Le procès du cerveau présumé des attaques du 11-Septembre reprend

Une tour de garde est vue à l'extérieur de la clôture du camp 5 de la prison militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, le 26 janvier 2017. (AFP)
Une tour de garde est vue à l'extérieur de la clôture du camp 5 de la prison militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, le 26 janvier 2017. (AFP)
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Publié le Mardi 07 septembre 2021

Le procès du cerveau présumé des attaques du 11-Septembre reprend

  • La procédure est menée par un nouveau magistrat militaire, le colonel Matthew McCall, qui est le huitième à s'en emparer
  • Les cinq hommes, emprisonnés depuis 15 ans dans la prison de la base navale américaine de Guantanamo n'avaient plus comparu depuis le début de l'année 2019

BASE AMERICAINE DE GUANTANAMO: Le procès du cerveau présumé du 11-Septembre, Khalid Sheikh Mohammed, et de quatre accusés reprend mardi, mais son issue semble encore bien lointaine, alors que l'Amérique s'apprête à se recueillir, vingt ans après les attaques.


Les cinq hommes, emprisonnés depuis quinze ans dans la prison de la base navale américaine de Guantanamo, au sud-est de Cuba, n'avaient plus comparu depuis le début de l'année 2019, avant que la pandémie de Covid-19 ne mette la procédure à l'arrêt.


Leur procès, qui relève d'une justice militaire d'exception, devrait reprendre comme il s'est arrêté, avec une défense invoquant des actes de tortures, lorsque les accusés étaient aux mains de la CIA, pour faire invalider la plupart des preuves avancées par les autorités américaines.


La procédure est menée par un nouveau magistrat militaire, le colonel Matthew McCall, qui est le huitième à s'en emparer.


L'officier a fait comprendre qu'il ne se précipiterait pas, en décidant que l'audience mardi serait consacrée à ses propres qualifications. Il entend passer le reste de la semaine essentiellement en réunions avec l'accusation et la défense.


Et il pourrait s'écouler encore des mois, voire plus d'une année, avant que le procès n'entre dans sa phase vraiment décisive, au vu des très nombreux recours déposés par les avocats de la défense pour obtenir des pièces.

 

Procès du 11-Septembre à Guantanamo: les accusés

Les cinq hommes sont inculpés de complot, de terrorisme et du meurtre de 2.976 personnes dans les attentats, des chefs passibles de la peine de mort.

Khalid Sheikh Mohammed

Il est considéré comme le cerveau du 11-Septembre. Pakistanais élevé au Koweït, le quinquagénaire aurait suggéré l'idée de faire s'écraser des avions au chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, en 1996.


Diplômé d'une université américaine, il travaillait pour le gouvernement du Qatar au début des années 1990 lorsqu'il a commencé à planifier des attaques avec son neveu Ramzi Yousef, qui a fait exploser une bombe dans le World Trade Center à New York en 1993.


Quand Oussama ben Laden a finalement donné son feu vert au plan du 11-Septembre, c'est Khalid Sheikh Mohammed qui a été mis aux manettes. Il a été capturé à Rawalpindi, au Pakistan, en mars 2003 et emmené par la CIA sur des "sites noirs" en Afghanistan puis en Pologne pour y être interrogé. Il a notamment été soumis 183 fois au "waterboarding" (noyades simulées) en quatre semaines.


En septembre 2006, il a été envoyé à Guantanamo. Un an plus tard, il a déclaré lors d'une audience à huis clos qu'il était responsable non seulement des attentats du 11-Septembre, mais aussi des attentats liés à Al-Qaïda à Bali et au Kenya et du meurtre du journaliste américain Daniel Pearl.

Ramzi Bin al-Shibh

Formé dans un camp d'Al-Qaïda en Afghanistan avec des pirates de l'air du 11-Septembre en 1999, ce Yéménite de 49 ans est devenu membre de la "cellule de Hambourg" qui comprenait le principal pirate de l'air Mohammed Atta. Mais il n'a pas obtenu de visa américain et n'a pas pu prendre part aux attaques. Il a donc aidé à la coordination entre la cellule et Al-Qaïda.


Capturé à Karachi, au Pakistan, le 11 septembre 2002, il a été, au cours des quatre années suivantes, déplacé à plusieurs reprises entre les "sites noirs" de la CIA, subissant interrogatoires et torture. Transféré à Guantanamo en septembre 2006, ses avocats affirment qu'il souffre toujours des effets de la torture.

Walid ben Attash

Originaire du yémen, Walid ben Attash, 43 ans, est qualifié de "lieutenant"  d'Al-Qaïda. Il aurait notamment aidé Khaled Sheikh Mohammed à planifier les attentats du 11-Septembre.


