«Badri 313», unité d'élite et fer de lance des talibans

Une capture vidéo de la télévision afghane RTA montre des images de propagande des forces spéciales Badri 313 des talibans patrouillant dans les rues d'un endroit non identifié en Afghanistan. (AFP)
Une capture vidéo de la télévision afghane RTA montre des images de propagande des forces spéciales Badri 313 des talibans patrouillant dans les rues d'un endroit non identifié en Afghanistan. (AFP)
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Publié le Mercredi 25 août 2021

«Badri 313», unité d'élite et fer de lance des talibans

  • Des images diffusées sur les réseaux sociaux par les nouveaux maîtres de Kaboul montre depuis quelques jours des soldats équipés de l'attirail complet du combattant d'exception
  • Elle tiendrait son nom de la bataille de Badr, il y a 1 400 ans, au cours de laquelle le prophète avait triomphé avec 313 soldats seulement

PARIS: Elle tranche avec l'image habituellement véhiculée de talibans en turban, assis à l'arrière de pick-ups. L'unité "Badri 313", composante des forces spéciales des talibans, fait l'objet d'une intense propagande et jouit d'une aura importante au sein du nouveau régime.


Des images diffusées sur les réseaux sociaux par les nouveaux maîtres de Kaboul montre depuis quelques jours des soldats équipés de l'attirail complet du combattant d'exception: arme de guerre, casque et gilet pare-balles, cagoule, sac à dos, lunettes de vision nocturne, radio tactique. 


Ce sont les soldats de la "Badri 313", intégrée aux autres forces spéciales du nouveau régime. Elle tiendrait son nom de la bataille de Badr, il y a 1 400 ans, au cours de laquelle le prophète avait triomphé avec 313 soldats seulement. 


Et si elle n'est probablement pas l'égale des forces spéciales occidentales, ni même de celles de l'Inde ou du Pakistan voisins, ses membres sont "plus efficaces que les +talibans standards+ et certainement que les troupes de l'armée nationale afghane ces dernières semaines", ironise un expert en armement reconnu, qui se cache derrière le compte Twitter Calibre Obscura.

«Propagande»
"Ils ont été utilisés pendant la campagne contre le groupe Etat islamique entre 2017 et 2020", précise-t-il à l'AFP. "Historiquement, ils interviennent contre les durs à cuire". 


Selon l'expert, ainsi que la revue spécialisée Jane's, ses effectifs sont estimés à quelques milliers tout au plus. Elle rassemble "probablement certains des combattants les mieux formés et les mieux équipés" d'Afghanistan, estime Matt Henman, chef de la section terrorisme et insurrection chez Jane's. 


"On peut s'attendre à un peu de sensationnalisme dans la propagande" dont elle fait l'objet, tempère-t-il, mais "il y a une forte probabilité que le Pakistan lui ait apporté au minimum un embryon de formation".


Leur mise en évidence ne relève pas du hasard alors que les talibans, chassés du pouvoir par les Américains il y a vingt ans, viennent de reconquérir l'ensemble du pays.


Symboles d'un savoir-faire militaire dont les talibans ne jouissaient pas à l'époque, les membres de Badri 313 "ont démontré leur efficacité sur le champ de bataille", explique Bill Roggio, rédacteur-en-chef du Long War Journal (LWJ), revue américaine consacrée à la guerre contre le terrorisme. 


"Nous avons pu voir durant l'offensive finale, depuis mai, que les forces spéciales des talibans avaient été centrales dans la prise de l'Afghanistan", ajoute-t-il, sans écarter lui non plus une part d'exagération.


Et comme souvent en pareille situation, la rébellion victorieuse s'est copieusement servie dans les arsenaux de ses adversaires. En l'occurrence l'armée nationale afghane, elle-même sous perfusion américaine.


"Les Etats-Unis, concrètement, équipent l'armée des talibans", constate l'expert. 


Depuis quelques jours, l'unité est notamment chargée de la sécurité autour de l'aéroport de Kaboul, en face à face avec les forces américaines qui en contrôlent encore le tarmac.

