Poutine admet l'existence de «dizaines» de malades de la Covid dans son entourage

Le président russe Vladimir Poutine a repris ces derniers mois ses voyages de travail et ses réunions en face à face, mais nombre de ses contacts doivent encore passer deux semaines en quarantaine. (Photo du Kremlin via AP)
Le président russe Vladimir Poutine a repris ces derniers mois ses voyages de travail et ses réunions en face à face, mais nombre de ses contacts doivent encore passer deux semaines en quarantaine. (Photo du Kremlin via AP)
Short Url
Publié le Jeudi 16 septembre 2021

Poutine admet l'existence de «dizaines» de malades de la Covid dans son entourage

  • Les personnes concernées sont notamment des gardes du corps du chef de l'Etat, selon la présidence russe
  • « Dans mon entourage (...) ce n'est pas une, ni deux, mais plusieurs dizaines de personnes qui sont tombées malades du coronavirus », a annoncé M. Poutine lors d'une réunion par visioconférence

MOSCOU : Cluster au Kremlin: le président russe Vladimir Poutine a révélé jeudi que des dizaines de gens de son entourage souffraient de la Covid-19, l'obligeant à s'isoler, une illustration des difficultés du pays à enrayer l'épidémie.

Les personnes concernées sont notamment des gardes du corps du chef de l'Etat, selon la présidence russe.

"Dans mon entourage (...) ce n'est pas une, ni deux, mais plusieurs dizaines de personnes qui sont tombées malades du coronavirus", a annoncé M. Poutine lors d'une réunion par visioconférence à l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), réunie en sommet au Tadjikistan.

"J'ai dû annuler au dernier moment ma visite à Douchanbé, j'en suis vraiment désolé", a-t-il ajouté.

Selon Dmitri Peskov, son porte-parole, M. Poutine, 68 ans, vacciné depuis mars, doit rester à l'isolement encore "au moins une semaine" du fait de ce foyer sans précédent depuis le début de l'épidémie dans le cercle rapproché du maître du Kremlin.

Parmi les personnes contaminées, certaines assuraient la "sécurité" du président et d'autres étaient en charge d'aspects de sa "vie quotidienne", a ajouté M. Peskov, sans plus de précisions. 

Il assure en revanche n'avoir connaissance "d'aucun cas grave", soulignant que "pratiquement tous ceux" qui travaillent avec M. Poutine sont vaccinés.

Selon Dmitri Peskov, le fonctionnement du Kremlin n'est pas affecté et le président lui-même "travaille normalement" depuis sa résidence en banlieue de Moscou.

Vladimir Poutine avait annoncé mardi devoir s'isoler après un contact "très rapproché" avec un collaborateur qui s'est avéré être malade.

Immunisé depuis près de six mois par le vaccin russe Spoutnik V, il avait ajouté que le sérum "démontrera vraiment son haut niveau de protection."

Moins de 30% de vaccinés

L'irruption de la Covid dans l'entourage rapproché du président souligne les difficultés russes à lutter contre l'épidémie, entre une vaccination qui patine et le respect très aléatoire des règles de distanciation et du port du masque.

La Russie est l'un des Etats au monde où la pandémie a fait le plus de morts. Le phénomène s'est accéléré, les Russes ne se faisant pas vacciner par les produits élaborés dans le pays, sur fond de méfiance à l'égard des autorités. 

Le pays a été tout particulièrement endeuillé par le variant Delta qui fait des ravages depuis le mois de juin.

Selon l'agence des statistiques Rosstat, quelque 350.000 Russes étaient morts de la Covid-19 à la fin juillet 2021. Et d'après un décompte du site Gogov, seulement 27,5% de la population russe est totalement vaccinée à ce jour et depuis décembre 2020.

Initialement, le Kremlin, qui dispose de quatre vaccins nationaux, s'était fixé comme objectif d'atteindre 60% de vaccination d'ici septembre.

En dépit d'une promotion appuyée, le Spoutnik V, vaccin phare de Moscou, connaît aussi des déboires à l'export, malgré des études établissant son efficacité. Il n'a toujours pas été homologué par l'Organisation mondiale de la santé, ni par l'Union européenne.

L'ambassadeur russe auprès des Nations Unies, Vassili Nebenzia, a dénoncé mercredi comme "clairement discriminatoire" la vaccination obligatoire pour pouvoir accéder à l'Assemblée générale de l'ONU du 21 au 27 septembre, le Spoutnik V ne figurant pas parmi les sérums autorisés.

Elections ce week-end

Le maître du Kremlin n'avait repris que très récemment les événements en public, protégé jusque là par un dispositif drastique pour lui éviter tout contact avec le coronavirus.

Avant d'annoncer son isolement, M. Poutine a reçu lundi à Moscou le président syrien Bachar al-Assad et de nombreux athlètes paralympiques de retour de Tokyo.

Il y a quelques semaines encore, l'écrasante majorité de ses engagements se faisait par vidéo et les rares personnes pouvant le rencontrer devaient se soumettre à une période d'isolement de quatorze jours.

Depuis un confinement strict en avril et mai 2020, lors de la première vague de l'épidémie, les autorités russes se sont refusées à introduire de nouvelles mesures restrictives d'ampleur afin de préserver une économie fragile.

L'isolement de Vladimir Poutine intervient avant la tenue ce week-end d'élections législatives, de vendredi à dimanche, un scrutin prévu sur trois jours pour limiter les risques de contaminations dans les bureaux de vote. 

Selon son porte-parole, le président s'est inscrit pour voter en ligne. 


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

Short Url
  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
Short Url
  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Short Url
  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.