouTube a trois types de sanctions en cas de violations (Photo, AFP).
YouTube a trois types de sanctions en cas de violations (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 01 août 2021

Covid-19: YouTube suspend la chaîne Sky News Australia pour désinformation

  • Cette mesure fait suite à une analyse des vidéos téléchargées par la chaîne de télévision appartenant au magnat des médias Rupert Murdoch
  • Avec 1,86 million d'abonnés sur YouTube, la chaîne est suivie par des conservateurs bien au-delà de l'Australie

SYDNEY: YouTube a annoncé dimanche avoir suspendu pendant une semaine Sky News Australia de sa plateforme de partage de vidéos pour cause de fausses informations sur le Covid-19. 

Cette mesure fait suite à une analyse des vidéos téléchargées par la chaîne de télévision appartenant au magnat des médias Rupert Murdoch. 

« Nous avons des politiques claires établies en matière de fausses informations sur la Covid-19 (...) afin d'empêcher la diffusion de fausses informations sur le coronavirus pouvant nuire au monde réel », a indiqué YouTube dans un communiqué.

Avec 1,86 million d'abonnés sur YouTube, la chaîne - qui appartient à une filiale du groupe de médias News Corp de Murdoch - est suivie par des conservateurs bien au-delà de l'Australie.

Ses publications, parmi lesquelles certaines remettent en question l'existence d'une pandémie et l'efficacité des vaccins, sont largement partagées sur les réseaux sociaux du monde entier.

Il y a trois jours, la chaîne avait publié une chronique dans laquelle un animateur, connu pour son hostilité aux restrictions sanitaires, avait notamment critiqué la décision des autorités de prolonger le confinement à Sydney. 

Sky News a confirmé avoir été bloquée temporairement par YouTube et un porte-parole a affirmé que la chaîne « soutient les discussions et les débats concernant un grand nombre de sujets et de points de vue, ce qui est vital pour toute démocratie ». 

« Nous prenons au sérieux notre engagement à répondre aux attentes de la rédaction et de la communauté », a-t-il ajouté.

YouTube a trois types de sanctions en cas de violations : la première est une suspension d'une semaine, puis de deux semaines en cas de récidive dans les 90 jours et en dernier lieu un retrait permanent de la plate-forme. 

L'ancien président américain Donald Trump avait été suspendu début 2021 de Youtube.

La plate-forme de vidéos YouTube est la propriété d'Alphabet, la maison-mère de Google.


Vidéos de l’attentat de Christchurch à nouveau en ligne: défaillances de Twitter pour les détecter

Un porte-parole de la Première ministre du pays, Jacinda Arden, a déclaré que la fonction de signalement automatisé de Twitter n'avait pas identifié le contenu comme préjudiciable. (Fichier/AFP)
Un porte-parole de la Première ministre du pays, Jacinda Arden, a déclaré que la fonction de signalement automatisé de Twitter n'avait pas identifié le contenu comme préjudiciable. (Fichier/AFP)
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  • La Première ministre, Jacinda Arden, appelle Elon Musk à agir contre l'extrémisme
  • Un suprémaciste blanc avait tué 51 musulmans en 2019 dans la mosquée de Christchurch

DUBAÏ: Le gouvernement néo-zélandais a demandé à Twitter de supprimer les images récemment téléchargées de l'attaque terroriste de Christchurch qui circulaient à nouveau sur la plate-forme de réseaux sociaux.

Les clips vidéo, que Twitter n'a initialement pas reconnus comme préjudiciables, avaient été filmés par un suprémaciste blanc australien qui avait tué 51 fidèles musulmans dans deux mosquées de Christchurch en 2019. Les clips ont refait surface après que certains utilisateurs de Twitter les ont publiés à nouveau samedi, selon le quotidien britannique The Guardian.

Cette décision a incité le gouvernement à soulever la question auprès de la société de réseaux sociaux. Un porte-parole de la Première ministre du pays, Jacinda Arden, a déclaré que la fonction de signalement automatisé de Twitter n'avait pas identifié le contenu comme préjudiciable. Le bureau d'Arden a indiqué que «Twitter nous a soudainement informés que les clips avaient été retirés, affirmant qu’ils procéderaient à d’autres suppressions». 

En 2019, le terroriste avait diffusé ses attaques en direct sur plusieurs plates-formes de réseaux sociaux, parallèlement à ce qu’il avait annoncé.

En réponse, Arden a lancé la campagne de l’Appel de Christchurch après l'attaque, appelant les entreprises de réseaux sociaux à lutter contre l'extrémisme et la désinformation en ligne. Le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, avait soutenu l'initiative.

