Climat: le nombre de catastrophes a été multiplié par cinq en 50 ans, selon l'ONU

«Nous sommes simplement mieux armés que jamais pour épargner des vies», a souligné M. Taalas. (Photo, AFP)
«Nous sommes simplement mieux armés que jamais pour épargner des vies», a souligné M. Taalas. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 septembre 2021

Climat: le nombre de catastrophes a été multiplié par cinq en 50 ans, selon l'ONU

  • Les pertes économiques ont bondi, passant de 49 millions de dollars par jour en moyenne dans les années 1970 à 383 millions de dollars par jour de 2010 à 2019
  • Sept des dix catastrophes les plus coûteuses de ces 50 dernières années se sont produites depuis 2005, dont trois rien qu'en 2017

GENEVE : Le nombre de catastrophes d'origine météorologique, climatique ou hydrologique a bondi au cours des 50 dernières années faisant de plus en plus de dégâts mais moins de victimes, a souligné l'ONU jeudi.

Selon l'Atlas de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui répertorie le nombre de morts et les pertes économiques dues aux phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes de 1970 à 2019, ces catastrophes ont été multipliées par cinq durant cette période.

"Le nombre de phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes continue de progresser. Du fait du changement climatique, ils deviendront plus fréquents et plus violents dans de nombreuses parties du monde", a affirmé le secrétaire général de l'agence onusienne, Petteri Taalas.

Au total, plus de 11 000 catastrophes attribuées à ces phénomènes ont été signalées au cours de ces cinq dernières décennies dans le monde, faisant un peu plus de deux millions de morts et des dégâts matériels s'élevant à 3 640 milliards de dollars (plus de 3 080 milliards d'euros).

L'ouragan Ida, qui vient de frapper la Louisiane et le Mississipi est un cas d'école. Selon M. Taalas, il pourrait s'avérer la catastrophe météorologique la plus coûteuse de l'histoire, détrônant Katrina qui avait noyé La Nouvelle-Orléans en 2005 et coûté 163,6 milliards de dollar, mais n'a fait qu'une poignée de morts selon un bilan encore provisoire.

"Ce qui a fait la différence cette fois-ci" c'est la prévention, a souligné Mami Mizutori, qui dirige le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR), rappelant qu'après Katrina La Nouvelle-Orléans a investi 14,5 milliards de dollars dans des dispositifs anti-inondation et des digues.  

Une catastrophe par jour

En moyenne, une catastrophe d'origine météorologique, climatique ou hydrologique a été enregistrée chaque jour au cours des 50 dernières années, entraînant quotidiennement le décès de 115 personnes et des dégâts se chiffrant à 202 millions de dollars.

Plus de 91% de ces décès sont survenus dans des pays en développement.

Les sécheresses ont été responsables des plus grandes pertes de vies humaines au cours de ces 50 dernières années, faisant quelque 650 000 morts, suivies par les tempêtes (plus de 577 000 morts) et les inondations (58 700 morts) et les températures extrêmes (près de 56 000 morts).

Néanmoins, l'amélioration des systèmes d'alerte précoce et de la gestion des catastrophes s'est traduit par une réduction considérable de la mortalité. Le nombre de morts a été ramené de plus 50 000 par an dans les années 1970 à moins de 20 000 dans les années 2010.

"Nous sommes simplement mieux armés que jamais pour épargner des vies", a souligné M. Taalas.

Mais beaucoup reste encore à faire. La moitié seulement des 193 membres de l'OMM disposent de systèmes d'alerte précoce multidangers. L'OMM appelle également à améliorer les réseaux d'observation météorologique et hydrologique en Afrique, dans certaines zones d'Amérique latine et dans les Etats insulaires du Pacifique et des Caraïbes.

Mme Mizutori s'est également réjouie, dans le communiqué, que de plus en plus de vies soient sauvées grâce aux systèmes d'alerte précoce.

Mais, a-t-elle averti, "le nombre de personnes exposées aux risques de catastrophe ne cesse d'augmenter en raison de la croissance démographique dans les zones à risque et en raison de l'intensité plus forte des phénomènes météorologiques, et de leur fréquence croissante".

Quant aux pertes économiques, elles ont bondi, passant de 49 millions de dollars par jour en moyenne dans les années 1970 à 383 millions de dollars par jour de 2010 à 2019. Les tempêtes ont été la cause la plus fréquente de dégâts matériels et elles sont responsables des plus importantes pertes économiques sur la planète, selon l'OMM.

Sept des dix catastrophes les plus coûteuses de ces 50 dernières années se sont produites depuis 2005, dont trois rien qu'en 2017: les ouragans Harvey (qui a causé près de 97 milliards de dollars de dégâts), Maria (près de 70 milliards de dollars) et Irma (près de 60 milliards de dollars).

