Afghanistan: l'offensive des talibans depuis mai 2021

Mi-mai, les forces américaines se retirent de la base aérienne de Kandahar, une des plus importantes du pays. (Photo, AFP)
Mi-mai, les forces américaines se retirent de la base aérienne de Kandahar, une des plus importantes du pays. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 02 août 2021

Afghanistan: l'offensive des talibans depuis mai 2021

  • Le 19 juin, face à la progression rapide des insurgés, le président afghan, Ashraf Ghani, désigne de nouveaux ministres de l'Intérieur et de la Défense
  • Le 8, un attentat contre une école pour filles fait plus de 50 morts à Kaboul. Les autorités imputent cet attentat, le plus meurtrier depuis un an, aux talibans, qui démentent

KABOUL: Depuis début mai, les talibans ont conquis de vastes portions du territoire afghan lors d'une offensive tous azimuts lancée à la faveur du retrait des forces américaines et de l'Otan, désormais quasiment achevé.

Combats

Le 1er mai 2021, les États-Unis et l'Otan entament le retrait des 9 500 soldats, dont 2 500 militaires américains, encore présents en Afghanistan. 


D'intenses combats éclatent entre talibans et forces gouvernementales dans la région méridionale du Helmand. Dans le nord, les talibans capturent le district de Burka, dans la province de Baghlan.


Le 8, un attentat contre une école pour filles fait plus de 50 morts à Kaboul. Les autorités imputent cet attentat, le plus meurtrier depuis un an, aux talibans, qui démentent.


Mi-mai, les forces américaines se retirent de la base aérienne de Kandahar, une des plus importantes du pays.

Avancée des talibans

Les talibans s'emparent de deux districts de la province de Wardak, à une quarantaine de kilomètres de Kaboul, avant de prendre le contrôle de deux districts de Ghazni, une province-clef située entre deux routes importantes reliant Kaboul à Kandahar, deuxième ville du pays.


Le 19 juin, face à la progression rapide des insurgés, le président afghan, Ashraf Ghani, désigne de nouveaux ministres de l'Intérieur et de la Défense.

Postes-frontières clés

Le 22, les talibans prennent le contrôle de la principale route de sortie de l'Afghanistan vers le Tadjikistan en s'emparant de Shir Khan Bandar, le poste-frontière le plus important avec ce pays. Plusieurs centaines de soldats afghans en déroute fuient en territoire tadjik.


Les insurgés se rendent maîtres des autres voies de passage vers le Tadjikistan, ainsi que des districts qui conduisent à Kunduz, capitale de la province du même nom, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière tadjik.

Les Américains quittent Bagram

Le 2 juillet, les troupes américaines et de l'Otan restituent à l'armée afghane la base aérienne de Bagram, à 50 km au nord de Kaboul, centre névralgique des opérations de la coalition.


Le 4, les talibans s'emparent du district-clé de Panjwai, à une quinzaine de kilomètres de Kandahar.

Première capitale provinciale attaquée

Le 7, les talibans entrent dans Qala-i-Naw, première capitale d'une province - celle de Badghis (nord-ouest) - attaquée par les insurgés.


Ils attaqueront à plusieurs reprises les jours suivants et seront à chaque fois repoussés, jusqu'à un cessez-le-feu le 15 juillet.


Entretemps, le 8, Joe Biden déclare que le retrait des troupes américaines sera "achevé le 31 août", estimant qu'il n'était pas "inévitable" que le pays tombe aux mains des talibans.

Les postes-frontières tombent

Le 9, les talibans affirment s'être emparés de deux postes-frontières majeurs, avec l'Iran et le Turkménistan, dans la province d'Hérat (ouest).


Selon Moscou, les insurgés contrôlent la majeure partie de la frontière afghane avec le Tadjikistan.


Aéroport protégé

Le 11, les autorités afghanes annoncent que l'aéroport de Kaboul est désormais protégé des roquettes et missiles par un "système de défense aérienne".


Le 13, après l'Allemagne, la France appelle ses ressortissants à quitter le pays.


Les talibans s'emparent le lendemain d'un poste-frontière clef avec le Pakistan, dans le sud du pays.


Le 22, les talibans disent contrôler 90% des frontières de l'Afghanistan. Ce chiffre est contesté par le gouvernement et impossible à vérifier de façon indépendante.

- Capitales provinciales menacéesL'Otan plaide le 27 juillet pour un règlement négocié du conflit, l'ONU de son côté craignant un nombre "sans précédent" de victimes civiles.


Le 2 août, Ashraf Ghani impute la dégradation de la situation militaire au retrait "brusque" des États-Unis, alors que trois capitales provinciales afghanes se retrouvent sous la menace directe des insurgés. 


Des combats urbains opposent depuis plusieurs jours, forces afghanes et talibans dans Lashkar Gah (sud). Ils s'affrontent également dans les faubourgs de Kandahar et d'Hérat, deuxième et troisième villes du pays.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".