Un collectionneur saoudien de voitures classiques ouvre au cœur du désert un chapitre d'histoire

Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
Le Dr Nasser Al-Massari, universitaire saoudien et ancien attaché culturel auprès des États-Unis, transforme son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. (Photos AN par Yazeed Alsamrani)
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Publié le Mercredi 11 août 2021

Un collectionneur saoudien de voitures classiques ouvre au cœur du désert un chapitre d'histoire

  • C'est à Los Angeles en pleine effervescence des années 1980, que Nasser Al-Massari a commencé à construire sa collection de 36 voitures, dont une Cadillac de 1946
  • Il ne s'agit pas d'une automobile, mais de l'histoire de son concepteur, de son fabricant et de la personne qui l'a achetée

LA MECQUE : Pour certains amateurs de voitures, collectionner des voitures est bien plus qu'un passe-temps. Beaucoup d'entre eux souhaitent ainsi préserver des objets qui semblent figés dans le temps.

Toute voiture classique représente un chapitre d'un livre qui retrace une histoire. Il ne s'agit pas d'une automobile, mais de l'histoire de son concepteur, de son fabricant et de la personne qui l'a achetée.

Mais c'est aussi une histoire de survie: cela fait des décennies que l'industrie automobile produit des voitures plus rapides, moins chères et plus économiques, sans que celles-ci ne possèdent les particularités des véhicules classiques.

Les voitures classiques ont été créées à l'ère analogique, à l’époque où les concepteurs se servaient de crayon et de papier pour dessiner des silhouettes élégantes et des lignes fluides. Ces créations sont difficiles à reproduire dans le monde du design informatisé dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Le Dr Nasser Al-Massari est un universitaire saoudien à la retraite. Il a transformé son amour et sa passion pour les voitures classiques en un musée privé dans sa maison de Riyad. Il y expose avec fierté une collection de 36 véhicules classiques provenant des quatre coins du monde, pour une valeur de 6,7 millions de dollars.

Dans un entretien accordé à Arab News, il raconte que sa plus ancienne voiture remonte à 1929, et que la plus nouvelle a été fabriquée en 1979. Ses voitures sont pour la plupart de fabrication américaine. Il les répare et les restaure lui-même, et accueille chaque semaine les amateurs de voitures classiques de Riyad, la capitale du Royaume.

Sa passion pour les voitures classiques remonte à l'année 1978. Cette année-là, il n'avait que 19 ans et il dirigeait l'entreprise de son père à Florence, en Italie. Là-bas, il a assisté à la célèbre course Mille Miglia de voitures classiques et anciennes. Et là, coup de foudre!

FAITS MARQUANTS

  • Sa plus ancienne voiture remonte à 1929, et la plus nouvelle a été fabriquée en 1979. Ses voitures sont pour la plupart de fabrication américaine. Il les répare et les restaure lui-même, et accueille chaque semaine les amateurs de voitures classiques de Riyad, la capitale du Royaume.

 

  • Sa passion pour les voitures classiques remonte à l'année 1978. Cette année-là, il n'avait que 19 ans et il dirigeait l'entreprise de son père à Florence, en Italie. Là-bas, il a assisté à la célèbre course Mille Miglia de voitures classiques et anciennes. Et là, coup de foudre!

 

  • M. Al-Massari évoque avec humour son passe-temps comme étant « la folie de la chasse aux voitures de luxe », qui l'a amené à se servir du garage de son voisin pour entreposer les véhicules qu'il achetait et ce, pendant son séjour à Los Angeles.

« La beauté des voitures était exceptionnelle ; leurs silhouettes et la finition étaient incroyables. Elles possédaient une beauté particulière », explique-t-il.

En 1983, M. Al-Massari se rend aux États-Unis après avoir obtenu une bourse de l'université du roi Saud pour préparer sa maîtrise à San Diego, en Californie. Un an plus tard, il achète sa première voiture au prix de 4 600 dollars : une Cadillac série 62 de 1946. Il a conduit cette beauté depuis Denver, dans le Colorado, jusqu'à San Diego.

En 1989, il obtient un doctorat et un diplôme de l'université de Californie à Los Angeles. Il peut développer sa collection de voitures grâce à son séjour à Los Angeles au début des années 1980; à l’époque, cette ville passait pour le terrain de jeu des acteurs et des stars d'Hollywood et un centre commercial et industriel. M. Al-Massari évoque avec humour son passe-temps comme étant « la folie de la chasse aux voitures de luxe », qui l'a amené à se servir du garage de son voisin pour entreposer les véhicules qu'il achetait et ce, pendant son séjour à Los Angeles.

« Aux États-Unis, les boursiers ont toujours des passe-temps en dehors de leurs études. Certains aimaient faire de la natation, de la randonnée, de la course à pied et bien d'autres sports. Ma passion était de collectionner les voitures classiques, et cette passion l'emportait sur tous les sports ou passe-temps », explique-t-il.