Il s'est rendu en Afghanistan et au Tadjikistan au début des années 1990 pour combattre les Soviétiques et a perdu une partie de sa jambe droite en Afghanistan en 1996.


En 1999, il a dirigé un cours de combat dans un camp d'entraînement d'Al-Qaïda qui comprenait certains pirates de l'air. En amont du 11-Septembre, il a pris des vols sur des compagnies américaines à travers l'Asie du Sud-Est pour en tester la sécurité .


Il a également un frère à Guantanamo, qui n'a pas été inculpé ni directement impliqué dans le complot du 11-Septembre.

Ammar al Baluchi, ou Ali Abdul Aziz Ali

Pakistanais originaire du Koweït, Ammar al Baluchi est le neveu de Khalid Sheikh Mohammed. Il aurait préparé les pirates de l'air, leur aurait appris comment se mouvoir dans la culture occidentale et aurait aidé à planifier les voyages et à transférer de l'argent pour l'opération. Il a été capturé à Rawalpindi (Pakistan) en avril 2003. Interrogé et torturé par la CIA, il est resté détenu par l'agence américaine pendant 40 mois avant d'être livré à Guantanamo. Ses avocats disent qu'il a été projeté à plusieurs reprises contre un mur lors des interrogatoires, ce qui lui a causé d'importantes lésions cérébrales.

Mustafa al Hawsawi

Ce ressortissant saoudien de 53 ans aurait aidé les pirates de l'air du 11-Septembre à organiser leur voyage et à gérer leurs transferts d'argent, en collaboration avec Baluchi. Capturé à Rawalpindi en mars 2003, il a subi de violents interrogatoires de la CIA et a ensuite été détenu sur des "sites noirs" jusqu'à son envoi à Guantanamo en septembre 2006. Ses avocats affirment qu'il a des lésions au rectum en raison de la torture.


L'un des avocats de la défense, James Connell, a même assuré qu'il ne "savait pas" si ce procès irait un jour jusqu'à son terme.


La défense fait valoir que les cinq accusés - Khalid Sheikh Mohammed, Ammar al-Baluchi, Walid bin Attash, Ramzi bin al-Shibh, et Mustafa al Hawsawi - portent encore les séquelles des tortures infligées par la CIA, pendant leur détention dans les prisons secrètes de l'agence de renseignements entre 2002 et 2006.

Torture

Sans compter, selon leurs avocats, l'effet de quinze années d'emprisonnement dans des conditions de grand isolement.


Les cinq hommes, accusés de "meurtre" et d'"actes terroristes", comparaîtront dans une salle d'audience sous haute sécurité, entourée de grillages avec barbelés. Ils risquent la peine de mort.


Face à eux, des familles des 2.976 personnes dont la mort leur est imputée, et des journalistes.


La reprise du procès prend une répercussion toute particulière, peu avant les commémorations des attaques qui, il y a vingt ans, ont frappé les Etats-Unis.


Pour l'accusation, même si les interrogatoires de la CIA devaient être invalidés, une condamnation des cinq hommes ne fait aucun doute.


Les  procureurs assurent que les accusés ont fourni des preuves solides pendant les interrogatoires menés cette fois par le FBI, la police fédérale, en 2007 après leur arrivée à Guantanamo.


Pas crédible, avance la défense, pour qui le FBI a participé aux actes de torture de la CIA et usé lui aussi de techniques d'intimidation, ce qui rend ses interrogatoires tout aussi douteux.


"N'ayez aucune illusion, ces hommes ont été emmenés à Guatanamo pour couvrir des actes de torture", plutôt que d'être présentés à la justice américaine ordinaire, a dit James Connell, qui défend Ammar al-Baluchi.


La défense réclame des montagnes de documents confidentiels que le gouvernement refuse jusqu'ici de livrer, que cela concerne le programme de torture, les conditions de détention à Guantanamo ou la santé des accusés.


Elle veut aussi entendre des dizaines de témoins supplémentaires, en plus des 12 ayant déjà défilé devant la juridiction militaire, notamment deux hommes ayant supervisé le programme d'interrogatoires de la CIA.


Alka Pradhan, une autre avocate de la défense, rejette la responsabilité des longs délais sur le gouvernement américain, rappelant qu'il a fallu six ans pour admettre que le FBI avait participé au programme de torture de la CIA.


"Cette affaire vous épuise", a-t-elle dit. "Ils retiennent des pièces qu'il serait normal de partager dans une procédure" ordinaire.


