Un pays ravagé par la guerre et noyé sous les armes: terreau fertile pour Daech?

Sur cette photo prise le 17 novembre 2019, des membres du groupe Daech se tiennent devant leurs armes, après leur reddition au gouvernement afghan, à Jalalabad. (Fichier/AFP)
Sur cette photo prise le 17 novembre 2019, des membres du groupe Daech se tiennent devant leurs armes, après leur reddition au gouvernement afghan, à Jalalabad. (Fichier/AFP)
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Publié le Jeudi 09 septembre 2021

Un pays ravagé par la guerre et noyé sous les armes: terreau fertile pour Daech?

Sur cette photo prise le 17 novembre 2019, des membres du groupe Daech se tiennent devant leurs armes, après leur reddition au gouvernement afghan, à Jalalabad. (Fichier/AFP)
  • Un groupe terroriste actif parmi d’autres en Afghanistan, où chacun entretient des relations différentes avec les talibans
  • «Nous luttons contre la menace de Daech par tous les moyens possibles et imaginables», déclare Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale du président Biden

LONDRES/ LE CAIRE: Trois mois seulement après les attaques meurtrières contre New York et Washington en 2001, Oussama ben Laden et un petit groupe de partisans sont contraints de fuir la région montagneuse de Tora Bora dans l’est de l’Afghanistan à mesure que les forces spéciales américaines et leurs alliés locaux se rapprochent.  

Le leader d’Al-Qaïda se trouvait en Afghanistan depuis cinq ans lorsqu’il a supervisé les attentats du 11-Septembre qui ont coûté la vie à plus 3 000 personnes aux États-Unis. En 1996, Oussama ben Laden rentre en Afghanistan, sous la protection du premier régime taliban dirigé par le mollah Omar. 

Depuis l’époque de la guerre sainte contre les Soviétiques, il est en charge de former et d’armer des milliers de recrues arabes dans le pays au nom de l’extrémisme. 

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Une capture d'écran (G) prise le 29 octobre 2004 à partir d'une cassette vidéo diffusée par la chaîne d'informations Al-Jazeera, montrant le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden. (Fichier/AFP) 

Près de vingt ans plus tard, et sous le règne de nouveaux dirigeants talibans, l’Afghanistan demeure un refuge pour les terroristes venus d’Asie centrale ou du Moyen-Orient à l’instar d’Al-Qaïda et de Daech. Depuis que les talibans se sont emparés du pouvoir à la mi-août, les espoirs et les promesses d’un Afghanistan plus moderne et plus pacifique ne sont plus qu’une illusion lointaine. 

Le 26 août, l’État islamique au Khorassan (EI-K) revendique la responsabilité du double attentat suicide visant les militaires américains et les civils afghans à l’aéroport de Kaboul et dans les environs. Dans le chaos et la confusion, Daech et son rival Al-Qaïda identifient de nouvelles possibilités, tout comme Ben Laden l’a fait il y a deux décennies. 

Une équipe de surveillance des sanctions de l’Organisation des nations unies (ONU) rapporte en juin que de nombreux dirigeants d’Al-Qaïda ont élu domicile le long de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan et que l’EI-K «demeure actif et dangereux». L’EI-K est le plus violent de tous les groupes. 

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Un membre de l’équipe de sécurité afghane inspecte une maison endommagée lors d'une fusillade entre les forces de sécurité et des combattants  de Daech, à Jalalabad, le 15 février 2021. (Fichier/AFP) 

Bien que sérieusement malmené par les forces américaines et celles de l’ancien gouvernement afghan, ce groupe a la capacité d’attirer et de motiver des combattants venus du monde entier. On le craint de Moscou à Pékin, en passant par Tachkent, Damas et Kaboul. Le groupe a un nouveau leader ambitieux, Shahab al-Muhajir, rapporte l’équipe de l’ONU. 

Sa présence en Afghanistan remonte à 2015, à l’époque durant laquelle Abou Bakr al-Baghdadi avait déclaré l’État islamique en Irak et en Syrie, s’autoproclamant calife des musulmans aux quatre coins du monde. 

En Afghanistan, Hafiz Saeed Khan, ancien chef de la branche pakistanaise des talibans (mieux connue sous le nom de Tehrik-i-Taliban Pakistan ou TTP) prête serment d’allégeance à Al-Baghdadi et fonde l’EI-K, un groupe affilié au mouvement. 

