Pourquoi al-Kazimi est considéré comme le dirigeant le plus digne de confiance d’Irak

L’assurance du soutien de la communauté internationale dont jouit manifestement M. al-Kazimi est une chose dont ses prédécesseurs n’ont pas bénéficié. (Photo, AFP)
L’assurance du soutien de la communauté internationale dont jouit manifestement M. al-Kazimi est une chose dont ses prédécesseurs n’ont pas bénéficié. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 15 septembre 2021

Pourquoi al-Kazimi est considéré comme le dirigeant le plus digne de confiance d’Irak

  • Le Premier ministre semble déterminé à tracer une voie pragmatique pour son pays, malgré les difficultés
  • La conférence de Bagdad, qui s’est tenue récemment, a renforcé les liens de l’Irak avec les puissances régionales et occidentales

IRBIL : Lorsque des drones chargés d’explosifs ont ciblé une base militaire située à l’intérieur de l’aéroport international d’Irbil, au Kurdistan irakien, dimanche soir, l’information a été éclipsée par les reportages sur les cérémonies de commémoration du 20e anniversaire des attentats du 11 septembre à New York et Washington.

Mais pour ceux qui observent ce qui se passe en Irak, l’incident d’Irbil est le dernier avertissement d’un premier ministre déterminé à jouer le jeu des acteurs malveillants alors qu’il trace une voie considérablement différente de celle de ses prédécesseurs.

Prenons pour exemple la conférence de Bagdad pour la coopération et le partenariat, organisée par Moustafa al-Kazimi le 28 août. Des délégations de haut niveau de France, de Jordanie, d’Arabie saoudite, du Koweït, d’Iran, de Turquie, d’Égypte, du Qatar et des Émirats arabes unis, ainsi que les secrétaires généraux de la Ligue arabe, du Conseil de coopération du Golfe et de l’Organisation de la coopération islamique, y ont participé.

Le fait que le Premier ministre irakien ait réussi à réunir autant de chefs d’États et d’organisations sous un même toit, même si ce n’était que pour une journée, est sans aucun doute une réussite diplomatique majeure.

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Le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi écoute le président américain Joe Biden lors d’une réunion bilatérale dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 26 juillet 2021. (Photo/AFP)

 

L’assurance du soutien de la communauté internationale dont jouit manifestement M. al-Kazimi est une chose dont ses prédécesseurs, Adel Abdel-Mahdi, Haider Abadi et Nouri Al-Maliki, n’ont pas bénéficié. Cela restera probablement son point fort à l’avenir.

Rien n’est plus intimidant que de devoir diriger le navire de l’État dans un Moyen-Orient déchiré par des conflits sectaires et politiques. Mais le fait d’être considéré comme la personne la plus sûre, le dirigeant le plus fiable, signifie que les vrais amis de l’Irak, conscients des intérêts divergents avec lesquels al-Kazimi doit jongler, sont prêts à lui accorder une certaine indulgence, notamment en ce qui concerne la manière dont il traite le défi posé par les milices.

Comme d’habitude, aucun groupe n’a revendiqué l’attaque de la nuit du 11 septembre à Irbil, mais c’était au moins la sixième fois que des drones ou des roquettes visaient le site lourdement fortifié au cours de l’année écoulée. Les États-Unis imputent ces attaques aux Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes à majorité chiite, des groupes paramilitaires qui s’opposent fermement à la présence des troupes américaines en Irak.

Selon les analystes, outre le harcèlement de l’administration Biden, certains éléments des FMP ont l’intention d’influencer le résultat des élections générales irakiennes du mois prochain et de saper le cessez-le-feu soigneusement élaboré par le gouvernement de Bagdad.

« Cette attaque est un message des milices adressé aux États-Unis pour qu’ils se retirent rapidement d’Irak », estime Nicholas Heras, analyste principal au Newlines Institute, un groupe de réflexion non partisan de Washington.

Notant que l’attaque n’était pas particulièrement destructrice, il a ajouté qu’elle indiquait « que les États-Unis devaient s’attendre à d’autres frappes de ce type jusqu’à leur départ d’Irak. Cela complique fâcheusement la politique américaine en Irak et en Syrie, à un moment où l’administration Biden tente de gérer les rancœurs politiques liées au retrait d’Afghanistan ».

Il y a au moins 2500 soldats américains en Irak, notamment dans la capitale, Bagdad, et dans la base aérienne d’Ain Al-Asad, dans la province d’Anbar. La base d’Irbil est un important centre logistique, qui soutient la présence militaire et les opérations antiterroristes dans la Syrie voisine.

En juillet, le président Joe Biden et M. al-Kazimi ont convenu de mettre fin à la mission de combat américaine dans le pays d’ici la fin de l’année. Les troupes restantes continueront à assurer un rôle consultatif auprès des forces militaires irakiennes et kurdes.

L’attaque de drone de samedi était la dernière d’une série de frappes souvent inefficaces, parfois meurtrières, et motivées par des raisons politiques. La première attaque contre l’aéroport d'Irbil a eu lieu le 30 septembre 2020, lorsque six roquettes ont été tirées sur l’aéroport.

Elles n’ont pas fait de victimes ni de dégâts, mais elles ont clairement démontré que les troupes américaines pouvaient être prises pour cible au Kurdistan irakien, une région autonome largement stable contrôlée par le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) pro-occidental.

Le 15 février 2021, une autre attaque a été lancée sur l’aéroport, cette fois avec 14 roquettes, dont beaucoup ont atterri dans des zones résidentielles voisines. Un entrepreneur civil et un civil kurde ont été tués et huit personnes ont été blessées.

