«Tout peut à tout instant s'interrompre»: le défi du pont aérien entre Kaboul et Paris

Les Marines américains apportent leur aide lors d'une évacuation à l'aéroport international Hamid Karzai, à Kaboul, en Afghanistan, le samedi 21 août 2021. (AP)
Les Marines américains apportent leur aide lors d'une évacuation à l'aéroport international Hamid Karzai, à Kaboul, en Afghanistan, le samedi 21 août 2021. (AP)
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Publié le Mardi 24 août 2021

«Tout peut à tout instant s'interrompre»: le défi du pont aérien entre Kaboul et Paris

  • Sous pression de ses alliés, le président américain Joe Biden a insisté sur le fait qu'il souhaitait s'en tenir à la date-butoir du 31 août, sans toutefois complètement exclure un éventuel report
  • Le ministre britannique de la Défense a indiqué que le Royaume-Uni avait évacué 8 600 personnes depuis le 14 août

PARIS: "Tout cela peut à tout instant s'interrompre": pour les diplomates et militaires chargés de mettre à l'abri des milliers d'Afghans menacés par les talibans, chaque évacuation tourne à l'exploit.


"Nous ne savons pas de combien de temps nous disposons encore", confie une source française alors que les embûches ne cessent de s'accumuler à l'entrée de l'aéroport et que la date butoir du 31 août se rapproche dangereusement.


Si les Etats-Unis suivent leur objectif de retrait total le 31 août, "pour nous, en termes de rétroplanning, cela veut dire que notre opération se termine jeudi soir. Donc il nous reste trois jours", a expliqué le directeur de cabinet du ministre français des Affaires étrangères, Nicolas Roche, au Premier ministre Jean Castex.


Les Etats-Unis, qui ont déployé 5.000 soldats pour sécuriser l'aéroport, n'excluent pas de rester au-delà. Mais les talibans, qui ont reconquis le pays au terme d'une offensive éclair, s'opposent à tout report.


"Les conditions sont de plus en plus difficiles, elles nous obligent à nous adapter en permanence, heure par heure, demi-journée par demi-journée", résume l'ambassadeur de France à Kaboul, David Martinon, lors d'un briefing à distance avec son ministre, Jean-Yves Le Drian, et la ministre des Armées, Florence Parly, venus visiter le dispositif français d'évacuation sur la base d'Al-Dhafra aux Emirats arabes unis.


Les trois portes d'accès à l'aéroport sont régulièrement fermées, compliquant d'autant la tâche pour les diplomates retranchés dans l'enceinte qui doivent récupérer les personnes sur leurs listes bloquées à l'extérieur.


"A la porte sud, le portail est tombé (dans une bousculade), il a été remplacé par des containers blindés qui obstruent complètement l'accès et obligent les parachutistes britanniques à faire des acrobaties pour faire rentrer" les Afghans qu'ils veulent exflitrer, raconte David Martinon. 


A l'extérieur, les candidats au départ doivent attendre des heures, parfois des jours dans une chaleur écrasante, avant de se frayer un chemin au milieu d'une foule compacte qui tente par tous les moyens de fuir. 

 

«Peu probable» que les Etats-Unis prolongent le délai pour les évacuations, estime Londres

Le gouvernement britannique a estimé "peu probable" mardi que les Etats-Unis reportent leur retrait d'Afghanistan au-delà de la date prévue du 31 août pour permettre la poursuite des évacuations, avant un sommet virtuel du G7 consacré à la crise dans ce pays.


"Je pense que c'est peu probable. Pas seulement à cause de ce que les talibans ont dit, mais je pense que c'est peu probable si vous regardez les déclarations publiques du président Biden", a déclaré le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, sur la chaîne Sky News.


Les dirigeants du G7 - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ainsi que les secrétaires généraux de l'Otan et de l'ONU doivent se retrouver virtuellement mardi  après-midi pour un sommet convoqué en urgence par Londres, qui préside actuellement le groupe. 


Ils doivent faire le point sur les évacuations depuis l'aéroport de Kaboul, où des milliers de candidats au départ, terrifiés par le retour au pouvoir des islamistes, sont toujours massés dans de rudes conditions, dans l'espoir de s'envoler vers l'Occident.


