«Et si ma soeur était mariée de force ?» : des réfugiés afghans inquiets du sort de leurs proches

Des femmes afghanes portant la Burqa ou le voile. Archives AFP
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Publié le Mardi 17 août 2021

«Et si ma soeur était mariée de force ?» : des réfugiés afghans inquiets du sort de leurs proches

  • «Les talibans assurent qu'ils sont plus modérés qu'auparavant mais personne n'est dupe. Avec eux au pouvoir, les Afghans vont être privés de leurs droits fondamentaux», dit Nosar Ahmad. 
  • Comme beaucoup d'Afghans, il redoute que les talibans imposent à nouveau la version ultra-rigoriste de la loi islamique en vigueur lorsqu'ils ont dirigé le pays entre 1996 et 2001

PARIS : "S'ils trouvent mon frère et mon père, ils les tueront": des réfugiés afghans en France, contactés par l'AFP, s'inquiètent du sort de leurs proches, notamment celui des femmes, dans un pays désormais aux mains des talibans, après l'effondrement des forces gouvernementales.


"Mon père et mon frère ont travaillé pour les Américains pendant trois ans. Ils ont quitté Kaboul pour se cacher à quelques kilomètres car les talibans recherchent ceux qui ont aidé les Occidentaux", s'alarme Nosar Ahmad, 24 ans, réfugié en France depuis 2018.


Le père et le frère du jeune homme ont déposé "il y a plusieurs semaines" des demandes de visa auprès de l'ambassade américaine, pour l'instant restées sans réponse, assure-t-il.


"Maintenant que les diplomates sont évacués, j'ai peur que ce soit trop tard", se désespère Nosar Ahmad. "A Kaboul, tout le monde est sous le choc, c'est arrivé tellement vite. Le président est parti, tout est fini".


Comme beaucoup d'Afghans, il redoute que les talibans imposent à nouveau la version ultra-rigoriste de la loi islamique en vigueur lorsqu'ils ont dirigé le pays entre 1996 et 2001.


"Les talibans assurent qu'ils sont plus modérés qu'auparavant mais personne n'est dupe. Avec eux au pouvoir, les Afghans vont être privés de leurs droits fondamentaux", dit Nosar Ahmad. 


Le fulgurant triomphe des insurgés, célébré en investissant la résidence du président Ashraf Ghani, a aussitôt déclenché des scènes de panique à l'aéroport de la capitale. Des centaines de personnes se sont précipitées sur le tarmac lundi pour tenter de fuir, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.


"C'est leur dernière chance avant que l'aéroport ne soit contrôlé par les talibans", souligne à Paris Reza Jafari, président de l'association Enfants d'Afghanistan et d'ailleurs.

Routes coupées

Sonila Mohammadi, elle, tremble pour son mari. En 2017, elle avait quitté l'Afghanistan et demandé l'asile en France, alors que son époux était resté dans leur pays travailler pour les Etats-Unis, en espérant la rejoindre dans un second temps.


"Il a attendu trop longtemps", regrette la jeune femme de 28 ans, d'autant plus inquiète que la mauvaise qualité du réseau internet rend difficile tout contact avec lui. 


"Peut-être qu'il va tenter de gagner un camp de réfugiés au Tadjikistan (pays frontalier de l'Afghanistan, NLDR) pour quelques temps. Il y serait plus en sécurité, mais nous serons toujours séparés", raconte-t-elle, la voix brisée. 


Hashon Hassani, 21 ans, réfugié en France depuis 2019, espérait lui aussi jusqu'à dimanche que sa soeur obtienne un visa qui lui permettrait de le rejoindre.  


"Là où ils passent, les talibans prennent les filles et les femmes. A partir de 12 ans, elles peuvent être mariées. Et si ma soeur était mariée de force ?", redoute cet étudiant en psychologie à l'université de Villetaneuse, en région parisienne.


A l'image de centaines d'Afghans inquiets de l'avancée des talibans, sa soeur de 20 ans avait déposé une demande de passeport à Kaboul il y a deux semaines, "mais elle ne l'a pas reçu à temps". 


"Maintenant les routes sont coupées, les ambassades évacuées. Pour l'instant, des diplomates français délivrent encore des visas, mais pour combien de temps ?", soupire Hashon Hassani.


Vendredi, le gouvernement français a promis "un effort exceptionnel" pour accueillir des personnalités afghanes menacées pour leur engagement en faveur des droits humains.


Comme d'autres pays européens, la France a suspendu depuis début juillet les expulsions de migrants afghans, le premier contingent de demandeurs d'asile dans le pays en 2020. 


"C'est insuffisant", estime toutefois Reza Jafari, "ce qu'il faut, c'est que le gouvernement annonce que tous les ressortissants afghans peuvent obtenir l'asile".


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.