La Serbie en proie à un accès d’ultranationalisme

Une fillette portant le drapeau serbe lors d'un défilé militaire à Belgrade. (Photo, AFP)
Une fillette portant le drapeau serbe lors d'un défilé militaire à Belgrade. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 septembre 2021

La Serbie en proie à un accès d’ultranationalisme

  • Belgrade est accusé par ses critiques et les groupes de défense des droits de vouloir exercer son influence au-delà de ses frontières au risque de menacer la stabilité aux Balkans
  • Des analystes dénoncent un populisme servant à détourner l'attention des électeurs de la corruption et de la violation des droits à l’approche des législatives

BELGRADE : La Serbie et l'entité serbe de Bosnie ont adopté des lois mercredi pour encourager l'usage de l'alphabet cyrillique, nouvelle tentative pour renforcer une identité nationale commune qui suscite l'alarme dans une région volatile.

Les députés des deux Parlements ont voté deux textes similaires à l'occasion de la journée de "l'unité serbe" en vigueur depuis l'année dernière en Serbie et en Republika srpska (RS), en Bosnie.

Tous les Serbes de la région étaient invités à hisser des drapeaux serbes à leurs balcons tandis qu'une démonstration militaire était prévue à Belgrade.

Les nouvelles lois contraignent les entreprises publiques à utiliser le cyrillique dans leurs communications publiques plutôt que l'alphabet latin.

Des réductions d'impôts sont prévues pour les entreprises du privé qui feront de même.

La langue serbe peut s'écrire en latin ou en cyrillique mais ce dernier alphabet est considéré comme plus traditionnel que le script latin davantage répandu, surtout chez les plus jeunes.

Belgrade est accusé par ses critiques et les groupes de défense des droits de vouloir exercer son influence au-delà de ses frontières et de susciter de l'instabilité dans les pays voisins où vivent de nombreux Serbes, comme au Monténégro ou en Bosnie.

Depuis cette année, le gouvernement serbe a rendu obligatoire l'hymne national à la rentrée scolaire suscitant des protestations dans les régions où la communauté serbe est minoritaire.

En juillet, le ministre serbe de l'Intérieur Aleksander Vulin connu pour sa rhétorique incendiaire, avait évoqué une union politique des Serbes des Balkans baptisée "monde serbe".

"Pour moi, le monde serbe est un pays, -- l'unification --, mais de manière pacifique, sans qu'un coup de feu ne soit tiré", avait-il lancé.

Cette notion a semé la consternation dans les Etats voisins où des voix s'élèvent pour dénoncer un retour aux rêves de "Grande Serbie" de Slobodan Milosevic, déclencheurs de campagnes d'épuration ethnique sur de vastes territoires de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Le ministre croate des Affaires étrangères Goran Grlic Radman s'est insurgé contre un concept "invasif, conquérant et hégémoniste".

Les dirigeants des Serbes de Bosnie en profitent au contraire pour réaffirmer leurs velléités séparatistes. L'Occident "nous pousse à vivre avec eux (musulmans et Croates), mais nous n'avons rien en commun", a affirmé mardi Milorad Dodik, membre serbe de la présidence collégiale de Bosnie, évoquant "l'indépendance à laquelle nous aspirons".

Certains analystes soupçonnent les autorités serbes de jouer la carte ethnique pour courtiser le vote nationaliste en Serbie, où des législatives anticipées sont prévues l'année prochaine.

"C'est une tentative de se servir du populisme pour détourner l'attention des électeurs de la corruption, de la violation des droits et porter atteinte aux institutions démocratiques soi-disant au nom de l'intérêt national", a déclaré à l'AFP l'analyste Aleksandar Popov.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.