Bolloré s'apprête à porter l'estocade au groupe de presse Lagardère

Vincent Bolloré lors de l'assemblée générale du groupe Vivendi le 15 avril 2019 à Paris. (Photo, AFP)
Vincent Bolloré lors de l'assemblée générale du groupe Vivendi le 15 avril 2019 à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 septembre 2021

Bolloré s'apprête à porter l'estocade au groupe de presse Lagardère

  • Début 2020, Arnaud Lagardère est acculé par les premières conséquences économiques de la pandémie et un lourd endettement personnel
  • S'en suit une guerre d'usure entre d'un côté l'héritier et son « sauveur » Bernard Arnault, et de l'autre Vincent Bolloré qui veut mettre la main sur le groupe

PARIS : Le magnat des médias Vincent Bolloré, une des premières fortunes de France, s'apprête à porter l'estocade: s'il est mené à bien, son projet d'OPA sur le groupe français Lagardère marquera la fin d'un des grands empires industriels et de presse de l'Hexagone qui n'a fait que décliner depuis le décès de son fondateur.


"C'est l'épilogue d'un triste parcours d'une vingtaine d'années", explique à l'AFP l'expert des médias Philippe Bailly.


Depuis la disparition brutale du capitaine d'industrie aéronautique et patron de presse Jean-Luc Lagardère en 2003, "son fils Arnaud Lagardère a méthodiquement démantelé le groupe, la partie média comme la partie industrielle", continue-t-il, mis-à-part un "unique pari offensif, le sport, duquel il a du sortir" en assumant de lourdes pertes.


Début 2020, l'héritier de 60 ans, qui n'a presque pas touché au bureau de son père, est acculé par les premières conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 et un lourd endettement personnel.


Il est aussi malmené par un fonds activiste, Amber Capital.


Sur les conseils de Nicolas Sarkozy, Arnaud Lagardère accueille alors Vincent Bolloré qui rentre à bon compte au capital du groupe via Vivendi qu'il contrôle, et lui permet de passer le cap d'une assemblée générale cruciale.


Quelques semaines plus tard, un autre chevalier blanc se présente en la personne de Bernard Arnault, patron de LVMH.

Guerre d'usure

"Mon amitié avec Jean-Luc Lagardère a lié nos familles", dit l'empereur du luxe, tandis qu'Arnaud Lagardère prédit "une collaboration durable et féconde".


Mais ce pacte censé limiter l'influence de Vincent Bolloré déclenche la fureur de ce dernier.


S'en suit une guerre d'usure entre d'un côté Arnaud Lagardère et Bernard Arnault, et de l'autre Vincent Bolloré avec Amber Capital, déjà allié dans un raid contre Gameloft (jeux vidéo).


Arnaud Lagardère apparaît longtemps indéboulonnable du fait du statut atypique du groupe en commandite par actions. Mais il cède finalement en avril et transforme son groupe en société anonyme, obtenant au passage une "compensation" en actions pour la perte de son pouvoir absolu et la promesse de rester PDG pendant 6 ans.


"Ma vie professionnelle va évoluer, je vais passer plus de temps avec les actionnaires d'une part, et je vais m’impliquer davantage dans le micromanagement des activités d'autre part", affirme-t-il au Figaro.


"Chez Vivendi, ils se tapaient sur les cuisses", rapporte un connaisseur du secteur.


"Arnaud Lagardère a réussi à se fâcher avec tout le monde. (...) Il ne sera pas là jusqu'en 2026", prédit l'un des actionnaires.

Bollorisation

Dès l'été, le "pirate" Vincent Bolloré (selon une expression de l'ancien président français François Hollande), monté à 27% des parts, tisse des liens entre sa très droitière chaîne d'info CNews et la radio Europe 1, l'enfant chérie de Jean-Luc Lagardère, de laquelle il fait fuir nombre de journalistes.


Fier ou aveuglé, Arnaud Lagardère "se réjouit" mercredi lorsque Vivendi rachète la part d'Amber et annonce une OPA d'ici au 15 décembre 2022 sur le solde des actions.


Pour compléter sa collection audiovisuelle avec les radios Europe 1, RFM et Virgin Radio, Vivendi devra néanmoins obtenir l'accord du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), garant du pluralisme des médias.


Aucun problème en revanche pour le Journal du Dimanche et Paris Match qui pourraient rejoindre les magazines Prisma Media, propriété de Vivendi, dans une "logique de commercialisation publicitaire", selon Philippe Bailly.


"On a intégré depuis quelques mois le fait d'avoir Bolloré comme patron, mais c’est une angoisse de ne pas savoir ce qui nous attend", dit à l'AFP un journaliste de l'hebdomadaire qui tient à rester anonyme.


Reste comme toujours les détails et l'avenir d'Arnaud Lagardère.


Avec une prime "assez limitée" de 24% sur le cours des actions, Vincent Bolloré peut espérer compter sur la participation de groupe Arnault (10%) et de l'essentiel du flottant (22%), selon une note d'analyste d'Oddo BHF.


Si Arnaud Lagardère souhaite se défendre et obtient le soutien du fonds souverain du Qatar, également actionnaire, il pourrait compter sur 31,6% des droits de vote, juste sous la minorité de blocage d'un tiers requise pour toucher aux statuts et au mandat du PDG. Mais toute résistance semble désormais difficile. 


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.