Des résidents américains effrayés se cachent des talibans en Afghanistan

Les journalistes de l'AP en Afghanistan n'ont connaissance d'aucun citoyen américain ou détenteur d'une carte verte capturé ou arrêté par les talibans.
Les journalistes de l'AP en Afghanistan n'ont connaissance d'aucun citoyen américain ou détenteur d'une carte verte capturé ou arrêté par les talibans.
Short Url
Publié le Dimanche 19 septembre 2021

Des résidents américains effrayés se cachent des talibans en Afghanistan

  • Ni les États-Unis ni les talibans n'ont expliqué clairement pourquoi si peu de personnes ont été évacuées
  • Tous disent qu'ils ont peur que les talibans au pouvoir les retrouvent, les jettent en prison, voire les tuent parce qu'ils sont américains ou qu'ils ont travaillé pour le gouvernement américain

Le président américain Joe Biden participe à une conférence de presse virtuelle sur la sécurité nationale avec le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) et le Premier ministre australien Scott Morrison le 15 septembre 2021. (AFP)

Un peu délaissés après la guerre froide, les sous-marins d'attaque font aujourd'hui un grand retour dans le monde. (Photo de l'US Navy via l'AFP)

Dans cette photo d'archives du 18 février 2017, le groupe d'attaque du porte-avions USS Carl Vinson patrouille en mer de Chine méridionale après que Pékin a dit à Washington de ne pas remettre en cause sa souveraineté sur la voie navale. (US Navy via AFP)

Le président américain Joe Biden a été averti de ne pas pousser la France dans des alliances que Washington pourrait regretter. (Photo AFP)

 

Des résidents américains effrayés se cachent des talibans en Afghanistan

 

      La haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme affirme qu'il existe des preuves que le gouvernement taliban n'a pas tenu sa promesse consistant à laisser les Américains et les Afghans munis de documents de voyage appropriés de quitter le pays et à ne pas exercer de représailles contre ceux qui ont aidé les États-Unis

 

AP

https://arab.news/v9axb

 

Chaque nuit dans une nouvelle maison de la capitale afghane, un couple californien détenteur d'une carte verte américaine dort à tour de rôle, l'un des deux restant éveillé pour veiller sur leurs trois jeunes enfants afin qu'ils puissent fuir s'ils entendent les pas des talibans.

Ils ont déménagé sept fois en deux semaines, comptant sur des proches pour les accueillir et les nourrir. Leurs journées sont un mélange pénible de peur et d'ennui, limitées à quelques pièces où ils lisent, regardent la télévision et jouent au « téléphone cassé », un jeu qui consiste à chuchoter des secrets et les transmettre, une diversion pour les enfants et qui a l'avantage supplémentaire de les faire taire.

Tout cela se passe pendant l'attente angoissante d'un appel de quelqu'un qui peut les aider à sortir. Un responsable du département d'État américain les a contactés il y a plusieurs jours pour leur dire qu'un assistant social leur était affecté, mais ils n'ont pas entendu un mot depuis. Ils ont essayé sans succès de prendre l'avion et discutent maintenant avec une organisation internationale de secours.

« Nous avons peur et nous nous cachons de plus en plus », a déclaré la mère dans un SMS à l'Associated Press. « Chaque fois que nous nous sentons essoufflés, je prie. »

À travers des messages, des e-mails et des conversations téléphoniques avec des proches et des groupes de secours, AP a reconstitué ce à quoi ressemblait la vie quotidienne de certains laissés-pour-compte après le retrait chaotique de l'armée américaine, incluant des citoyens américains, des résidents permanents aux États-Unis, des titulaires de cartes vertes et des demandeurs de visa qui ont aidé les troupes américaines pendant la guerre de 20 ans.

Les personnes contactées par l’AP – qui n’ont pas été identifiées pour leur propre sécurité – ont décrit une existence effrayante et furtive consistant à se cacher dans des maisons pendant des semaines, à éteindre les lumières la nuit, à se déplacer d'un endroit à l'autre et à enfiler des vêtements amples et des burqas pour éviter d'être détectés s'ils doivent absolument s'aventurer à l’extérieur.

Tous disent qu'ils ont peur que les talibans au pouvoir les retrouvent, les jettent en prison, voire les tuent parce qu'ils sont américains ou qu'ils ont travaillé pour le gouvernement américain. Et ils craignent que les efforts promis par l'administration Biden pour les faire sortir en restent au point mort.

Lorsque le téléphone a sonné dans un appartement à Kaboul il y a quelques semaines, le détenteur de la carte verte américaine qui a répondu –  un chauffeur de camion du Texas en visite dans sa famille –  espérait que le département d'État américain répondrait enfin à ses appels pour qu’il puisse prendre l’avion avec ses parents.

Au lieu de cela, ce sont les talibans qui l’ont contacté.

