Macron à Bagdad : un sommet pour stabiliser l'Irak et réduire les tensions dans la région

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) accueilli par des enfants alors qu'il est reçu par le Premier ministre irakien Mustafa al-Kazimi après son arrivée à l'aéroport de Bagdad avant un sommet régional tard le 27 août 2021. (Bureau de presse du Premier ministre irakien/ AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) accueilli par des enfants alors qu'il est reçu par le Premier ministre irakien Mustafa al-Kazimi après son arrivée à l'aéroport de Bagdad avant un sommet régional tard le 27 août 2021. (Bureau de presse du Premier ministre irakien/ AFP)
Short Url
Publié le Samedi 28 août 2021

Macron à Bagdad : un sommet pour stabiliser l'Irak et réduire les tensions dans la région

  • Macron se rendra à Bagdad, à Erbil et à Mossoul, où il rencontrera de nombreux interlocuteurs, et il en profitera pour faire passer plusieurs messages concernant la stabilité de l’Irak
  • Il participera ensuite à la conférence des pays voisins de l’Irak, dont l’Iran (mais pas la Syrie, non invitée), organisée conjointement par les autorités irakiennes et la France

PARIS: C’est un défi bien ambitieux que se lance le président français Emmanuel Macron en s’impliquant dans le processus de stabilisation de l’Irak avec, en filigrane, l’intention d’apaiser les tensions régionales.

Pour concrétiser cette implication, il effectuera le 28 et 29 août une visite en Irak, où il s’était déjà rendu le 2 septembre 2020.

En Irak, il s'agit pour l'Elysée de souligner «l’attachement de la France au renforcement des relations bilatérales en matière de lutte contre le terrorisme, de stabilisation et de développement économique».

Cette visite qui pour l’Élysée marque l’attachement de la France à l’Irak, «pays pivot, pays charnière qui est essentiel à la stabilité du Moyen-Orient», comporte deux volets, un bilatéral et un autre régional.

irak
Les préparatifs vont bon train dans la capitale irakienne où se tient une conférence régionale orgnanisé par Bagdad et Paris. (AFP). 

Il se rendra à Bagdad, à Erbil et à Mossoul, où il rencontrera de nombreux interlocuteurs, et il en profitera pour faire passer plusieurs messages concernant la stabilité de l’Irak et de la région.

Il s’agit selon l'Elysée de souligner «l’attachement de la France au renforcement des relations bilatérales en matière de lutte contre le terrorisme, de stabilisation et de développement économique».

Au menu de ses entretiens à Bagdad, est prévue une rencontre avec le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, puis avec le président, Barham Salih.

Au cours de ces entretiens, Macron rappellera l’importance de la relation bilatérale et «la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme». 

Il évoquera aussi «le processus politique en cours en Irak avec l’ensemble de ses difficultés et obstacles» et soulignera «le soutien de la France au développement et à la stabilisation» du pays.

Il participera ensuite à la conférence des pays voisins de l’Irak, organisée conjointement par les autorités irakiennes et la France, qui réunira le voisinage élargi du pays, dont l’Iran, mais pas la Syrie, «qui n’a pas été invitée», précise l’Élysée.

Cette conférence est le fruit du dialogue entre Macron et à la fois Salih et Kazimi au cours des derniers mois.

L’autre sujet qui peut peser sur la conférence et que Paris a tenu à réfuter est l’Afghanistan et le chaos qui règne dans le pays à la suite du retrait américain, et de la double explosion qui a visé jeudi les abords de l'aéroport de Kaboul.

Le président français l’a également évoqué avec ses différents interlocuteurs régionaux, dont l’Arabie Saoudite, ainsi qu’avec les États-Unis, qui seront représentés à la conférence.

Il s’agit donc d’une rencontre organisée en coordination et en coopération avec la France et qui, affirme-t-on à l’Élysée, vise un double objectif.

«Les participants manifesteront au cours de la conférence le soutien au rôle pivot de l’Irak, à la lutte contre le terrorisme ainsi qu’au développement du pays.»

Au sommet de Bagdad, le chef de l'Etat français, seul acteur extra-régional, retrouvera son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie. 

irak
Emmanuel Macron en compagnie de son homologue irakien Moustapha Al-Kazimi, sur le perron de l'Elysée le 19 octobre 2020. (AFP).

Par ailleurs, il y a surtout un objectif régional compte tenu des participants «qui consiste à la baisse des tensions régionales en favorisant le dialogue», afin de promouvoir l’Irak et aussi l’ensemble de la région «comme un espace de coopération plutôt qu’un espace de confrontation».

Il s’agit d’une étape qui nécessite un suivi, confirme l’Élysée, sans toutefois s’aventurer dans des pronostics sur les obstacles pouvant entraver ce type de coopération, dont en premier lieu le dossier nucléaire iranien et les préoccupations concernant la réelle volonté de Téhéran de contribuer à la stabilité de la région.

L’autre sujet qui peut peser sur la conférence et que Paris a tenu à réfuter est l’Afghanistan et le chaos qui règne dans le pays à la suite du retrait américain, et de la double explosion qui a visé jeudi les abords de l'aéroport de Kaboul.

La situation en Afghanistan pourra être abordée, soutient l’Élysée, refusant tout parallèle avec l’Irak d’où les États Unis ont l’intention de se retirer à la fin de l’année, départ qui hante tous les esprits.

À la suite de la conférence, Macron aura un entretien avec le président du Parlement irakien, Mohamed al-Halbousi, en présence de représentants des groupes parlementaires, et il visitera le sanctuaire chiite d’Al-Kadhemya où il s’entretiendra avec les responsables, sans qu’une rencontre soit prévue avec le dignitaire Ali al-Sistani.

Rencontrer les différentes composantes de la société

Le president français passera la nuit à Erbil, capitale des régions autonomes du Kurdistan, d’où il se rendra à Mossoul longtemps détenue par les combattants de Daech pour une rencontre avec les étudiants de l’université, puis avec des groupes de jeunes et des influenceurs.

Suivront également une rencontre avec les représentants de l’ensemble des chrétiens d’Irak afin d’évoquer avec eux leur présence et leur avenir, puis une visite à la mosquée El-Noury, lieu de naissance du califat de Daech, en cours de reconstruction par la communauté internationale.

Pour Emmanuel Macron, le but est d’avoir un échange avec les différentes composantes de la société irakienne et de «dialoguer avec l’Irak dans toute sa diversité».

De retour à Erbil, Macron s’entretiendra avec le président du Kurdistan, Netchivan Barzani, afin «de rappeler à nos amis kurdes la force du soutien de la France dans le développement et la coopération avec le Kurdistan».

Une rencontre est prévue également avec l’ancien président du Kurdistan Massoud Barzani, figure populaire de la région autonome, ainsi qu’avec la famille du combattant kurde Hujam Surshi, exécuté par Daech, puis il évoquera avec Nadia Murad, la situation des yézidis et le problème des déplacés et disparus en Irak. Prix Nobel de la paix, Nadia Murad est l'icône des Yazidies esclaves sexuelles des jihadistes. DAns sa délégation figure également l'essayiste Caroline Fourest, militante féministe et pour la laïcité.

Il reste qu’il est difficile de mesurer dès à présent les conséquences du retrait engagé par le président américain Joe Biden, et son impact sur la logique française d’implication.


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
Short Url
  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Short Url
  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Short Url
  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.