Le 14 avril, des drones chargés d’explosifs ont été utilisés pour la première fois dans une attaque dans la région, mais il n’y a pas eu de victimes. Le 26 juin, une attaque de drone a endommagé une maison dans la banlieue d’Irbil, à deux pas du site où un nouveau consulat américain est en train d’être construit. Le 6 juillet, une autre attaque de drone a visé les troupes américaines à l’aéroport, mais là encore, aucune victime ni aucun dommage n’ont été signalés.

Selon les analystes, les récentes attaques pourraient être délibérément conçues pour éviter de faire des victimes parmi les Américains, afin que les factions de la milice puissent être perçues comme résistant activement à la présence militaire américaine sans provoquer de représailles à grande échelle.

Joel Wing, auteur du blog Musings on Iraq, estime que l’intention de la dernière attaque à Irbil était de saper l’accord de cessez-le-feu conclu par le conseiller à la sécurité nationale irakien Qasim al-Araji. Ce dernier a annoncé vendredi que le gouvernement avait conclu une trêve en deux étapes avec les factions de la milice qui prennent pour cible les troupes américaines.

La première étape prévoit de cesser les hostilités jusqu’après les élections législatives du 10 octobre, afin que les Irakiens puissent voter dans un environnement sûr et stable. La deuxième étape est censée se dérouler jusqu’à la fin de l’année, date à laquelle la mission de combat américaine dans le pays doit officiellement prendre fin.

M. al-Araji « venait d’annoncer qu’il avait conclu un cessez-le-feu avec ces factions lorsqu’un groupe a mené cette attaque pour lui faire un pied de nez », a indiqué M. Wing.

Il a ajouté que le gouvernement central de Bagdad et le GRK, basé à Irbil, s’efforcent de mettre un terme à ces attaques. Ils ont intensifié leurs efforts en matière de sécurité et de renseignement dans les territoires instables et contestés à partir desquels les milices effectuent bon nombre de leurs frappes. Cependant, malgré cette coopération croissante, il est difficile de contrer les frappes de drones et de missiles.

« Les forces de sécurité ont trouvé certaines roquettes avant qu’elles ne soient lancées, mais il n’y a pas de réelle protection contre les drones car ils peuvent être lancés de n’importe où dans le rayon d’action de l’appareil », a souligné M. Wing.

M. al-Kazimi a adopté une approche prudente mais pragmatique des efforts du gouvernement pour réduire le pouvoir des factions des FMP, tout en cherchant à éviter une confrontation qui pourrait conduire à un conflit violent. Il s’est, par exemple, attiré les louanges des puissants partis chiites en concluant l’accord sur la fin de la mission de combat américaine.

 

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Le Premier ministre irakien Mustafa al-Kazimi, à droite, reçoit le dirigeant de Dubaï et vice-président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Rachid Al-Maktoum, lors de son arrivée pour le sommet régional de Bagdad. (Bureau de presse du Premier ministre/AFP)

 

Qu’ils soient de fond ou de forme, ces ajustements politiques ont distingué Moustafa al-Kazimi de ses prédécesseurs, qui étaient largement considérés comme des incapables lorsqu’il s’agissait de naviguer dans les eaux politiques périlleuses de la région.

Dans le même temps, la réputation naissante de l’Irak en tant que médiateur capable de réunir les rivaux régionaux autour d’une même table devrait influer positivement sur la position de M. al-Kadhimi dans la politique intérieure, malgré les clivages importants.

Cependant, cela ne veut pas dire que les choses ont été faciles pour le Premier ministre. En juin 2020, les Kataeb Hezbollah, l’une des milices placées sous l’égide des FMP, ont tenté de l’intimider dans la Zone verte de Bagdad, le centre de la vie politique irakienne, et ont même organisé une démonstration de force devant sa résidence. L’objectif était de faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère les membres des Kataeb arrêtés pour avoir préparé une attaque de roquette contre l’ambassade des États-Unis.

En mai 2021, un autre groupe de combattants des FMP a fait une démonstration de force dans la Zone verte et a réussi à forcer les dirigeants élus du pays à libérer un commandant de milice qui avait été arrêté à Anbar.

Abdulla Hawez, analyste des affaires kurdes, a expliqué que l’attaque de samedi était différente des incidents précédents car elle a eu lieu après que les États-Unis et l’Irak ont convenu de mettre fin à la mission de combat, et après que les milices ont annoncé qu’elles cesseraient leurs attaques. Il a également souligné qu’à cette occasion, les milices n’ont pas mené d’attaques contre les intérêts américains ailleurs en Irak.

« Le message semble se distinguer de celui des autres attaques. En effet, celui-ci est plus spécifique au Kurdistan », a-t-il indiqué à Arab News. « Cette attaque pourrait avoir été un avertissement au GRK que ces factions n’accepteront pas que les États-Unis restent au Kurdistan s’il y a une tentative en ce sens par le biais du dialogue entre les États-Unis et le GRK ou par des voies détournées ».

Les milices à l’origine de ces attaques pourraient-elles également chercher à séduire leurs partisans avant le vote du mois prochain ?

« Le discours anti-GRK est populaire dans le sud, mais cela ne suffira probablement pas à faire pencher la balance en faveur des milices, d’autant plus que les gens se soucient aujourd’hui davantage des services de base et de l’économie que de la politique sectaire », estime M. Hawez.

Quelles qu’aient été les intentions des auteurs de l’attentat d’Irbil du 11 septembre, il est peu probable qu’elles aient été bien accueillies par les Irakiens qui s’intéressent moins à la politique qu’aux besoins fondamentaux de la vie.

 

NDLR : Les opinions exprimées dans cette rubrique sont celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d’Arab News

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.