« Nous ne vous ferons pas de mal. Retrouvons-nous. Rien ne se produira », a déclaré l'appelant, selon le frère du chauffeur de camion, qui vit avec lui au Texas et lui a parlé par la suite. L'appel comprenait quelques mots inquiétants : « Nous savons où vous êtes. »

Cela a suffi à faire fuir l'homme de l'appartement de Kaboul où il habitait avec sa mère, ses deux frères adolescents et son père, qui était particulièrement en danger car il avait travaillé pendant des années pour un sous-traitant américain supervisant des agents de sécurité.

« Ils n’ont plus d’espoir », a déclaré le frère, à partir du Texas. « Ils pensent : " Nous sommes coincés dans l'appartement et personne n'est là pour nous aider. Ils nous ont laissés pour compte ". »

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a déclaré au Congrès la semaine dernière que le gouvernement américain avait exhorté les citoyens américains et les détenteurs de cartes vertes à quitter l'Afghanistan depuis le mois de mars, offrant même de payer leurs vols.

Blinken a déclaré que le gouvernement américain ne suit pas la trace des détenteurs de cartes vertes américaines en Afghanistan, mais il a estimé qu'il en restait plusieurs milliers dans le pays, ainsi qu'une centaine de citoyens américains. Il a déclaré que le gouvernement américain travaillait toujours pour les faire sortir.

Vendredi, au moins 64 citoyens américains et 31 détenteurs de cartes vertes auront été évacués depuis le départ de l'armée américaine le mois dernier, selon le département d'État. D'autres étaient peut-être à bord d'un vol en provenance de Mazar-e-Sharif vendredi, mais l'administration n'a pas publié de chiffres.

Ni les États-Unis ni les talibans n'ont expliqué clairement pourquoi si peu de personnes ont été évacuées.

Ce n'est guère encourageant pour une autre titulaire de la carte verte, venant du Texas, une grand-mère qui a récemment regardé, depuis un toit, des militants s'arrêter dans une demi-douzaine de voitures de police et de Humvee pour prendre le contrôle de la maison de l'autre côté de la rue.

« Les talibans. Les talibans », a-t-elle chuchoté au téléphone à son fils américain vivant dans une banlieue de Dallas, une conversation que la femme a racontée à l'AP. « Les femmes et les enfants crient. Ils traînent les hommes vers les voitures. »

Elle et son mari, venus à Kaboul il y a plusieurs mois pour rendre visite à des parents, sont maintenant terrifiés à l'idée que les talibans découvrent non seulement leurs liens avec les États-Unis, mais aussi ceux de leur fils au Texas, qui avait travaillé pendant des années pour un entrepreneur militaire américain.

Son fils, qui n'a pas non plus été nommé, a déclaré avoir appelé plusieurs fois les responsables de l'ambassade américaine à Kaboul avant sa fermeture, rempli tous les documents nécessaires et même demandé l'aide d'un groupe d'anciens combattants et de membres du Congrès.

Il ne sait pas ce qu'il peut faire de plus.

« Que ferons-nous s'ils frappent à notre porte ? » a demandé la mère de 57 ans lors d'un de ses appels quotidiens. « Qu'allons-nous faire? »

« Rien ne va se passer », a répondu le fils.

Lorsqu'on lui a demandé dans une récente interview s'il croyait cela, le fils a riposté, exaspéré : « Que suis-je censé lui dire d'autre ? »

Le gouvernement taliban a promis de laisser les Américains et les Afghans munis de documents de voyage appropriés quitter le pays et de ne pas exercer de représailles contre ceux qui ont aidé les États-Unis. Mais la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a déclaré qu'il y avait des preuves du fait qu'ils n’ont pas tenu leur parole. Elle a averti lundi que le pays était entré dans une « phase nouvelle et périlleuse » et a cité des informations crédibles faisant état de meurtres en représailles de militaires afghans et d'allégations selon lesquelles les talibans chassaient de maison en maison d'anciens responsables gouvernementaux et des personnes ayant coopéré avec l'armée américaine et des entreprises américaines.

Les journalistes de l'AP en Afghanistan n'ont connaissance d'aucun citoyen américain ou détenteur d'une carte verte capturé ou arrêté par les talibans. Mais ils ont confirmé que plusieurs Afghans qui travaillaient pour le gouvernement précédent et son armée avaient été récemment interpellés pour être interrogés et relâchés.

La famille californienne, qui comprend une fille de 9 ans et deux garçons de 8 et 6 ans, dit qu'ils sont en fuite depuis deux semaines après que les talibans ont frappé à la porte de l'appartement de membres de leur famille pour demander si des Américains vivaient là.