Les Etats-Unis et l'Iran affichent leur méfiance avant les négociations au Pakistan

Le vice-président américain JD Vance, au centre, marche aux côtés du chef des forces de défense et chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir (à gauche), et du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais Mohammad Ishaq Dar, après son arrivée à Islamabad le 11 avril 2026. (AP)
Le vice-président américain JD Vance, au centre, marche aux côtés du chef des forces de défense et chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir (à gauche), et du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais Mohammad Ishaq Dar, après son arrivée à Islamabad le 11 avril 2026. (AP)
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  • Les négociations Iran–États-Unis s’ouvrent à Islamabad dans un climat de forte méfiance, avec des divergences sur les conditions préalables, notamment le Liban et le déblocage des actifs iraniens
  • Le contexte régional reste extrêmement tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban, les tensions autour du cessez-le-feu, et les désaccords persistants sur le nucléaire iranien et le détroit d’Ormuz

ISLAMABAD: Les négociations de paix entre l'Iran et les Etats-Unis doivent débuter samedi au Pakistan, sous le signe d'une méfiance mutuelle affichée par les deux parties.

"Nous avons de bonnes intentions, mais nous ne faisons pas confiance", a déclaré l'influent président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à son arrivée vendredi soir à Islamabad, où il mène une délégation de plus de 70 personnes.

Les négociations passées avec les Etats-Unis se sont toujours finies par "des échecs et des promesses brisées", a appuyé le responsable, cité par la télévision d'Etat iranienne.

Avant son arrivée, Mohammad Bagher Ghalibaf avait également prévenu que "deux mesures sur lesquelles les parties se sont mises d'accord" devaient encore être appliquées avant toute négociation, à savoir "un cessez-le-feu au Liban" et "le déblocage des actifs de l'Iran".

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a toutefois tenu à rassurer sur la tenue des pourparlers, affirmant vendredi lors d'une allocution à la nation que les négociations se tiendraient "pour instaurer la paix".

- "De bonne foi" -

Au moment de partir pour Islamabad, le vice-président américain JD Vance -- qui mène la délégation des Etats-Unis -- avait lui appelé Téhéran à "ne pas se jouer" de Washington, tout en promettant d'"essayer de mener des négociations positives".

"Si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main", a-t-il déclaré.

L'arrivée de JD Vance est prévue samedi matin. Il sera accompagné de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

Islamabad, placée sous haute sécurité, s'est transformée en ville fantôme avant les négociations qui doivent se tenir dans un hôtel de luxe.

A Téhéran, des Iraniens ont témoigné auprès de l'AFP de leurs doutes, comme cet habitant de 30 ans, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

"On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte et douze heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien", résume-t-il.

- Pourparlers Liban-Israël -

Depuis la conclusion de la trêve de deux semaines mardi, Téhéran et Washington s'opposent en outre sur la question de l'inclusion du Liban dans l'accord. Israël est déterminé de son côté à y continuer sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien.

Quelques heures à peine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des frappes israéliennes ont fait 357 morts au Liban mercredi, selon un nouveau bilan. Israël a dit avoir tué 180 combattants du Hezbollah ce jour-là.

Ces bombardements sont les plus meurtriers dans le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février.

Vendredi, de nouvelles frappes ont tué 13 membres des forces de sécurité dans le sud du Liban, selon l'agence de presse d'Etat libanaise.

En Israël une trentaine de tirs en provenance du Liban vendredi ont provoqué des dégâts matériels, selon l'armée.

Parallèlement aux discussions irano-américaines, des pourparlers doivent avoir lieu mardi entre le Liban et Israël à Washington, selon la présidence libanaise.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait auparavant donné son feu vert à des "négociations directes".

Le Hezbollah rejette cette initiative, et son chef Naïm Qassem a appelé vendredi les responsables libanais à ne pas faire de "concessions gratuites" à Israël.

En retour, Israël a déclaré vendredi, par la voix de son ambassadeur aux Etats-Unis, refuser d'évoquer un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors de ces pourparlers.

- Ormuz et nucléaire -

Autre ombre au tableau des négociations entre toutes les parties au conflit: le détroit d'Ormuz. Le trafic maritime y reste entravé, alors que sa réouverture par l'Iran était une condition du cessez-le-feu.

Donald Trump a affirmé que l'Iran n'avait "aucune carte en main" si ce n'est le blocage de ce point de passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Le président américain a menacé le pays de nouvelles frappes en cas d'échec des discussions.

Quelques heures plus tard, il a assuré devant la presse que le détroit serait "bientôt ouvert", et que cela se ferait "avec ou sans" les Iraniens.

