L'alliance russo-chinoise ouvre grand les bras à l'Iran

Le président iranien Ebrahim Raisi assiste au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Douchanbé, au Tadjikistan, le 17 septembre 2021. (Photo, Reuters)
Le président iranien Ebrahim Raisi assiste au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Douchanbé, au Tadjikistan, le 17 septembre 2021. (Photo, Reuters)
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Publié le Vendredi 17 septembre 2021

L'alliance russo-chinoise ouvre grand les bras à l'Iran

  • «Aujourd'hui, nous allons lancer les procédures pour faire entrer l'Iran en tant que membre de l'OCS», a déclaré le président chinois Xi Jinping
  • L'Iran a demandé à rejoindre l'OCS dès 2008 – avec le vif soutien de la Russie – mais sa candidature avait été ralentie par les sanctions imposées contre le pays par les Nations unies et Washington

DOUCHANBE, Tadjikistan: Les membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), menée par Moscou et Pékin, ont approuvé vendredi la future adhésion de l'Iran à cette alliance qui se veut un pendant à l'influence américaine, même si son action concrète reste limitée.

"Aujourd'hui, nous allons lancer les procédures pour faire entrer l'Iran en tant que membre de l'OCS", a déclaré le président chinois Xi Jinping lors d'un discours en visioconférence depuis la Chine, selon des commentaires traduits en anglais.

Il s'exprimait à l'occasion d'un sommet de l'OCS cette semaine à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. L'organisation inclut également l'Inde, le Pakistan et plusieurs pays d'Asie centrale. 

L'adhésion future de l'Iran a été saluée par le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre indien Narendra Modi, qui participaient aussi virtuellement au sommet, ainsi que par le Premier ministre pakistanais Imran Khan, présent physiquement à Douchanbé.

Poutine souhaite que l'alliance s'impose sur le dossier afghan

L'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), menée par Moscou et Pékin, doit s'imposer comme un partenaire des talibans afin qu'ils tiennent leurs promesses de lutte contre le "terrorisme", a estimé vendredi le président russe Vladimir Poutine.

L'OCS, qui regroupe l'Inde, la Chine, la Russie et plusieurs pays d'Asie centrale, se veut un pendant à l'influence américaine même si son action concrète reste limitée.

"Il est important de mobiliser le potentiel de l'organisation pour faciliter le début d'un dialogue interafghan inclusif et afin aussi de bloquer les menaces du terrorisme, du trafic de drogue et de l'extrémisme religieux provenant de ce pays", a dit M. Poutine, participant par vidéo au sommet de l'OCS à Douchanbé, capitale du Tadjikistan.

"Les talibans contrôlent pratiquement tout le territoire de l'Afghanistan et il faut stimuler les nouvelles autorités afghanes pour qu'elles tiennent leurs promesses", a-t-il ajouté, citant leur engagement à "établir la paix, normaliser la vie publique et garantir la sécurité de tous".

La Russie considère le mouvement taliban comme terroriste, mais dialogue avec lui depuis des années.

Moscou s'est montré conciliant depuis leur prise de pouvoir, du fait de leurs promesses de ne pas laisser d'organisations "terroristes" s'y établir, de ne pas s'attaquer à leurs voisins, notamment les pays d'Asie centrale alliés de la Russie, et de juguler le trafic d'héroïne et d'opium.

"Acceptez ma gratitude. Que la paix et la bénédiction de Dieu soient avec vous", a déclaré le président iranien Ebrahim Raïssi, également sur place, remerciant les huit membres de l'OCS.

"Nous sommes heureux que le document d'adhésion permanente de la République islamique d'Iran à l'Organisation de coopération de Shanghai ait été approuvé à Douchanbé par les dirigeants des pays membres", a réagi dans un tweet le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian.

Il a précisé à la télévision iranienne que le processus d'adhésion serait finalisé dans un délai compris entre un an et un an et demi.

L'Iran a demandé à rejoindre l'OCS dès 2008 - avec le vif soutien de la Russie - mais sa candidature avait été ralentie par les sanctions imposées contre le pays par les Nations unies et Washington pour son programme nucléaire. 

L'adhésion en 2017 de l'Inde et du Pakistan, voisins ennemis, avait soulevé des questions sur l'avenir du groupe. Celle de l'Iran pourrait créer de nouvelles complications géopolitiques.

Moscou et Pékin veulent s'imposer comme des pays clés dans la région, après le retrait des Etats-Unis d'Afghanistan et la reprise de contrôle des talibans. 


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".