Au Pakistan, l’administration ébranlée après la démission d’un assistant du Premier ministre

Le Dr Ishrat Hussain prononce une allocution lors d'une cérémonie à l'Institut d'études stratégiques d'Islamabad, le 26 décembre 2019. (Photo avec la permission de l'Institut d'études stratégiques d'Islamabad)
Le Dr Ishrat Hussain prononce une allocution lors d'une cérémonie à l'Institut d'études stratégiques d'Islamabad, le 26 décembre 2019. (Photo avec la permission de l'Institut d'études stratégiques d'Islamabad)
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Publié le Samedi 07 août 2021

Au Pakistan, l’administration ébranlée après la démission d’un assistant du Premier ministre

  • J'ai accepté cette mission parce que je crois en la mission et la vision du Premier ministre
  • Tous les partis politiques qui ont dirigé le Pakistan ont été accusés de remanier et de transférer régulièrement des hauts fonctionnaires

LAHORE, ISLAMABAD : Les questions se multiplient sur l'avenir des réformes attendues de longue date de la fonction publique pakistanaise au ralenti et en sureffectif après la démission du Dr Ishrat Hussain, conseiller du Premier ministre Imran Khan sur les réformes institutionnelles et l'austérité, la semaine dernière.

Hussain a fait face à une tâche colossale lors de sa nomination en août 2018 : rationaliser la gouvernance et les fonctions de plus de 4 millions de fonctionnaires dans le pays, dont 1 million dans la capitale fédérale et 3 millions employés par les gouvernements provinciaux.

Au cours de ses trois années au pouvoir, le banquier chevronné, qui était auparavant doyen de l'Institut d'administration des affaires, économiste en chef de la Banque mondiale et gouverneur de la Banque d'État du Pakistan, a supprimé des dizaines de milliers de postes et réduit le nombre des entités gouvernementales de 441 à 324 dans ce qu'il a dit va réduire les «coûts fixes et variables du gouvernement».

Il a également allégé la bureaucratie centrale, en particulier la fonction publique non spécialisée, de 71 000 postes.

La semaine dernière, Hussain a soudainement démissionné.

«Je tiens à confirmer que j'ai remis ma démission en tant que conseiller du Premier ministre et lui ai demandé de me relever de mes fonctions à compter du 1er septembre 2021», a-t-il déclaré dans un communiqué aux médias.

«J'ai accepté cette mission parce que je crois en la mission et la vision du Premier ministre, c'est-à-dire l'amélioration de la structure de gouvernance de ce pays dans le but de créer une économie efficace et équitable, libérée des griffes de la capture des élites et d'aider les pauvres à sortir des pièges de la pauvreté», a souligné Hussain.

Il n'a pas divulgué les raisons de sa démission et, malgré les demandes répétées d'Arab News, il a refusé de faire plus de commentaires sur le sujet. Sa lettre de démission indique qu'il a rejoint le gouvernement, à condition que qu'il servirait pendant trois ans et prendra sa retraite une fois qu'il atteint 80 ans, ce qu'il a fait le 17 juin.

«Un système très imparfait»

La bureaucratie pakistanaise est lourde, avec la majeure partie, 90 % des employés, servant aux grades 1 à 16 en tant que personnel de base, a signalé Hussain à Arab News dans une interview le mois dernier. Seulement 10 % sont dans les grades 16-22, ce qui comprend des fonctionnaires spécialisés tels que des médecins, des ingénieurs et des comptables.

«Nous avons trop de personnel de soutien, payés plus que leurs homologues du secteur privé », a indiqué Hussain. «Plus de 85 % de la masse salariale leur revenait, tandis que seulement 15 % allait aux fonctionnaires supérieurs».

Les postes inutiles ou superflus supprimés, l'argent économisé pourrait servir à augmenter les salaires des fonctionnaires supérieurs.

La deuxième tâche principale de Hussain était la qualité des fonctionnaires, pour laquelle il a conçu un système d'évaluation, dans lequel les fonctionnaires seront notés chaque année par un conseil indépendant et se verront attribuer des augmentations et des avantages en fonction de leurs performances.

«Le système actuel est complètement subjectif et très imparfait», a-t-il affirmé.

«Nous avons un tout nouveau système de performance. Ceux qui perfectionnent obtiendront deux fois l'augmentation, tandis que ceux en dessous de la moyenne n'obtiendront aucune augmentation. Ce système a été approuvé par le Conseil des ministres. Nous travaillons actuellement sur une base pilote dans certains ministères».

Mohammad Hamza Shafqaat, le commissaire adjoint d'Islamabad, la capitale pakistanaise, a déclaré que la politique de Hussain avait fait une différence.

«Les instituts de formation sont devenus importants et indépendants comme ceux de l'armée», a-t-il déclaré à Arab News. «Ceux qui dirigent ces instituts n'ont pas de programme politique et ne sont pas des nominations politiques».

 

 

Non-ingérence politique possible ?

Tous les partis politiques qui ont dirigé le Pakistan ont été accusés de remanier et de transférer régulièrement des hauts fonctionnaires, de faire venir les hommes et les femmes qu'ils aiment et de renvoyer ceux qu'ils n'aiment pas.

Dans son manifeste électoral de 2018, le parti au pouvoir au Pakistan Tehreek-e-Insaf a promis un système basé sur le mérite dans la fonction publique, où le «bon fonctionnaire» serait affecté au «bon poste sans aucune considération politique». Mais l'ingérence politique dans toute bureaucratie est inévitable, a soutenu le Dr Umair Javed, professeur à l'Université des sciences de gestion de Lahore, qui faisait partie du groupe de travail sur la fonction publique créé par le Premier ministre Khan.

«La bureaucratie ne peut pas exister en tant qu'organe irresponsable, et les politiciens sont la dernière étape de la responsabilité. Donc, suggérer qu'ils seront complètement à l'abri de toute ingérence politique n'est pas du tout possible», a expliqué Javed à Arab News.

«Si vous me demandez personnellement, la tâche de la réforme de la fonction publique ne devrait pas incomber à une commission mais au parlement. Le parlement devrait en délibérer. Vous pouvez faire appel à un groupe de travail d'expertise pour vous aider. Mais l'organe compétent pour cela reste toujours le parlement».

Alors que certaines propositions avancées par Hussain ont trouvé un public, d'autres se sont heurtées à la résistance du gouvernement qui l'a nommé, notamment en réformant la bureaucratie provinciale.

«Les ministres en chef des provinces ont exigé que le groupe de travail fédéral que je dirigeais ne devrait pas s'ingérer dans les affaires provinciales», a déclaré Hussain. «J'ai dit très bien, vous effectuez vos propres réformes».

Mais pour Javed, la réforme de la bureaucratie provinciale devrait être la priorité absolue. «S'il y a un avenir pour la réforme de la fonction publique, alors c'est dans les provinces, et cela devrait être l'objectif », a-t-il maintenu. «Plus vous fortifiez la bureaucratie provinciale, plus elle aidera l'homme ordinaire».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

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  • Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone
  • M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.