Le climat ne peut pas attendre la fin de la pandémie, alertent les journaux médicaux

Une voiture prise dans les inondations à New-York, le 2 septembre 2021. (Photo, AFP)
Une voiture prise dans les inondations à New-York, le 2 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 06 septembre 2021

Le climat ne peut pas attendre la fin de la pandémie, alertent les journaux médicaux

  • «Les risques du changement climatique pourraient éclipser ceux de n'importe quelle maladie. La pandémie de Covid-19 prendra fin, mais il n'existe aucun vaccin contre la crise du climat»
  • «Il faut que 2021 soit l'année durant laquelle notre planète change de cap : notre santé à tous en dépend», a insisté  Fiona Godlee, rédactrice en chef du BMJ, co-autrice de l'éditorial

PARIS : Malgré la pandémie de Covid-19, le monde ne peut pas différer les mesures "urgentes" à prendre contre le réchauffement climatique et la destruction de la nature, qui menacent la santé humaine, plaident lundi les principaux journaux médicaux de la planète, dans un éditorial sans précédent.


"La santé est déjà altérée par l'augmentation de la température mondiale et la destruction de la nature", écrivent les rédacteurs en chef d'une vingtaine de revues prestigieuses dont le Lancet, le British Medical Journal ou le National Medical Journal of India.


Avec une augmentation d'environ +1,1°C depuis l'ère pré-industrielle, les conséquences sur la santé des humains sont déjà importantes. 


"Les températures plus élevées ont entraîné une augmentation des cas de déshydratation et de problèmes rénaux, de tumeurs dermatologiques malignes, d'infections tropicales, de problèmes mentaux, de complications de grossesses, d'allergies et de mortalité, et de morbidité cardiovasculaire et pulmonaire", souligne cet éditorial publié dans 220 journaux médicaux. Sans oublier le déclin des productions agricoles freinant les efforts contre la malnutrition.


Et ces conséquences, qui frappent encore plus durement les plus vulnérables (minorités, enfants, communautés les plus pauvres...), ne sont qu'un début, pointe cet éditorial. Un réchauffement à +1,5°C --seuil qui pourrait être atteint autour de 2030 selon le rapport des experts du Giec publié début août--, et la perte continue de biodiversité "risquent d'entraîner des dommages catastrophiques et irréversibles pour la santé".


"Malgré la préoccupation légitime pour le Covid-19, nous ne pouvons pas attendre que la pandémie soit terminée pour réduire rapidement les émissions" de gaz à effet de serre, insistent les auteurs de cet appel, à deux mois de la conférence climat de l'ONU COP26, cruciale, à Glasgow.


"Les risques du changement climatique pourraient éclipser ceux de n'importe quelle maladie. La pandémie de Covid-19 prendra fin, mais il n'existe aucun vaccin contre la crise du climat", a commenté le patron de l'Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus dans un communiqué, notant que "chaque mesure prise pour limiter les émissions et le réchauffement nous rapproche d'un avenir plus sain et plus sûr".


Evoquant les sommes "sans précédent" dépensées lors de la pandémie, les revues médicales appellent ainsi à augmenter massivement les financements pour la protection de la planète et mettent en avant les effets en cascade positifs. 


"Une meilleure qualité de l'air permettrait à elle seule d'obtenir des améliorations pour la santé qui compensent facilement le coût global de la réduction des émissions", estiment les auteurs.


Au-delà de l'argent, ils plaident pour un "changement fondamental de la façon dont nos sociétés et nos économies sont organisées et de notre mode de vie": refonte des systèmes de transport, des villes, de la production et de la distribution alimentaire, des marchés financiers, des systèmes de santé, "et bien plus".


"Il faut que 2021 soit l'année durant laquelle notre planète change de cap : notre santé à tous en dépend", a insisté  Fiona Godlee, rédactrice en chef du BMJ, co-autrice de l'éditorial.


La Cédéao lève les sanctions économiques au Mali, accord pour deux ans de transition au Burkina

La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions. (Photo, AFP)
La Guinée a mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions. (Photo, AFP)
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  • «C'est acté! Nous avons décidé de lever les sanctions économiques et financières contre le Mali», a déclaré un participant au sommet de la Cédéao sous couvert de l'anonymat
  • La levée de l'embargo sur les transactions commerciales et financières était très attendue au Mali, épuisé par dix ans de conflit, et où les négociations entre la junte et la Cédéao durent depuis des mois

ACCRA: Le Mali va pouvoir souffler: les dirigeants ouest-africains ont levé dimanche à Accra les sanctions commerciales et financières qui étouffaient depuis janvier ce pays plongé dans une grave crise politique et sécuritaire. 

Autre mesure forte prise au cours du sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'accord avec le Burkina Faso d'un calendrier de 24 mois avant un retour des civils au pouvoir à compter du 1er juillet 2022. 

« C'est acté! Nous avons décidé de lever les sanctions économiques et financières contre le Mali », a déclaré un participant au sommet de la Cédéao sous couvert de l'anonymat. 