11 sept

La région du Khorassan englobe historiquement des parties de l’Iran, de l’Afghanistan et du Pakistan actuels, faisant du groupe le bras droit de Daech en Asie centrale. Le Khorassan joue un rôle légendaire durant les premiers temps de l’Histoire islamique puisqu’il sert de base au califat abbasside qui gouverne tout le monde musulman. 

Au départ, l’EI-K est limité en termes de présence et d’influence. Cependant, compte tenu de son rôle comme ancien chef du TTP, Hafiz Saeed Khan réussit à rassembler d’autres membres influents du TTP, ainsi que de petites organisations qui ont rompu les liens avec les talibans au Pakistan. 

À son apogée en 2016, l’EI-K dispose de 2 500 à 8 500 combattants en Afghanistan, ce qui permet au groupe de mener des attaques de haut niveau concentrées, pour la plupart, à Kaboul et à Nangarhar, une province située à l’est de l’Afghanistan, à la frontière avec le Pakistan. 

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Des responsables de sécurité afghans inspectent des armes saisies près d'une habitation endommagée, de laquelle des hommes de Daech armés tiraient des obus de mortier, alors qu'un autre groupe faisait une descente dans une prison, à Jalalabad, le 4 août 2020. (Fichier/AFP) 

Le groupe est cependant considérablement affaibli suite à l’élimination progressive des hauts dirigeants par les forces américaines et les attaques menées par les talibans. Hafiz Saeed Khan est lui-même tué par une frappe américaine en 2016. 

Kirill Nourzhanov, maître de conférences au Centre d’études arabes et islamiques de l’Université nationale australienne (ANU), déclare à Arab News que même si le groupe a «presque été anéanti dans les principales zones d’influence fin 2019, le retour de l’EI-K dans les provinces orientales de l’Afghanistan n’est peut-être qu’une question de temps. La violence sectaire perpétrée par le groupe devrait s’intensifier». 

Au cours des six premiers mois de cette année, l’EI-K a revendiqué plus de 20 attaques ciblant la communauté chiite des Hazaras dans la région, ce qui a provoqué la mort de 500 personnes au moins. De telles attaques sont susceptibles de déstabiliser le régime à Téhéran. 

Depuis le début du retrait américain il y a deux mois, l’EI-K a mené plus de 91 attaques, tuant approximativement 345 civils et policiers afghans, selon quelques rapports. 

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Sur cette photo prise le 25 novembre 2019, les forces de sécurité afghanes participent à une opération contre des militants de Daech dans le district d'Achin, de la province de Nangarhar. (Fichier/AFP) 

Shahram Akbarzadeh, directeur du Middle East Studies Forum à l’université Deakin, déclare à Arab News: «Le retrait des forces des États-Unis et de l’Otan a favorisé l’effondrement du gouvernement afghan, créant un vide au niveau du pouvoir.» 

«Les talibans sont facilement entrés à Kaboul mais d’autres groupes comme l’EI-K y ont également vu une possibilité d’étendre leur sphère d’influence. Ce groupe salafiste devrait gagner beaucoup de terrain», poursuit-il. 

Ce vide ne permet pas uniquement de renforcer la présence de l’EI-K mais également d’attirer d’autres groupes terroristes et extrémistes. On pense que le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, est malade et qu’il vit dans les régions tribales du Pakistan. Le groupe entretient des liens étroits avec les talibans par l’intermédiaire du réseau Haqqani qui contrôle la sécurité de Kaboul. 

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Une photo du 11 juin 2014 avec un militant de Daech brandissant le drapeau du groupe. (Fichier/AFP) 

Les réponses médiatiques d’Al-Qaïda, contrairement à celles des talibans, de Daech et de Hayat Tahrir al-Sham au nord de la Syrie, sont lentes, ce qui suppose des capacités nettement réduites. Il semble qu’un autre haut dirigeant d’Al-Qaïda, Saïf al-Adel – ancien numéro 3 du groupe après Ben Laden et Al-Zawahiri – réside actuellement en Iran sous la protection du régime. Cependant, la prise de contrôle par les talibans devrait donner un coup de pouce à Al-Qaïda et Daech. 

Arie Kruglanski, expert en psychologie du terrorisme et en militantisme politique, affirme: «Al-Qaïda a une forte présence dans d’autres parties du monde comme l’Afrique de l’Ouest, le Maghreb et la Syrie. Avec l’arrivée au pouvoir des talibans, le mouvement pourrait bénéficier d’un autre refuge pour se réorganiser dans la zone Afghanistan-Pakistan.»  

