Washington appelle d'autres pays arabes à reconnaître Israël

«Ce gouvernement va continuer à développer les efforts couronnés de succès du gouvernement précédent, pour continuer de faire avancer la normalisation», a assuré Antony Blinken. (Photo, AFP)
«Ce gouvernement va continuer à développer les efforts couronnés de succès du gouvernement précédent, pour continuer de faire avancer la normalisation», a assuré Antony Blinken. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 17 septembre 2021

Washington appelle d'autres pays arabes à reconnaître Israël

  • «Nous encouragerons davantage de pays à suivre la voie des Emirats, de Bahreïn et du Maroc»
  • Le 15 septembre 2020, les Emirats arabes unis et Bahreïn étaient devenus les premiers pays du Golfe à normaliser publiquement leurs relations avec Israël

WASHINGTON: Les Etats-Unis de Joe Biden ont promis vendredi d'inciter d'autres pays arabes à reconnaître Israël, lors d'une rencontre ministérielle pour célébrer le premier anniversaire des accords de normalisation historiques conclus sous l'égide de l'ex-président américain Donald Trump.

"Nous encouragerons davantage de pays à suivre la voie des Emirats, de Bahreïn et du Maroc", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, lors de cette réunion virtuelle avec ses homologues de l'Etat hébreu, des Emirats arabes unis et du Maroc.

"Nous voulons élargir le cercle de la diplomatie pacifique. C'est dans l'intérêt des pays de la région et du monde qu'Israël soit traité comme tous les autres pays", a-t-il insisté. "La normalisation va apporter davantage de stabilité", a-t-il plaidé, estimant que les "accords d'Abraham" avaient bénéficié aux populations de la région.

Le 15 septembre 2020, les Emirats et Bahreïn étaient devenus les premiers pays du Golfe à normaliser publiquement leurs relations avec Israël. Le Maroc et le Soudan avaient ensuite fait de même.

Après son arrivée au pouvoir, le gouvernement démocrate du président Biden, qui veut pourtant afficher une rupture avec l'ère Trump, a dit approuver ces accords, considérés comme un des principaux succès diplomatiques de son prédécesseur républicain.

Question palestinienne

"Ce gouvernement va continuer à développer les efforts couronnés de succès du gouvernement précédent, pour continuer de faire avancer la normalisation", a confirmé Antony Blinken.

Après les Emirats et Bahreïn, les yeux ont un temps été rivés sur l'Arabie saoudite, première puissance économique arabe, terre des lieux les plus saints de l'islam et proche partenaire des Etats-Unis. Mais Ryad a rejeté toute normalisation sans un règlement de la question palestinienne.

Au cours d'échanges qui se voulaient très chaleureux entre les nouveaux partenaires, le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a annoncé qu'il se rendrait à Bahreïn d'ici la fin du mois, pour la première visite à ce niveau d'un chef de la diplomatie israélienne.

Il s'est déjà rendu dans les deux autres pays arabes.

"Ce club des accords d'Abraham est ouvert à de nouveaux membres", a lancé le dirigeant centriste, confirmant lui aussi que le nouveau gouvernement israélien s'inscrivait, dans ce domaine, dans les pas de l'ex-Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu.

"L'un de nos objectifs communs est de faire en sorte que d'autres pays suivent notre exemple et nous rejoignent dans ces accords et dans cette nouvelle ère de coopération et d'amitié", a-t-il ajouté.

Son homologue marocain Nasser Bourita a lui appelé de ses voeux l'émergence d'un "nouvel ordre régional dont Israël soit partie prenante", mais a déploré "l'animosité" générée par ces accords de normalisation, dans une pique directe à l'Algérie. "Malheureusement, un pays voisin a décidé de rompre ses relations avec le Maroc en invoquant, entre autres, le rétablissement de nos relations avec Israël", a-t-il lancé. 

Les détracteurs de la démarche de Donald Trump et de son gendre et conseiller Jared Kushner, architecte de cette stratégie, déploraient leur volonté de favoriser la réconciliation des pays arabes avec Israël au lieu de promouvoir la paix israélo-palestinienne.

Les trois ministres arabes ont appelé vendredi à des avancées vers la création d'un Etat palestinien, malgré un processus diplomatique au point mort.

"Nous avons l'impression que les accords d'Abraham nous permettront d'assister davantage le processus de paix, pour aboutir à ce que nous considérons tous comme étant l'objectif final, une solution à deux Etats", a dit Anouar Gargash, un haut responsable émirati.

Mardi, la diplomatie américaine avait aussi dit espérer que ce nouvel état d'esprit dans la région permettrait de "faire des progrès concrets vers l'objectif de promouvoir une paix négociée entre Israéliens et Palestiniens".


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com