Réseau Haqqani 
Elle s'est même offert le luxe de narguer les Américains, en diffusant une photo de soldats dressant le drapeau taliban, un cliché quasi identique à un autre, resté célèbre, de combattants américains à la bataille de Iwo Jima, au Japon, pendant la Seconde guerre mondiale.


Au-delà de son efficacité opérationnelle, l'unité Badri 313 sert des intérêts politiques puissants. Elle est intimement liée au réseau Haqqani, une voix qui compte au sein des talibans. Deux de ses représentants assistent à Kaboul aux discussions sur le nouveau gouvernement.


L'unité 313 représente ainsi "la combinaison de l'entraînement militaire des talibans pendant des années et des efforts du réseau Haqqani pour professionnaliser l'institution militaire afghane", schématise Bill Roggio.  


Son rôle devrait donc demeurer central dans le régime des "étudiants en religion". 


"Si les talibans les disposent quelque part, cela signifie que l'endroit est considéré comme important", estime Calibre Obscura. A ce titre, l'unité 313 "est un symbole de la sophistication des talibans et de leur engagement pour arriver à leurs fins".


Elle est, surtout, à l'image de leur progression en matière militaire. Le pays est en guerre depuis quarante ans et a beaucoup appris depuis l'invasion soviétique de 1979. 


"On assiste à une professionnalisation remarquable des talibans depuis le milieu des années 2000", confirme Gilles Dorronsoro, professeur de sciences politiques à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 


"La guerre qu'ils mènent n'est pas du tout la même que celle que leurs parents ont mené contre les Russes. Ils ont appris sur le terrain et ils sont très bons techniquement".  


Tragédie de la Manche : Priti Patel demande à la BBC de ne pas faire usage d’un langage « déshumanisant »

Le Royaume Uni fera tout ce qui est nécessaire pour aider à sécuriser les côtes françaises afin d'empêcher les migrants de risquer leur vie en tentant de traverser la Manche. (Photo, Reuters)
Le Royaume Uni fera tout ce qui est nécessaire pour aider à sécuriser les côtes françaises afin d'empêcher les migrants de risquer leur vie en tentant de traverser la Manche. (Photo, Reuters)
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  • Mercredi, 27 personnes en direction du Royaume-Uni se sont noyées dans la Manche près de Calais après le naufrage de leur bateau
  • Patel avait auparavant imputé la responsabilité de la mort des 27 personnes à la France, affirmant qu'il appartenait aux Français de prendre des mesures pour empêcher de nouvelles tragédies

LONDRES : La ministre britannique de l'Intérieur, Priti Patel, s'est engagée à demander à la BBC et à d'autres chaînes médiatiques de ne plus utiliser le terme « migrants », affirmant qu’il est « déshumanisant ».

Patel a pris cet engagement après avoir été critiquée par le député du Parti national écossais Brendan O'Hara la BBC ayant qualifié de « migrants » les 27 hommes, femmes et enfants décédés en traversant la Manche plus tôt cette semaine.

Mercredi, 27 personnes en direction du Royaume-Uni se sont noyées dans la Manche près de Calais après le naufrage de leur bateau. Parmi les noyés figuraient 17 hommes, sept femmes – dont une enceinte – et trois enfants.

À la suite de l'incident, O'Hara avait déclaré à la Chambre des communes : « Hier soir, je me suis connecté à BBC News pour avoir les dernières nouvelles sur cette terrible catastrophe et j'ai été absolument consterné lorsqu'un présentateur m'a informé qu'une trentaine de migrants s'étaient noyés. »

« Les migrants ne se noient pas. Les gens se noient. Des hommes, des femmes et des enfants se noient », a-t-il ajouté, exhortant Patel à prendre des mesures et à demander à la BBC et à d'autres médias de « réfléchir à l’usage d'un langage aussi déshumanisant et d'accorder à ces pauvres gens le respect qu'ils méritent ».

Patel a favorablement répondu à la demande d'O'Hara et a déclaré : « Même pendant les opérations et évacuations en Afghanistan, j'ai entendu beaucoup de propos relatifs aux personnes qui fuyaient qui semblaient franchement inappropriés. »

« Alors oui, je le ferai », a-t-elle promis.

