Iran: le gouvernement Raïssi obtient la confiance du Parlement

L'Iran est asphyxié financièrement par les sanctions rétablies par Washington à la suite de la décision prise en 2018 par l'ex-président américain Donald Trump de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien. (Photo, AFP)
L'Iran est asphyxié financièrement par les sanctions rétablies par Washington à la suite de la décision prise en 2018 par l'ex-président américain Donald Trump de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 26 août 2021

Iran: le gouvernement Raïssi obtient la confiance du Parlement

  • À l'issue de cinq jours de débats et d'auditions au Parlement, le Madjles («Assemblée» en persan) a validé 18 des 19 ministres présentés
  • Raïssi a remporté l'élection du 18 juin marquée par une abstention record et l'absence de véritables concurrents en face de lui

TÉHÉRAN: Le nouvel exécutif iranien a obtenu mercredi la confiance du Parlement, et le président Ebrahim Raïssi s'est engagé à "travailler jour et nuit" compte tenu des défis auxquels son pays fait face.   

À l'issue de cinq jours de débats et d'auditions au Parlement, le Madjles ("Assemblée" en persan) a validé 18 des 19 ministres présentés par le vainqueur, ultraconservateur, de la présidentielle de juin.

Le candidat au portefeuille de l'Éducation a été retoqué et il revient à M. Raïssi de présenter rapidement quelqu'un d'autre, à moins d'un mois de la rentrée scolaire.

Dans une République islamique d'Iran où le vrai pouvoir est aux mains du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, en poste depuis 1989, M. Raïssi hérite d'une situation difficile.

"Dès demain matin, nous tiendrons la première réunion du cabinet. Le gouvernement se mettra au travail sans perdre une minute, et travaillera jour et nuit", a déclaré M. Raïssi aux députés peu avant le vote.

"Le coronavirus et la nécessité de la vaccination générale sont notre priorité première", a-t-il ajouté.

L'Iran est asphyxié financièrement par les sanctions rétablies par Washington à la suite de la décision prise en 2018 par l'ex-président américain Donald Trump de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.

Mortalité record

Le pays de 83 millions d'habitants est frappé par une violente crise économique et sociale amplifiée par la pandémie de coronavirus, l'Iran peinant à endiguer une cinquième vague de contaminations.

Un nouveau record de mortalité due au virus a été atteint mardi avec le décès de 709 malades en 24 heures, selon les chiffres officiels.

Ultraconservateur, M. Raïssi a remporté l'élection du 18 juin marquée par une abstention record et l'absence de véritables concurrents en face de lui. 

Investi par le Parlement début août, il succède au modéré Hassan Rohani, architecte d'une politique d'ouverture à l'Occident torpillée par les efforts conjugués du gouvernement Trump et d'une grande partie du camp conservateur iranien.

Le vote de confiance à l'équipe ministérielle, très conservatrice et composée uniquement d'hommes, doit donc permettre à M. Raïssi de commencer à imprimer sa marque.

Le président avait annoncé samedi que la lutte contre le virus serait la première priorité du gouvernement, juste devant le redressement de l'économie.

À l'étranger, Occidentaux, Russes et Chinois guetteront tout signe de la volonté de l'Iran de reprendre les discussions entamées en avril pour tenter de sauver l'accord de Vienne.

Les parties étaient convenues fin juin de se retrouver pour un nouveau cycle de pourparlers qui se fait toujours attendre.

Mais dans deux messages publiés sur Twitter et Instagram après sa prise de fonctions, le nouveau ministre des Affaires étrangères iranien, Hossein Amir-Abdollahian, n'a fait aucune référence à l'accord de 2015, précisant, sur Twitter, que les pays "voisins et l’Asie" étaient "la priorité numéro 1".

«Intérêts nationaux»

Dans la foulée de son élection, M. Raïssi avait déclaré qu'il n'autoriserait pas des "négociations pour le plaisir de négocier" sur le dossier nucléaire.

Mais "toutes négociations garantissant les intérêts nationaux de l'Iran seront certainement soutenues", avait-t-il ajouté.