Pour Donald Trump, "ça va s'ouvrir automatiquement" car l'Iran "ne se fait pas d'argent sinon".

Les deux belligérants s'opposent aussi sur le dossier-clé du nucléaire.

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a ainsi exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël qui accusent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique. La République islamique défend elle son droit au nucléaire civil.


Trêve de deux semaines entre les États-Unis, Israël et l’Iran

De la fumée s’élève à la suite de frappes sur Téhéran le 7 avril 2026. (AFP)
De la fumée s’élève à la suite de frappes sur Téhéran le 7 avril 2026. (AFP)
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  • Un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran prévoit l’arrêt des attaques américaines et la réouverture du détroit d’Ormuz, avec des négociations prévues au Pakistan pour tenter d’aboutir à un accord durable
  • Des divergences majeures persistent (nucléaire, sanctions, présence militaire), et la trêve n’inclut pas le Liban, où les hostilités se poursuivent

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran se sont accordés mardi pour un cessez-le-feu de deux semaines, un peu plus d'une heure avant l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump qui menaçait de détruire la République islamique.

Voici ce que l'on sait de la trêve entre les deux pays, qui devraient entamer vendredi des pourparlers au Pakistan, pays médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.

La trêve selon Washington

Joint par l'AFP au téléphone, le président américain Donald Trump a déclaré mardi que pour Washington, la victoire était "totale et complète."

Les Etats-Unis vont interrompre les attaques sur l'Iran durant deux semaines, et Téhéran va en retour rouvrir temporairement le détroit d'Ormuz.

Téhéran a accepté "l'OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE ET SÉCURISÉE du détroit d'Ormuz", a déclaré M. Trump dans un message publié sur son réseau Truth Social.

Le président américain a précisé que l'accord avait été conclu après s'être entretenu avec des dirigeants au Pakistan, pays médiateur dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février.

Il a affirmé que la question de l'uranium iranien serait "parfaitement réglée", pendant cette trêve.

M. Trump a justifié la guerre, accusant Téhéran d'enrichir de l'uranium dans le but de fabriquer une arme atomique, une affirmation qui n'est pas étayée par l'agence nucléaire de l'ONU et que l'Iran a démentie.

Dans un précédent plan visant à mettre fin aux hostilités, les Etats-Unis exigeaient que l'Iran cesse tout nouvel enrichissement, accepte des limites à son programme de missiles et mette fin à son soutien aux groupes armés de la région, ce qui a été refusé par Téhéran.

Ces exigences n'ont pas été communiquées dans la dernière trêve.

Le mois dernier, le dirigeant américain a déclaré que la "reddition inconditionnelle" de l'Iran serait le seul résultat acceptable pour mettre un terme à la guerre.

Et Téhéran?

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé que Téhéran allait garantir des traversées en sécurité du détroit d'Ormuz, où transitait avant la guerre 20% du brut mondial.

Un plan en 10 points proposé par l'Iran pour parvenir à la fin de la guerre, a été qualifié de "viable" par Donald Trump.

Il pourrait servir de base à d'éventuelles négociations plus tard cette semaine, mais comporte plusieurs points de blocage que Washington a jugé irréalisables par le passé.

Le plan exigerait "le maintien du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, l'acceptation de l'enrichissement, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires", selon un communiqué publié par la République islamique.

Alors que la demande relative à l'enrichissement d'uranium ne figurait pas dans la version en anglais de la déclaration de Téhéran partagée par l'ONU, elle faisait partie de la version en persan diffusée par les médias d'Etat iraniens.

Parmi les autres exigences: le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, la fin des attaques contre l'Iran et ses alliés, la libération des avoirs iraniens gelés et une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU rendant l'accord contraignant.

Le cessez-le-feu ne s'applique pas au Liban

Israël a annoncé soutenir la décision de Donald Trump de suspendre les attaques contre l'Iran, tout en précisant que la trêve n'incluait pas le Liban.

Au total, les frappes israéliennes au Liban ont tué 1.530 personnes depuis le début de la guerre entre le mouvement islamiste Hezbollah pro-iranien et Israël le 2 mars, a indiqué mardi le ministère de la Santé libanais.

Cette affirmation contredit une annonce faite plus tôt par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit, assurant que le cessez-le-feu s'appliquait "partout, y compris au Liban et ailleurs".

Et pour la suite?

M. Sharif a annoncé que le cessez-le-feu prenait effet immédiatement, et que des pourparlers commenceront vendredi dans la capitale pakistanaise avec des délégués des deux pays.

Les discussions auront pour but d'atteindre "un accord définitif", a-t-il déclaré.

L'Iran a annoncé qu'il consacrerait deux semaines aux négociations.