Patel avait auparavant imputé la responsabilité de la mort des 27 personnes à la France, affirmant qu'il appartenait aux Français de prendre des mesures pour empêcher de nouvelles tragédies.

Elle confirme qu’il n’y a pas de solution rapide au problème des personnes qui cherchent à traverser la Manche, mais réitère l’offre d'envoyer plus de policiers en France.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Grèce: ouverture de deux nouveaux camps fermés pour migrants

Le RIC (centre d'accueil et d'identification) polyvalent financé par l'UE pour les migrants sur l'île de Samos, en Grèce, le 18 septembre 2021. (Photo, AFP)
Le RIC (centre d'accueil et d'identification) polyvalent financé par l'UE pour les migrants sur l'île de Samos, en Grèce, le 18 septembre 2021. (Photo, AFP)
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  • « Une nouvelle ère commence », a déclaré le ministre des Migrations Notis Mitarachi en annonçant l'ouverture de ces deux nouveaux camps
  • Les nouveaux camps sécurisés sont entourés de barbelés, pourvus de caméras de surveillance et de portails magnétiques

KOS, GRECE : La Grèce a ouvert samedi deux nouveaux camps fermés pour demandeurs d'asile dans les îles de Leros et de Kos, un modèle critiqué par des défenseurs des droits humains pour les contrôle stricts qui y sont imposés.

"Une nouvelle ère commence", a déclaré le ministre des Migrations Notis Mitarachi en annonçant l'ouverture de ces deux nouveaux camps.

Les nouveaux camps sécurisés, entourés de barbelés, pourvus de caméras de surveillance et de portails magnétiques où les demandeurs d'asile doivent présenter des badges électroniques et leurs empreintes digitales pour pouvoir entrer, sont fermés la nuit. 

Les demandeurs d'asile peuvent sortir dans la journée mais doivent impérativement rentrer le soir.

Ces nouvelles installations que la Grèce s'est engagée à mettre en place grâce des fonds de l'Union européennes, sont appelées à remplacer les anciens camps sordides où s'entassaient des milliers de migrants dans des conditions insalubres.

"Nous libérons nos îles du problème des migrants et de ses conséquences", a ajouté le ministre. "Les images des années 2015-2019 appartiennent désormais au passé".

Le premier camp sécurisé de ce type a été ouvert en septembre sur l'île de Samos, après le démantèlement du  vieux camp, véritable bidonville, qui avait abrité près de 7.000 demandeurs d'asile au plus fort de la crise migratoire entre 2015 et 1016.

La Grèce avait été la principale porte d'entrée par laquelle plus d'un million de demandeurs d'asile, principalement des Syriens, des Irakiens et des Afghans, étaient arrivés en Europe en 2015.

Le situation en Afghanistan a fait redouter l'arrivée d'une nouvelle vague de migrants.

Les nouveaux camps à accès contrôlé sont dotés de commodités comme l'eau courante, les toilettes et de meilleures conditions de sécurité qui étaient absentes dans les anciens camps.

La Grèce a prévu d'ouvrir deux autres nouveaux camps sécurisés sur les îles de Lesbos et de Chios.

La contribution de l'UE pour la mise en place de ces nouvelles installations s'élève à 276 millions d'euros (326 millions de dollars).

Des ONG se sont toutefois inquiétées de l'isolement des personnes qui y sont hebergées, estimant que leur liberté de mouvement ne devrait pas être soumise à des restrictions aussi sévères.

Selon des estimations de l'ONU, quelque 96.000 réfugiés et demandeurs d'asile se trouvent sur le territoire grec.