 


Israël annonce avoir lancé une "frappe préventive" sur l'Iran

Une femme passe devant une fresque aux couleurs du drapeau iranien à Téhéran, le 25 février 2026. (AFP)
Une femme passe devant une fresque aux couleurs du drapeau iranien à Téhéran, le 25 février 2026. (AFP)
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  • Israël annonce une « frappe préventive » contre l’Iran et place le pays en état d’alerte maximale
  • Sirènes à Jérusalem et message d’« alerte extrêmement grave » envoyé à la population ; état d’urgence décrété à l’échelle nationale

JERUSALEM: Le ministère de la Défense israélien a annoncé samedi matin avoir lancé une "frappe préventive" sur l'Iran alors que les sirènes d'alerte retentissent à Jérusalem et que les habitants du pays sont prévenus sur leurs téléphones d'une "alerte extrêmement grave".

"L'Etat d'Israël a lancé une frappe préventive contre l'Iran. Le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré un état d'urgence spécial et immédiat dans tout le pays", indique un communiqué de son ministère. 

Deux panaches d'une épaisse fumée ont été observés samedi matin dans deux quartiers différents de Téhéran par des journalistes de l'AFP après un vrombissement.

L'agence de presse Isna indique qu'un des panaches se dégage des alentours du quartier Pasteur, où se trouve notamment la résidence du guide suprême et la présidence, situés dans le centre de Téhéran.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".


Au Japon, le sort du macaque Punch attire les foules et relance le débat sur les zoos

Cette photo, prise le 19 février 2026, montre Punch, un macaque mâle de sept mois abandonné par sa mère, assis avec une peluche d’orang-outan au zoo d’Ichikawa, préfecture de Chiba. (AFP)
Cette photo, prise le 19 février 2026, montre Punch, un macaque mâle de sept mois abandonné par sa mère, assis avec une peluche d’orang-outan au zoo d’Ichikawa, préfecture de Chiba. (AFP)
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  • Punch, un bébé macaque au Japon, est devenu une star des réseaux sociaux après avoir été vu cherchant du réconfort auprès d’une peluche orang-outan, attirant des milliers de visiteurs au zoo d’Ichikawa
  • L’histoire met en lumière la captivité animale, suscitant des réactions en ligne, dont un message de l’Ambassade de Cuba en France établissant un parallèle avec d’autres crises humanitaires

TOKYO: Le bébé macaque Punch, devenu une vedette des réseaux sociaux au Japon, relance le débat sur la captivité animale dans les zoos, tandis que son histoire a également suscité des réactions au-delà du cadre animalier.

Au Zoo d'Ichikawa, près de Tokyo, Punch, un bébé macaque abandonné par sa mère, est devenu une célébrité après la diffusion d’images le montrant harcelé par d’autres singes et cherchant du réconfort auprès d’une peluche orang-outan. Rejeté à sa naissance en juillet, il a d’abord été élevé par des soigneurs humains avant d’entamer récemment son apprentissage pour rejoindre ses congénères.

Les images du petit primate enlacé à son jouet ont suscité une vague d’émotion en ligne, donnant naissance au hashtag #HangInTherePunch et attirant des milliers de visiteurs. Durant un long week-end férié, plus de 5.000 personnes se sont rendues lundi au zoo pour tenter d’apercevoir l’animal, selon l’établissement, qui a indiqué avoir mis en place une zone d’accès restreinte autour d’une partie de l’enclos afin de limiter le stress.

Pour l’association PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux), le cas de Punch illustre « la cruauté des zoos ».

« Les zoos ne sont pas des sanctuaires : ce sont des lieux où les animaux sont confinés, privés d’autonomie et de leur environnement familier et social qu’ils auraient eu à l’état sauvage », a déclaré l'association PETA.

L’émotion suscitée par le bébé macaque a également eu des retombées commerciales. Le géant suédois IKEA, fabricant de la peluche orang-outan à laquelle s’accroche Punch, a constaté un intérêt « sans précédent » pour le produit. Le groupe Ingka, qui contrôle la majorité des magasins IKEA, a indiqué que les ventes étaient « nettement » supérieures à la normale et que la peluche était en rupture de stock sur certains marchés, notamment au Japon et aux États-Unis.

Réactions sur les réseaux sociaux

L’histoire de Punch a également suscité des commentaires au-delà du cadre animalier. Le 24 février, l’Ambassade de Cuba en France a publié un message sur X, établissant un parallèle avec la situation à Gaza et dénonçant « l’empathie sélective ».

Ce message s’inscrit dans une série de réactions en ligne comparant l’émotion suscitée par le sort du jeune macaque à celle provoquée par d’autres crises humanitaires, notamment à Gaza, illustrant la portée internationale qu’a prise l’histoire de Punch sur les réseaux sociaux.