Oman confirme que le pétrolier Asphalt Princess a été détourné en mer d'Oman

Le pétrolier Asphalt Princess pour le transport d’asphalte et de bitume, et battant pavillon panaméen, naviguant sous un ancien nom. (pxfuel/HaloJim)
Le pétrolier Asphalt Princess pour le transport d’asphalte et de bitume, et battant pavillon panaméen, naviguant sous un ancien nom. (pxfuel/HaloJim)
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Publié le Jeudi 05 août 2021

Oman confirme que le pétrolier Asphalt Princess a été détourné en mer d'Oman

  • Des sources de sécurité britanniques ont déclaré qu'elles «opéraient sur la base de l'hypothèse que l'armée iranienne ou des groupes la représentant étaient montés à bord du navire»
  • Le prince Faisal ben Farhane: «L'Iran continue de s'enhardir partout dans la région»

DJEDDAH/FUJAÏRAH: Oman a fourni mercredi la première confirmation officielle sur le fait que le pétrolier Asphalt Princess a été sujet à un détournement dans la mer d'Oman, après que l'agence britannique du commerce maritime a annoncé que l'incident était clos.

Le Centre de sécurité maritime d'Oman a déclaré sur Twitter qu'il avait reçu des informations sur le fait que l'Asphalt Princess, battant pavillon panaméen, faisait l'objet d’un «détournement dans les eaux internationales du golfe d'Oman» et que la marine du sultanat avait déployé plusieurs navires pour aider à sécuriser les eaux internationales.

La marine britannique a déclaré que les attaquants qui étaient montés à bord d'un navire au large des côtes des Émirats arabes unis (EAU) dans le golfe d'Oman ont quitté le navire en question, sans plus de précisions.

La note de mercredi est intervenue après que le groupe de sécurité maritime United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) de l'armée britannique a mis en garde contre un «détournement potentiel» en cours, dans des circonstances peu claires la nuit précédente.

L’agence a signalé que «l'incident (était) clos», sans fournir plus de détails.

Le pétrolier Asphalt Princess, pour le transport de l’asphalte et du bitume, et battant pavillon panaméen, aurait été saisi à 60 000 marins au large de Fujaïrah, sur la côte est des EAU, dans une zone maritime menant au détroit d'Ormuz.

Des sources de sécurité britanniques ont déclaré qu'elles «opéraient sur la base de l'hypothèse que l'armée iranienne ou des groupes la représentant étaient montés à bord du navire».

Le groupe UKMTO de l'armée britannique avait initialement averti mardi les navires qu'«un incident était actuellement en cours» au large des côtes de FujaÏrah. Quelques heures plus tard, elle déclarait que l'incident était un «détournement potentiel».

Mardi après-midi, au moins cinq navires se trouvant entre les Émirats arabes unis et l'Iran ont modifié leur statut de suivi automatique pour se déclarer «Pas sous commandement», un statut qui indique généralement qu'un navire est incapable de manœuvrer en raison de circonstances exceptionnelles.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que les informations qui font état d'incidents de sécurité concernant plusieurs navires près de la côte des EAU étaient «suspectes», et a mis en garde contre toute tentative visant à créer une «atmosphère mensongère» contre l'Iran.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a affirmé mardi que l'Iran agissait de manière négative au Moyen-Orient, mettant en danger la navigation, armant la milice houthie au Yémen et contribuant à l'impasse politique au Liban.

«L'Iran continue de s'enhardir partout dans la région», a-t-il poursuivi. Il est extrêmement actif dans la région et de manière négative.»

Les tensions se sont accrues dans le Golfe depuis une attaque la semaine dernière par des drones iraniens chargés d'explosifs contre le MT Mercer Street au large d'Oman, au cours de laquelle le capitaine roumain du pétrolier et un agent de sécurité britannique ont été tués.

Le navire est géré par une société israélienne. Israël, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont déclaré qu'il y aurait une «réponse commune» à l'attaque.

