La cheffe du FMI mise en cause pour avoir fait pression en faveur de la Chine

Kristalina Georgieva s'exprime lors d'une conférence de presse à la fin du sommet sur le financement des économies africaines à Paris, le 18 mai 2021. (Photo, AFP)
Kristalina Georgieva s'exprime lors d'une conférence de presse à la fin du sommet sur le financement des économies africaines à Paris, le 18 mai 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 17 septembre 2021

La cheffe du FMI mise en cause pour avoir fait pression en faveur de la Chine

  • Lorsqu'elle était directrice générale de la Banque Mondiale, Kristalina Georgieva aurait demandé à ses services de modifier la méthodologie pour maintenir le classement mondial de Pékin
  • Ces modifications dans l'établissement du classement avaient poussé à la démission l'ancien chef économiste de la Banque Mondiale, Paul Romer, nobélisé quelques mois plus tard

 

WASHINGTON : La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, était sous le feu des critiques jeudi, mise en cause pour avoir, alors qu'elle était en poste à la Banque Mondiale, fait pression pour modifier un rapport afin de ménager la Chine, ce qu'elle dément.


Une enquête du cabinet d'avocats WilmerHale a mis en lumière des irrégularités, dans la rédaction des éditions 2018 et 2020 du rapport "Doing Business" de la Banque Mondiale, qui passe au crible les conditions d'affaires dans les différents pays.


Lors du classement de 2017, la Chine s'était montrée mécontente de sa 78e place.


Fin octobre 2017, peu avant la publication de l'édition 2018, la Banque Mondiale était engagée dans des négociations sensibles avec Pékin.


De hauts responsables chinois auraient été consternés par le classement du pays. Kristalina Georgieva, qui était alors directrice générale de la Banque Mondiale, et Jim Yong Kim, qui en était président, auraient alors demandé à leurs équipes d'adapter la méthodologie, pour ménager la Chine, selon cette enquête.


Kristalina Georgieva a réprimandé un haut responsable de la Banque mondiale pour "avoir mal géré les relations de la Banque avec la Chine et ne pas avoir apprécié l'importance du rapport Doing Business pour le pays", selon le rapport qui a analysé 80.000 documents et interrogé plusieurs dizaines d'employés actuels et anciens.


Sous la pression, ses équipes auraient alors modifié certaines données, et permis à la Chine de conserver sa 78e place, au lieu de dégringoler de sept places. Kristalina Georgieva a ensuite remercié ce responsable d'avoir "fait sa part pour le multilatéralisme", et aidé à "résoudre le problème", rapporte l'enquête.


Kristalina Georgieva, qui a pris la tête du FMI en octobre 2019, a réfuté ces accusations.


"Je suis en désaccord fondamental avec les conclusions et les interprétations" de cette enquête "en ce qui concerne mon rôle dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale de 2018", a-t-elle réagi dans une déclaration transmise à l'AFP.


"J'ai d'ores et déjà tenu une réunion avec le conseil d'administration du FMI sur ce sujet", a-t-elle ajouté.


La Banque mondiale a elle annoncé, dans la foulée, la suspension immédiate de ce rapport, qui passe au crible le cadre réglementaire des PME dans 190 économies - conditions pour lancer leur activité, avoir accès à l'électricité, au crédit ou payer leurs impôts.


Le Trésor américain a réagi jeudi, faisant état de "conclusions préoccupantes" et a indiqué analyser le rapport. "Notre responsabilité première est de préserver l'intégrité des institutions financières internationales", a-t-il indiqué dans un communiqué transmis à l'AFP.


Ces modifications dans l'établissement du classement avaient, en janvier 2018, poussé à la démission l'ancien chef économiste de la Banque mondiale, Paul Romer, nobélisé quelques mois plus tard. 

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Dans le métavers, le marché immobilier a la cote

S'il faudra du temps avant que ces sites ne soient de vrais métavers, permettant aux utilisateurs d'explorer des mondes parallèles via des casques de réalité virtuelle, les terrains numériques fonctionnent déjà comme des actifs financiers, à l'instar de biens fonciers. (Photo, AFP)
S'il faudra du temps avant que ces sites ne soient de vrais métavers, permettant aux utilisateurs d'explorer des mondes parallèles via des casques de réalité virtuelle, les terrains numériques fonctionnent déjà comme des actifs financiers, à l'instar de biens fonciers. (Photo, AFP)
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  • Selon la base de données sur les cryptomonnaies Dapp, plus de 100 millions de dollars ont été dépensés lors de la semaine écoulée pour des achats immobiliers sur les quatre principaux sites du métavers
  • L'intérêt pour le métavers (contraction de méta et univers) a grimpé en flèche depuis octobre après la décision de Facebook de faire de cette idée son nouveau projet d'entreprise

PARIS : Dépenser des millions pour des terrains virtuels peut sembler saugrenu, mais l'enthousiasme pour les univers parallèles pousse des investisseurs à miser gros sur l'immobilier numérique.

