Pétrolier attaqué: Israël, Washington et Londres accusent l'Iran

Des pétroliers traversent le détroit d'Ormuz (Photo, Reuters).
Des pétroliers traversent le détroit d'Ormuz (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 02 août 2021

Pétrolier attaqué: Israël, Washington et Londres accusent l'Iran

  • Jeudi, le pétrolier Mercer Street a été la cible d'une attaque au drone en mer d'Oman, selon l'armée américaine dont plusieurs navires sont présents dans la région
  • L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, a fait deux morts, un Britannique employé par la société de sécurité Ambrey, et un membre d'équipage roumain

JÉRUSALEM: Israël, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont accusé dimanche l'Iran d'être derrière une récente attaque meurtrière contre un pétrolier en mer d'Oman, Washington menaçant d'une "réplique appropriée" tandis que Téhéran a nié tout lien avec cette affaire.

Jeudi, le pétrolier Mercer Street, géré par la société d'un milliardaire israélien, a été la cible d'une attaque au drone, selon l'armée américaine qui dispose de navires dans la région.

L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, a fait deux morts: un Britannique employé par la société de sécurité Ambrey, et un membre d'équipage roumain, selon l'armateur Zodiac Maritime, propriété de l'Israélien Eyal Ofer.

Israël a aussitôt pointé du doigt l'Iran, son ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid accusant vendredi la République islamique d'être "un exportateur de terrorisme, de destruction et d'instabilité qui fait mal à tout le monde". 

Le chef de la diplomatie israélienne a appelé à une action à l'ONU contre l'Iran.

Téhéran a nié toute implication: "le régime sioniste (Israël, NDLR) doit cesser de (lancer) de telles accusations infondées", a déclaré dimanche le porte-parole de sa diplomatie Saïd Khatibzadeh. "L'Iran n'hésitera pas un instant à défendre ses intérêts et sa sécurité nationale".

Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a rejeté ces déclarations affirmant : "Je peux dire avec une certitude absolue que l'Iran a mené cette attaque contre le navire (...) Il y a des preuves de cela".

"Nous attendons de la communauté internationale qu'elle signifie clairement au régime iranien qu'il a fait une grave erreur. Dans tous les cas, nous savons comment envoyer un message à l'Iran à notre manière", a-t-il prévenu.

Londres et Washington ont également accusé Téhéran.

La Grande-Bretagne estime que cette action "délibérée" a été "menée par l'Iran", a affirmé le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, appelant ce pays à "cesser immédiatement ses actions mettant en danger la paix et la sécurité régionales et internationales".

L'armée israélienne a indiqué que sont chef d'état-major s'était entretenu avec son homologue britannique à propos des "récents évènements dans la région et les défis communs qu'affrontent leurs pays".

Et les États-Unis "sont certains que l'Iran a mené l'attaque (...) qui suit une série d'attaques et de comportements agressifs", a fait savoir dimanche le secrétaire d'État Antony Blinken. Washington "se concerte avec les gouvernements dans la région et au-delà pour une réplique appropriée et imminente", a-t-il prévenu.

Plus tard dans la journée, le chef de la diplomatie israélienne a dit dans un communiqué que son pays "continuerait à discuter avec ses alliés dans le monde et œuvrer ensemble pour déterminer les démarches nécessaires face au terrorisme iranien".

Israël peut tenter d'accroître la pression mondiale contre l'Iran, mais il se garde aussi la possibilité "d'agir en dehors du champ diplomatique", a déclaré le général israélien à la retraite Yossi Kuperwasser, à la radio militaire israélienne.

«Guerre de l'ombre»

Commentant l'attaque ayant ciblé le pétrolier jeudi dernier, la société Dryad Global, spécialisée dans la sécurité maritime, a évoqué de nouvelles "représailles dans la guerre de l'ombre" que se livrent l'Iran et Israël.

Le navire Mercer Street naviguait sans cargaison de Dar es Salaam en Tanzanie à Fujairah (Émirats arabes unis), quand il a été pris pour cible, selon Zodiac Maritime.

Depuis des années, Israël et l’Iran s'affrontent directement ou indirectement au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza palestinienne. Mais ces derniers mois, cette rivalité s’est transposée en mer avec l'émergence d’une mystérieuse série de sabotages et d’attaques.

Le 10 mars, un cargo de la compagnie de transport maritime publique iranienne IRISL, l'Iran Shahr-e-Kord, a été touché à la coque par un engin explosif en Méditerranée. "Tout laisse penser que le régime d'occupation de Jérusalem (Israël, NDLR) est derrière cette opération", avait alors jugé Téhéran.

En avril, l'Iran avait annoncé qu'"un navire commercial" iranien, le Saviz, avait été endommagé en mer Rouge par une explosion. Le New York Times avait alors rapporté que le Saviz avait été la cible d'une attaque de "représailles" israélienne après "des frappes de l'Iran contre des navires israéliens".

Pour des analystes, ce bras de fer en mer s'inscrit dans le cadre des tensions autour de la question du nucléaire iranien, Téhéran tentant de faire monter la pression pour obtenir un nouvel accord lui étant favorable tandis que l'État hébreu cherche à l'en empêcher.

Les autorités iraniennes ont d'ailleurs accusé Israël à plusieurs reprises d'avoir saboté certaines de ses installations d'enrichissement d'uranium, voire d'avoir assassiné des scientifiques qui seraient liés au développement de ce programme.


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.