L'agriculture bio, en congrès mondial, affiche ses ambitions

L'agriculture bio a le vent en poupe mais elle ne représentait encore que 1,5% des terres agricoles dans le monde en 2019 (Photo, AFP).
L'agriculture bio a le vent en poupe mais elle ne représentait encore que 1,5% des terres agricoles dans le monde en 2019 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 06 septembre 2021

L'agriculture bio, en congrès mondial, affiche ses ambitions

  • C'est la première fois que la France accueille cette manifestation organisée par l'Ifoam, la fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique
  • L'agriculture biologique repose sur la non-utilisation de produits chimiques de synthèse, le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique

PARIS: "La bio ça marche et c'est l'avenir!": la communauté internationale de l'agriculture bio se réunit en congrès cette semaine en France pour échanger expériences et solutions, convaincue de son rôle à jouer pour mieux nourrir la planète sans la dégrader.

Quelque 2.000 personnes, d'une cinquantaine de pays, se sont inscrites pour participer à cette 20e édition du Congrès mondial de la bio qui se tient à Rennes de lundi à vendredi, en présentiel et en distanciel.

C'est la première fois que la France accueille cette manifestation organisée par l'Ifoam, la fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique.

"Nous ne nous étions pas réunis depuis 2017, date du dernier congrès en Inde. Il était temps de nous retrouver!" déclare à l'AFP l'Américaine Peggy Miars, présidente de l'Ifoam.

L'édition 2020 de ce congrès triennal avait dû être annulée en raison du Covid-19. "La pandémie a suscité un regain d'intérêt pour les aliments bio, les gens faisant le lien entre ce qu'ils mangent et leur santé", souligne-t-elle.

Et "le changement climatique nous affecte tous: sécheresses, incendies, inondations et autres catastrophes". Or, assure-t-elle, l'agriculture biologique "contribue à la réalisation des objectifs de développement durable" fixés par l'ONU pour 2030. "C'est donc maintenant que nous devons nous assurer que nos messages sur les avantages de la bio sont entendus!"

«Complicité»

L'agriculture biologique repose sur la non-utilisation de produits chimiques de synthèse, le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique. L'élevage est extensif.

Pour Nicolas Hulot, ancien ministre français de la Transition écologique et parrain du congrès, l'agriculture biologique "ne se fait pas sur le dos de la nature mais en complicité" avec elle.

C'est "une agriculture qui se place du côté de la solution dans la crise écologique", pour "préserver" voire "reconstituer le capital de biodiversité" et "essayer de contenir les effets du changement climatique", dit-il dans une vidéo.

Par hectare, les émissions de gaz à effet de serre sont plus faibles en bio qu'en conventionnel, fait valoir Eric Gall, directeur adjoint d'Ifoam Europe. Il reconnaît cependant que les rendements en bio étant inférieurs, "cela réduit l'avantage": "par kilo, on se retrouve plus ou moins au même niveau d'émission que l'agriculture industrielle".

En revanche il y a davantage de séquestration du carbone dans les sols cultivés en bio qu'en agriculture conventionnelle, note-t-il. Et l'agriculture bio présente "des bénéfices clairs et prouvés" pour l'adaptation au changement climatique car les systèmes bio "sont plus complexes et plus diversifiés".

Freins

L'agriculture bio a le vent en poupe mais elle ne représentait encore que 1,5% des terres agricoles dans le monde en 2019, selon l'Institut de recherche de l'agriculture biologique Fibl.

Elle s'étendait sur 72,3 millions d'hectares, en progression de 1,6% sur un an. La moitié des superficies en bio se trouvent en Australie (35,6 millions d'hectares). Dans 16 pays, elle représente plus de 10% des surfaces agricoles. 

La bio comptait 3,1 millions de producteurs, 13% de plus qu'en 2018.

Quant au marché du bio, il pèse plus de 106 milliards d'euros, les Etats-Unis étant le premier pays consommateur suivi de l'Allemagne et de la France. 

"Nous sommes arrivés à un tournant", estime Michel Reynaud, vice-président de l'organisme français de certification Ecocert et co-organisateur du Congrès. La commission européenne a présenté en mars un plan pour parvenir à 25% de surface agricole en bio en 2030 dans l'UE.

Pour "amener les agriculteurs traditionnels à passer en bio", il faudrait notamment qu'ils reçoivent "des aides pour services rendus" (meilleure captation du carbone dans le sol, etc.), estime-t-il.

La bio est aussi confrontée à des défis techniques, par exemple pour "faire face aux maladies et ravageurs émergents, déjà compliqués à résoudre en mode de production conventionnel", relève Stéphane Bellon, spécialiste de la bio à l'Institut de recherche Inrae. D'où "l'importance de l'innovation" pour trouver des solutions.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.