Cette semaine, l'entreprise Republic Realm, basée à New York, a annoncé avoir dépensé la somme record de 4,3 millions de dollars pour l'achat d'un terrain sur The Sandbox, une plateforme donnant accès à un monde virtuel où les participants peuvent discuter, jouer et même participer à des concerts.

Sur le site concurrent Decentraland, la société canadienne Tokens.com, spécialisée dans les cryptomonnaies, avait déboursé 2,4 millions de dollars en novembre pour un achat immobilier.

Quelques jours auparavant, la Barbade, un petit pays des Caraïbes, avait dit vouloir établir une ambassade dans le métavers, ce réseau d'espaces virtuels interconnectés, parfois décrit comme l'avenir d'internet.

L'intérêt pour le métavers (contraction de méta et univers) a grimpé en flèche depuis octobre après la décision de Facebook de faire de cette idée son nouveau projet d'entreprise, le groupe allant jusqu'à renommer sa maison mère "Meta".

Ce tournant stratégique a "fait découvrir le terme à des millions de gens bien plus rapidement que j'aurais pu l'imaginer", reconnaît Cathy Hackl, consultante tech pour des entreprises souhaitant entrer dans le métavers.

Selon la base de données sur les cryptomonnaies Dapp, plus de 100 millions de dollars ont été dépensés lors de la semaine écoulée pour des achats immobiliers sur les quatre principaux sites du métavers que sont The Sandbox, Decentraland, CryptoVoxels et Somnium Space.

Pour Mme Hackl, l'explosion du marché, qui fait interagir propriétaires, locataires et développeurs fonciers, n'est pas une surprise.

"On essaye de traduire dans le monde virtuel ce qu'on sait faire avec les biens physiques", indique-t-elle à l'AFP.

«5e Avenue» du métavers

S'il faudra du temps avant que ces sites ne soient de vrais métavers, permettant aux utilisateurs d'explorer des mondes parallèles via des casques de réalité virtuelle, les terrains numériques fonctionnent déjà comme des actifs financiers, à l'instar de biens fonciers, explique Mme Hackl. 

"On peut construire dessus, les louer ou les vendre", affirme-t-elle.

Tokens.com a acquis une parcelle de choix sur Decentraland dans le quartier de Fashion Street que la plateforme veut transformer en destination pour les magasins virtuels des groupes de luxe.

"Si je n'avais pas fait de recherches et compris qu'il s'agit de propriétés de grande valeur, ça paraîtrait complètement fou", admet le patron de Tokens.com, Andrew Kiguel.

M. Kiguel a travaillé pendant 20 ans comme banquier d'investissement dans le secteur de l'immobilier. Selon lui, les terrains virtuels représentent une opportunité semblable aux biens du monde réel: ils se situent dans un quartier en vogue très fréquenté.

"Ce sont des lieux pour la publicité et les événements où les gens vont se rassembler", explique-t-il, mentionnant un récent festival musical qui a attiré 50.000 visiteurs sur Decentraland.

Les marques de luxe s'aventurent déjà dans le métavers: un sac à main Gucci s'est vendu sur la plateforme Roblox plus cher que sa version physique. M. Kiguel espère que Fashion Street deviendra l'équivalent de la 5e Avenue à New York.

Quant à savoir comment dégager des revenus, "ça peut être aussi simple que de posséder un panneau publicitaire ou aussi complexe que d'avoir une boutique avec un vrai salarié", explique-t-il.

"On pourrait rentrer avec son avatar, regarder des modèles en 3D d'une chaussure qu'on pourrait tenir entre ses mains et poser des questions."

Second Life 2.0

Dès 2006, une promotrice immobilière avait fait parler d'elle après avoir vendu un terrain pour 1 million de dollars dans le monde virtuel de Second Life, site précurseur du métavers.

Second Life est toujours en activité, mais les partisans de ses rivaux plus récents soulignent une différence majeure.

Sur Decentraland, tous les achats, qu'il s'agisse d'immobilier ou d'œuvres d'art virtuelles, se font via des jetons non fongibles (NFT).

Certains internautes ont dépensé des dizaines de milliers de dollars pour ces objets numériques, le concept suscitant enthousiasme et scepticisme.

M. Kiguel pense que la propriété numérique va devenir courante dans les prochaines années grâce à la technologie de la chaîne de blocs ("blockchain"), qui garantit la sécurité et la transparence des transactions.

