Macron en Irak pour soutenir la méthode régionale d’al-Kazimi

La capitale irakienne Bagdad photographiée le 27 août 2021 avant un sommet régional dans la ville. Après des décennies de conflit, l'Irak se présentera comme un médiateur régional alors qu'il accueille un sommet des dirigeants cette semaine – AFP
La capitale irakienne Bagdad photographiée le 27 août 2021 avant un sommet régional dans la ville. Après des décennies de conflit, l'Irak se présentera comme un médiateur régional alors qu'il accueille un sommet des dirigeants cette semaine – AFP
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

Macron en Irak pour soutenir la méthode régionale d’al-Kazimi

  • Une conférence internationale qui a lieu samedi en Irak, le fruit d’efforts diplomatiques soutenus déployés par le Premier ministre irakien, Moustapha al-Kazimi
  • Si l’initiative enthousiasme la France, le Premier ministre doit affronter d’importantes divergences et divisions internes, qui compliquent sa tâche d’apaisement du pays

BAGDAD: Samedi, pour la première fois depuis 2003, Bagdad accueillera une conférence internationale visant à stabiliser l’Irak et à désamorcer les tensions régionales et internationales, dont il est l’exutoire.

Cette conférence, à laquelle participent des représentants des pays du voisinage élargi, notamment l’Iran, l’Arabie saoudite, la Jordanie et la Turquie, ainsi que des membres permanents du Conseil de sécurité, est le fruit d’efforts diplomatiques soutenus déployés par le Premier ministre irakien, Moustapha al-Kazimi.

L’avocat de formation et ancien chef du service de renseignement, devenu Premier ministre en 2020, applique une méthode qui lui est coutumière: garder une porte ouverte au dialogue avec tous, amis alliés et antagonistes.

Ainsi, Al-Kazimi, qui a su garder le contact avec les Américains comme avec les Iraniens, a déjà lancé plusieurs médiations audacieuses: entre l’Arabie saoudite et l’Iran, ou entre la République islamique et la Jordanie. Avec cette conférence internationale, il franchit un cap supérieur.

La conférence sera l’acte fondateur d’un processus de longue durée. «L’Irak ambitionne de doter la conférence d’un secretariat permanent chargé d’organiser des réunions de suivi dans les capitales de la région», assure-t-on dans son entourage. Mais au-delà, il s’agira de «donner à l’Irak un rôle de médiateur entre les pays de la région, afin de désamorcer les tensions, et de construire une coopération régionale économique et sociale». Le but, dit-on, est aussi «de parvenir à une entente interne complétée par une entente régionale», qui ne pourra que renforcer le processus démocratique en Irak.

Une telle approche n’est pas pour déplaire au président français, Emmanuel Macron, qui a décidé de s’impliquer directement dans le processus, et qui, en plus sa participation à la conférence, a prévu une visite bilatérale, durant laquelle il rencontrera les autorités irakiennes et les composantes de la société civile.

Il est même possible d’extrapoler, en estimant que d’un point de vue français, la méthode Al-Kazimi n’est pas dénuée d’intérêt. Le Premier ministre est un homme d’action qui a fait le pari de faire bouger les lignes, dans l’espoir de sortir son pays de ses crises endémiques. Cette perception optimiste est cependant contrebalancée par la situation actuelle du pays, sclérosé par des décennies de crises internes, qui ont engendré des divisions profondes. Les critiques ne manquent pas.

Il y a les indulgents sarcastiques, qui estiment que pouvoir réunir une telle conférence est une victoire pour l’image pour l’Irak, mais que cela ne servira pas à grand-chose. Quand l’on n’arrive pas soi-même à fédérer à l’intérieur de son pays, ce ne sont pas acteurs extérieurs qui peuvent s’en charger. La cohésion sociale du pays n’est pas du ressort des Turcs, des Français ou des Saoudiens, mais bien des Irakiens.

On trouve également les sévères, qui constatent que la conférence ne suscite aucun engouement de la part des Irakiens, englués dans les difficultés du quotidien. Une façon de dire qu’il ferait peut-être mieux de s’atteler au règlement de ces problèmes en priorité. D’autres encore vont plus loin – un point de vue légitime – assurant que le Premier ministre est dépourvu de toute assise partisane ou même communautaire, et qu’il «cherche à acquérir par le biais de la conférence de envergure par rapport à ses concurrents politiques». À défaut de soutien local, ils soutiennent qu’Al-Kazimi cherche donc des assurances au niveau international, à travers «une conférence avant tout protocolaire».