L'accord de Vienne offre à l'Iran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique, et d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU.

Les négociations en cours à Vienne visent à réintégrer les États-Unis à l'accord.

Lorsque les parties se sont séparées en juin, l'idée était d'obtenir un allègement des sanctions américaines en échange du retour de Téhéran à une application stricte du pacte.

En riposte au retrait américain et aux sanctions, l'Iran a en effet abandonné la plupart des garde-fous à ses activités nucléaires qu'il avait acceptés dans l'accord.

Toujours sur le plan diplomatique, une des premières décisions attendant le nouveau gouvernement portera sur le niveau de représentation de l'Iran au sommet devant avoir lieu samedi à Bagdad en vue de désamorcer les tensions régionales et auquel l'Irak dit avoir invité M. Raïssi lui-même. 


Frappes israéliennes sur le sud du Liban parallèlement aux négociations de Rome

Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
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  • Israël a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ciblant notamment Bourj al-Chamali et Mansouri, tandis que deux soldats israéliens ont été tués dans la région
  • Malgré cette escalade, Israël et le Liban poursuivent à Rome des négociations sous médiation américaine, alors que le Hezbollah rejette l'accord prévoyant son désarmement

BEYROUTH: Israël a mené dans la nuit une série de frappes contre deux localités du sud du Liban, alors que l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats, parallèlement à la poursuite des négociations entre les deux pays à Rome.

L'Agence nationale d'information (ANI) libanaise a indiqué que "l'ennemi israélien a intensifié ses attaques" dans la région de Tyr, en menant depuis la nuit de mercredi "une série de frappes aériennes et de bombardements".

Des drones israéliens ont frappé un quartier du village de Bourj al-Chamali avant une nouvelle frappe aérienne contre le même site, faisant quatre blessés, a ajouté l'agence de presse.

Selon la même source, l'aviation israélienne a également visé Mansouri, à une dizaine de kilomètres plus au sud, dont les habitants avaient reçu mardi un ordre d'évacuation.

Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des frappes contre le sud du Liban en réponse à ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante du cessez-le-feu" par le Hezbollah pro-iranien.

Une personne a été tuée et douze autres blessées mercredi dans une frappe israélienne ayant visé une salle de prière située dans un cimetière de la localité de Tebnine, selon le ministère libanais de la Santé.

Cette escalade intervient après l'annonce, jeudi matin, de la mort de deux soldats israéliens dans le sud du Liban, les premières pertes enregistrées par l'armée israélienne dans cette région depuis plus d'un mois. Le Hezbollah n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le Liban et Israël tiennent depuis mardi à Rome un septième cycle de négociations directes sous médiation américaine.

Les deux pays ont conclu en juin un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes.

Depuis le début de la guerre, plus de 4.300 personnes ont été tuées au Liban, tandis que 38 soldats israéliens et un contractuel civil ont perdu la vie.


Le chef de la diplomatie saoudienne participe à des discussions régionales en Jordanie sur la sécurité maritime et la désescalade

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
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  • La réunion de quatre parties régionales à Amman a réuni le prince Faisal avec les ministres égyptien, turc et pakistanais

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi à Amman à une réunion avec ses homologues régionaux afin d'examiner les moyens de réduire les tensions, de renforcer la coordination et de préserver la sécurité maritime.

Cette réunion des quatre parties régionales s'est tenue dans la capitale jordanienne et a réuni le prince Faisal, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

Les ministres ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont souligné l'importance de renforcer la coordination et de maintenir une approche commune face aux enjeux actuels de la région.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'efforts conjoints pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, préserver la liberté de navigation et soutenir la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que des marchés de l'énergie.

Les ministres ont salué l'initiative de l'Arabie saoudite visant à créer une alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité en mer, protéger les voies navigables internationales et faire face aux menaces pesant sur le transport maritime et le commerce mondial.

Les discussions ont également porté sur les efforts visant à apaiser les tensions régionales et à répondre aux défis sécuritaires persistants. Les ministres ont souligné l'importance des solutions diplomatiques et du soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan et le Qatar.

Ils ont enfin réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États dans le cadre des efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com