« C'est bien acté! », a confirmé un autre responsable de la Cédéao. « Mais les chefs d'état ont précisé que conformément à la charte, les militaires de la junte ne peuvent pas être candidats à l'élection présidentielle », a-t-il ajouté. 

L'adoption d'une nouvelle loi électorale ouvrant la voie à la candidature d'un militaire à l'élection présidentielle demeurait un possible point de blocage dans les négociations. 

La levée de l'embargo sur les transactions commerciales et financières était très attendue au Mali, épuisé par dix ans de conflit, et où les négociations entre la junte et la Cédéao durent depuis des mois. 

Les signaux étaient plutôt positifs ces derniers jours avec l'adoption par le Mali d'un certain nombre de prérequis indispensables pour l'allègement des sanctions. 

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023. 

Il vient compléter l'adoption le 17 juin d'une nouvelle loi électorale et la mise en place d'une commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution. 

Négociations  

« Sur le Burkina Faso, nous avons demandé à la junte de revoir sa copie. Elle demandait 36 mois. Aujourd'hui tout le monde est d'accord que c'est 24 mois de transition à compter du 1er juillet 2022 », a également assuré un participant au sommet sous couvert de l'anonymat. 

Lors de sa visite samedi à Ouagadougou, le médiateur de la Cédéao, l'ex-président nigérien Mahamadou Issoufou, a donc convaincu la junte au pouvoir depuis fin janvier de baisser la durée de la transition de 36 à 29 mois. 

Dans ce pays sahélien aussi frappé par les attaques jihadistes, M. Issoufou avait salué « l'ouverture au dialogue » des militaires et dit avoir « échangé sur le chronogramme de la transition » présenté mercredi aux leaders politiques. 

Les autorités burkinabè prévoyaient jusqu'alors les dates du 24 décembre 2024 pour un référendum constitutionnel et du 25 février 2025 pour la tenue d'élections législatives et présidentielle. Le nouveau calendrier n'a pas encore été annoncé. 

Vendredi, les partis de l'ex-majorité du président Roch Marc Christian Kaboré renversé avaient dénoncé l'agenda présenté par la junte comme une « manœuvre solitaire qui contraste avec les impératifs d'une transition inclusive et réussie », regrettant « l'absence de concertations en amont ». 

L'Afrique de l'Ouest a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels en moins de deux ans: putsch le 18 août 2020 à Bamako, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 à Conakry, putsch le 24 janvier 2022 à Ouagadougou. 

Depuis 2020, la Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays. 

La Guinée a par ailleurs mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions. 

La junte avait suscité l'ire de ses voisins en actant une durée de transition de 36 mois. Un délai qualifié d'« impensable » par le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'Union africaine. 

« La Cédéao va devoir prendre des mesures », avait-il dit. 

Le Premier ministre de transition Mohamed Béavogui a reçu samedi le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif. 

Le message de la Guinée est de rassurer « les frères de la Cédéao », sur l’engagement du pays à mener une transition apaisée et inclusive, a souligné le gouvernement. 

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d'engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionné leur participation à la nomination d'un médiateur ouest-africain. 

 


Plusieurs victimes dans une fusillade à Copenhague, une arrestation

Des personnes quittent le centre commercial Fields de Copenhague dans la précipitation pendant l'évacuation pour échapper à une fusillade qui a fait plusieurs victimes. (Photo, AFP)
Des personnes quittent le centre commercial Fields de Copenhague dans la précipitation pendant l'évacuation pour échapper à une fusillade qui a fait plusieurs victimes. (Photo, AFP)
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  • D'importants renforts de police ont été dépêchés aux abords du centre commercial Fields dans le quartier d'Amager, situé entre le centre-ville et l'aéroport de la capitale, indique la police de Copenhague
  • Lorsque les premiers coups de feu ont été entendus, plus d'une centaine de personnes se sont ruées à l'extérieur de la galerie commerciale, selon des témoins cités par les médias danois

COPENHAGUE: Plusieurs personnes ont été touchées par des tirs dimanche dans un grand centre commercial de Copenhague et une personne a été arrêtée en lien avec la fusillade, selon la police. 

« Nous ne savons pas encore avec certitude combien sont blessés ou morts, mais c'est très grave », a déclaré la maire de Copenhague Sophie H. Andersen sur Twitter. 

Deux jours après le passage du Tour de France dans la capitale danoise, ces coups de feu ont été tirés en fin d'après-midi à l'intérieur du centre commercial Fields dans le quartier d'Amager, situé entre le centre-ville et l'aéroport de la capitale. 

« Une personne a été arrêtée en lien avec la fusillade. Nous n'avons pas dans l'immédiat la possibilité d'en dire plus sur son identité », a indiqué la police sur Twitter en début de soirée 

Après des coups de feu signalés par des témoins, d'importants renforts de police ont été dépêchés aux abords de cette vaste galerie marchande. 

Des images des lieux montraient des ambulanciers embarquant un blessé sur un brancard et des mères consolants leurs enfants dans leurs bras. 