Le constat est encore plus rude s’il l’on se réfère au passé, en particulier au pacte de Bagdad signé en 1955, qui n’avait pas pu empêcher la chute du Premier ministre, Nouri Saïd, à la suite d’un coup d’État militaire. Le lien est clair. À quel genre de protection peut aujourd’hui aspirer aujourd’hui Al-Kazimi de la part de pays rivaux entre eux? La question se pose en effet, et tout dépendra de la suite du processus, et des embûches rencontrées en cours de route par le Premier ministre.

Enfin, il y a les détracteurs les plus virulents, qui considèrent qu’il ne bénéficie d’aucun soutien, aussi bien en interne que dans la région.  Ils affirment que «les Iraniens tolèrent juste sa présence, mais qu’il n’est en aucun cas leur allié». Pour eux, la conférence régionale est opaque, et ses objectifs sont très flous. «De quelle manière ces pays vont-ils soutenir l’Irak?», s’interrogent-ils. «Que veut la France, que peut-elle faire pour l’Irak?». Idem pour la Jordanie et l’Égypte.

Les interrogations fusent. «De quelles capacités, de quels moyens dispose la France pour contrecarrer la mainmise iranienne sur le pays? Ce dont nous avons besoin, c’est d’un désengagement, d’un acteur capable d’infléchir le cours des événements», rétorquent-ils. Vient enfin un constat amer: «Cinq cent mille soldats américains déployés sur le sol irakien, pour un résultat connu de tous. Que pourrait maintenant changer une conférence internationale?»

Il s’agit selon eux «d’une lecture erronée de la situation». D’autant plus que «les forces politiques se repositionnement à l’approche des élections législatives», prévues au mois d’octobre. L’ampleur des divergences et des divisions montre le long et épineux chemin emprunté par Al-Kazimi pour mener à bien sa tâche d’apaisement.

Macron au JT de 20H de TF1 dimanche depuis l'Irak

PARIS: Macron sera l'invité dimanche soir du journal télévisé de TF1, en marge de son déplacement en Irak, afin d'évoquer "la situation en Afghanistan et dans la région", a annoncé samedi la chaîne dans un communiqué.

L'entretien du chef de l'État se déroulera depuis Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien. M. Macron se trouve actuellement en Irak pour un sommet régional où la crise afghane et la lutte contre l'État islamique occupent le devant de la scène.

Le président avait fait une allocution sur la situation en Afghanistan le 16 août, au lendemain de la prise de Kaboul par les talibans.

Depuis, la France a mené deux semaines d'opérations d'évacuations, achevées vendredi soir. Au total, près de 3 000 personnes, dont 2 600 Afghans, ont été mises à l'abri, selon la ministre de la Défense Florence Parly.

À l'approche du retrait définitif le 31 août des forces américaines, qui sécurisent l'aéroport de Kaboul, plusieurs pays ont déjà annoncé avoir mis fin à leurs opérations, à l'image du Royaume-Uni samedi.

Parallèlement, une délégation française a rencontré jeudi à Doha des représentants des talibans pour la première fois depuis qu'ils ont pris le pouvoir le 15 août. Ces discussions ont porté sur la situation à l'aéroport de Kaboul et les opérations d'évacuations, selon les deux parties.

(Avec AFP)


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
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  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.

 


Egypte: incendie sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette 

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  • Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée"
  • Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident"

LE CAIRE: Un incendie s'est déclaré mercredi à bord de deux navires de traitement et de stockage de gaz naturel dans le port de Damiette, dans le nord de l'Egypte, a annoncé le ministère égyptien du Pétrole, sans préciser les causes du feu.

Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée", ajoutant qu'il n'y avait eu aucune "perte humaine".

Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident".

L'ancien président de l'Autorité du port de Damiette, le général Ayman Saleh, a indiqué à l'AFP qu'"un navire de regazéification était amarré aux côtés d'un méthanier dans le port", expliquant que l'opération de regazéification "s'effectue sous une très forte pression", de sorte que toute fuite peut provoquer un incendie.

Il n'a pas précisé à qui appartenaient les deux bâtiments.

 


L'armée israélienne accuse le Hezbollah d'une «violation flagrante» de l'accord de cessez-le-feu

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
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  • "Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité
  • "Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

"Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité", indique le communiqué militaire.

"Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah", poursuit-il.

Un accord-cadre a été conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, en vue de mettre fin à la guerre entre les deux pays.

Son application prévoit notamment la mise en place de "zones pilotes" dans le sud du Liban, où le désarmement du Hezbollah doit constituer un test avant un retrait progressif des forces israéliennes d'autres secteurs.

Le mouvement chiite, soutenu par l'Iran, rejette cet accord et refuse de déposer les armes, mais n'a toutefois pas revendiqué d'attaque depuis le 20 juin.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.

L'armée israélienne a indiqué que des troupes continueraient d'y être déployées pour une période indéterminée, "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Dimanche, l'armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.