Pétrolier attaqué: l'Iran prévient qu'il répliquera s'il est pris pour cible

Le pétrolier Mercer Street se trouve au large du Cap, en Afrique du Sud dans cette photo en date du 2 janvier 2016. Le navire a été attaqué jeudi au large d'Oman, faisant deux morts. (Photo, AP)
Le pétrolier Mercer Street se trouve au large du Cap, en Afrique du Sud dans cette photo en date du 2 janvier 2016. Le navire a été attaqué jeudi au large d'Oman, faisant deux morts. (Photo, AP)
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Publié le Lundi 02 août 2021

Pétrolier attaqué: l'Iran prévient qu'il répliquera s'il est pris pour cible

  • «L'ambassadeur d'Iran à Bucarest a été convoqué d'urgence au ministère»
  • Israël, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont accusé l'Iran, Washington menaçant d'une «réplique appropriée»

BUCAREST: La Roumanie a accusé lundi l'Iran d'être derrière une récente attaque contre un pétrolier en mer d'Oman qui a coûté la vie à un de ses ressortissants, emboîtant le pas à Israël, aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne.


"A la lumière d'éléments présentés par nos partenaires internationaux faisant état d'une attaque délibérée coordonnée par l'Iran, la Roumanie exige des autorités iraniennes qu'elles fournissent sans délai des explications", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.


"L'ambassadeur d'Iran à Bucarest a été convoqué d'urgence au ministère", a ajouté la même source, soulignant que la Roumanie est en train de "se concerter avec ses partenaires afin de déterminer les réponses appropriées".

Plus aprés, Téhéran a averti qu'il répondrait à tout "aventurisme" s'il est pris pour cible, après que Washington, Londres et Israël l'ont accusé d'être derrière une attaque meurtrière contre un pétrolier en mer d'Oman, ce que l'Iran a nié.


"La République islamique d'Iran n'hésitera pas à protéger sa sécurité et ses intérêts nationaux", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Saïd Khatibzadeh dans un communiqué.


Il a promis que son pays "répondrait immédiatement et de manière décisive à tout éventuel aventurisme".


Jeudi, le pétrolier Mercer Street, géré par la société d'un milliardaire israélien, a été la cible d'une attaque au drone en mer d'Oman, selon l'armée américaine qui dispose de navires dans la région.


L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, a fait deux morts: un Britannique employé par la société de sécurité Ambrey, et un membre d'équipage roumain, selon l'armateur Zodiac Maritime, propriété de l'Israélien Eyal Ofer.


Israël a aussitôt pointé du doigt l'Iran, son ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid accusant vendredi la République islamique d'être "un exportateur de terrorisme, de destruction et d'instabilité qui fait mal à tout le monde". 


Téhéran a nié toute implication: "le régime sioniste (Israël, NDLR) doit cesser de (lancer) de telles accusations infondées", a déclaré dimanche M. Khatibzadeh.


Toutefois, le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a rejeté ces déclarations affirmant : "Je peux dire avec une certitude absolue que l'Iran a mené cette attaque contre le navire (...) Il y a des preuves de cela".


Londres et Washington ont également accusé Téhéran.


La Grande-Bretagne estime que cette action "délibérée" a été "menée par l'Iran", a affirmé dimanche le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab.


Et les Etats-Unis "sont certains que l'Iran a mené l'attaque", a fait savoir dimanche le secrétaire d'Etat Antony Blinken. Washington "se concerte avec les gouvernements dans la région et au-delà pour une réplique appropriée et imminente", a-t-il prévenu.


Il s'agit de la dernière manifestation en date de l'inimitié entre l'Iran et Israël.


En mars, le Wall Street Journal a rapporté, citant des responsables américains et du Moyen-Orient, qu'Israël avait ciblé depuis fin 2019, principalement avec des mines sous-marines, au moins une dizaine de navires faisant route vers la Syrie et transportant, dans la plupart des cas, du pétrole iranien.


"S'ils ont des preuves pour soutenir leurs affirmations infondées, ils devraient les fournir", a encore dit lundi M. Khatibzadeh, reprochant à Londres et Washington de garder le "silence" s'agissant des "attaques terroristes" visant les "navires commerciaux" iraniens dans la mer Rouge et les eaux internationales.


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.