Le groupe Etat islamique en Afghanistan, symbole de sa résilience

Dans la base militaire de Miramar, à San Diego, un joueur de cornemuse participe à une cérémonie en mémoire des 13 Marines morts lors de l'attentat perpétré par l'EI-K à l'aéroport de Kaboul le 25 août dernier. (Photo, AFP)
Dans la base militaire de Miramar, à San Diego, un joueur de cornemuse participe à une cérémonie en mémoire des 13 Marines morts lors de l'attentat perpétré par l'EI-K à l'aéroport de Kaboul le 25 août dernier. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 septembre 2021

Le groupe Etat islamique en Afghanistan, symbole de sa résilience

  • L’attentat du 26 août à Kaboul constitue un coup d'éclat de l'organisation jihadiste qui symbolise sa résilience et inquiète en Occident
  • Cette attaque anti-US arrive à un moment symbolique : le procès du 13 novembre 2015 à Paris et la commémoration du 11 septembre à Washington

DOHA : Les talibans peinaient à prendre leurs marques à Kaboul qu'ils étaient déjà frappés par un attentat sanglant, signé par la branche locale du groupe Etat islamique (EI). Un coup d'éclat de l'organisation jihadiste, six ans après les attentats de Paris, qui symbolise sa résilience et inquiète en Occident.

Une centaine de civils afghans, 13 soldats américains tués: l'attaque de l'aéroport de Kaboul le 26 août est la plus meurtrière contre les forces du Pentagone depuis 2011 en Afghanistan. C'est l'attentat le plus sanglant contre les Etats-Unis jamais signé par l'EI, en l'occurrence sa branche afghane, l'EI au Khorasan (EI-K).

Et elle arrive à un moment symbolique. Mercredi commence à Paris le procès des attentats du 13 novembre 2015 (130 morts), revendiqué par un EI alors au faîte de sa puissance, à la tête d'un "califat" autoproclamé à cheval entre Irak et Syrie (2014-2019). Par ailleurs, seront commémorés samedi à Washington les attentats du 11 septembre 2001, le plus gros attentat de l'histoire moderne signé par Al-Qaïda, grand rival de l'EI.

Un 20e anniversaire qui fait craindre un nouvel attentat. "Les agences de renseignement occidentales devraient déjà être en alerte", estime pour l'AFP Katherine Zimmerman, analyste de l'American Entreprise Institute (AEI) à Washington. "Les jihadistes ont déjà appelé à plus d'attaques contre l'Occident."

«Meurtrière efficacité»

Or, notamment depuis l'effondrement du "califat" sous les coups de boutoir de la coalition internationale en Syrie et en Irak, la menace a muté. Selon les analystes consultés par l'AFP, l'EI n'a probablement pas, actuellement, la capacité d'organiser en Occident une attaque aussi complexe que celle de 2015 à Paris.

Mais ses "provinces" sont très actives localement, notamment au Nigeria, au Mali ou encore au Yémen. Dimanche, sa "province" en Irak, la plus active dans le monde, a tué 13 policiers fédéraux.

Hyperactif sur les réseaux sociaux, l'EI sait comment mobiliser des combattants. Son discours est cohérent, adapté à ses publics avec logo et couleurs standardisés. Et les services de sécurité savent qu'ils ne peuvent garantir qu'un inconnu, radicalisé sur internet, ne mettra pas à exécution un projet solitaire avec une bombe artisanale, un véhicule, un couteau ou une arme de guerre acquise dans les bas-fonds d'une banlieue.

A l'instar du Sri Lankais auteur de l'attaque d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, vendredi (sept blessés). La police le connaissait depuis 2016 et avait trouvé chez lui de la propagande de l'EI.

A Kaboul, l'EI-K a signé une attaque d'autant plus emblématique que le président américain Joe Biden avait révélé l'existence d'une menace.

"L'impuissance de Washington à empêcher un attentat aussi publiquement annoncé permet à l'EI-K de magnifier en retour sa meurtrière efficacité", relève Jean-Pierre Filiu, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris. "Le face à face entre les troupes américaines (...) et les talibans (...) ouvrait une brèche de sécurité dans laquelle les commandos jihadistes se sont engouffrés." 

Les sympathisants de l'EI ne se sont pas privés de l'exploiter. "Kaboul est à nous", a proclamé la fondation pro-EI Hadm al-Aswar, renvoyant dos-à-dos Américains et "apostats talibans".

L'EI-K est désormais "la quatrième province officielle de l'EI la plus active au monde depuis le début de l'année", relève un expert de l'organisation, connu sur Twitter sous le pseudonyme de "M. Q". L'attaque de Kaboul, précise-t-il à l'AFP, "replace l'EI-K au coeur de l'attention politico-médiatique".

Dans son fief syrien où il reconstitue ses réseaux, l'EI "a commencé en 2019-2020 à former des gens spécifiquement pour ce type d'attaques, hors d'Irak et de Syrie, et possiblement hors du Moyen-Orient", assure de son côté James Jeffrey, diplomate américain, ex-envoyé spécial auprès de la coalition internationale anti-EI. "Il y a certainement au moins une part de risque d'une répétition par l'EI des attaques en Europe et, comme toujours, d'attaques commises par des individus inspirés".

Alors, les Occidentaux évitent toute complaisance. Le président français Emmanuel Macron a appelé fin août, depuis l'Irak, à "ne pas baisser la garde, car Daech (acronyme arabe de l'EI) demeure une menace". Et Joe Biden, dont les forces n'ont pu éliminer que trois activistes de l'EI-K depuis l'attentat de Kaboul, a lancé au groupe jihadiste: "nous n'en avons pas fini avec vous".

Si le lien peut sembler lointain entre l'EI-K et Paris ou Washington, "il n'est pas difficile d'imaginer comment la menace terroriste pourrait croître en Afghanistan et s'étendre dans la région, et même en Occident", craint Katherine Zimmerman.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.