Iran: Amnesty dénonce "l'impunité" face aux morts suspectes en prison

En juillet, Amnesty et d'autres ONG ont exhorté les membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à mettre en place un mécanisme d'enquête pour recueillir et analyser les preuves des crimes les plus graves commis dans la République islamique.( AP).
En juillet, Amnesty et d'autres ONG ont exhorté les membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à mettre en place un mécanisme d'enquête pour recueillir et analyser les preuves des crimes les plus graves commis dans la République islamique.( AP).
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Publié le Vendredi 17 septembre 2021

Iran: Amnesty dénonce "l'impunité" face aux morts suspectes en prison

  • Les autorités iraniennes "se sont abstenues d'établir les responsabilités dans au moins 72 cas de morts en détention depuis janvier 2010" malgré des informations indiquant qu'ils étaient dus au recours à la "torture ou autres mauvais traitements"
  • Le 24 août, le chef des prisons a reconnu qu'un "comportement inacceptable" s'était tenu dans une prison de Téhéran après la publication à l'étranger de vidéos prétendument obtenues par des pirates informatiques montrant des violences contre des détenus

NICOSIE: Amnesty International a dénoncé le "climat d'impunité" systémique en Iran face à la mort en détention d'au moins 70 personnes en dix ans malgré des informations indiquant que nombre de ces décès étaient liés à l'usage de la torture.


Les autorités iraniennes "se sont abstenues d'établir les responsabilités dans au moins 72 cas de morts en détention depuis janvier 2010" malgré des informations indiquant qu'ils étaient dus au recours à la "torture ou autres mauvais traitements, ou à l’usage illégal d’armes à feu et de gaz lacrymogène par des agents de l’Etat", a déclaré Amnesty dans un communiqué publié mercredi. 


Le dernier cas recensé concerne Yasser Mangouri. Sa mort a été annoncée à sa famille le 8 septembre par des agents du Renseignement dans le nord-ouest de l'Iran, a rapporté l’organisation. 


M. Mangouri est mort "dans des circonstances suspectes" qui illustrent "le climat général d’impunité qui incite les forces de sécurité à bafouer le droit à la vie des prisonniers sans craindre d’en subir les conséquences", a déclaré Heba Morayef, directrice à Amnesty.


Le 24 août, le chef des prisons a reconnu qu'un "comportement inacceptable" s'était tenu dans une prison de Téhéran après la publication à l'étranger de vidéos prétendument obtenues par des pirates informatiques montrant des violences contre des détenus.


D'après Amnesty, les vidéos ont "offert des preuves troublantes de coups, de harcèlement sexuel et d'autres mauvais traitements infligés aux prisonniers". 


Des "tortures physiques et autres mauvais traitements" ont causé la mort de 46 des 72 détenus, selon le communiqué. 


Quinze autres sont morts après l'usage, par des gardiens de prison, d'armes à feu et de gaz lacrymogène pour réprimer des mouvements de protestation liés à la santé pendant la pandémie de Covid-19, selon la même source.


Les onze derniers cas sont morts dans "des circonstances suspectes", a déclaré l'ONG en précisant ne pas disposer de plus d'informations. 


"Les autorités iraniennes expliquent généralement les morts en détention par des suicides, des overdoses ou des maladies (...) sans mener d'enquête indépendante et transparente", a-t-elle ajouté. 


En juillet, Amnesty et d'autres ONG ont exhorté les membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à mettre en place un mécanisme d'enquête pour recueillir et analyser les preuves des crimes les plus graves commis dans la République islamique.


L'Iran se défend souvent contre les accusations de l'ONU et des ONG sur le mauvais traitement des prisonniers. 

 


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.