A Paris, l’empaquetage de l’Arc de Triomphe prend forme

Cette photo d'archives prise le 30 juillet 2021 à Paris montre l'Arc de Triomphe, qui abrite la tombe du Soldat inconnu, en cours de préparation avant l'emballage du monument, dans le cadre d'une installation monumentale posthume de l'artiste d'origine bulgare Christo. LUDOVIC MARIN / AFP
Cette photo d'archives prise le 30 juillet 2021 à Paris montre l'Arc de Triomphe, qui abrite la tombe du Soldat inconnu, en cours de préparation avant l'emballage du monument, dans le cadre d'une installation monumentale posthume de l'artiste d'origine bulgare Christo. LUDOVIC MARIN / AFP
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Publié le Mardi 10 août 2021

A Paris, l’empaquetage de l’Arc de Triomphe prend forme

  • Deux grues rouges déployées jusqu'au sommet, les groupes sculptés protégés sous des treillages, des dizaines de techniciens affairés....
  • L'empaquetage de l'Arc de Triomphe en haut de l'avenue parisienne des Champs-Elysées, oeuvre posthume de Christo, prend forme

PARIS : Deux grues rouges déployées jusqu'au sommet, les groupes sculptés protégés sous des treillages, des dizaines de techniciens affairés.... L'empaquetage de l'Arc de Triomphe en haut de l'avenue parisienne des Champs-Elysées, oeuvre posthume de Christo, prend forme.

Du 18 septembre au 3 octobre, le rêve de jeunesse de l'artiste plasticien bulgare décédé en mai 2020 et de son épouse Jeanne-Claude, sera réalisé : ce haut-lieu des commémorations françaises, haut de 50 mètres, sera intégralement recouvert de 25.000 m2 de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté, ondoyant au gré des éléments, maintenu par 3.000 mètres de corde rouge.

christo
Cette photo, publiée le 3 avril 2019 par le bureau de presse de Christo et Jeanne-Claude, montre les dessins et collages préparatoires l'installation artistique "L'Arc de Triomphe, Enveloppé", de Christo. ANDRE GROSSMANN / CHRISTO AND JEANNE-CLAUDE - 2019 CHRISTO / AFP

En 1985, Christo avait déjà empaqueté ainsi le Pont-Neuf, l'un des ponts parisiens enjambant la Seine.

Démarrés fin juin, les préparatifs se poursuivent à un rythme soutenu sous la houlette de Vladimir Javacheff, neveu de Christo, conformément aux vœux très précis de son oncle, avec le soutien enthousiaste du Centre des monuments nationaux.

Objet vivant

"Ce sera comme un objet vivant qui va s'animer dans le vent et refléter la lumière. Les plis vont bouger, la surface du monument devenir sensuelle", expliquait Christo en présentant son ultime projet, deux ans avant sa mort.

Dès 1962, Christo et Jeanne-Claude avaient signé un photomontage avec l'Arc de Triomphe empaqueté, une idée qu'ils ont eue en regardant le monument depuis leur premier appartement parisien, avenue Foch.

Pour le moment, le "paquet-cadeau" n'est pas visible. La toile sera déployée dans les tout premiers jours de septembre. Les trois équipes qui se relaient 24h sur 24, dont des membres des Charpentiers de Paris, s'emploient à installer les points de fixation de la toile, sans aucune atteinte au monument, grâce à des patins de bois.

D'un coût de 14 millions d'euros, le projet est entièrement autofinancé grâce à la vente d'oeuvres originales de Christo, dessins préparatoires, souvenirs, maquettes et lithographies.

"Vous voyez le câble qui est en train d'être installé : il tire la toile vers l'arrière et les cordes sur le dessus pour la retenir comme une ceinture", confie à l'AFP le neveu de l'artiste. "C'était le souhait de Christo que nous terminions le projet".

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Vladimir Javacheff, neveu de l'artiste d'origine bulgare Christo, pose le 4 août 2021, à Paris devant les sculptures et l'Arc de Triomphe en préparation avant l'emballage du monument, dans le cadre d'une installation monumentale posthume. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

"Quand ça sera terminé, vous penserez juste que nous avons déposé un tissu sur le sommet et mis quelques cordes, et que l'ensemble a été attaché comme un cadeau de Noël!", explique Vladimir Javacheff. "Christo et Jeanne-Claude diraient que nous avons de l'amour et de la tendresse pour l'enfance, car elle ne dure pas. Quand on sait qu'une chose n'est là que pour une très courte période, on la traite d'une manière différente", ajoute-t-il.

Moment hors du temps

Pour Bruno Cordeau, administrateur de l’Arc de Triomphe, "accompagner la mise en place d’une œuvre comme ça, dans les circonstances qui sont celles d’aujourd’hui, c’est magique!".

"L'empaquetage du Pont-Neuf a été un moment hors du temps. C'est ce qu'on s'apprête à vivre une nouvelle fois ici. Nous veillons à ce que l'Arc de Triomphe soit protégé comme il faut, d'autant que le monument reste ouvert au public", ajoute M. Cordeau.

L'Arc de Triomphe, dont le chantier a été lancé par Napoléon 1er en 1806, est consacré depuis 1836 à perpétuer le souvenir des victoires de la Grande Armée napoléonienne et conserve depuis 1921 la dépouille du Soldat inconnu tué lors de la Première Guerre mondiale. 

"L'Arc de Triomphe n'est pas un monument comme les autres. C'est celui de la concorde nationale. C'est aussi un lieu de culture. L'œuvre de Christo a l'élégance et l'humilité d'être éphémère. Au bout de quinze jours, elle disparaîtra", souligne l'administrateur de l'Arc qui a associé au projet le Comité de la Flamme et les anciens combattants.

Au-delà des conséquences de la pandémie, le projet a été retardé aussi par la nidification printanière des faucons crécerelles, pensionnaires de l'Arc de longue date.


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.