Alors que Twitter avait assuré au gouvernement néo-zélandais qu'elle continuait à soutenir les participants à l’Appel de Christchurch, Arden a déclaré que «l’avenir nous le dira», évoquant l'engagement de l'entreprise à supprimer les contenus préjudiciables.

«Nous continuerons à nous attendre à ce que Twitter fasse tout ce qui est en son pouvoir et quotidiennement pour supprimer ce contenu, mais également pour réduire le contenu terroriste et le contenu extrémiste violent en ligne, comme la compagnie s’y est engagée», a déclaré Arden aux médias lundi après-midi.

En novembre, la Première ministre avait pris la parole lors d'un sommet sur la sécurité nationale, la désinformation et l'extrémisme en ligne, affirmant que Twitter avait été étroitement concerné par la campagne de l'Appel de Christchurch «et avait à ce jour été un partenaire vraiment constructif».  Elle a toutefois déclaré que le partenariat était en «territoire inconnu» après le rachat de l'entreprise par Elon Musk.

Arden a appelé Musk, un absolutiste autoproclamé de la liberté d'expression, à «s'en tenir fermement au principe de transparence» car les plates-formes de réseaux sociaux peuvent être «une force pour la démocratie, pour les connexions et  le bien, mais aussi faire énormément de mal si elles ne sont pas bien utilisées». 

Sous la nouvelle direction de Musk, des milliers de modérateurs de contenu et d'équipes de défense des droits humains ont été licenciés, alors que la plate-forme éprouve des difficultés à gérer les contenus préjudiciables et les tweets racistes en pleine Coupe du monde.

Récemment, sur Twitter, Musk a publié un graphique à ses 119 millions de followers, expliquant que les discours de haine étaient en baisse d'un tiers par rapport au pic constaté en octobre. Aucun autre détail n'a été fourni.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ecoutes en Grèce : l'ancien conseiller du PM entendu par une commission parlementaire

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis prononce un discours lors du sommet des dirigeants de la conférence sur le climat COP27 à Charm el-Cheikh, le 8 novembre 2022 (Photo, AFP).
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis prononce un discours lors du sommet des dirigeants de la conférence sur le climat COP27 à Charm el-Cheikh, le 8 novembre 2022 (Photo, AFP).
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  • A sept mois des élections législatives prévues a priori l'été prochain, Kyriakos Mitsotakis est sous le feu de critiques
  • Le gouvernement ne cesse d'affirmer que l'Etat grec n'a «ni acheté, ni utilisé» le logiciel espion

ATHENES: L'ancien conseiller et neveu du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, qui avait démissionné début août dans la foulée des révélations du scandale du logiciel espion Predator, a été convoqué et entendu lundi par une commission parlementaire, selon une source parlementaire.

Grigoris Dimitriadis est soupçonné par l'opposition de gauche et des médias d'avoir eu des relations avec la société Intellexa qui aurait vendu le Predator à la Grèce.

Il a été entendu pendant trois heures par la commission des Institutions et de la Transparence réunie à huis clos, selon cette source.

Le Predator infecte les téléphones portables et permet d’accéder aux messages, aux photos et même d’activer le micro et la caméra à distance.

La commission parlementaire s'est réunie à la demande du principal parti d'opposition Syriza et du parti socialiste Pasok-Kinal dont le chef et député européen Nikos Androulakis avait été victime d'une surveillance par le Predator.

Outre Nikos Androulakis, de nombreux hommes politiques et journalistes seraient visés par le Predator, selon des révélations des médias d'investigation.

La commission a également convoqué lundi trois entrepreneurs dont un Israélien, responsables présumés des sociétés impliquées dans la commercialisation du Predator, mais ils ne se sont pas présentés, selon la source parlementaire.

Selon des médias, deux d'entre eux habitent à l'étranger et devraient s'adresser par écrit à la commission alors que les autorités n'ont pas pu trouver l'adresse de l'Israélien dont la société basée à Chypre, serait à l'origine de la commercialisation du Predator.

A sept mois des élections législatives prévues a priori l'été prochain, Kyriakos Mitsotakis est sous le feu de critiques, tenu responsable de ce scandale. Car parmi les premières réformes de son gouvernement en 2019 était de placer le renseignement sous son égide.

Le gouvernement ne cesse d'affirmer que l'Etat grec n'a "ni acheté, ni utilisé" le logiciel espion.

"La justice doit examiner tous les aspects de cette affaire", a réitéré lundi le porte-parole du gouvernement Yiannis Oikonomou, lors d'un point de presse indiquant que le gouvernement a élaboré un projet de loi pour interdire la vente des logiciels espions dans le pays.


