Même réélu, Trudeau est l'étoile ternie des libéraux canadiens

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau lève le pouce alors qu'il arrive pour prononcer son discours de victoire après les élections législatives anticipées à l'hôtel Fairmount Queen Elizabeth à Montréal, au Québec, tôt le 21 septembre 2021. (AFP)
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau lève le pouce alors qu'il arrive pour prononcer son discours de victoire après les élections législatives anticipées à l'hôtel Fairmount Queen Elizabeth à Montréal, au Québec, tôt le 21 septembre 2021. (AFP)
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

Même réélu, Trudeau est l'étoile ternie des libéraux canadiens

  • Trudeau se lance finalement sur les traces de son père et entre en politique en 2007, se fait élire député de Montréal en 2008 puis chef d'un parti libéral en lambeaux en 2013. 
  • «Le Canada était un pays avec une forte personnalité sur le plan international, mais avec Trudeau on est plutôt dans le siège de spectateur que de l'acteur», estime un chercheur

OTTAWA: Pari raté: Justin Trudeau, l'étoile des libéraux canadiens, rêvait de pouvoir réaliser un troisième mandat et de retrouver une majorité mais les Canadiens ne l'ont pas suivi. Réélu sans panache, sa légitimité est sérieusement entamée. 


Déjà en 2019, sa réélection s'était faite dans la douleur après une entrée fracassante en politique quatre ans plus tôt. Mais cette fois-ci, Justin Trudeau pensait que sa gestion de la pandémie l'aiderait à être facilement réélu. 

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Toute la campagne a été un parcours du combattant pour l'ancien Premier ministre flamboyant qui promettait des "voies ensoleillées" au Canada en 2015, et déclenchait une "Trudeaumanie". L'époque semble bien loin où le magazine américain Rolling Stone se demandait en première page en juillet 2017: "Pourquoi ne peut-il pas être notre président?" 

Trudeau promet un «avenir meilleur» après la pandémie

Le Premier ministre Justin Trudeau, réélu à l'issue d'élections législatives, a promis mardi aux Canadiens dans son allocution de victoire "un avenir meilleur" une fois le pays "sorti de cette pandémie".


Le chef des libéraux canadiens a obtenu lundi un troisième mandat après une campagne très difficile lors d'élections anticipées qu'il avait lui-même convoquées.

Au tournant de l'été, rasé de près, Justin Trudeau affichait pourtant sourire et décontraction pour expliquer sa décision de provoquer des élections anticipées, estimant que son pays était à un "moment historique" en raison de la pandémie et qu'il fallait "donner la parole" aux Canadiens.


Très rapidement, les conservateurs dont le leader Erin O'Toole était pourtant largement inconnu du grand public, ont grappillé l'avance donnée aux libéraux dans les intentions de vote.

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"Ce n'est plus le Trudeau qui présentait le renouveau en 2015, et encore, la pandémie l'a aidé, il doit à la pandémie d'avoir encore cette popularité", estime Geneviève Tellier, professeure de sciences politiques à Ottawa.


"C'est plus grave qu'une simple usure due au pouvoir, c'est carrément de la déception. Il avait tant promis...", ajoute-t-elle.

Les prochaines étapes après les élections législatives

Le parti de Justin Trudeau a remporté les élections législatives de lundi au Canada, mais les libéraux demeurent minoritaires à la Chambre des communes et devront donc trouver des alliés pour gouverner.


Voici les prochaines étapes de son troisième mandat.

Rechercher des soutiens

Son parti ayant remporté plus de sièges que les conservateurs d'Erin O'Toole, M. Trudeau n'a pas besoin de démissionner et demeure Premier ministre. Mais comme il n'a pas obtenu de majorité absolue, sa première tâche sera de trouver des soutiens, comme il l'a fait suite à sa réélection en 2019.


Les coalitions ne faisant pas partie de la culture politique canadienne, il peut négocier le soutien d'une ou de plusieurs formations pour pouvoir gouverner et éviter d'être renversé par une motion de censure.


Le Canada étant dirigé par le gouvernement minoritaire de M. Trudeau depuis l'automne 2019, le résultat de ce scrutin ne change donc "pas grand-chose" à sa gouvernance, selon Daniel Béland, professeur de science politique à l'université McGill.


Depuis deux ans, les libéraux s'étaient notamment appuyés sur le soutien ponctuel du Nouveau Parti Démocratique (NPD, gauche), qui a obtenu 26 sièges au parlement, pour atteindre le chiffre fatidique de 170 sièges, seuil de la majorité absolue à la Chambre des communes, qui en compte 338.

