Les incendies en Grèce révèlent des «défaillances» dans la prévention des feux

Plus de 100 000 hectares sont partis en fumée en deux semaines, décimant faune et flore et montrant combien la Grèce reste à la traîne en matière de protection de l'environnement. (AFP)
Plus de 100 000 hectares sont partis en fumée en deux semaines, décimant faune et flore et montrant combien la Grèce reste à la traîne en matière de protection de l'environnement. (AFP)
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Publié le Mercredi 18 août 2021

Les incendies en Grèce révèlent des «défaillances» dans la prévention des feux

  • La canicule exceptionnelle qui a frappé le pays n'est pas la seule responsable
  • «La Grèce a toujours eu du mal à protéger son riche écosystème caractérisé par le microclimat méditerranéen et une biodiversité exceptionnelle»

ATHENES: Les récents incendies en Grèce, particulièrement destructeurs en termes de surfaces brûlées, ont mis au grand jour les "défaillances grecques" en matière de lutte anti-feux et de prévention dans un pays désormais confronté à une "crise écologique immense", préviennent des analystes.


Plus de 100 000 hectares sont partis en fumée en deux semaines, décimant faune et flore et montrant combien la Grèce reste à la traîne en matière de protection de l'environnement, parmi ses partenaires européens, sans réelle politique de prévention des incendies.


"La Grèce a toujours eu du mal à protéger son riche écosystème caractérisé par le microclimat méditerranéen et une biodiversité exceptionnelle", observe Takis Grigoriou, responsable des questions d'énergie et de changement climatique à Greenpeace-Grèce.


"Les constructions illégales, le manque de cartographie forestière, l'utilisation (par les Grecs) de l'espace naturel comme s'il s'agissait de leur propre propriété, figurent parmi les facteurs de défaillance de la politique de prévention des feux", explique-t-il à l'AFP.


"La mauvaise gestion environnementale du pays" s'ajoute aux "phénomènes extrêmes" auxquels la Grèce va être de plus en plus confrontée "en raison du réchauffement climatique", estime-t-il.


Les autorités "ont été prises de court" fin juillet, alors que des centaines de feux se déclaraient simultanément aux portes d'Athènes mais aussi dans des régions plus reculées, en Eubée (Nord-Est), dans le Péloponnèse (Sud) ou à Rhodes, souligne Efthymis Lekkas, professeur de gestion des catastrophes naturelles à l'université d'Athènes.


La canicule exceptionnelle qui a frappé le pays n'est pas la seule responsable. Selon lui, les "défaillances grecques du système opérationnel et de prévention" ont aussi contribué à ce que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a lui-même qualifié d'"immense catastrophe écologique".


"L'ouverture par exemple de voies coupe-feu dans les forêts n'a pas été privilégiée par les différents gouvernements grecs, car elle n'a pas d'impact politique direct", accuse M. Lekkas qui chiffre à "cinq milliards d'euros" les dégâts à long terme des récents incendies. 

Moyens «inadaptés»
Sur le terrain, nombre d'habitants rencontrés par l'AFP, corroborés à mots couverts par des pompiers français, ont dénoncé les "moyens inadaptés" et "insuffisants" des pompiers grecs face à l'énormité des incendies, en comparaison avec les équipements déployés par les soldats du feu d'une vingtaine de pays venus les aider. Une habitante d'Eubée a même comparé la Grèce à un "pays du tiers-monde" s'agissant des moyens à la disposition des pompiers locaux.


De fait, les autorités grecques ont préféré évacuer à tour de bras pour éviter des pertes humaines comme celles subies lors de l'incendie de Mati en juillet 2018 (102 morts) ou des feux de l'été 2007 (77 morts).


Avec trois morts à déplorer début août, le gouvernement conservateur se trouve désormais confronté, faute de prévention et de moyens suffisants, à une crise environnementale "immense et durable", compte tenu des "hot-spots de biodiversité et de conservation" partis en fumée, déplore Diana Bell, professeure à l'université d'East Anglia (UEA) au Royaume-Uni.


La Grèce abrite "6 000 arbres et plantes différents", rappelle-t-elle en soulignant que "certaines essences et espèces animales sont complètement uniques".

Le changement climatique «comme excuse»
De nombreux habitants ont été en outre contraints de fuir "après la destruction de leurs propriétés", ce qui accroîtra encore la désertification rurale en Grèce et l'abandon des cultures qui laisse des friches inflammables, redoute l'experte en biodiversité.


Des habitants de l'île d'Eubée ayant vu brûler leurs troupeaux, leurs maisons et leurs champs ont imputé la responsabilité du "crime" à Kyriakos Mitsotakis, l'accusant de les avoir "abandonnés aux mains de Dieu" en envoyant la majorité des bombardiers d'eau vers les "villas" cossues de la grande banlieue d'Athènes.


