Les saisies d'armes américaines par les talibans embarrassent Washington

Même si les talibans n'ont pas de pilotes capables de faire voler les hélicoptères américains, le Pentagone envisage de détruire les armements saisis par les insurgés (Photo, AFP).
Même si les talibans n'ont pas de pilotes capables de faire voler les hélicoptères américains, le Pentagone envisage de détruire les armements saisis par les insurgés (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 18 août 2021

Les saisies d'armes américaines par les talibans embarrassent Washington

  • Les réseaux sociaux abondent de vidéos de combattants talibans saisissant une cargaison d'armes, pour la plupart fournies à l'armée afghane par les puissances occidentales
  • Des images gênantes pour Joe Biden, dont la gestion du retrait d'Afghanistan est sous le feu des critiques

WASHINGTON: La déroute de l'armée afghane a permis aux talibans de s'emparer d'un équipement militaire américain considérable, et les images d'insurgés paradant avec des armes américaines ont envahi les réseaux sociaux, embarrassant l'administration Biden.

Les réseaux sociaux abondent de vidéos de combattants talibans saisissant une cargaison d'armes, pour la plupart fournies à l'armée afghane par les puissances occidentales, posant avec jubilation devant des hélicoptères d'attaque Black Hawk, brandissant des armes automatiques M4 et M16, voire des fusils de précision M24 utilisés par les tireurs d'élite, ou circulant à bord de véhicules blindés équipés de lance-roquettes.

Des images gênantes pour Joe Biden, dont la gestion du retrait d'Afghanistan est sous le feu des critiques.

"Nous n'avons évidemment pas une idée claire de l'endroit où chaque pièce d'équipement se trouve, mais il est certain qu'un bon nombre est tombé entre les mains des talibans", a admis mardi le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan. 

"Et nous n'avons pas l'impression qu'ils ont l'intention de nous les rendre", a-t-il ajouté.

Une admission dont certains républicains se sont emparés pour critiquer les décisions du président démocrate. 

"Grâce au retrait raté de Biden, les talibans sont mieux équipés aujourd'hui qu'ils ne l'ont jamais été", a tweeté mardi la présidente du parti républicain Ronna McDaniel.

"Joe Biden est favorable au contrôle des ventes d'armes, sauf quand il s'agit de donner aux talibans des milliards d'armement militaire", a commenté mercredi l'élue pro-Trump Lauren Boebert.

Washington a dépensé depuis 20 ans, 83 milliards de dollars pour former et équiper l'armée afghane.

Selon les chiffres de l'Inspecteur général pour la reconstruction de l'Afghanistan (Sigar), un organisme du Congrès, l'armée américaine a accordé ces dernières années à l'armée afghane plus de 7 000 fusils mitrailleurs, 4 700 véhicules blindés Humvee et plus de 20 000 grenades. 

"Plusieurs options"

Elle a aussi livré à l'armée de l'air afghane plus de 200 appareils, mais seuls 167 étaient en état de voler le 30 juin, selon un rapport récent du Sigar.

Selon Jonathan Schroden, expert de la lutte contre le terrorisme au cabinet de conseil CNA, les armes les plus dangereuses saisies par les talibans sont les obusiers de fabrication soviétique D-30 et les appareils de l'armée de l'air afghane créée de toutes pièces par Washington.

"Il n'est pas sûr qu'ils aient la capacité d'utiliser tous les avions qu'ils ont capturés, mais ils ont déjà démontré qu'ils savaient utiliser ces obusiers", a-t-il indiqué à l'AFP.

Certains équipements ont apparemment été sauvés par des éléments de l'armée afghane qui ont refusé de capituler. Le Pentagone a indiqué mardi que 500 à 600 soldats des forces spéciales afghanes avaient rejoint l'armée américaine à l'aéroport de Kaboul et aidaient à sécuriser les lieux.

La revue spécialisée Jane's a publié mercredi des images satellites montrant une quarantaine d'avions de l'armée de l'air afghane ayant atterri dans les derniers jours en Ouzbékistan pour éviter qu'ils ne tombent aux mains des insurgés.

Selon Jane's, 26 hélicoptères, dont cinq UH-60 Black Hawk, 16 Mi-17 de fabrication soviétique et cinq Mi-25 ont été repérés lundi sur l'aéroport de Termez, dans le sud de l'Ouzbékistan, de même que 21 avions d'attaque légère, dont 11 C-208 et 10 A-29 Super Tucano.

Même si les talibans n'ont pas de pilotes capables de faire voler les hélicoptères américains, le Pentagone envisage de détruire les armements saisis par les insurgés, a indiqué mercredi le porte-parole du ministère américain de la Défense, John Kirby.

Au cours des opérations de retrait, l'armée américaine a évacué du pays ou détruit un grand nombre d'armes et d'équipements pour éviter qu'ils ne tombent entre les mains d'insurgés, a-t-il rappelé au cours d'un point de presse. 

"Il est évident que nous ne voulons pas voir notre équipement entre les mains de ceux qui risquent d'agir contre nos intérêts ou contre les intérêts du peuple afghan et d'aggraver la violence et l'insécurité en Afghanistan", a-t-il ajouté.

Le Pentagone "n'a pas encore décidé" de ce qu'il allait faire à leur sujet, a-t-il dit. "Nous avons plusieurs options à notre disposition (...) y compris la destruction".


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.