Nucléaire iranien: négociations peu probables avant 2 à 3 mois, selon Téhéran

«Nous ne cherchons pas à fuir la table des négociations et le (...) gouvernement considère qu'une vraie négociation est une négociation qui produit des résultats palpables permettant de garantir les intérêts et les droits de la nation iranienne», a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir-Abdollahian. (Photo, AFP)
«Nous ne cherchons pas à fuir la table des négociations et le (...) gouvernement considère qu'une vraie négociation est une négociation qui produit des résultats palpables permettant de garantir les intérêts et les droits de la nation iranienne», a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir-Abdollahian. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 septembre 2021

Nucléaire iranien: négociations peu probables avant 2 à 3 mois, selon Téhéran

  • Les pourparlers de Vienne visent à réintégrer les USA au pacte dénoncé en mai 2018 par Trump et à ramener l'Iran au respect de ses engagements internationaux
  • L'Iran a progressivement abandonné à partir de mai 2019 la plupart des limites à ses activités nucléaires prévues par l'accord

TEHERAN : Les discussions entamées en avril à Vienne pour tenter de relancer l'accord international sur le nucléaire iranien risquent de ne pas reprendre avant deux ou trois mois, selon Téhéran.

Menées sous l'égide de l'Union européenne, ces pourparlers visent à réintégrer les Etats-Unis à ce pacte dénoncé en mai 2018 par l'ex-président américain Donald Trump et à ramener l'Iran au respect intégral de ses engagements internationaux concernant son programme nucléaire.

Les négociations ont été ajournées le 20 juin, deux jours après la victoire de l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi à la présidentielle iranienne, et aucune date de reprise des discussions n'a encore été annoncée.

"Nous ne cherchons pas à fuir la table des négociations et le (...) gouvernement considère qu'une vraie négociation est une négociation qui produit des résultats palpables permettant de garantir les intérêts et les droits de la nation iranienne", a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir-Abdollahian, dans un entretien diffusé mardi soir par la télévision d'Etat.

"L'autre partie sait pertinemment qu'un processus de deux ou trois mois est nécessaire pour que le nouveau gouvernement se mette en place et prenne la moindre décision", a-t-il ajouté, assurant néanmoins que les discussions de Vienne sont "une des questions à l'ordre du jour de la politique étrangère et du gouvernement".

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé mercredi son nouvel homologue iranien à une "reprise immédiate" des négociations sur le nucléaire iranien.

"Le ministre a souligné l'importance et l'urgence d'une reprise immédiate des négociations, interrompues par l'Iran depuis le mois de juin", a déclaré un porte-parole adjoint du Quai d'Orsay à l'issue d'un entretien téléphonique entre les chefs de la diplomatie des deux pays.

M. Raïssi a succédé début août au modéré Hassan Rohani, principal architecte, côté iranien, de l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

Son gouvernement a prêté serment le 26 août après avoir obtenu la confiance du Parlement.

L'accord de Vienne offre à l'Iran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique, et d'une réduction drastique de ses activités nucléaires.

Mais il menace de voler en éclats depuis que M. Trump en a sorti unilatéralement les Etats-Unis avant de rétablir les sanctions américaines contre Téhéran que ce pacte avait permis de lever. 

En riposte, l'Iran a progressivement abandonné à partir de mai 2019 la plupart des limites à ses activités nucléaires prévues par l'accord.

M. Biden dit vouloir faire revenir Washington dans le giron de l'accord.

Les discussions de Vienne ont lieu entre l'Iran et les cinq autres Etats encore parties à l'accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie). Les Etats-Unis y sont associés, mais pas de manière directe avec l'Iran.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.