Plusieurs pays du G7, dont le Royaume-Uni et la France, pourraient plaider auprès de Joe Biden pour qu'il maintienne des troupes américaines au-delà du 31 août, date fixée pour un retrait total des forces américaines d'Afghanistan, afin d'achever ces évacuations. 


"Cela vaut assurément la peine d'essayer, et nous allons le faire", a souligné Ben Wallace.


Sous pression de ses alliés, le président américain Joe Biden a insisté sur le fait qu'il souhaitait s'en tenir à la date-butoir du 31 août, sans toutefois complètement exclure un éventuel report. 


Les talibans se sont eux fermement opposés à délai du départ des Américains, prévenant qu'une prolongation entraînerait des "conséquences". 


Lors du sommet, le Premier ministre britannique Boris Johnson souhaite "convenir d'une approche commune à long terme" avec ses alliés sur l'Afghanistan, et a appelé dans un communiqué diffusé lundi soir les dirigeants des grandes puissances à renforcer leur "soutien aux réfugiés et l'aide humanitaire".


"Avec nos partenaires et alliés, nous continuerons à utiliser tous les leviers humanitaires et diplomatiques pour sauvegarder les droits humains et protéger les acquis des deux dernières décennies" en Afghanistan, a-t-il promis. Il a prévenu que les talibans seraient "jugés sur leurs actes".


Le ministre britannique de la Défense a indiqué que le Royaume-Uni avait évacué 8.600 personnes depuis le 14 août.

«Acrobaties»

"Ils subissent des tirs de balles en caoutchouc, des tirs de grenades de désencerclement, pour certains les coups des check-point talibans mais les plus déterminés y arrivent", souligne David Martinon.  


Les Etats-Unis, le Canada et les Britanniques exfiltrent les milliers d'auxiliaires qui travaillent pour eux et qui passent désormais pour autant de traîtres aux yeux des nouveaux maîtres de Kaboul. 


La France, qui n'a plus de présence militaire sur place depuis 2014, extrait surtout des Afghans menacés pour leur engagement en faveur des droits des femmes, de l'éducation ou de la culture.


Elle en a déjà exfiltré près de 2.000 dans un pont aérien désormais bien rôdé entre Kaboul, Abou Dhabi et Paris. Mais doit encore traiter des "milliers de signalements" d'Afghans menacés, vérifiant leur biographie en accéléré, par téléphone, auprès de sources françaises ou locales, explique une source au ministère des Affaires étrangères.


A l'aéroport même, la menace d'attentats est très prégnante et les Etats-Unis déconseillent désormais à leurs ressortissants de s'en approcher sauf consignes strictes en ce sens.


"Les talibans sont présents en ville, sur la partie civile de l'aéroport, donc à proximité des pistes. Ils n'ont pas démontré pour l'instant d'hostilité avérée, néanmoins (...) ils possèdent un certain nombre d'armements qui pourraient constituer des menaces pour nos avions", relève le colonel Yannick Desbois, qui commande la base 104 à Al-Dhafra.

Magistrats, médecins... un profil qui «va faciliter l'intégration» des Afghans évacués en France

Issus des élites, pour moitié des femmes, les Afghans qui ont fui le régime taliban présentent un visage différent de la demande d'asile afghane traditionnelle, des profils propices à une meilleure intégration, estime Didier Leschi, patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Question: quel est le profil des Afghans exfiltrés vers la France ? 


Réponse: "Les personnes qui arrivent ont soit travaillé pour la France, soit appartiennent à l'ancienne structure administrative, comme des magistrats, ou sont des élites urbaines ou sociales comme les médecins. Il y a aussi des journalistes ou des artistes.


Ces dernières années, 90% des demandeurs d'asile afghans (en moyenne 10.000 par an) étaient des hommes célibataires ayant une moyenne d'âge de 27 ans.


Les dernières arrivées prises en charge par la France sont composées à 90% de familles, avec un équilibre femme/homme et un tiers d'enfants. C'est socialement et démographiquement une autre demande d'asile.


