Minsk et Moscou s'accordent sur un renforcement de leur intégration économique

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko tiennent une conférence de presse à l'issue de leurs entretiens au Kremlin à Moscou le 9 septembre 2021. (Photo, AFP)
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko tiennent une conférence de presse à l'issue de leurs entretiens au Kremlin à Moscou le 9 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 10 septembre 2021

Minsk et Moscou s'accordent sur un renforcement de leur intégration économique

  • Lors d'une conférence de presse au Kremlin, les deux dirigeants ont annoncé la signature d'un paquet de «28 programmes» pour renforcer l'«Union Russie-Bélarus»
  • La Russie et le Bélarus ont lancé vendredi d'importants exercices militaires, dénoncés en particulier par la Pologne voisine

MOSCOU: Les présidents russe et bélarusse, Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko, se sont accordés jeudi sur un renforcement de l'intégration économique de leurs pays, dont le rapprochement est relancé depuis un mouvement de contestation réprimé au Bélarus.

Lors d'une conférence de presse au Kremlin, les deux dirigeants ont annoncé la signature d'un paquet de "28 programmes" pour renforcer l'"Union Russie-Bélarus", une alliance politico-économique datant de 1999 et longtemps restée à l'arrêt.

M. Poutine a indiqué que ces programmes visent à "une unification de la législation russe et bélarusse dans différents secteurs économiques" et à la "construction de marchés financiers et énergétiques unifiés".

Selon le président russe, ils doivent permettre aussi d'"accomplir une politique industrielle et agricole commune". Il a également évoqué la création d'un marché du gaz unifié entre les deux pays avant 2023.

La Russie et le Bélarus sont des alliés aux relations mouvementées où alternent les périodes de rapprochement et les disputes, notamment énergétiques.

Mais depuis un an, les deux ex-républiques soviétiques se rapprochent dans la foulée de la répression par M. Loukachenko d'une vague de protestation historique contre sa réélection en août 2020.

Manœuvres militaires russo-bélarusses qui inquiètent des voisins

La Russie et le Bélarus ont lancé vendredi d'importants exercices militaires, dénoncés en particulier par la Pologne voisine, sur fond de tensions russo-occidentales récurrentes, chaque camp s'accusant de multiplier les manœuvres hostiles.

Ces manœuvres baptisés "Zapad 2021" (Ouest-2021) se déroulent sur neuf bases militaires russes, cinq bases bélarusses et en mer Baltique.

"Quelque 200 000 militaires, plus de 80 avions et hélicoptères, 760 véhicules de guerre, dont plus de 290 chars (...) ainsi que jusqu'à 15 navires participent aux exercices stratégiques", a indiqué le ministère russe de la Défense, qui a diffusé des images de sa flotte en mer Baltique.

Début septembre, le président polonais Andrzej Duda a signé un décret sur l'introduction de l'état d'urgence pendant 30 jours à la frontière avec le Bélarus, en prévision de ces exercices militaires et de crainte d'un afflux massif de migrants.

Il s'agit du premier état d'urgence en Pologne depuis la chute du communisme en 1989.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine, recevant jeudi à Moscou son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko, a estimé que ces exercices relevaient du bon sens, étant donné que l'Otan, son adversaire stratégique, était déployée en Europe orientale.

Les manœuvres Zapad-2021 "ne sont dirigées contre personne, mais leur tenue est logique, quand on voit d'autres alliances, l'Otan en particulier, qui accroît activement sa présence militaire aux frontières de l'Union" russo-bélarusse, a-t-il dit. 

"Nous ne faisons rien d'autre que ce que font déjà nos adversaires et concurrents", a jugé pour sa part M. Loukachenko. 

Dans une interview au journal Polska Times publiée vendredi, le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, a lui estimé que ces exercices militaires testaient le "système immunitaire" de Varsovie qui doit savoir "comment et quand nous sommes en mesure de réagir".

D'après lui, ils offrent à Moscou et Minsk l'opportunité de mener des "activités hybrides", comme "de la désinformation, des provocations et des incidents frontaliers".

Alors que Minsk est accusé d'encourager le passage de migrants vers l'UE pour se venger de sanctions occidentales, M. Blaszczak soutient que les manœuvres Zapad-2021 pourraient être suivies d'une "pression migratoire accrue" sur la Pologne, la Lituanie et la Lettonie.

Avec le soutien sans faille de Moscou, le dirigeant bélarusse a emprisonné des centaines d'opposants, accusant les Occidentaux – qui ont pris des sanctions contre Minsk – d'avoir fomenté une révolution contre lui.

Jeudi, M. Poutine a toutefois précisé que la question d'une intégration politique plus poussée n'avait pas été abordée, soutenant qu'il fallait "d'abord créer une base économique". 