M. Mitsotakis a invoqué le "changement climatique" et "la canicule exceptionnelle" pour expliquer le sinistre. Mais des ONG de protection d'environnement l'ont accusé d'utiliser "le changement climatique comme excuse" pour couvrir le manque de moyens et de prévention. 


"La crise climatique n'est pas une excuse pour échouer mais doit être une alarme pour changer", souligne Dimitris Karavellas, directeur de la section grecque du Fonds mondial pour la nature (WWF). Il déplore que les propositions de son organisation en matière de prévention des incendies soient restées lettre morte depuis 20 ans.


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.

 

 


Après Itamar Ben Gvir, le ministre israélien Bezalel Smotrich interdit de territoire en France

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
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  • La France interdit l’entrée au ministre israélien Bezalel Smotrich en raison de ses positions en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et de la recolonisation de Gaza
  • Cette décision s’ajoute à celle visant Itamar Ben Gvir et à des sanctions contre des colons violents

PARIS: Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui "promeut activement l'annexion de la Cisjordanie" et "revendique ouvertement" la "recolonisation de Gaza", est interdit d'accès au territoire français, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

C'est le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle mesure après le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite, interdit d'entrer sur le sol français depuis le 23 mai, après la diffusion d'une vidéo de militants de la "flottille pour Gaza" agenouillés et mains liées.

"Bezalel Smotrich promeut activement l'annexion de la Cisjordanie, qu'il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne: c'est une politique que ne peut accepter l'écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats", a écrit M. Barrot sur X.

"Quatre responsables d'organisations de colons et 21 colons violents" sont également interdits de territoire français, a-t-il ajouté.

M. Barrot indique par ailleurs avoir pris "de nouvelles sanctions contre les responsables de l'intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie" conjointement avec le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, sans détailler ces mesures ni préciser les personnes visées.

Ces cinq pays avaient déjà annoncé le 10 juin 2025 interdire leurs territoires aux ministres Ben Gvir et Smotrich, les accusant d'"incitation à la violence" contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie. Le gouvernement israélien avait alors dénoncé ces sanctions, les jugeant "scandaleuses".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


Téhéran réplique après des frappes américaines sur l'Iran répondant à un hélicoptère abattu

Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
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  • L’Iran a frappé des bases américaines au Bahreïn et en Jordanie après des raids américains près du détroit d’Ormuz
  • L’escalade régionale se poursuit malgré les discussions de paix, faisant monter les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de "deux à trois jours". Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran et promis une réponse appropriée.

Tôt mercredi, l'Iran a annoncé des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à "des cibles aériennes hostiles" sans préciser leur provenance.

En Jordanie, les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir "visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain" d'Azraq, l'armée jordanienne annonçant avoir abattu cinq missiles iraniens.

A Bahreïn, des combattants de cette armée idéologique iranienne ont, eux, annoncé avoir procédé à "une attaque de drones contre la Ve flotte" américaine. Peu après, les sirènes d'alerte ont retenti dans ce pays du Golfe.

Les Gardiens ont justifié leur opération par des attaques américaines conduites dans la nuit sur Jask, Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz toujours bloqué. Celles-ci ont "endommagé un pylône de télécommunications à Sirik et détruit deux réservoirs d'eau dans la ville", ont-ils précisé.

Des médias iraniens avaient signalé plus tôt plusieurs séries d'explosions au niveau du détroit, stratégique pour le transport mondial d'hydrocarbures.

L'armée américaine y a frappé "des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens" près du détroit, selon un communiqué du Commandement central pour le Moyen-Orient (Centcom) des forces américaines.

Le Commandement américain a présenté ces frappes comme des mesures "en légitime défense" et de façon "proportionnée" en réponse à la destruction d'un hélicoptère Apache de l'armée américaine.

Celui-ci survolait lundi le détroit d'Ormuz lorsqu'il a été abattu par l'Iran, selon le président Trump.

Ces nouveaux échanges de feu ont fait repartir à la hausse les prix du pétrole. Le baril de WTI, référence américaine du brut, prenait 0,74% à 88,85 dollars, mercredi vers 02H30 GMT.

- Accord en attente -

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a semblé vouloir minimiser l'incident impliquant l'hélicoptère.

"Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques (...) la meilleure solution est qu'elles partent", a-t-il souligné sur X. "Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d'autres langues."

Après l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, tuant trois personnes dont deux militaires et blessant 15 personnes en Iran, selon la télévision d'Etat.

M. Trump avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités. Le chef de l'Etat américain cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu'il a déclenché au côté d'Israël le 28 février.

Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.

- Appel israélien à évacuer Tyr -

L'Iran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe la fin des hostilités sur le front libanais, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié libanais du Hezbollah et Israël.

Dans le sud du Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés sans relâche par l'armée israélienne.

Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.

Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le mouvement chiite, l'armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien.

"Le quartier chrétien est désormais vide à 99%", a rapporté à l'AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal.

Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban - qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne.

L'armée a par ailleurs rapporté avoir abattu dans le nord d'Israël un homme accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban.