La Grèce inaugure à Samos son premier camp «fermé» pour demandeurs d'asile

A Samos, le bidonville de Vathy, qui doit être totalement vidé d'ici fin septembre, avait abrité près de 7 000 demandeurs d'asile entre 2015 et 2016, pour une capacité initiale de 680 personnes. (AFP)
A Samos, le bidonville de Vathy, qui doit être totalement vidé d'ici fin septembre, avait abrité près de 7 000 demandeurs d'asile entre 2015 et 2016, pour une capacité initiale de 680 personnes. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 18 septembre 2021

La Grèce inaugure à Samos son premier camp «fermé» pour demandeurs d'asile

  • Ce nouveau camp ne sera accessible que par les demandeurs d'asile munis de badges dotés de puces électroniques
  • «Le modèle des structures contrôlées sera progressivement adopté dans toutes les îles et en Grèce continentale», a expliqué cet été le ministre grec des Migrations

SAMOS: Barbelés et caméras de surveillance, sur l'île de Samos, face à la Turquie, le gouvernement grec inaugure samedi le premier camp pour migrants dit "fermé et à accès contrôlé", une expression qui inquiète les défenseurs des droits humains. 


Scanners à rayons X et portes magnétiques à l'entrée, centre de rétention intégré, ce nouveau camp ne sera accessible que par les demandeurs d'asile munis de badges dotés de puces électroniques. La nuit, les va-et-vient seront totalement interdits. 


La Commission européenne s'est engagée à financer à hauteur de 276 millions d'euros cinq nouveaux camps sur les îles de la mer Égée qui reçoivent la plupart des migrants arrivant des côtes turques voisines.


"Le modèle des structures contrôlées sera progressivement adopté dans toutes les îles et en Grèce continentale", a expliqué cet été le ministre grec des Migrations Notis Mitarachi.


Un camp de ce type devrait être terminé le mois prochain à Léros. A Lesbos, où le camp de Moria a été réduit en cendres l'an dernier, les travaux n'ont pas encore commencé.


Des conditions de vie meilleures? 

Le gouvernement grec assure que ces centres répondront aux normes européennes, avec des hébergements de meilleure qualité, de l'eau courante, des toilettes, des zones séparées pour les familles, et plus de sécurité. 


La Grèce a souvent été décriée pour les conditions de vie déplorables de ses camps des îles égéennes. 


A Samos, le bidonville de Vathy, qui doit être totalement vidé d'ici fin septembre, avait abrité près de 7 000 demandeurs d'asile entre 2015 et 2016, pour une capacité initiale de 680 personnes. 


L'invasion de rats, les baraquements en bois improvisés sans chauffage, le manque de toilettes et de douches continuent de ponctuer le quotidien des quelque 600 résidents actuels. 


Ceux-ci doivent être transférés progressivement à partir de lundi et jusqu'à la fin du mois, dans la nouvelle structure à quelque 5 km de distance. 


L'armée démantèlera alors le camp de Vathy, retirera les conteneurs et décontaminera la zone, qui sera ensuite rendue à la municipalité.


"Il s'agit d'une promesse faite à la communauté locale", a noté M. Mitarachi, qui entend répondre ainsi à la colère des insulaires qui, depuis des années, observaient le camp s'étendre aux portes de Vathy, la principale ville de l'île.


Mais les locaux ne veulent pas non plus du nouveau camp, bien que plus isolé, et exigent que les migrants soient tous transférés sur le continent. 


Inquiétudes des ONG et du HCR 

Les défenseurs des droits humains s'inquiètent de l'enfermement des demandeurs d'asile dans le nouveau camp. 


Ces nouveaux centres "vont empêcher d'identifier de manière efficace les personnes vulnérables", "limiter l'accès des demandeurs d'asile aux services" et "amplifier l'effet néfaste du confinement sur la santé mentale des personnes", ont fustigé une cinquantaine d'ONG, dont Amnesty International. 


"Le mot +fermé+ revient souvent et c'est inquiétant", admet Mireille Girard, la représentante en Grèce du Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR) qui sera présent à Samos lors des transferts pour s'assurer que les migrants sont bien informés de la situation.


"La position du HCR est que le demandeur d'asile a besoin de protection, ce n'est pas un criminel ni quelqu'un qui représente un risque pour la communauté, c'est une personne qui a besoin d'aide. Pour nous, les camps doivent être ouverts, le gouvernement nous a assuré qu'ils le seraient", a-t-elle déclaré à l'AFP.


Athènes ne cesse de se féliciter de la décongestion significative des camps sur les îles et de la réduction des arrivées de près de 90% depuis 2019.


Mais les ONG expliquent cette baisse par le refoulement systématique et illégal des migrants vers la Turquie. Le gouvernement conservateur grec l'a toujours nié.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com