Cameroun: pluie de critiques après la garde à vue d'une célèbre femme d'affaires

Session sur l'innovation technologique dans un incubateur de start-ups ActivSpaces, présidé par Rebecca Enonchong, à Buea le 24 septembre 2019. (Reinnier Kaze/AFP)
Session sur l'innovation technologique dans un incubateur de start-ups ActivSpaces, présidé par Rebecca Enonchong, à Buea le 24 septembre 2019. (Reinnier Kaze/AFP)
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Publié le Vendredi 13 août 2021

Cameroun: pluie de critiques après la garde à vue d'une célèbre femme d'affaires

  • Session sur l'innovation technologique dans l’incubateur de start-ups ActivSpaces à Buea, présidé par la femme d’affaires camerounaise Rebecca Enonchon. (Reinnier Kaze/AFP)
  • Classée en 2020 parmi les 50 femmes les plus influentes d'Afrique par le magazine Forbes, Rebecca Enonchong est retenue depuis mardi à la gendarmerie de la capitale économique du Cameroun

DOUALA, Cameroun : La garde à vue prolongée à Douala de Rebecca Enonchong, célèbre femme d'affaires camerounaise, pour "outrage à magistrat" a provoqué une avalanche de réactions dans le pays et sur les réseaux sociaux où le hashtag #FreeRebecca est devenu viral.

Classée en 2020 parmi les 50 femmes les plus influentes d'Afrique par le magazine Forbes, Rebecca Enonchong est retenue depuis mardi à la gendarmerie de la capitale économique du Cameroun. 

"On lui reproche d'avoir injurié le procureur général de Douala et d'avoir commis un outrage à magistrat", a déclaré à l'AFP son avocat de Me Sylvain Oum.

De nombreux messages sur les réseaux sociaux au Cameroun et dans le reste du monde ont été publiés pour demander la libération de la femme d'affaires. 

Le hashtag #FreeRebecca a notamment été repris sur son compte Twitter par l'ambassadeur de France au Cameroun, avec une photo de Mme Enonchong. 

"Cela concerne une affaire de succession avec un de ses frères, elle a été accusée d'outrage à magistrat quand elle a demandé l'avancement de son dossier au procureur. Elle a passé une troisième nuit en garde à vue et elle risque de passer le week-end en détention", a détaillé de son côté à l'AFP Me Alice Nkom, également avocate de la femme d'affaires, qui parle d'une "dérive dictatoriale". 

Sollicité à plusieurs reprises par l'AFP, le procureur de Douala n'a pas donné suite.

Suivie par plus de 123.000 abonnés sur Twitter, Rebecca Enonchong est aussi connue au Cameroun pour ses nombreuses prises de position. 

Engagée politiquement, elle prend régulièrement position sur le conflit séparatiste en zone anglophone et interpelle les autorités sur la fracture numérique en Afrique. Plus récemment, elle avait critiqué la gestion des fonds Covid par le gouvernement camerounais.

Rebecca Enonchong est l'une des figures de proue de l'écosystème numérique du Cameroun. En 1999, elle créé AppsTech, un fournisseur mondial de logiciels de gestion d’entreprise.

Elle est également présidente d’ActivSpaces, l’un des principaux incubateurs de start-up au Cameroun, et d'Afrilabs, un réseau panafricain constitué de près de 250 centres d’innovation, présent dans une cinquantaine de pays, et qui supporte près d'un million d'entrepreneurs en Afrique. 

Mme Enonchong siège aussi au conseil d'administration de plusieurs entreprises reconnues internationalement dans le domaine de la Tech.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.