Former un gouvernement

M. Trudeau oeuvrera ensuite, dans les prochaines semaines, à la formation de son nouveau gouvernement.


Le Premier ministre travaillera parallèlement au "discours du trône" qui présentera le programme de son troisième mandat. Ce programme sera lu devant le parlement par la gouverneure générale Mary Simon, représentante de la reine Elizabeth II, chef d'Etat en titre du Canada.


Le "discours du trône" fera l'objet d'un vote de confiance dans la nouvelle chambre et constituera le premier test grandeur nature pour le Premier ministre. Une défaite entraînerait sa chute et la Gouverneure générale demanderait alors au chef de l'opposition de former un gouvernement.


Comme il est minoritaire, M. Trudeau demeurera à la merci d'un éventuel vote de défiance dans les mois à venir s'il perd ses appuis. Il devrait cependant bénéficier du fait que les autres formations ne voudront pas repartir en campagne électorale dans les prochaines semaines ou les prochains mois.


Historiquement, la durée de vie d'un gouvernement minoritaire au Canada est de 18 à 24 mois.


Justin Trudeau, dans l'espoir d'obtenir une majorité au parlement, avait déclenché des élections législatives moins de deux ans après la réélection de son parti en 2019.

Même sur des thèmes comme "les changements climatiques ou la réconciliation avec les peuples autochtones" Justin Trudeau "n'a pas été le réformateur que beaucoup espéraient", renchérit Maxwell Cameron, de l'Université de la Colombie-Britannique.


Et finalement, pendant cette campagne en pleine pandémie, ce ne sont pas les images de bains de foule, qu'il affectionne tant, que les électeurs ont pu voir en boucle sur les télévisions, mais celles des manifestants qui lui hurlent insultes et menaces ou lui jettent des pierres.

«Spectateur plutôt qu'acteur»
Même lors des débats, Justin Trudeau n'a pas réussi à briller, subissant les tirs nourris de ses rivaux qui ont dénoncé sans relâche ses calculs politiques - surtout sa décision de déclencher des élections en pleine pandémie alors que le parlement fonctionnait - et son inaction en matière d'environnement ou de politique étrangère. 


"Le Canada était un pays avec une forte personnalité sur le plan international, mais avec Trudeau on est plutôt dans le siège de spectateur que de l'acteur", estime Jocelyn Coulon, chercheur en relations internationales et ex-conseiller de Justin Trudeau.


A son arrivée en 2015, le monde entier observe pourtant avec intérêt, voire admiration, les premiers pas au pouvoir de ce dirigeant multilatéraliste qui proclame que "le Canada est de retour" sur la scène internationale. 


Né le 25 décembre 1971, Justin Trudeau, qui est le fils aîné du charismatique Pierre Elliott Trudeau, ex-Premier ministre mort en 2000, a étudié la littérature anglaise et les sciences de l'éducation, avant de chercher sa voie: boxeur amateur, moniteur de snowboard, professeur d'anglais et de français...


Il se lance finalement sur les traces de son père et entre en politique en 2007, se fait élire député de Montréal en 2008 puis chef d'un parti libéral en lambeaux en 2013. 


Premier ministre, il fera du Canada le deuxième pays au monde à légaliser le cannabis, instaurera l'aide médicale à mourir, une taxe carbone, permettra l'accueil de dizaines de milliers de réfugiés syriens et signera une version modernisée de l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna).


Mais son mandat est terni par une série de scandales qui vont brouiller son image. Fin 2017, ce père de trois enfants marié à Sophie Grégoire, ex-présentatrice de télévision, est montré du doigt par la Commissaire à l'éthique pour être allé à deux reprises aux frais de son hôte sur l'île privée de l'Aga Khan aux Bahamas.


Un rapport officiel l'accuse en 2019 de conflit d'intérêts pour avoir fait pression sur sa ministre de la Justice afin qu'elle intervienne dans une procédure judiciaire contre une société québécoise, SNC-Lavalin, poursuivie pour corruption. 


A quelques semaines de son cinquantième anniversaire, avec cette élection "la légitimité de Justin Trudeau risque d'être contestée au sein de son parti puisqu'il a raté son pari. Cela sera certainement son dernier mandat", commente Félix Mathieu de l'université de Winnipeg.


"Reste à voir en plus combien de temps il va tenir avec un gouvernement minoritaire" dont la durée de vie est en principe autour de 18 à 24 mois.

Au Canada, une demi-victoire pour Trudeau, réélu mais toujours minoritaire

Les libéraux de Justin Trudeau ont remporté les législatives canadiennes, une demi-victoire toutefois pour le Premier ministre sortant qui n'est pas parvenu à redevenir majoritaire à l'issue d'une campagne durant laquelle il a été malmené.

