Marcher à Marseille, le parcours du combattant

L'église de Notre-Dame-de-la-Garde. (Photo, AFP)
L'église de Notre-Dame-de-la-Garde. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 17 septembre 2021

Marcher à Marseille, le parcours du combattant

  • Principale pierre d'achoppement : le trottoir, devenu un espace souvent impraticable, en mauvais état, délaissé, sans parler du stationnement des voitures
  • Compliqué, voire dangereux: les marseillais ne se sentent pas en sécurité lorsqu'ils se déplacent à pied, notamment en raison des conflits d'usage avec les cyclistes

MARSEILLE : Se déplacer à pied à Marseille, une gageure ? Lanterne rouge des villes françaises pour les piétons, comme elle l'est pour les cyclistes, la deuxième ville de France accueille pourtant vendredi les premières Assises nationales de la marche en ville.


Ici "c'est un peu comme à Naples, pour aller acheter un paquet de cigarettes on prend sa voiture", raille Jean Leprêtre, un Marseillais qui a lancé une pétition pour le réaménagement du boulevard dont il est riverain, au coeur de la cité phocéenne.


"Marseille a accumulé un sacré retard en matière de cheminement piéton", dénonce Martine Bigot, de l'association 60 Millions de piétons, auteur début septembre, avec deux autres associations du collectif "Place aux piétons", du premier baromètre national des villes marchables.


Sans surprise pour beaucoup, Marseille est arrivée en dernière position, seule ville sur 200 avec Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à se voir attribuer la lettre "G", synonyme d'un environnement "très défavorable" pour la marche.


De Paris à Lyon en passant par Strasbourg ou encore Bordeaux, la plupart des grandes villes obtiennent un "D", soit "moyennement favorable", quand les communes de moins de 20.000 habitants sont généralement mieux notées.


C'est pourtant dans les grandes villes que les déplacements à pied --le deuxième mode de mobilité après la voiture en France-- sont les plus répandus: ils concernaient plus d'un déplacement sur quatre en 2019 dans les agglomérations supérieures à 100.000 habitants, selon une enquête du ministère de la Transition écologique.


Ce baromètre est "très révélateur", a réagi auprès de l'AFP Audrey Gatian, adjointe au maire de Marseille en charge de la politique de la ville et des mobilités: "On voit que la ville s'est beaucoup construite autour de la voiture".

Gymkhana sur les trottoirs

Sur les plus de 1.300 questionnaires recueillis à Marseille, soit le meilleur taux de participation après Paris, la moitié des répondants jugent que se déplacer à pied est désagréable voire très désagréable. Principale pierre d'achoppement dans cette cité méditerranéenne aux rues souvent escarpées, deux fois et demie plus étendue que Paris: le trottoir, devenu un espace souvent impraticable.

"Lorsqu'ils existent, notamment dans le centre-ville, les trottoirs vont être souvent très occupés, et pas forcément comme ils devraient l'être", admet Mme Gatian.


Les trottoirs, "en mauvais état", "ont été délaissés à Marseille", accuse Marianne Moukomel-Clarté, présidente de la Fédération française de randonnée des Bouches-du-Rhône: ils "sont encombrés par des vélos, des trottinettes, des scooters. Et aussi par le mobilier urbain".


Sans parler du stationnement des voitures à cheval sur le trottoir et la chaussée, "une pratique interdite par la loi mais qui a été autorisée à Marseille", rappelle Mme Bigot.


L'ère du +tout voiture+ est révolue, assure-t-on du côté de la nouvelle municipalité, qui veut supprimer à terme ces 5.000 à 6.000 places de stationnement à cheval, imposer un stationnement obligatoire aux trottinettes et vélos en libre service et repositionner les pistes cyclables sur la chaussée: "L'objectif, c'est de rendre le trottoir aux piétons", promet Mme Gatian, ce qui passera aussi par "un renforcement des transports en commun".


"Aussi bien pour les parents qui ont des enfants en poussette que pour les personnes à mobilité réduite, c'est très compliqué", fustige pour sa part Josiane Grimaudo, porte-parole de l'association des "Poussettes enragées".


Compliqué, voire dangereux: aujourd'hui, les trois quarts des répondants marseillais au baromètre ne se sentent pas en sécurité lorsqu'ils se déplacent à pied, notamment en raison des conflits d'usage avec les cyclistes.


Pour tous, l'objectif est le même: retrouver le plaisir de déambuler, cette "façon de vivre la ville qui est géniale, surtout à Marseille, où il y a plein de choses qui se passent dans la rue", assure M. Leprêtre.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.