Le pétrole a chuté mercredi après l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz dans le cadre de la trêve, alors que les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz étaient sous pression depuis que l'Iran avait, de fait, fermé le passage.

La décongestion du détroit pourrait apporter un soulagement temporaire aux pays qui dépendent des importations de pétrole.


Trump: L'Iran « entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain»

Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains. (AFP)
Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains. (AFP)
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  • L'Iran "entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain" (mardi), a menacé lundi Donald Trump pendant une conférence de presse par ailleurs consacrée au spectaculaire sauvetage d'un aviateur américain
  • Le président a assuré que l'armée pourrait détruire en quatre heures les ponts et centrales électriques iraniennes, si l'ultimatum qu'il a fixé à Téhéran expire sans résultat, mardi à 20h00 (00h00 GMT)

WASHINGTON: L'Iran "entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain" (mardi), a menacé lundi Donald Trump pendant une conférence de presse par ailleurs consacrée au spectaculaire sauvetage d'un aviateur américain.

Le président a assuré que l'armée pourrait détruire en quatre heures les ponts et centrales électriques iraniennes, si l'ultimatum qu'il a fixé à Téhéran expire sans résultat, mardi à 20h00 (00h00 GMT).

Le républicain de 79 ans, qui a dit ne pas "s'inquiéter" de commettre des crimes de guerre si les Etats-Unis attaquaient réellement ces infrastructures civiles, a assuré que l'opération militaire américaine avait le soutien de la population iranienne.

Les Iraniens "seraient prêts à souffrir pour avoir la liberté", a déclaré Donald Trump lors d'une rare conférence de presse, en assurant que les Américains avaient intercepté de nombreux messages disant: "Continuez à bombarder".

Mais le président américain a comme à son habitude livré le même jour des propos contradictoires, certains allant dans le sens d'une aggravation, d'autres d'une résolution diplomatique du conflit débuté le 28 février.

"Bonne foi" 

Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains.

Le milliardaire a aussi décrit les difficultés de communication avec ces dirigeants en assurant que les négociations se faisaient "comme il y a 2.000 ans avec des enfants qui transportent un message dans un sens et l'autre".

Un peu plus tôt, en marge d'une célébration de la fête de Pâques dans les jardins de la Maison Blanche, il avait qualifié d'"étape très importante" une proposition de cessez-le-feu de 45 jours avancée par des pays médiateurs.

"Ce n'est pas encore assez bien", a toutefois aussi estimé le président américain sous l'oeil fixe d'une mascotte en costume de lapin.

Pendant sa conférence de presse, il a indiqué que l'une des conditions fixées à l'Iran dans les discussions était la réouverture du détroit d'Ormuz, cela après avoir plusieurs fois assuré ces derniers jours que le sort de cette artère vitale pour le commerce de pétrole lui était indifférent.

Si Donald Trump est allé à la rencontre des journalistes lundi, c'est d'abord pour vanter la spectaculaire opération de sauvetage d'un aviateur américain, qui lui a permis de chanter les louanges de l'armée alors que le conflit est impopulaire auprès de la majorité des Américains.

La mission a "capté l'attention du monde entier", s'est réjoui l'ancien animateur de téléréalité.

Il a donné de nombreux détails - ainsi sur l'engagement de plus de 170 avions militaires au total et sur la destruction de deux appareils que l'armée américaine a été contrainte d'abandonner sur place.

 "Stupides" 

Le chef du Pentagone Pete Hegseth, usant comme d'habitude d'un vocabulaire tantôt religieux tantôt viril, a dressé un parallèle entre le sauvetage de l'aviateur et la résurrection de Jésus Christ, célébrée à Pâques par les chrétiens.

Pendant sa conférence de presse, le président américain a aussi émis des menaces contre les journalistes ayant révélé la recherche en cours d'un membre d'équipage dont l'appareil avait été abattu vendredi dans le sud-ouest de l'Iran, ainsi que leur source.

Il a aussi critiqué vivement les reporters de CNN et du New York Times.

Donald Trump a par ailleurs lancé, cette fois pendant son apparition du matin dans les jardins, que "si cela ne tenait qu'à lui", il s'emparerait du pétrole iranien mais a ajouté que "malheureusement, les Américains voudraient nous voir rentrer à la maison".

"Ils sont stupides", a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait des opinions majoritairement défavorables sur la guerre.

Au pupitre de la salle de presse, l'ancien homme d'affaires a indiqué qu'il existait un plan dans lequel les Etats-Unis prélèveraient un droit de passage dans le détroit d'Ormuz, sans davantage de précisions.