Il s'agit de personnes qui, pour des raisons de position sociale, d'activité dans la société civile ou de prise de position sont considérées comme hostiles par les talibans et donc sont manifestement en besoin de protection.

Q: Cela peut-il permettre une meilleure intégration que la moyenne des Afghans, premiers demandeurs d'asile en France ?


R: La présence de familles, grâce en particulier à la présence d'enfants, va faciliter l'intégration. De même qu'un niveau scolaire élevé facilite l'apprentissage du français, c'est une situation inverse à celle des hommes célibataires, non lecteurs, non scripteurs que nous avons eu à prendre en charge ces dernières années.


On peut donc espérer un accès plus rapide à l'autonomie, ce qui suppose en particulier d'accéder à un logement et un emploi.


Or, le logement n'est plus uniquement une compétence de l'Etat. C'est pour cela que nous n'attendons pas tant que les villes qui se déclarent ouvertes à l'accueil proposent de l'hébergement temporaire, mais plutôt qu'elles travaillent avec nous à l'accès au logement. 


Actuellement, la durée moyenne de séjour dans les hébergements (d'urgence) est de plus de 620 jours. Et les Afghans constituent la première nationalité dans cette situation qui peut être vécue comme une impasse frustrante.


La France est depuis plusieurs années le principal pays d'accueil des demandeurs d'asile afghans, avec un très haut taux de protection, supérieur à ceux pratiqués en Allemagne, en Suède et dans d'autres pays vers lesquels avaient souhaité se diriger les Afghans.


C'est pour cela qu'avant la chute de Kaboul, un sur deux avait déjà été débouté dans un autre pays ou relevait d'un autre pays.


L'enjeu pour la France, au-delà même du cas afghan, est l'harmonisation (européenne) dans les taux de protection et, pour les Afghans qui ont déjà été déboutés dans un autre pays, que les pays qui demeurent responsables de ces personnes réexaminent les décisions négatives.

Q: Qu'est-ce que l'expérience de la crise migratoire syrienne nous a appris pour mieux gérer l'accueil des Afghans ?


R: La poussée migratoire de 2015-2016 nous a appris que les passeurs utilisent les crises pour permettre l'arrivée de personnes qui ne sont pas nécessairement en besoin de protection.


Il faut rappeler que sur les 1,2 million de personnes rentrées en Allemagne à l'époque, seules 36% étaient Syriennes. Le même phénomène peut se reproduire, d'où la vigilance nécessaire car la prise en charge de ceux qui ont un réel besoin de protection peut être entravée par l'arrivée de personnes dont le motif de migration ne relève pas de la convention de Genève.


Enfin, elle a été la démonstration que les parcours migratoires sont aussi liés à l'appréciation que les personnes ont de leurs capacités à s'intégrer dans la société qu'ils souhaitent rejoindre.


C'est pour cela que les classes moyennes ou supérieures syriennes, souvent anglophones, ont préféré d'autres pays que la France. Nous allons voir ce qui va se passer avec les Afghans qui fuient aujourd'hui la prise de pouvoir par les talibans."

«Défi de l'empathie»

Le groupe Etat islamique, rival des talibans, revendique aussi régulièrement des attentats dans le pays.


Face à la menace, les A400M français descendent en piqué et sont équipés de leurres pour mieux esquiver d'éventuels tirs de missiles.


Une fois les portes de l'aéroport passées, les Afghans exfiltrés par les Français s'engouffrent dans l'un d'eux, destination les Emirats.


Sur la piste, l'appareil stationne une demi-heure tout au plus, au milieu d'une noria de gros porteurs.


"On arrive, on fait rentrer les personnes qu'on doit ramener et on repart tout de suite, sans quitter l'avion", raconte le commandant Stephen, aux commandes d'un A400M.


Outre le défi du vol, "il y a un vrai défi qui est celui de ne pas tomber dans le trop d'empathie, vouloir charger trop de réfugiés, dépasser les limitation de l'avion et puis finalement conduire jusqu'au drame", pointe le colonel Desbois.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.