"Je peux voir l'historique des propriétaires, ce que ça a coûté et comment c'est passé d'une personne à une autre", détaille-t-il.

L'investissement comporte toutefois des risques, à commencer par la volatilité des cryptomonnaies utilisées pour acheter les NFT.

Par ailleurs, si les concerts virtuels sur Roblox ou Fortnite ont attiré des dizaines de millions de curieux, la rareté des données sur le métavers suggère que la fréquentation de sites comme Decentraland est loin derrière celui de réseaux sociaux établis comme Facebook ou Instagram.

La valeur des investissements immobiliers dans le métavers dépendra du nombre de personnes se rendant sur ces plateformes.

"Je sais que ça a l'air un peu absurde", reconnaît M. Kiguel. "Mais il y a une vision derrière tout ça."


Fin de l'histoire d'amour entre Wall Street et les sociétés chinoises

En désertant le marché nord-américain, les entreprises chinoises se privent d'une base d'investisseurs unique au monde, qui pèse 52 500 milliards de dollars environ, contre 7 100 seulement pour la Chine, selon un rapport du cabinet McKinsey (2020). (Photo, AFP)
En désertant le marché nord-américain, les entreprises chinoises se privent d'une base d'investisseurs unique au monde, qui pèse 52 500 milliards de dollars environ, contre 7 100 seulement pour la Chine, selon un rapport du cabinet McKinsey (2020). (Photo, AFP)
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  • Cinq mois, c'est le temps qu'aura tenu Didi Chuxing entre son introduction, fin juin, et sa décision de quitter New York pour Hong Kong qui va reprendre prochainement la cotation du groupe
  • Selon les chiffres d'une agence gouvernementale américaine, datés de mai, quelque 248 sociétés chinoises étaient cotées aux Etats-Unis, avec une capitalisation boursière de 2 100 milliards de dollars

NEW YORK : L'annonce du retrait du "Uber chinois" Didi marque la fin de l'idylle entre Wall Street et les géants chinois de la technologie, pris en étau entre les autorités chinoises et les régulateurs américains.

Cinq mois, c'est le temps qu'aura tenu Didi Chuxing entre son introduction, fin juin, et sa décision de quitter New York pour Hong Kong, qui va reprendre prochainement la cotation du groupe ayant perdu, entre temps, quasiment deux tiers de sa capitalisation (-63%).

Vendredi, après l'annonce, les poids lourds du commerce électronique que sont Alibaba, JD.com ou Pinduoduo, tous cotés à Wall Street ont été fuis par les investisseurs. 

L'action Alibaba, dont l'entrée en fanfare à la Bourse de New York en 2014 avait ouvert le bal des méga-introductions chinoises, est descendue à son plus bas niveau depuis quasiment cinq ans, annoncée par la rumeur comme le prochain candidat au départ, après Didi.

Techniquement, malgré le transfert de New York à Hong Kong, les propriétaires d'actions Didi conserveront leurs titres et leur investissement ne va pas s'évaporer. 

Mais "les gens craignent la réglementation et le gouvernement chinois", explique Kevin Carter, gérant du fonds coté (ETF) EMQQ, spécialisé dans les marchés émergents. "Ils ont peur."

Hasard du calendrier, l'autorité américaine de régulation des marchés financiers, la SEC, avait annoncé jeudi que les comptes des sociétés étrangères cotées aux Etats-Unis devraient obligatoirement pouvoir être vérifiés, sous peine d'être sorties de la cote.

"Plus de 50 juridictions (...) ont permis des inspections", a commenté le président de la SEC, Gary Gensler, "mais deux ne l'ont jamais fait: la Chine (continentale) et Hong Kong."

«Données sensibles»

Dans une tribune, publiée vendredi et non signée, du Global Times, journal proche du Parti communiste chinois, ce nouveau règlement est accusé de permettre aux autorités américaines d'"espionner la situation intérieure de la Chine et de stocker des quantités importantes de données sensibles recueillies par les sociétés chinoises".

"La Chine n'acceptera pas cela", concluent les auteurs.

Beaucoup de ces titres cotés à Wall Street sont majoritairement détenus non par des particuliers mais par des investisseurs institutionnels.

Or, "un certain nombre de fonds doivent n'avoir que des actions qui se traitent sur les marchés américains", souligne Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services. "C'est ça qui met de la pression sur les titres."

Et pour beaucoup, le "Uber chinois" n'est que le premier domino à tomber. "Ce n'est pas spécifique à Didi puisque l'on voit depuis des mois l'emprise du Parti communiste être de plus en plus pesante sur les sociétés", estime Gregori Volokhine.