Cela fait plus de 30 ans que M. Al-Massari achète et vend des voitures pour étoffer et renouveler sans cesse sa collection. Il a toutefois gardé 36 véhicules particulièrement exclusifs et rares, parmi lesquels figurent des voitures qui sont les dernières à survivre d'une flotte ou d'une série.

« Impossible de dire quelle voiture je préfère. C'est comme si vous me demandiez lequel de mes enfants j'aime le plus. Mais si je dois choisir une seule voiture de ma collection, je choisirais la Cadillac Boattail Speedster de 1929. Il en reste une seule au monde, et elle n'est pas à vendre », précise-t-il avant d'ajouter que « c'est la crème de la crème des automobiles ».

 « J'avais 15 ans lorsque j'ai acheté ma première voiture et je m'y suis attaché. Je n'hésitais pas à réparer le moindre dysfonctionnement ; c'est de là qu'est née cette passion, à mon avis ».

 

Dr. Nasser Al-Massari

 

Si le dessus du panier de la collection de M. Al-Massari n'est autre que la Cadillac à deux places de couleur bleu étain et bleu marine, son parc de voitures qui trône dans un garage spacieux de 2 000 m² abrite aussi un assortiment impressionnant de Buick, Willys, Fiat, Chrysler, Chevrolet et Corvette. Parmi les voitures remarquables figurent également une Ford Thunderbird rose de 1956 et une Cadillac Séville, qu'il a achetée à Grandeur Motorcar Company, en Floride, et dont il n'existe que 20 exemplaires.

Sa collection laisse entrevoir sa préférence pour la Cadillac. « Comme j'ai vécu aux États-Unis pendant de longues années, je peux dire que la Cadillac est la Rolls Royce des voitures américaines, c'est une voiture formidable », explique M. Al-Massari.

Retraité au terme d'une longue carrière universitaire, il se passionne pour les pièces rares, mais aussi pour les détails fascinants qui caractérisent chaque véhicule. Comme la plupart des objets modernes, les voitures contemporaines ne suscitent pas forcément un intérêt personnel chez lui.

En effet, les voitures modernes utilisent de plus en plus le numérique, elles sont fabriquées en grand nombre et comportent des pièces que l'on ne peut pas retravailler, ce qui déplaît à M. Al-Massari.

« Plus la voiture est rare, mieux c'est. Je raffole de regarder sous le capot, de bricoler et de réparer les voitures, s’il le faut. J'aime leur redonner la splendeur d'antan, les entretenir et coopérer avec une équipe. J'aime retrousser mes manches et travailler moi-même. Il est parfois difficile de trouver les pièces de rechange –  plus le modèle est ancien, plus elles se font rares – mais grâce aux bases de données, aux communautés, aux sociétés, aux groupes et aux clubs qui sont disponibles un peu partout sur Internet, vous trouverez tôt ou tard les pièces souhaitées », affirme-t-il.

« J'avais 15 ans lorsque j'ai acheté ma première voiture et je m'y suis attaché. Je n'hésitais pas à réparer le moindre dysfonctionnement ; je crois que c'est de là qu'est née cette passion ».

Même s'il a acheté un nombre infini de voitures classiques rares, M. Al-Massari raffole toujours d'acheter une belle voiture de collection.

Il confie à Arab News qu'il guette sans relâche les ventes aux enchères de voitures dans le monde entier et surveille de près la fluctuation des prix. Il souhaite par ailleurs convertir sa collection en un véritable actif, à l'instar de l'immobilier et des actions. L'objectif de M. Al-Massari est aujourd'hui de posséder 50 voitures, à condition qu'elles fassent partie des voitures les plus rares au monde. Toutefois, il se heurte à une concurrence acharnée.

« Acheter des voitures de collection rares représente une concurrence ardue, notamment avec les amateurs de voitures aux quatre coins du monde, sans oublier les commerçants et les riches. Des voitures qui valent 500 000 dollars sont susceptibles de passer subitement à plus de 2 millions de dollars en raison de la concurrence », précise-t-il.

Par ailleurs, M. Al-Massari envisage de transformer son garage en un musée officiel une fois qu'il aura obtenu les autorisations requises. Depuis 2014, les personnes qui se rendent au marché de Granada à Riyad ont la chance de contempler les plus belles voitures de la collection d'Al-Massari ; avec un groupe de passionnés de voitures classiques du nom de « Cars and Coffee »,  il présente ses belles voitures au marché tous les vendredsi matin.

Je fais toujours un tour avec mes voitures une fois par semaine. Les voitures sont faites pour qu'on les conduise, pas pour qu'on les expose », dit-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

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  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.