La Norvège aux urnes dans un scrutin dominé par son avenir pétrolier

La Première ministre norvégienne Erna Solberg, chef du parti conservateur Høyre, vote pour les élections législatives de 2021 à l'école Skjold de sa ville natale de Bergen, le 13 septembre 2021. (Photo, AFP)
La Première ministre norvégienne Erna Solberg, chef du parti conservateur Høyre, vote pour les élections législatives de 2021 à l'école Skjold de sa ville natale de Bergen, le 13 septembre 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 13 septembre 2021

La Norvège aux urnes dans un scrutin dominé par son avenir pétrolier

  • Les premières projections basées sur le vote anticipé tomberont à 21H00 (19H00 GMT) à la fermeture des bureaux
  • Selon les sondages, une nette majorité se dessine pour déloger la coalition de centre droit d'Erna Solberg

OSLO: Les Norvégiens votaient lundi lors de législatives qui devraient couronner l'opposition "rouge verte" et pourraient influer sur les activités pétrolières du pays, plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, sur fond d'urgence climatique.

Les premières projections basées sur le vote anticipé tomberont à 21H00 (19H00 GMT) à la fermeture des bureaux. 

Selon les sondages, une nette majorité se dessine pour déloger la coalition de centre droit d'Erna Solberg, victime d'une usure du pouvoir après huit ans à la tête du royaume nordique.

Le leader travailliste Jonas Gahr Støre, millionnaire de 61 ans qui a fait campagne contre les inégalités sociales, est bien placé pour lui succéder, mais les contours du prochain gouvernement restent en suspens. 

Son parti et ses alliés privilégiés, le parti du Centre (agrarien) et la Gauche socialiste, obtiendront-ils une majorité parlementaire à eux trois ou devront-ils obtenir l'appui de deux autres forces d'opposition, les écologistes de MDG et/ou les communistes de Rødt, ce qui compliquerait encore les tractations?

"J'espère que nous décrocherons une position après le scrutin d'aujourd'hui d'où nous pourrons faire pression sur le prochain gouvernement norvégien qui, on l'espère, sera conduit par Støre et mènera une bonne politique climatique et pétrolière", a dit la cheffe de MDG, Une Bastholm, après avoir voté lundi.

Selon une moyenne des sondages réalisés entre le 2 août et le 11 septembre, publiée dimanche par TV2, le trio pourrait remporter une majorité très étriquée de 85 sièges sur les 169 que compte le Storting, le Parlement monocaméral. Le bloc dit "bourgeois" (droite) récolterait 67 mandats, Rødt 9 et MDG 8.

Ultimatum des Verts

L'"alerte rouge pour l'humanité" lancée début août par les experts de l'ONU sur le climat (Giec) a placé la question du réchauffement au cœur de la campagne électorale et forcé le pays à une réflexion sur le sort des activités pétrolières qui l'ont rendu immensément riche. 

Le rapport a galvanisé ceux qui, à gauche et, dans une moindre mesure, à droite, veulent en finir avec le pétrole. 

MDG, le parti le plus en pointe, conditionne son soutien à l'arrêt immédiat de toute exploration pétrolière et réclame aussi la fin de l'exploitation en 2035.

Diplômé de Sciences Po Paris et ministre de Jens Stoltenberg entre 2005 et 2013, M. Støre a rejeté l'ultimatum.

Forces dominantes du pays, conservateurs et travaillistes prônent tous deux une sortie douce et progressive de l'économie pétrolière.

Le secteur représente 14% du Produit intérieur brut norvégien, plus de 40% des exportations et 160 000 emplois directs. L'or noir a aussi permis au royaume de 5,4 millions d'habitants d'amasser le plus gros fonds souverain au monde avec près de 12 000 milliards de couronnes d'actifs (1.166 milliards d'euros).

Selon nombre d'observateurs, un compromis dépendra du poids électoral des partis à la fibre écologiste et pourrait passer par la fermeture de certaines eaux à la prospection pétrolière, notamment dans l'Arctique.

«Bons résultats»

"J'ai un bon sentiment", a dit M. Støre en votant dans une école d'Oslo dimanche, le scrutin ayant ouvert un jour plus tôt dans les grandes villes.

Un nombre record de plus de 1,6 million de Norvégiens, soit 42,3% du corps électoral, ont déjà fait leur devoir civique par vote anticipé.

Juriste dans une compagnie d'assurance, Fredrik Wessel, 62 ans, dit souhaiter la préservation "des bonnes politiques économiques". "Et puis, bien sûr, je suis inquiet pour le climat, il faut qu'on envisage ce qui est possible pour contenir le changement climatique", a-t-il témoigné.

"Ma principale préoccupation, ce sont les différences entre riches et pauvres qui ne cessent de croître en Norvège, même si ça reste mieux que dans beaucoup de pays", confiait quant à elle une retraitée de 76 ans.

Après huit ans de pouvoir, un record pour les conservateurs, et de multiples crises (migrants, chute du cours du baril, Covid-19...), Mme Solberg va vraisemblablement passer le relais.

La dirigeante de 60 ans a défendu jusqu'au bout ses "bons résultats".

"Le chômage baisse, l'emploi augmente (...) Nous devons préserver ces bonnes choses", a-t-elle déclaré lundi après avoir déposé son bulletin dans sa ville natale de Bergen (ouest).


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Short Url
  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

Short Url
  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

Short Url
  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".