Des artistes iraniens appellent au boycott des organisations artistiques liées au régime de Téhéran

Shirin Neshat fait partie des artistes iraniens qui ont utilisé leur art comme une forme de protestation contre le régime. (Photo d'archives AFP)
Shirin Neshat fait partie des artistes iraniens qui ont utilisé leur art comme une forme de protestation contre le régime. (Photo d'archives AFP)
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  • Une déclaration, signée par 6 000 créateurs appelle à soutenir les étudiants en art poursuivis en raison de leurs protestations
  • Les signataires dénoncent «une répression de l’État de plus en plus sauvage, violente et meurtrière»

LONDRES: Un groupe de créateurs iraniens a publié une déclaration à l’adresse de la communauté internationale, lui demandant de cesser de travailler avec des groupes culturels et des institutions ayant des liens avec le régime de Téhéran.

La déclaration, signée par plus de 6 000 artistes, universitaires, écrivains et réalisateurs, basés en Iran et à l'étranger, a été publiée à la suite de l'arrestation en masse et de l'incarcération d'étudiants dans tout le pays, pour leur rôle dans les manifestations antirégime, à la suite de la mort en septembre de la jeune femme kurde âgée de 22 ans, Mahsa Amini, aux mains de la police des mœurs.

La déclaration appelle la communauté internationale à «boycotter les institutions gouvernementales de l'État islamique d'Iran et leurs affiliations secrètes, et à les empêcher d'être présentes sur toute scène artistique, culturelle et éducationnelle», face à la politique de répression «de plus en plus sauvage, violente et meurtrière de l'État» qui a provoqué au moins 300 morts ainsi que la mise en détention de près de 14 000 personnes.

L'un des signataires, le conservateur Vali Mahlouji, basé à Londres, a également appelé à une action directe des protestataires contre les organisations artistiques qui reçoivent de l'argent de l'Iran.

«Nous savons que certaines galeries privées iraniennes sont connectées aux systèmes monétaires de l'État iranien, notamment le Conseil des gardiens de la révolution islamique. Il faut les boycotter», a affirmé Mahlouji.

Depuis le début des manifestations, les manifestants ont recouru à l’art pour exprimer leur colère contre le régime, notamment avec l’utilisation de colorants rouges versés dans les fontaines et de nœuds rouges accrochés aux arbres.

«C'est une société qui dit: nous sommes terrorisés», a soutenu Mahlouji. «Il y a une importante réaction de défi: les gens s'attachent, de l'encre rouge est jetée sur des photos du fondateur de la République islamique, de même que de la peinture rouge sur des bâtiments. Les gens vont même jusqu’à uriner à l'extérieur des galeries d'art qui sont restées ouvertes alors que les artistes avaient exigé qu'elles ferment.»

L'artiste canadienne Jinoos Taghizadeh a déclaré au Guardian que certaines galeries d'art «avaient servi pour blanchir l'argent du gouvernement» et avaient «essayé de dépolitiser les artistes (iraniens)».

Elle a ajouté que les étudiants en art en Iran qui défiaient le régime «étaient constamment menacés par la police et les organismes de sécurité universitaires», mais «qu’ils avaient été très courageux et créatifs malgré la répression, les arrestations et enlèvements», et que «leur musique et leurs chansons de protestations, leurs publications sur les réseaux sociaux ont à la fois encouragé les manifestants et porté la voix de la protestation dans d'autres villes et à l’étranger». 

L'art a également été utilisé comme une forme de protestation contre le régime à l'étranger: en octobre, un groupe appelé le «Collectif d'artistes anonymes pour l'Iran» a monté une exposition de 12 bannières rouges avec des images d'Amini et le slogan «Femme, vie, liberté» au musée Guggenheim à New York.

À Piccadilly Circus, à Londres, l'artiste iranienne en exil, Shirin Neshat, a présenté une pièce de protestation numérique portant le même slogan, la montrant également à Pendry West Hollywood, à Los Angeles.

 «Nous ne sommes pas seulement un groupe d'artistes opprimés essayant de faire en sorte que la culture occidentale ait de la compassion pour nous», a expliqué Neshat. «Nous leur enseignons qu'il est temps de se réveiller et de comprendre que la culture joue un rôle important dans le tissu politique de notre monde.»

«Nous voyons ces jeunes armés d’un immense courage face à la tyrannie. Vous vous interrogez vraiment sur votre propre état d'esprit en tant qu'Iranienne qui n'a jamais pu vivre sans peur pendant tant d'années. Il est réellement encourageant d'avoir ces jeunes qui disent ne plus avoir peur.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com