Au cours des deux dernières années, les eaux au large de Fujairah ont été le théâtre d’une série d’explosions et de détournements. La marine américaine a accusé l’Iran d’avoir mené une série d’attaques de mines magnétiques qui ont endommagé des pétroliers.

Toujours en 2019, l'Iran a saisi le 19 juillet le Stena Impero battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz, alors qu'il se dirigeait vers Dubaï depuis le port iranien de Bandar Abbas. L’attaque a eu lieu après que les autorités de Gibraltar, territoire britannique d'outre-mer, ont saisi un superpétrolier iranien transportant 130 millions de dollars (1 dollar = 0,84 euro) de pétrole brut, soupçonné d'enfreindre les sanctions de l'Union européenne en transportant du pétrole vers la Syrie. Les deux navires ont ensuite été libérés.

En juillet de l'année dernière, un pétrolier recherché par les États-Unis pour avoir contourné les sanctions contre l'Iran a été détourné au large des côtes des Émirats arabes unis. Le navire et son équipage se sont retrouvés en Iran.

 

– avec Reuters

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
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  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.


Mort d'un bébé palestinien: une ONG contredit la version de l'armée israélienne, vidéo à l'appui

Une capture d'écran montre Sam Abu Haikal, âgé de sept mois, porté par son père quelques instants après qu'un soldat israélien a tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient, à Hébron, le 5 juin 2026. (B’Tselem via Reuters)
Une capture d'écran montre Sam Abu Haikal, âgé de sept mois, porté par son père quelques instants après qu'un soldat israélien a tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient, à Hébron, le 5 juin 2026. (B’Tselem via Reuters)
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  • Dimanche, l'armée israélienne avait dit que "sur la base des conclusions de l'enquête préliminaire, il a(vait) été décidé d’ouvrir une enquête par la Division des enquêtes criminelles de la police militaire"
  • L'ONG a en outre accusé les soldats de ne pas être venus en aide aux blessés

JERUSALEM: L'organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a diffusé mardi une vidéo contredisant, selon elle, la version de l'armée sur la mort d'un bébé palestinien, tué par des tirs israéliens en Cisjordanie occupée la semaine dernière.

Sam Fahd Abou Haikal, sept mois, est décédé et ses parents ont été légèrement blessés lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu vendredi sur la voiture de la famille dans la ville de Hébron, selon des sources palestiniennes.

L'armée avait indiqué, après une enquête préliminaire, qu'un de ses soldats avait ouvert le feu "sur des civils" non suspects, après que leur véhicule avait accéléré en direction de troupes.

Toutefois, selon une vidéo publiée par B'Tselem sur X, la voiture a ralenti et s'est arrêtée à l'approche de deux soldats israéliens. Les images ne montrent pas le moment des tirs, mais les instants d'après, la famille palestinienne se tenant près de leur voiture tandis que le bébé saigne dans les bras de son père.

Dimanche, l'armée israélienne avait dit que "sur la base des conclusions de l'enquête préliminaire, il a(vait) été décidé d’ouvrir une enquête par la Division des enquêtes criminelles de la police militaire".

L'ONG a en outre accusé les soldats de ne pas être venus en aide aux blessés.

"Après les tirs, le soldat qui avait ouvert le feu et un autre soldat qui l'accompagnait ont quitté les lieux sans vérifier le véhicule ni aider le bébé et sa mère, grièvement blessés", a affirmé B'Tselem, toujours sur X.

Sollicitée mardi soir, l'armée israélienne a indiqué à l'AFP qu'elle "vérifiait" la vidéo publiée par l'ONG.

Lors des funérailles du nourrisson samedi, son père a dit rejeter l'idée que les tirs résultaient d'une erreur: "quand plus d'une balle est tirée, qu'il n'y a pas de tir de sommation et aucun avertissement, ça ne peut pas être une erreur".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.