La famille a déménagé à Sacramento il y a quatre ans après que la mère a obtenu un visa spécial d'immigration parce qu'elle travaillait pour des projets financés par les États-Unis à Kaboul destinés à promouvoir les droits des femmes. La mère dit que maintenant, sa fille et elle-même portent la burqa chaque fois qu'elles déménagent dans leur « prison-maison » suivante.

Le père, qui travaillait comme chauffeur Uber, a eu des crises de panique pendant qu'ils attendaient de l'aide.

« Je ne vois pas le gouvernement américain intervenir et les faire sortir de sitôt », a déclaré le directeur de l'école primaire des enfants, Nate McGill, qui échangeait quotidiennement des textes avec la famille.

La distraction est devenue l'outil incontournable de la mère pour protéger ses enfants du stress. Elle les interroge sur ce qu'ils veulent faire à leur retour en Californie et sur ce qu'ils veulent être quand ils seront grands.

Leur fille espère devenir médecin un jour, tandis que leurs fils disent vouloir devenir enseignants.

Mais la distraction ne suffit pas toujours. Après qu'un parent a dit à la fille que les talibans emmenaient des petites filles, elle s'est cachée dans une pièce et a refusé de sortir jusqu'à ce que son père, se gonflant, lui dise qu'il pourrait battre les talibans, la faisant rire.

La mère a souri, cachant sa peur à sa fille, mais a ensuite envoyé un texto à son directeur.

"Cette vie est presque une demi-mort."


Trump affirme qu'une autre « armada » fait actuellement route vers l'Iran

Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe. (AFP)
Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe. (AFP)
Short Url
  • Le président américain souffle le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe
  • Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient "une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", en référence à l'opération américaine de capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier

PARIS: Donald Trump a affirmé mardi que le pouvoir iranien recherchait le dialogue, tout en laissant planer la menace d'une action militaire contre le pays avec le déploiement d'une force navale américaine dans le Golfe.

Dans le même temps, les arrestations continuent mardi en Iran, après les manifestations ayant défié la République islamique début janvier. Au moins 41.880 personnes ont été interpellées, et des milliers de protestataires tués, d'après les derniers chiffres de l'ONG basée aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA).

Cette ONG, et d'autres de défense des droits humains, poursuivent leur travail de documentation de la répression, entravé par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.

Le président américain lui souffle le chaud et le froid: lundi, le porte-avions Abraham Lincoln, accompagné de son escorte, est arrivé dans le Golfe.

Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis avaient "une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", en référence à l'opération américaine de capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.

Mais a-t-il ajouté, dans cet entretien avec le média américain Axios, "ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler".

"S'ils veulent nous contacter, et ils connaissent les conditions, alors nous discuterons", a ensuite affirmé un haut responsable américain à des journalistes, selon Axios.

Les analystes estiment que les options envisagées - que Donald Trump n'a pas voulu détailler à Axios - incluent des bombardements de sites militaires, ou des frappes ciblées contre des dirigeants.

Risque "d'instabilité" 

Selon le New York Times, les renseignements américains ont assuré à Donald Trump que le pouvoir iranien "s'affaiblissait", voire était "au plus faible" depuis la fondation de la République islamique en 1979.

L'influent sénateur républicain, Lindsey Graham, a dit au quotidien américain avoir parlé au président ces derniers jours: "l'objectif est de mettre fin au régime", a-t-il assuré.

Côté iranien, Téhéran a déjà signalé qu'un canal de communication était ouvert avec Washington.

Mais dans un appel mardi avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, allié des Etats-Unis, le président Massoud Pezeshkian a averti que les "menaces des Américains (...)  n'aboutiraient à rien d'autre qu'à de l'instabilité pour eux".

Le prince héritier "a indiqué que le Royaume ne permettrait pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour des actions militaires contre l'Iran", a insisté le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d'un blocage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.

L'Iran considérera les pays voisins comme "hostiles" si leur territoire est utilisé pour le frapper, a-t-il aussi averti, alors que Ryad et Abou Dhabi ont déjà assuré qu'ils n'autoriseraient pas un tel usage de leurs territoires.

Donald Trump "décidera ce qu'il décide" mais dans tous les cas "si l'Iran commet une erreur et nous attaque, il y aura une riposte qu'il ne peut même pas imaginer", a de son côté affirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Aveux" et chasse aux blessés 

Si le mouvement de contestation s'est essoufflé, le bilan de la répression lui n'est toujours pas connu.

HRANA a annoncé mardi avoir vérifié la mort de 6.126 personnes, dont 5.777 manifestants, mais enquête toujours sur quelque 17.000 autres décès potentiels. Et accuse à nouveau les autorités de pourchasser les blessés jusque dans les hôpitaux, malgré les dénégations du ministère de la Santé.

Le bilan total jusque là annoncé par les autorités iraniennes est de 3.117 morts, dont 2.427 sont, selon elles, des membres des forces de sécurité ou des passants.

La chaîne d'opposition Iran International, basée à l'étranger, a recensé pour sa part plus de 36.500 personnes tuées, citant notamment des documents classifiés et des sources sécuritaires.

L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, affirme avoir vérifié la mort de 3.428 manifestants, mais dit craindre un bilan dépassant les 25.000 morts.

En France, le nom de domaine du site de l'association Iran Justice, qui documente l'état des droits humains en Iran, a été racheté et diffuse désormais du "contenu pro-régime" de Téhéran, a dénoncé mardi à l'AFP sa présidente Chirinne Ardakani.

Elle a pointé une opération de "propagande orchestrée selon toute vraisemblance par des agents iraniens".

 


Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou-Dhabi

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. (AFP)
Short Url
  • "Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi"
  • L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi"

MOSCOU: La Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou-Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Il a été convenu que dès aujourd'hui, la première réunion d'un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou-Dhabi", a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

L'équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l'état-major, "se rendra dans les prochaines heures à Abou-Dhabi", a-t-il dit.

Selon Kiev, l'Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d'état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov.

M. Ouchakov a souligné que l'entretien jeudi entre MM. Poutine et Witkoff à Moscou, avait été "utile à tous points de vue", notamment pour permettre cette trilatérale.

"Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu'elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l'ensemble de questions liées à la fin du conflit" en Ukraine, a souligné M. Ouchakov, évoquant des pourparlers de "très substantiels" avec M. Witkoff.

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou-Dhabi entre M. Witkoff et l'émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé.

"Nous sommes sincèrement intéressés par un réglement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques", a assuré M. Ouchakov. Mais "tant que ce n'est pas encore le cas, la Russie va continuer d'atteindre ses objectifs (...) sur le champ de bataille", a-t-il ajouté.

Garanties de sécurité 

Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s'est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L'émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine.

Depuis Davos, M. Witkoff avait auparavant vanté les progrès "significatifs" accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens.

"Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point", a-t-il déclaré.

A Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est brièvement entretenu jeudi avec M. Trump, et a évoqué devant la presse une rencontre "positive" mais un dialogue "pas simple".

Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.

"Les garanties de sécurité, c'est prêt", a-t-il déclaré, indiquant que "le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux".

M. Zelensky a en revanche dit que l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est "pas encore résolue".

"Sans règlement de la question territoriale (…) il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme", a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre MM. Poutine et Witkoff.

"Kaléidoscope" 

Des négociations directes entre la Russie et l'Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n'avaient abouti qu'à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit.

La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l'est industriel de l'Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l'Otan. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d'électricité et de chauffage massives notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump, et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.

Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, "qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis".


«Promoteur dans l'âme», Trump révèle son projet immobilier de «Nouveau Gaza»

Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans. (AFP)
Short Url
  • "Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé
  • "Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens"

DAVOS: Donald Trump a révélé jeudi son plan pour un "Nouveau Gaza", qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, un projet qui pourrait voir le jour dans trois ans.

La guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël en octobre 2023, a ravagé le territoire et poussé la majorité des habitants à fuir. Un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis est entré en vigueur en octobre, mais la crise humanitaire perdure pour la plupart des Gazaouis.

"Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré le président américain alors qu'il présentait à Davos son "Conseil de paix" controversé, initialement conçu pour superviser la reconstruction du territoire palestinien.

"Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit, regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens", a-t-il dit au Forum économique mondial qui se tient dans la station de sports d'hiver suisse.

Son gendre Jared Kushner, qui n'a aucune fonction officielle mais fait office d'émissaire parmi d'autres pour le conflit à Gaza, a estimé que ce "maître projet" était voué à un "succès effrayant".

Exhibant une esquisse aux dizaines de tours d'appartements avec terrasse surplombant une allée ombragée, il a promis que ce paysage remplacerait les ruines laissées par la guerre.

"Au Moyen-Orient ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans", a-t-il dit. "C'est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit".

Il a estimé à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien.

En 10 ans, le PIB de Gaza serait de 10 milliards de dollars, et le revenu moyen par foyer atteindrait 13.000 dollars, grâce "au plein emploi à 100% et aux possibilités offertes à tous".

Il a affirmé que le "Comité national pour l'administration de Gaza", censé travailler sous l'autorité du "Conseil de paix" de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay.

"Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son coeur", a assuré Jared Kushner. "Donc dans les 100 jours à venir nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise", a-t-il ajouté.

Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre, convaincrait les investisseurs et les donateurs.

"Il va y avoir de fantastiques opportunités d'investissement", a conclu M. Kushner.

Sa présentation ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté en 2025 un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.

Selon un communiqué de ses services, M. Sissi est rentré à l'aube jeudi, quelques heures après un tête-à-tête avec M. Trump au cours duquel les deux hommes ont échangé des compliments, le président américain le qualifiant de "grand leader" et de "type génial".