Peu après l'entrée en Bourse de Didi, la plateforme de réservation de camions Full Truck Alliance et le site de recherche d'emploi Kanzhun ont fait l'objet d'une enquête de l'Autorité chinoise de surveillance de la cybersécurité.

Le gouvernement chinois a aussi opéré un tour de vis réglementaire dans le secteur du soutien scolaire privé, qui a largement pénalisé plusieurs acteurs cotés à Wall Street.

Selon les chiffres d'une agence gouvernementale américaine, datés de mai, quelque 248 sociétés chinoises étaient cotées aux Etats-Unis, avec une capitalisation boursière de 2 100 milliards de dollars.

Après un début d'année "actif", les entreprises chinoises "ont, pour l'essentiel, arrêté de lever des fonds en s'introduisant en Bourse aux Etats-Unis, du fait des obstacles politiques et réglementaires", selon Matthew Kennedy, stratégiste pour le cabinet Renaissance Capital.

Cette semaine, le réseau chinois de soutien scolaire Spark Education a renoncé à son "IPO" (introduction).

"Dans les circonstances actuelles, on peut dire qu'il n'y aura plus d'IPO chinoises et que celles qui sont encore dans le +pipeline+ (35 selon Renaissance) vont être retirées les unes après les autres", abonde M. Volokhine.

En désertant le marché nord-américain, les entreprises chinoises se privent d'une base d'investisseurs unique au monde, qui pèse 52 500 milliards de dollars environ, contre 7 100 seulement pour la Chine, selon un rapport du cabinet McKinsey (2020).

Pour Kevin Carter, ce coup de pression politique a engendré une situation aberrante, qui voit les fleurons chinois de la technologie fondre en Bourse sans que leurs résultats ne soient en cause.

"Ces sociétés sont toujours rentables, toujours en croissance", fait valoir le gérant. En moyenne, leur chiffre d'affaires est en hausse de plus de 30%, souligne-t-il. "Le lieu où sont cotées leurs actions n'y change rien."


SAMI construira avec une firme française des composants d'aérostructure au Royaume

SAMI a lancé samedi une joint-venture avec la société française Figeac Aero et la Saudi Arabian Industrial Investments Co., Dussur (Photo Fournie)
SAMI a lancé samedi une joint-venture avec la société française Figeac Aero et la Saudi Arabian Industrial Investments Co., Dussur (Photo Fournie)
SAMI a également signé un accord avec Airbus pour former un projet commun spécialisé dans les services et la maintenance de l'aviation militaire (Photo Fournie)
SAMI a également signé un accord avec Airbus pour former un projet commun spécialisé dans les services et la maintenance de l'aviation militaire (Photo Fournie)
The Saudi Arabian Military Industries, filiale à 100 % du Fonds d'investissement public (Photo Fournie)
The Saudi Arabian Military Industries, filiale à 100 % du Fonds d'investissement public (Photo Fournie)
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  • La société a révélé que les revenus de la coentreprise atteindront $200 millions d'ici 2030 et que la propriété sera répartie entre les deux pays
  • Saudi Arabian Airlines a signé un accord avec le motoriste CFM International d'une valeur de $8,5 milliards au prix catalogue

DJEDDAH : La Saudi Arabian Military Industries, filiale à 100 % du Fonds d'investissement public, a lancé samedi une coentreprise avec la société française Figeac Aero et la Saudi Arabian Industrial Investments Co., Dussur, dans le but de construire une usine de fabrication de haute précision dans le Royaume pour produire des composants d'aérostructure, a déclaré samedi SAMI.

La société a révélé que les revenus de la coentreprise atteindront $200 millions d'ici 2030 et que la propriété sera répartie entre les deux pays. 51% seraient détenus par l'Arabie saoudite et 49 % par la France.

SAMI a également signé un accord avec Airbus pour former un projet commun spécialisé dans les services et la maintenance de l'aviation militaire, selon le communiqué. Selon l'accord, le Royaume détiendrait 51% de la coentreprise avec le constructeur aéronautique européen disposant des 49% restants.

Transactions dans le domaine de l’aviation :

Saudi Arabian Airlines a signé un accord avec CFM International d'une valeur de $8,5 milliards au prix catalogue, a indiqué le transporteur dans un communiqué.

Le transporteur public, également connu sous le nom de Saudia, a déclaré «avoir commandé des moteurs CFM International LEAP-1A pour équiper sa nouvelle flotte de 35 Airbus A321neo et 30 A320neo».

La compagnie aérienne saoudienne à bas prix flynas a aussi signé un accord avec CFM International pour la maintenance des moteurs LEAP-1A dans le cadre d'un accord évalué à $4 milliards, a indiqué la compagnie aérienne saoudienne.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com