La police n'a pas précisé dans l'immédiat le nombre ou l'état des victimes. Selon la télévision nationale DR, trois personnes ont été hospitalisées, mais ce bilan n'inclut pas d'éventuelles prises en charge sur place. 

Une cellule de crise a été déclenchée, selon la maire de Copenhague. 

Lorsque les premiers coups de feu ont été entendus, plus d'une centaine de personnes se sont ruées à l'extérieur de la galerie commerciale, selon des témoins cités par les médias danois. 


Ouzbékistan: le président reconnaît des «victimes» lors de manifestations

Pour la majorité de la population, la principale source de préoccupation n'est pas la situation des droits humains, mais le contexte économique de plus en plus difficile (Photo, AFP).
Pour la majorité de la population, la principale source de préoccupation n'est pas la situation des droits humains, mais le contexte économique de plus en plus difficile (Photo, AFP).
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  • C'est la plus grave crise interne qu'affronte le président ouzbek depuis son arrivée au pouvoir en 2016
  • L'état d'urgence est entré en vigueur le soir même à minuit et doit durer jusqu'au 2 août

TACHKENT: Le président de l'Ouzbékistan a reconnu dimanche des "victimes" lors de manifestations antigouvernementales dans la république autonome du Karakalpakstan, dans le nord-ouest de ce pays d’Asie centrale où toute opposition est réprimée.

"Malheureusement, il y a des victimes chez les civils et parmi les forces de l'ordre", a affirmé Chavkat Mirzioïev, cité par son service de presse, lors d'un discours depuis le Karakalpakstan.

Il n'a pas précisé le nombre des victimes, ni indiqué s'il s'agissait de morts ou de blessés, accusant les organisateurs des manifestations de "se cacher derrière des slogans" et de chercher à "prendre le contrôle des bâtiments officiels du gouvernement local".

"Plusieurs groupes ont tenté de prendre le contrôle de bâtiments du Département des Affaires intérieures de la ville de Noukous - la capitale du Karakalpakstan, ndlr - et du Département de la Garde nationale afin de se procurer des armes", a ajouté le président.

"Profitant du fait qu'ils étaient plus nombreux, ces hommes s'en sont pris à des officiers de police, qui ont été frappés et grièvement blessés", a-t-il fait valoir.

Des vidéos des affrontements avec les forces de l'ordre montrent des personnes qui semblent blessées ou inconscientes, faisant craindre un lourd bilan humain.

«Provocations honteuses»

Un représentant ouzbek, Bobur Bekmurodov, a dénoncé des images diffusés sur Twitter montrant des hommes en uniforme marchant dans une rue couverte d'un liquide rouge.

"Les amis, ne rejoignez pas ces provocations honteuses. Vérifiez les informations. C'est juste de l'eau de couleur rouge. S'il vous plaît faites connaître la vérité!", a-t-il tweeté.

Des "organisateurs des émeutes" ont été arrêtés, a déclaré de son côté la police sans donner davantage de détails.

C'est la plus grave crise interne qu'affronte le président ouzbek depuis son arrivée au pouvoir en 2016.

Deux habitants de Noukous ont affirmé à l'AFP qu'un petit groupe tentant de protester samedi soir, pour la seconde nuit consécutive, avait été dispersé par les forces de l'ordre.

Selon ces témoins qui ont requis l'anonymat, la police semble avoir fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades fumigènes.

L'Ouzbékistan, un pays où l'opposition est violemment réprimée, a décrété samedi l'état d'urgence pour un mois au Karakalpakstan, secoué la veille par une rare manifestation antigouvernementale qui a poussé le président Chavkat Mirzioïev à renoncer à un projet d'amendement constitutionnel.

Cet amendement aurait amoindri le degré d'autonomie de la république peuplée de 2 millions de personnes, l'une des plus pauvres du pays.

L'état d'urgence est entré en vigueur le soir même à minuit et doit durer jusqu'au 2 août.

Noukous semblait calme dimanche et était quadrillée par les forces de l'ordre, ont indiqué des témoins à l'AFP.

Frontalier de l'Afghanistan, l'Ouzbékistan est situé dans une région stratégique, où la Russie et la Chine exercent une forte influence.

Arrivé au pouvoir en 2016 à la mort de son prédécesseur, l'impitoyable Islam Karimov, Chavkat Mirzioïev a mené d'importantes réformes économiques et sociales.

Réélu l'année dernière, il est désormais accusé de faire prendre un nouveau tour autoritaire au pays.

Avec la révision de la Constitution projetée, le mandat présidentiel passerait de cinq à sept ans, au profit de l'actuel chef de l'État.

Pour la majorité de la population, la principale source de préoccupation n'est pas la situation des droits humains, mais le contexte économique de plus en plus difficile.

La pandémie de Covid-19 a enrayé la forte croissance du PIB, plongeant le tourisme dans l'abîme. Ce qui a alimenté le mécontentement populaire, en raison de la nette augmentation du chômage et du coût de la vie.

En 2005, des centaines de civils ouzbeks avaient été tués dans la ville d'Andijan (est), lors de la répression d'un mouvement de contestation.