Le Liban lance un audit de la Banque centrale réclamé à l'international

Vue de l'entrée fortifiée de Banque centrale du Liban, dans la capitale Beyrouth. (Patrick BAZ/AFP)
Vue de l'entrée fortifiée de Banque centrale du Liban, dans la capitale Beyrouth. (Patrick BAZ/AFP)
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Publié le Mercredi 09 septembre 2020

Le Liban lance un audit de la Banque centrale réclamé à l'international

  • « Aujourd'hui (mercredi), a débuté la première phase de l'audit juridique qui doit être mené par Alvarez & Marsal »
  • Le cabinet de conseil en transformation d'entreprises doit ainsi fournir « dans les 24 heures » au ministre des Finances « une liste préliminaire comprenant des informations demandées à la Banque centrale »

BEYROUTH: Le Liban en crise a annoncé mercredi le lancement d'un audit juricomptable de la Banque centrale, une mesure réclamée avec insistance notamment par la France et le Fonds monétaire international (FMI).

Le ministre des Finances Ghazi Wazni avait signé début septembre des accords avec différents cabinets internationaux --Alvarez & Marsal KPMG et Oliver Wyman-- pour mener à bien cet audit, en plusieurs étapes. L'annonce coïncidait avec une visite le 1er septembre du président français Emmanuel Macron, la deuxième en moins d'un mois à Beyrouth. Le chef de l'Etat français avait martelé à plusieurs reprises l'importance d'une telle procédure, « indispensable » selon lui.

Première phase de l’audit

« Aujourd'hui (mercredi), a débuté la première phase de l'audit juridique qui doit être mené par Alvarez & Marsal », a annoncé le ministère des Finances dans un communiqué. Le cabinet de conseil en transformation d'entreprises doit ainsi fournir « dans les 24 heures » au ministre des Finances « une liste préliminaire comprenant des informations demandées à la Banque centrale », selon le communiqué. Les trois cabinets internationaux doivent ensuite former des équipes pour commencer à travailler ensemble « très prochainement » sur l'audit.

Déjà en plein effondrement économique, le Liban avait initié mi-mai des négociations avec le FMI pour obtenir une aide financière, mais le processus est au point mort. Le FMI appelle aussi les autorités à des réformes, réclamant plus de « transparence » et des « audits complets pour les institutions-clés, y compris la Banque centrale ».

Alors que le pays connaît depuis plus d'un an une dépréciation historique de sa monnaie nationale, le gouvernement accuse régulièrement le gouverneur de la Banque centrale d'être responsable de la crise.

Riad Salamé a de son côté maintes fois défendu son bilan. Après l'explosion, le gouvernement de Hassan Diab a démissionné le 10 août. Son successeur Moustapha Adib s'est engagé à former rapidement un gouvernement d'experts, promettant des réformes et un accord avec le FMI. Depuis Beyrouth, M. Macron avait récemment assuré que les partis politiques s'étaient engagés auprès de lui à former le nouveau gouvernement sous deux semaines, mais aucune avancée n'a encore été constatée sur ce dossier.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.