L'Amérique rouvre ses portes, au grand bonheur du secteur aérien

Le patron d'Air France-KLM, s'est dit prêt à déployer davantage d'appareils pour relier Europe et Etats-Unis. (Photo, AFP)
Le patron d'Air France-KLM, s'est dit prêt à déployer davantage d'appareils pour relier Europe et Etats-Unis. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

L'Amérique rouvre ses portes, au grand bonheur du secteur aérien

  • Il s'agit d'un «grand pas en avant», qui va «doper la reprise de l'économie», a déclaré Willie Walsh, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien IATA
  • Le secteur aérien européen avait espéré que la réouverture aurait lieu avant la très active saison estivale, mais les Américains n'avaient pas emboîté le pas à l'Europe

PARIS : Un ballon d'oxygène: le transport aérien, laminé depuis 18 mois par le Covid-19, a accueilli avec enthousiasme lundi la réouverture annoncée des frontières des Etats-Unis, les vols depuis et vers ce pays figurant traditionnellement parmi les plus rentables.

Une "nouvelle formidable", a déclaré le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, résumant l'état d'esprit d'un secteur qui a subi des dizaines de milliards d'euros de pertes depuis que les gouvernements ont fermé leurs frontières pour tenter de freiner la pandémie, en mars 2020.

Pour les compagnies européennes historiques (Air France et KLM, mais aussi British Airways et Lufthansa), aux réseaux long-courrier très développés, les restrictions de voyage sur l'axe nord-atlantique ont été particulièrement dures à avaler: le groupe franco-néerlandais réalisait ainsi 40% de son chiffre d'affaires sur ces liaisons. Et chez Lufthansa, la moitié de la flotte long-courrier servait à réaliser des vols transatlantiques.

L'annonce de ce lundi représente un "moment historique", qui "verra nos deux pays (Etats-Unis et Royaume-Uni, NDLR) se réunir après 18 mois de séparation", a affirmé le directeur général de British Airways, Sean Doyle, pour qui "le monde s'ouvre à nouveau" à ses clients qui "peuvent réserver en confiance".

Un peu moins exposées à l'international (entre 25% et 30% de leur chiffre d'affaires), en raison de leur très important marché intérieur, les grandes compagnies américaines (United, Delta, American...) n'en ont pas moins salué "une étape positive dans le rétablissement de notre pays", selon le PDG de l'association professionnelle "Airlines for America", Nicholas Calio.

Son organisation soeur européenne, "Airlines for Europe", a quant à elle dit "applaudir" la décision de l'administration Biden, qui va "donner un élan particulièrement nécessaire au trafic et au tourisme transatlantiques, et réunir familles et amis". 

Il s'agit d'un "grand pas en avant", qui va "doper la reprise de l'économie", a renchéri Willie Walsh, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata), qui fédère 290 compagnies aériennes du monde entier, représentant 82% du trafic mondial.

Flou sur les voyages d'affaires

L'Iata demandait depuis des mois une approche des restrictions de mouvement "fondée sur la science", en prenant notamment en considération le statut vaccinal des voyageurs, et a salué dans l'annonce de Washington "un changement important dans la façon de gérer les risques" de contagion.

Le secteur aérien européen avait espéré que la réouverture aurait lieu avant la très active saison estivale, mais les Américains n'avaient pas emboîté le pas à l'Europe, qui avait ouvert ses frontières pendant l'été. Cet été, le trafic transatlantique avait atteint moins de 50% des niveaux de 2019.

L'ouverture "intervient un peu plus tard que ce que nous attendions, étant donné ce que nous savons sur l'efficacité des vaccins", a remarqué Colin Scarola, analyste au cabinet CFRA Research.

Mais, même si M. Smith, le patron d'Air France-KLM, s'est dit prêt à déployer davantage d'appareils pour relier Europe et Etats-Unis, la reprise risque d'être lente, a prévenu George Dimitroff, analyste chez Ascend by Cirium, entreprise spécialiste des données sur le transport aérien.

"Nous ne nous attendons pas à voir les compagnies augmenter leurs rotations tout de suite, sauf les liaisons les plus fréquentées, car certains appareils sont encore sous-utilisés", a-t-il affirmé, voyant "des améliorations plus grandes en mars 2022 quand les compagnies aériennes vont préparer leurs programmes d'été".

"Si vous ne remplissez pas un appareil à 75 ou 80%, le vol ne sera pas rentable, il vous faut des passagers des deux côtés", a aussi prévenu Burkett Huey, analyste chez Morningstar.

M. Dimitroff a également évoqué un "redécollage au quatrième trimestre des voyages d'affaires", très rentables pour les compagnies, mais qui ont été réduits à la portion congrue par la pandémie et le recours aux visioconférences. 

Et, prévient d'ailleurs M. Scarola, la réouverture des frontières ne résout pas "l'incertitude sur les deux sujets majeurs pour une reprise des voyages d'affaires: comment la pandémie va-t-elle évoluer dans les prochains mois et est-ce qu'une grande partie des voyageurs vont avoir disparu à cause des outils de réunion virtuels désormais disponibles?"


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com