D'après les résultats préliminaires publiés mardi par Elections Canada, qui organise le scrutin, le parti libéral obtiendrait 158 sièges, sous le seuil fatidique des 170 sièges pour constituer une majorité. Justin Trudeau sera donc contraint de former un gouvernement minoritaire, comme en 2019.

Or c'est précisément pour sortir de cette situation qu'il avait déclenché des élections anticipées à la mi-août. 

"Les Canadiens nous renvoient au pouvoir avec un mandat clair pour parvenir à sortir de cette pandémie et aller vers un avenir meilleur", s'est toutefois félicité Justin Trudeau, affirmant qu'il était "prêt" pour ce nouveau mandat et heureux que les Canadiens aient choisi un "programme progressiste".

Après des débuts plutôt favorables et des sondages encourageants, Justin Trudeau a connu une campagne particulièrement compliquée, qui a failli tourner au désaveu personnel. L'usure du pouvoir s'est fait sentir et la "Trudeaumanie" de 2015 semblait bien loin...

Et sur le terrain, il a dû faire face à chaque déplacement à une foule de manifestants en colère contre les mesures sanitaires. L'un d'entre eux lui a même lancé des graviers. 

Jusqu'au bout, l'issue du scrutin semblait incertaine: les intentions de vote donnaient encore à quelques heures du scrutin les deux grands partis au coude-à-coude, autour de 31% d'intentions de vote.

Lors des derniers jours de campagne, Justin Trudeau a appelé au vote stratégique, expliquant qu'une victoire des conservateurs serait synonyme de retour en arrière, notamment sur la question climatique.

"Ce soir, les Canadiens n'ont pas donné à M. Trudeau le mandat majoritaire qu'il voulait", a souligné le chef des conservateurs Erin O'Toole lundi soir, regrettant que cette élection ait encore "aggravé les divisions" dans le pays.

M. O'Toole, dont le parti vient de remporter 122 sièges, soit trois de plus qu'avant la dissolution du parlement, a fait une campagne résolument au centre et promis aux Canadiens d'incarner le renouveau.

Gestion de la pandémie

La réorganisation des bureaux de vote liée à la pandémie a provoqué exceptionnellement une longue attente en fin de journée pour les électeurs des grandes villes.

Liliane Laverdière, Montréalaise de 67 ans, a tenté quatre fois d'aller voter et a expliqué avoir été surprise par l'affluence. "D'après moi, les gens veulent du changement", a-t-elle déclaré, ajoutant "n'avoir jamais vu ça" en dix ans.

Mais d'autres électeurs affirmaient au contraire s'être déplacés pour remercier le Premier ministre sortant de sa gestion de la crise sanitaire - le pays affiche l'un des taux de vaccination les plus élevés au monde.

"Pour moi, la gestion de la pandémie est l'enjeu le plus important de cette élection. Et je pense que le Premier ministre l'a bien gérée", estime Kai Anderson, 25 ans, électrice à Ottawa, la capitale fédérale.

Même sentiment pour Liz Maier, 72 ans, qui habite de l'autre côté du pays sur la côte pacifique à Vancouver et qui souhaite de "la constance" au pouvoir, particulièrement avec la pandémie.

«Une campagne pour rien»

"Au final on peut vraiment se dire que c'est une campagne pour rien", souligne auprès de l'AFP Félix Mathieu de l'université de Winnipeg, qui note que dans beaucoup de provinces, "les sortants ont été systématiquement réélus". 

Les quelque 27 millions de Canadiens étaient appelés à élire les 338 députés que compte la Chambre des communes. Quand aucun des deux grands partis qui alternent au pouvoir depuis 1867 n'est en mesure d'obtenir une majorité de sièges au Parlement, le vainqueur doit composer un gouvernement minoritaire.

Et pour cela, il a besoin de composer avec les plus petits partis pour gouverner à Ottawa comme le Nouveau Parti Démocratique (NPD, gauche, 26 sièges) de Jagmeet Singh ou le Bloc québécois, formation indépendantiste (31 sièges).

Son chef Yves-François Blanchet s'est interrogé dans la soirée: "Tout ça pour ça? Pas de gagnant, pas de perdant, mais sûrement un jugement sévère des gens qui se diront +mais qu'est-ce que c'était que cette histoire?+".