Alexandre Loukachenko a lui coupé court aux hypothèses d'une possible fusion des deux pays : "Il ne faut pas ressortir des vieilles phrases disant que nous essayons d'avaler l'un ou l'autre ou de fusionner au détriment des aspirations de nos peuples." 

Pendant des années M. Loukachenko, qui tient à sa souveraineté, s'est élevé contre toute tentative de rapprochement, plutôt mal vu par les Bélarusses.

Sur le plan militaire, Minsk et Moscou sont membres de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance regroupant quatre autres pays du Caucase et d'Asie centrale.


Le roi Charles III en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril

Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres. (AFP)
Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres. (AFP)
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  • Les dates de cette visite, la première de Charles III, seront communiquées ultérieurement, a précisé le palais
  • Le roi et la reine se rendront ensuite aux Bermudes, pour le premier déplacement du monarque dans un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni depuis son accession au trône en septembre 2022

LONDRES: Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d'Etat aux Etats-Unis fin avril, a annoncé mardi le palais de Buckingham, un déplacement contesté en pleine guerre au Moyen-Orient et dans une période de tensions entre Washington et Londres.

Leur programme "célèbrera les liens historiques et les relations bilatérales actuelles entre le Royaume-Uni et les États-Unis, à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance américaine", selon un communiqué.

Les dates de cette visite, la première de Charles III, seront communiquées ultérieurement, a précisé le palais.

Le roi et la reine se rendront ensuite aux Bermudes, pour le premier déplacement du monarque dans un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni depuis son accession au trône en septembre 2022.

Londres et Washington, liés par 250 ans d'Histoire, ont forgé une "relation spéciale" caractérisée par des liens diplomatiques, militaires et économiques très étroits.

Au cours de son règne, la reine Elizabeth II avait été reçue à quatre reprises en visite d'Etat aux Etats-Unis, notamment en 1976 pour célébrer le bicentenaire de l'indépendance américaine et en 1991, avec une adresse historique devant le Congrès américain.

Donald Trump, connu pour être un grand admirateur de la famille royale, avait déclaré mi-mars à la Maison Blanche avoir "vraiment hâte de voir le roi".

Le président américain a lui-même été reçu en septembre en visite d'Etat au Royaume-Uni pour la seconde fois, avec tout le faste royal, de la procession en carrosse au somptueux banquet au château de Windsor.

Selon l'ambassadeur américain à Londres, Warren Stephens, le président de la Chambre des représentants Mike Johnson a proposé que Charles III prononce un discours devant les deux chambres du Congrès américain.

Appels au report 

Cette visite aux Etats-Unis est annoncée en pleine guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, et aux conséquences économiques planétaires.

Donald Trump n'a pas épargné le Premier ministre Keir Starmer depuis le début du conflit, accusant le dirigeant britannique d'avoir soutenu trop mollement son grand allié américain.

"Ce n'est pas à Winston Churchill que nous avons affaire", avait-il cinglé début mars, se disant "mécontent de Londres" qui avait dans un premier temps refusé que les Etats-Unis utilisent ses bases militaires.

Le dirigeant travailliste a assuré que malgré ces déclarations, la "relation spéciale" avec Washington était "à l'oeuvre".

Son gouvernement, au pouvoir depuis juillet 2024, a pris soin de ménager ses relations avec l'administration Trump. Il s'enorgueillissait d'avoir obtenu un meilleur traitement que de nombreux pays, notamment dans les négociations sur les droits de douane.

Selon un sondage YouGov publié jeudi, près de la moitié des Britanniques (49%) sont contre cette visite.

Plusieurs parlementaires britanniques s'y opposent également. Cet honneur "ne devrait pas être accordé à quelqu'un qui insulte et porte atteinte à notre pays de façon répétée", a déclaré le chef des libéraux-démocrates, Ed Davey.

La présidente de la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des Communes, la travailliste Emily Thornberry, a elle aussi jugé "plus sûr de reporter" la visite, par crainte que Charles et Camilla se trouvent dans une situation "embarrassante".

Tenu à une stricte neutralité politique, Charles III n'a pas fait de commentaire public sur les velléités du président américain de faire du Canada --dont le roi est le chef d'Etat-- le 51e Etat américain. Ce qui ne l'a pas empêché de défendre la souveraineté de ce pays lors d'une visite hautement symbolique en mai 2025.

Agé de 77 ans, le roi Charles a connu en plus de trois ans de règne plusieurs crises majeures. Il a été diagnostiqué en février 2024 d'un cancer pour lequel il est toujours soigné. Il est par ailleurs confronté aux répercussions de l'affaire Jeffrey Epstein, qui ont conduit en février à l'arrestation de son frère Andrew Mountbatten-Windsor, soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel et financier américain décédé en 2019.