 


Virus: l'Afrique du Sud se sent «punie» pour avoir détecté un nouveau variant

Le personnel de l'aéroport aide les voyageurs à divers comptoirs d'enregistrement tandis qu'un tableau d'affichage électronique des vols affiche certains vols annulés à l'aéroport international OR Tambo de Johannesburg le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)
Le personnel de l'aéroport aide les voyageurs à divers comptoirs d'enregistrement tandis qu'un tableau d'affichage électronique des vols affiche certains vols annulés à l'aéroport international OR Tambo de Johannesburg le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)
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  • Le gouvernement estime n'avoir rien à se reprocher et dénonce sa stigmatisation pour être l'annonceur de mauvaises nouvelles, à l'instar d'une multitude d'internautes sud-africains aussi indignés qu'inquiets
  • «Cette dernière série d'interdictions de voyager revient à punir l'Afrique du Sud pour son séquençage génomique avancé et sa capacité à détecter plus rapidement de nouveaux variants. L'excellence scientifique doit être applaudie et non punie»

JOHANNESBURG : L'Afrique du Sud, dont les citoyens sont devenus persona non grata partout dans le monde après l'annonce d'un nouveau variant inquiétant, se sent "punie" et injustement traitée alors que ce sont ses scientifiques qui l'ont découvert et ont rapidement sonné l'alarme. 

Le gouvernement estime n'avoir rien à se reprocher et dénonce sa stigmatisation pour être l'annonceur de mauvaises nouvelles, à l'instar d'une multitude d'internautes sud-africains aussi indignés qu'inquiets.

"Cette dernière série d'interdictions de voyager revient à punir l'Afrique du Sud pour son séquençage génomique avancé et sa capacité à détecter plus rapidement de nouveaux variants. L'excellence scientifique doit être applaudie et non punie", estime le gouvernement samedi, deux jours après l'annonce de cette découverte, baptisée Omicron par l'OMS.

"De nouveaux variants ont été détectés dans d'autres pays. Chacun de ces cas n'a aucun lien récent avec l'Afrique australe. Il convient de noter que la réaction à l'égard de ces pays est radicalement différente de celle des cas en Afrique australe", regrette encore le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il rappelle aussi que l'OMS a "demandé aux dirigeants du monde entier de ne pas réagir de manière impulsive" afin de privilégier une "approche scientifique, fondée sur les risques". Sans grand effet. Mais Pretoria "s'aligne" évidemment sur cette position. 

Dès vendredi soir, au lendemain de la révélation de ce nouveau variant lors d'une conférence de presse de scientifiques sous sa houlette, le ministre de la Santé dénonçait la réaction pavlovienne et "draconienne" de nombreux pays qui ont immédiatement fermé leurs frontières avant même d'en savoir plus sur sa dangerosité. 

"Certains dirigeants cherchent des boucs émissaires pour résoudre un problème qui est mondial", dénonçait Joe Phaahla, évoquant une réaction de "panique".

Scientifiquement infondé

Pretoria redoute l'impact de ces fermetures sur "les familles, le secteur du voyage et du tourisme, les entreprises". Mais aussi qu'elles dissuadent d'autres pays de signaler la découverte de prochains variants de peur de se retrouver sanctionnés.

"On est parfois puni pour avoir été transparent et fait les choses rapidement", a regretté la star de la virologie sud-africaine Tulio de Oliveira qui, avec son équipe de l'institut de recherche KRISP, a détecté le variant.

Selon le chercheur brésilien basé en pays zoulou, les interdictions de voyager n'ont "scientifiquement pas beaucoup de sens" dans la lutte contre le Covid. Washington avait imposé une interdiction similaire à la Chine au début de la pandémie, avant de se retrouver avec le nombre le plus élevé d'infections, rappelle-t-il.

Le gouvernement plaide aussi que l'Afrique du Sud compte de nombreux atouts contre la pandémie: sa "capacité à tester", l'application des protocoles sanitaires, notamment en matière de transport. Son niveau de vaccination aussi --à 23,8% contre 54% de la population mondiale, c'est peu, mais nettement plus que dans reste de l'Afrique.

Ces éléments, "soutenus par une communauté scientifique de classe mondiale, devrait rassurer nos partenaires mondiaux sur le fait que nous faisons aussi bien qu'eux dans la gestion de la pandémie", argumente encore Pretoria.

Et la ministre des Affaires étrangères Naledi Pandor, si elle "respecte" le droit de pays à protéger leurs citoyens comme ils l'entendent, veut encore rappeler que "cette pandémie nécessite une collaboration et un partage d'expertise".