Regain d'optimisme sur une reprise des négociations entre Téhéran et Washington

Les Etats-Unis et le Pakistan, médiateur dans les discussions avec l'Iran, ont exprimé leurs espoirs d'une reprise des négociations en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient qui a ébranlé l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis et le Pakistan, médiateur dans les discussions avec l'Iran, ont exprimé leurs espoirs d'une reprise des négociations en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient qui a ébranlé l'économie mondiale. (AFP)
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  • Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre engagée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban
  • Les marchés financiers ont salué mercredi ce regain d'optimisme, les Bourses européennes gagnant plus de 2% et les cours du pétrole plongeant sous les 100 dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis et le Pakistan, médiateur dans les discussions avec l'Iran, ont exprimé leurs espoirs d'une reprise des négociations en vue de mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient qui a ébranlé l'économie mondiale.

Les marchés financiers ont salué mercredi ce regain d'optimisme, les Bourses européennes gagnant plus de 2% et les cours du pétrole plongeant sous les 100 dollars.

Alors que le contrôle par l'Iran du détroit d'Ormuz, stratégique pour les hydrocarbures, a provoqué ces deux derniers mois une flambée du prix du pétrole, le baril de Brent perdait vers 10H40 GMT plus de 9%, à 99,64 dollars, loin des 126 dollars d'il y a seulement quelques jours.

Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre engagée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Alors que le blocage a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril, Washington a imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit.

Compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens", le projet "sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé", a écrit mardi le président américain sur son réseau Truth Social.

"Bon espoir" 

Il a précisé que cette pause avait été décidée notamment à la demande du Pakistan, tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays avait accueilli des négociations directes entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

"La fin du Projet Liberté est probablement survenue lorsque Trump a réalisé que le recours à la force n'allait non seulement échouer à produire le résultat escompté mais fermerait également la porte aux premiers véritables signes d'une voie négociée", a estimé sur X l'analyste Ali Vaez, de l'International Crisis Group.

Selon deux responsables américains et deux autres sources au fait du dossier cités par le site américain Axios, la Maison Blanche estime être sur le point de conclure "un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin au conflit et à établir un cadre en vue de négociations nucléaires plus approfondies".

L'Iran a envoyé son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, en Chine, principal pays acheteur de pétrole iranien.

A l'occasion de sa visite, il a abordé "les négociations en cours" sans commenter une éventuelle reprise. "La question du détroit d'Ormuz a fait l'objet de discussions approfondies, et nous avons évoqué la nécessité de respecter les droits de la République islamique d'Iran ainsi que l'ensemble des points de vue existants", a-t-il ajouté sur la télévision d'Etat.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a de son côté réclamé un arrêt "complet" des hostilités au Moyen-Orient et appelé Etats-Unis et Iran à rouvrir "le plus vite possible" le détroit d'Ormuz.

Il a aussi défendu le "droit légitime" de l'Iran au nucléaire civil, alors que ce dossier est un des points d'achoppement pour la reprise des discussions avec Washington.

Les Etats-Unis et Israël accusent l'Iran de chercher à obtenir l'arme nucléaire, ce qui est vivement démenti par Téhéran.

La visite de M. Araghchi intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue le 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

"Jeu psychologique" 

En Iran, certains ne cachent pas leur fatigue et leur lassitude face aux tergiversations sur les négociations.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Le lancement lundi du "Projet Liberté" s'est accompagné d'accrochages en mer et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l'Iran, après des semaines de calme relatif.

L'armateur français CMA CGM a en outre confirmé mercredi que son porte-conteneur San Antonio battant pavillon maltais avait fait l'objet d'une attaque la veille dans le détroit d'Ormuz, faisant des blessés parmi les membres d'équipage.

Sur le font libanais, l'armée israélienne a annoncé avoir mené de nouvelles frappes dans "plusieurs zones" du Liban contre des cibles du mouvement pro-iranien Hezbollah, après avoir appelé la population de 12 villages à évacuer.

Le ministère de la Santé libanais a fait état de quatre morts dans l'est du pays dans un bombardement israélien.

Les hostilités entre Israël et le Hezbollah se poursuivent malgré un cessez-le-feu entré en vigueur 17 avril.


L'ONU demande la libération «immédiate» par Israël des militants de la «flottile pour Gaza»

L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza. (AFP)
L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza. (AFP)
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  • L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza
  • "Israël doit libérer immédiatement et sans condition Saïf Abu Keshek et Thiago Avila"

GENEVE: L'ONU a demandé mercredi la libération "immédiate" par Israël du Brésilien Thiago Avila et de l'Espagnol Saïf Abu Keshek, militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza.

"Israël doit libérer immédiatement et sans condition Saïf Abu Keshek et Thiago Avila", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Thameen Al-Kheetan, faisant état de témoignages selon lesquels les deux militants subissent "de graves mauvais traitements".