La facilité de mouvement qu’offre l’Afghanistan rend le pays attrayant à la fois pour Daech et Al-Qaïda, surtout par rapport à d’autres régions où ils sont actuellement concentrés. Les faibles contrôles aux frontières permettent aux combattants de se déplacer facilement, notamment en provenance du Pakistan à travers les régions montagneuses que les forces de l’Otan et de l’ancien gouvernement afghan trouvaient difficiles – voire impossible – à contrôler. 

À l’ouest, la frontière iranienne constitue un autre point de passage pour les terroristes qui entrent en Afghanistan. L’EI-K propose un emplacement alternatif pour les combattants et les cellules dormantes d’Irak et de Syrie pour reprendre leurs opérations. 

Gulbuddin Hekmatyar, chef du Hezb-e-Islami et ancien leader des moudjahidines, aurait déclaré que le départ des troupes américaines et de leurs alliés donne la possibilité de créer une «nouvelle version de Daech». 

Néanmoins, la région pose des défis à l’EI-k, notamment la présence des talibans qui, pour le moment, contrôlent la quasi-totalité de l’Afghanistan. Le nouveau régime taliban a tenu à asseoir tout de suite son autorité religieuse en proclamant l’Émirat islamique d’Afghanistan – le même nom que le groupe avait utilisé pour régner sur le pays entre 1996 et 2001. 

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Une photo du 11 juin 2014 montrant des militants de Daech posant avec le drapeau du groupe. (Fichier/AFP) 

De nombreux analystes pensent que l’Afghanistan sera le terrain de violents affrontements entre les talibans et l’EI-K dans les semaines à venir. 

Jonathan Goodhand, professeur en études de conflit et de développement à la School of Oriental and African Studies explique: «Il existe une hostilité profonde entre Daech et les talibans. Si des groupes comme Al-Qaïda, le TPP et le Mouvement islamique d’Ouzbékistan parmi d’autres célèbrent la victoire des talibans, il est fort peu probable que Daech puisse étendre son influence en Afghanistan.» 

Les talibans sont principalement composés de Pachtounes qui proviennent uniquement d’Afghanistan et du Pakistan alors que Daech regroupe une multitude de nationalités: des Arabes, des Ouzbeks, des Turkmènes, des Tchétchènes, des Kurdes, des Kazakhs, des Tadjiks et des Ouïghours. 

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Une photo du 11 juin 2014 montrant des militants de Daech accrochant leur drapeau à un poteau au sommet d'un ancien fort militaire. (Fichier/AFP) 

«Les talibans combattent l’EI-K fermement et de manière continue depuis 2015. En réalité, c’est précisément l’efficacité des talibans dans la lutte contre ce que la Russie, l’Iran et les républiques d’Asie centrale considèrent comme l’ennemi numéro un, qui a poussé les voisins de l’Afghanistan à adopter une position flexible et pragmatique vis-à-vis des talibans», précise M. Nourzhanov. 

M. Akbarzadeh s’attend à ce que l’EI-K tente d’étendre son influence, exacerbant ainsi les tensions avec les talibans. Il précise: «Les talibans et l’EI-k sont des rivaux. L’EI-K considère les talibans comme de faux musulmans tout comme il accuse tous les autres groupes musulmans de corruption et de fausseté. Ils se sont affrontés par le passé. Les talibans essayent de prendre leurs distances par rapport à l’EI-K, un groupe ouvertement sectaire et violent.» 

«Avec le départ des États-Unis, ces tensions risquent de s’exacerber à mesure que l’EI-K étend son influence et entre en conflit direct avec les talibans», conclut M. Akbarzadeh. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Trump dit que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin

Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé sa frustration face au manque de soutien des alliés occidentaux et à leur réticence à engager des forces pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz dans le contexte de sa guerre avec l’Iran. (Reuters)
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  • Donald Trump menace que les États-Unis pourraient ne pas soutenir l’OTAN en cas de besoin, critiquant l’Alliance pour ne pas avoir répondu aux demandes américaines pour sécuriser le détroit d’Ormuz
  • Il dénonce le coût élevé de l’OTAN pour les États-Unis et loue l’avancée de l’opération militaire américaine contre l’Iran, alors que le trafic dans le détroit reste fortement perturbé

MIAMI: Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain, se référant à la demande de Washington - restée lettre morte - de soutien militaire de ses alliés pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré jeudi en Conseil des ministres.

Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon s'étaient dit prêts, dans un communiqué conjoint le 19 mars, "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la traversée du détroit", où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale. Ils avaient cependant exclu toute participation militaire directe.