Guerre en Iran: «les prochains jours seront décisifs», affirme le ministre américain de la Défense

Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien. (AFP)
Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien. (AFP)
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  • "Les prochains jours seront décisifs. L'Iran le sait, et ils ne peuvent quasiment rien faire militairement contre cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse au Pentagone
  • Le ministre, qui a révélé qu'il avait rendu visite récemment à des troupes américaines déployées dans ce conflit, a affirmé que "les dernières 24 heures ont vu le plus faible nombre de drones et missiles ennemis lancés par l'Iran"

WASHINGTON: Les prochains jours de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran seront "décisifs", a affirmé mardi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, refusant d'écarter la possibilité de déployer des troupes sur le sol iranien.

"Les prochains jours seront décisifs. L'Iran le sait, et ils ne peuvent quasiment rien faire militairement contre cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse au Pentagone.

Le ministre, qui a révélé qu'il avait rendu visite récemment à des troupes américaines déployées dans ce conflit, a affirmé que "les dernières 24 heures ont vu le plus faible nombre de drones et missiles ennemis lancés par l'Iran".

Selon Pete Hegseth, les discussions avec l'Iran pour mettre un terme à la guerre sont en train de s'intensifier.

Ces discussions "sont bien réelles, elles sont en cours, elles sont actives et -- je pense -- se renforcent", a-t-il affirmé.

Les-Etats-Unis constatent un "va-et-vient" avec l'Iran sur les termes de ces négociations, un "fait nouveau productif", selon Pete Hegseth.

"Nous ne voulons pas avoir à faire plus militairement que ce qui est nécessaire. Mais je n'ai pas dit ça à la légère quand j'ai dit qu'en attendant, nous négocierons avec des bombes", a-t-il déclaré.

Pete Hegseth a également refusé à nouveau d'écarter la possibilité de déployer des troupes américaines sur le territoire iranien.

"Nous n'allons écarter aucune option. Vous ne pouvez pas mener et gagner une guerre si vous dites à votre adversaire ce que vous êtes prêts à faire, ou pas prêts à faire, y compris des troupes au sol", a déclaré le ministre.

"Notre adversaire pense actuellement qu'il existe 15 différentes manières avec lesquelles on pourrait s'en prendre à eux avec des troupes au sol. Et devinez quoi? C'est vrai", a-t-il ajouté.

A ses côtés, le général Dan Caine, chef d'état-major, a déclaré que les Etats-Unis avaient frappé "plus de 11.000 cibles" au cours des 30 jours passés.

 


Trump n'entend pas «aider» les pays affectés par la fermeture du détroit d'Ormuz

Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz. (AP)
Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz. (AP)
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  • Le président américain, qui veut boucler en six semaines maximum l'opération militaire lancée contre l'Iran le 28 février, avait déjà indiqué auparavant que la réouverture de cette artère vitale pour le transport mondial de brut n'était pas un impératif
  • Il a jugé mardi que la France s'était montrée "très peu coopérative" dans la guerre contre l'Iran, en la critiquant pour avoir interdit le survol de son territoire, sans que l'on ne sache dans l'immédiat à quoi il faisait référence

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz.

Le président américain, qui veut boucler en six semaines maximum l'opération militaire lancée contre l'Iran le 28 février, avait déjà indiqué auparavant que la réouverture de cette artère vitale pour le transport mondial de brut n'était pas un impératif pour lui.

"J'ai une suggestion pour tous ces pays qui n'ont plus de kérosène à cause du détroit d'Ormuz, comme le Royaume-Uni, qui a refusé de s'impliquer dans la décapitation de l'Iran: 1. achetez auprès des Etats-Unis, nous en avons plein, 2. trouvez du courage, avec retard, allez jusqu'au détroit et PRENEZ le tout simplement", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

"Vous allez devoir apprendre à vous défendre vous-mêmes, les Etats-Unis ne seront plus là pour vous, de la même manière que vous n'avez pas été là pour nous. L'Iran a été, pour l'essentiel, décimé. Le plus dur est fait. Allez chercher votre propre pétrole!", a conclu le président américain.

Il a plusieurs fois affirmé que la première puissance mondiale, qui produit une bonne partie du pétrole qu'elle consomme et importe le reste essentiellement du Canada et du Mexique, n'était pas affectée par la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz.

Ce n'est pas le cas de nombre de pays asiatiques désormais confrontés à une crise énergétique majeure.

Les Etats-Unis n'en subissent pas moins l'impact de la hausse des cours.