Dans un parc de Kaboul, les déplacés afghans racontent l'enfer de l'offensive talibane

Selon le gouvernement afghan, 60 000 familles ont été déplacées par les combats ces deux derniers mois, et 17 000 ont été enregistrées à Kaboul. (AFP)
Selon le gouvernement afghan, 60 000 familles ont été déplacées par les combats ces deux derniers mois, et 17 000 ont été enregistrées à Kaboul. (AFP)
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Publié le Jeudi 12 août 2021

Dans un parc de Kaboul, les déplacés afghans racontent l'enfer de l'offensive talibane

  • Un homme tente de vendre des moustiquaires aux déplacés - environ 3 dollars la pièce. Mais personne n'a d'argent
  • «Quand il y a deux filles dans une famille, ils en prennent une pour la marier, quand il y a deux garçons, ils en prennent un pour le faire combattre»

KABOUL: Des milliers d'Afghans ont fui les villes capturées par les talibans dans le nord du pays, et certains racontent des histoires terribles: adolescentes enlevées par les talibans pour être mariées de force, décapitation, et meurtres de civils.


Dans un parc du centre de Kaboul, des centaines de déplacés internes ont remplacé les flâneurs et dorment à même le sol, traumatisés.


Friba, 36 ans, se souvient des chiens qui rôdaient autour des cadavres près de la prison de Kunduz, grande ville du nord, qu'elle a fuie avec ses six enfants dimanche, quand les talibans en ont pris le contrôle.


Depuis vendredi, les insurgés se sont emparés de neuf des 34 capitales provinciales, poussant des dizaines de milliers de personnes à fuir.


Marwa, 25 ans, vient de Taloqan, autre capitale provinciale prise dimanche. En pleurs, elle raconte que les insurgés ont enlevé la veille sa cousine de 16 ans pour la marier à un combattant.


"Quand il y a deux filles dans une famille, ils en prennent une pour la marier, quand il y a deux garçons, ils en prennent un pour le faire combattre", ajoute la jeune veuve, un cathéter sale planté dans la main à cause d'une blessure à la jambe. 


"Je suis tellement triste, je pense souvent à m'immoler par le feu."


Les talibans mènent aujourd'hui une offensive tous azimuts, lancée en mai à la faveur de l'entame du retrait final des forces étrangères, qui doit s'achever à la fin du mois.

«Juste un coiffeur»

Selon le gouvernement afghan, 60 000 familles ont été déplacées par les combats ces deux derniers mois, et 17 000 ont été enregistrées à Kaboul. 


L'Afghanistan compte déjà plus de 5 millions de déplacés internes, dont au moins 359 000 qui ont fui en 2021, a indiqué l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) mardi.


Dans les localités qu'ils ont conquises, les insurgés ont été accusés d'avoir commis des crimes de guerre et plusieurs organisations internationales, dont l'ONU, ont appelé à des enquêtes. 


"Il y a trois jours, les talibans ont tué un coiffeur, car ils pensaient qu'il travaillait pour le gouvernement. Mais c'était juste un coiffeur", raconte Mirwais Khan Amiri, 22 ans, arrivé au parc samedi depuis Kunduz. "Ils tuaient tous ceux qui ont travaillé avec le gouvernement, même ceux qui avaient démissionné il y a 5 ans". 


Dans un autre camp au nord de Kaboul, les histoires sordides ne manquent pas non plus.


"Les talibans ont attrapé un de mes fils par la tête, comme s'il était un mouton, ils l'ont décapité avec un couteau, et ont jeté sa tête. Je ne sais pas si son corps a été mangé par les chiens ou enterré", raconte Abdulmanan, un déplacé de Kunduz.

«Bientôt à Kaboul»
Et aux traumatismes s'ajoute maintenant le manque de tout. Dans le parc, il n'y a pas même dix tentes pour abriter les déplacés, qu'ils réservent aux enfants.


La plupart des gens n'ont rien pour s'abriter, si ce n'est quelques châles accrochés aux arbres.


Une fillette de 2 ans, l'air très malade, est couchée par terre près de son grand-père. "Elle a attrapé froid dans la nuit", raconte Mohammad Khan, 70 ans. 


Un soldat de passage donne discrètement au vieil homme un billet.


Aucune organisation humanitaire n'est là.


Les déplacés ont eux-mêmes commencé à lister leurs noms et numéros, espérant que des responsables viennent les réclamer pour les aider.


Un homme tente de vendre des moustiquaires aux déplacés - environ 3 dollars la pièce. Mais personne n'a d'argent.


Bibi Ma, veuve, est seule avec sa fille et ses onze petits enfants. "Je n'ai pas d'argent pour m'occuper d'eux. Ils demandent à voir leur père...", déplore-t-elle. Mais leur père est mort il y a quatre jours, quand une roquette a atterri à la porte de leur maison à Kunduz. 


"On ne nous a même pas donné un centime pour l'instant" déplore Azizullah, lui aussi de Kunduz, qui a perdu "sept ou huit voisins" et dénonce "la manière brutale de combattre" des talibans.


"Ils entraient dans les maisons de force et tuaient ceux qui tentaient de les arrêter", se souvient-il. "S'ils continuent comme ça, sans faire attention à personne, ils seront bientôt à Kaboul... Alors où pourrons-nous nous fuir ?"


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.