Le trafic dans ce passage étroit est pratiquement paralysé, entraînant une flambée des prix de l’énergie.

Lors de sa prise de parole à Miami, devant des chefs d'entreprise et des investisseurs réunis pour le sommet du "FII Priority", Donald Trump a une nouvelle fois assuré que l'opération militaire contre l'Iran, qui va entrer dans sa cinquième semaine, se passait pour le mieux.


La guerre au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, Washington espère la finir sous deux semaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Paris vendredi. (Reuters)
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  • Le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie et s’étend régionalement (Yémen, Liban, Golfe), avec des frappes continues, des victimes civiles croissantes et des risques majeurs (notamment nucléaire et énergétique)
  • Les États-Unis visent une issue rapide sans troupes au sol, tandis que les tensions font grimper les prix du pétrole et aggravent l’instabilité humanitaire et économique mondiale

TEHERAN: La guerre au Moyen-Orient entre samedi dans son deuxième mois sans donner le moindre signe d'apaisement, Israël et l'Iran continuant à se bombarder mutuellement et les Etats-Unis assurant que leurs objectifs seront atteints d'ici deux semaines.

Dans une nouvelle extension d'un conflit qui a fait flamber les prix de l'énergie dans le monde entier, Israël a annoncé avoir été visé pour la première fois depuis le début de la guerre par un missile tiré depuis le Yémen, où les rebelles Houthis soutenus par Téhéran avaient peu de temps plus tôt menacé de se joindre au conflit.

A Téhéran, un journaliste de l'AFP a entendu une dizaine de violentes explosions samedi à l'aube et vu des panaches de fumée noire s'élever depuis l'est de la capitale. Peu de temps plus tard, comme lors des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé être en train de "frapper des cibles du régime" dans la ville.

La centrale nucléaire de Bouchehr, dans le sud de l'Iran, a été frappée pour la troisième fois en dix jours, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) citant des responsables iraniens. Même si aucun dégât sur le réacteur actif et aucune fuite radioactive n'ont été signalés, le directeur de l'AIEA Rafael Grossi a de nouveau appelé "à une retenue militaire maximale pour prévenir le risque d'un accident nucléaire".

En Israël, au moins une personne a été tuée et deux autres blessées à Tel-Aviv, selon les services de secours, peu après une alerte de l'armée faisant état de tirs de missiles depuis l'Iran. Deux autres personnes ont été blessées par du shrapnel dans le sud du pays.

Le chef du commandement intérieur de l'armée israélienne, Miki David, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'un missile à sous-munitions avait provoqué des "destructions considérables" dans un immeuble résidentiel.

"L'appartement a été touché par une bombe à sous-munitions (...) qui a traversé le toit, a traversé un étage, puis a explosé au deuxième étage", a-t-il expliqué.

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone des dizaines de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et fait donc souvent des victimes dans la durée parmi la population civile. Ce type d'armes est interdit par une convention de 2008, signée par plus d'une centaine de pays dont ni l'Iran ni Israël ne font partie.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale. Des pays du monde entier ont annoncé ces derniers jours des mesures pour répondre à la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit.

- Espoir de négociations -

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines".

"Quand nous en aurons fini avec eux, dans les deux prochaines semaines, ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a affirmé le ministre américain à des journalistes à l'issue d'une réunion du G7 près de Paris.

M. Rubio a aussi estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Alors que, selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisage d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.

"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X. Le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.

L'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui dit avoir l'espoir de tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran, qui continue de riposter.

Selon plusieurs médias américains, au moins 12 soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans la nuit de vendredi à samedi par une attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, qui a également endommagé deux avions ravitailleurs.

La République islamique a appelé les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.

Aux Emirats arabes unis, cinq personnes, de nationalité indienne, ont été blessées samedi lors d'un incendie provoqué par des chutes de débris provenant de l'interception d'un missile balistique au-dessus d'une zone industrielle d'Abou Dhabi, selon les autorités.

- "Pris en étau" -

Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant. Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les bombardements.

Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.

"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

L'aviation israélienne a continué vendredi à bombarder le sud du Liban, la plaine de la Bekaa (est) et la banlieue sud de Beyrouth, considérés comme des bastions du Hezbollah, selon les médias officiels libanais qui ont recensé plusieurs morts.

Le Hezbollah a affirmé pour sa part se livrer à des combats "au corps à corps" dans le sud, où Israël mène une profonde incursion en vue d'élargir une "zone tampon" le long de sa frontière.

Selon le dernier bilan officiel vendredi, la guerre a fait 1.142 morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.