Trump suspend son opération d'escorte de navires à Ormuz, dans l'espoir d'un accord avec l'Iran

Le président des États-Unis Donald Trump. (Reuters)
Le président des États-Unis Donald Trump. (Reuters)
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  • Donald Trump suspend temporairement le “Projet Liberté” dans le détroit d’Ormuz pour favoriser un possible accord avec l’Iran, malgré des tensions persistantes
  • Les négociations avancent, mais la situation reste fragile : incidents militaires récents, menaces iraniennes et préparation américaine à reprendre les combats si nécessair

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé la suspension de son "Projet Liberté" d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si "un accord peut être finalisé et signé" avec l'Iran, après ce que le président américain a qualifié de "grands progrès" dans les négociations.

"Compte tenu de l'énorme succès militaire" et des "grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens", le "Projet Liberté (...) sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé", a écrit mardi le républicain sur son réseau Truth Social.

Il a précisé que cette pause avait été décidée à "la demande du Pakistan et d'autres pays", tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril

Le "Projet Liberté", qui doit permettre à des centaines de bateaux bloqués dans le Golfe de franchir le détroit, avait été lancé lundi.

Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs assuré plus tôt mardi que la phase offensive du conflit avec l'Iran était terminée.

"L'opération est finie. +Fureur épique+ (est finie) - comme le président l'a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade", a affirmé Marco Rubio lors d'un point presse à la Maison Blanche, utilisant le nom de code donné par les Etats-Unis à leurs opérations contre l'Iran.

Le chef d'état-major américain, le général Dan Caine, a cependant averti que l'armée était "prête à reprendre des opérations majeures de combats".

Donald Trump a aussi mis en garde Téhéran, au lendemain d'accrochages en mer et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l'Iran.

"Ils savent ce qu'ils ont à faire et (...) ce qu'ils ne doivent pas faire", a affirmé le président américain, qui s'est toutefois abstenu d'accuser l'Iran d'avoir violé la trêve en vigueur depuis le 8 avril.

Depuis le début de la guerre le 28 février, Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

- Visites en Chine -

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s'est de son côté entretenu mercredi à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi, selon l'agence d'Etat Chine Nouvelle, qui n'a fourni aucune précision sur les discussions.

Cette visite intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue le 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Lundi, l'Iran a tiré des missiles et drones contre des bâtiments militaires américains - interceptés selon le commandement américain pour la région (Centcom). Il a aussi été accusé d'avoir tiré sur les Emirats arabes unis, dans la première attaque contre un pays du Golfe depuis la trêve, ce qu'un haut responsable militaire iranien a démenti mardi soir.

Plus tôt, les Emirats avaient dit avoir à nouveau activé leurs défenses aériennes pour intercepter des missiles et drones tirés, selon eux, depuis l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont menacé quant à eux d'une "riposte ferme" tout navire qui ne se conformerait pas aux règles de passage imposées par Téhéran dans le détroit d'Ormuz.

Les Etats-Unis ne peuvent pas "laisser l'Iran bloquer une voie de navigation internationale", a insisté pour sa part le ministre américain de la Défense Pete Hegseth.

Dans un communiqué, Marco Rubio a annoncé que les Etats-Unis proposeraient une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour "défendre la liberté de navigation et sécuriser le détroit d'Ormuz".

Le projet de résolution, rédigé aux côtés de Bahreïn, de l'Arabie saoudite, des Emirats, du Koweït et du Qatar, "exige que l'Iran cesse les attaques, le minage et tout péage" dans le détroit, précise le secrétaire d'Etat.

- "Prêt au dialogue" -

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui accusé les Etats-Unis et leurs alliés de "mettre en péril" la sécurité du transport maritime.

Le Centcom assure, malgré les démentis iraniens, que deux navires marchands battant pavillon américain ont franchi lundi le détroit d'Ormuz sous escorte militaire.

Le géant danois du transport Maersk a aussi annoncé la sortie lundi d'un de ses bateaux, "accompagné de moyens militaires américains", coincé dans le Golfe depuis le début de la guerre.

Du côté de l'or noir, dont le cours est fortement affecté par la crise au Moyen-Orient, les deux principaux contrats pétroliers reculent mercredi, prolongeant leur repli de la veille après une hausse des cours lundi.

Vers 05H00 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI) et celui de Brent de la mer du Nord, lâchaient 1,92% et 1,80% respectivement et restaient toujours au-dessus des 100 dollars.

Les tentatives de relancer les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis sont au point mort depuis une première rencontre directe à Islamabad le 11 avril.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré mardi que son pays était "prêt à tout dialogue".

Mais "il n'a jamais cédé et ne cédera jamais à la force", a-t-il ajouté.