En Grèce, les migrants rigoureusement contrôlés depuis les attentats du 13-Novembre 2015

Une photo prise le 7 septembre 2021, montre une vue générale du camp de réfugiés et de migrants sur l'île grecque de Leros. (AFP)
Une photo prise le 7 septembre 2021, montre une vue générale du camp de réfugiés et de migrants sur l'île grecque de Leros. (AFP)
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Publié le Lundi 13 septembre 2021

En Grèce, les migrants rigoureusement contrôlés depuis les attentats du 13-Novembre 2015

  • Léros ne disposait que d'un seul terminal de base de données d'empreintes digitales Eurodac et il fallait deux jours pour identifier une personne
  • Le nouveau camp de Léros sera terminé en octobre. Il disposera de portes magnétiques, de scanners à rayons X et de caméras

LEROS: Devant des policiers grecs armés, une dizaine de demandeurs d'asile fraîchement arrivés attendent d'être enregistrés sous une tente du camp de l'île grecque de Leros, où étaient passés deux des assaillants des attentats du 13-Novembre 2015.


"Vous pouvez déposer une demande d'asile, mais uniquement en Grèce", explique un agent d'accueil grec accompagné d'un traducteur. "Si vous ne le faites pas, vous serez renvoyé dans votre pays".


Après avoir été fouillés au corps, les migrants principalement somaliens – dont des femmes, un bébé et un homme âgé avec des prothèses de jambe – sont photographiés, rigoureusement interrogés, et donnent leurs empreintes digitales pour confirmer leur identité, et leur pays d'origine. 


"La plupart n'ont pas de papiers", note la directrice du camp, Filio Kiprizoglou.


La Grèce a mis en place des mesures de sécurité plus strictes, après les attentats du 13-Novembre à Paris, revendiqués par l'EI, qui ont fait 130 morts et dont le procès historique se tient à Paris. 


Le 3 octobre 2015, deux des kamikazes étaient passés par l'île de Leros, non loin des côtes turques, avec de faux passeports syriens, en se faisant passer pour des réfugiés.


Des contrôles sûrs «à 100%»

Six ans plus tard, la responsable du camp se dit sûre à "100%" que de potentiels extrémistes seraient interceptés avec succès.


Il faut seulement "cinq minutes", précise-t-elle à l'AFP, pour savoir s'il s'agit d'un suspect recherché à partir des bases de données grecques et européennes.


"Dans le cas d’arrivée par bateau, chaque personne doit être entendue individuellement. Elle peut ne pas être un réfugié mais vous ne pouvez le savoir que si vous l'interrogez", assure à l'AFP Mireille Girard, représentante en Grèce du Haut Commissariat aux réfugiés.


Les procédures de relocalisation vers d'autres pays de l'UE, mises en place en 2016 après la fermeture des frontières, sont également menées avec précaution. 


A Athènes, Taher, une jeune Syrien d'Alep, se rappelle d'un entretien exténuant de six heures avec des agents des services secrets français envoyés en Grèce pour examiner les candidatures des demandeurs d'asile.


"Ils voulaient que j'admette des choses que je n'avais pas faites (...) Ils voulaient des informations sur les armes utilisées par l'armée syrienne, m'ont demandé si j'avais connu quelqu'un de radicalisé. À un moment donné, ils ont laissé entendre que j'avais déjà voyagé en France, ce qui était totalement faux", a-t-il confié à l'AFP.


Taher s'est finalement vu refuser l'entrée en France pour des "raisons de sécurité" et a dû demander l'asile en Grèce.


L'UE «pointe du doigt» la Grèce 

De nombreux responsables grecs sont encore froissés par les accusations de négligence dans la surveillance des frontières de l'Europe en 2015, alors que la Grèce faisait face à la plus grande vague migratoire en sept décennies. 


Sur plus d'un million d'exilés arrivés par mer en Europe cette année-là selon l'Organisation internationale pour les migrations, plus de 800 000 sont passés par la Grèce, qui traversait également une crise financière.


Non seulement l'État grec a été contraint par ses créanciers de réduire considérablement ses effectifs, mais les partenaires européens de la Grèce ont d'abord ignoré les appels à l'aide, souligne la générale de police Zaharoula Tsirigoti, qui dirigeait à l'époque l'administration chargée de l'immigration. 


"L'Union européenne nous pointait du doigt, mais nous n'avions aucun soutien en termes de personnel et d'infrastructures", ajoute l'ex-responsable, ensuite décorée par l'État français pour sa contribution.


Filio Kiprizoglou, qui travaillait alors pour les services d'asile à Leros, se souvient aussi que l'UE ne proposait qu'une coopération "minimale" alors que l'île "sombrait".


Léros ne disposait que d'un seul terminal de base de données d'empreintes digitales Eurodac et il fallait deux jours pour identifier une personne, selon Mme Tsirigoti.


L'Allemagne a donné une dizaine de ces terminaux en octobre 2015 – après que les assaillants du 13-Novembre s'étaient faufilés à Léros – et d'autres autorités européennes ont suivi.


Les années suivantes, les patrouilles navales grecques ont été appuyées par l'envoi de navires et d'effectifs de l'agence européenne de garde-frontières, Frontex.


Et la Commission européenne s'est engagée récemment à financer à hauteur de 276 millions d'euros les nouveaux camps d'"accès contrôlé fermé" à Léros et les quatre autres îles égéennes recevant le plus de migrants.


D'après Mme Kiprizoglou, le nouveau camp de Léros sera terminé en octobre. Il disposera de portes magnétiques, de scanners à rayons X et de caméras.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.