Mode à Milan: les corps libres de Prada et Missoni

Des invités arrivent pour assister à la présentation de la collection Femme Printemps-Été 2022 de Prada lors de la Fashion Week de Milan le 24 septembre 2021. (Photo, AFP)
Des invités arrivent pour assister à la présentation de la collection Femme Printemps-Été 2022 de Prada lors de la Fashion Week de Milan le 24 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 25 septembre 2021

Mode à Milan: les corps libres de Prada et Missoni

  • Le défilé est public à Milan pour Prada mais aussi, au même moment, devant un autre parterre, à Shanghai
  • A même la peau, les mannequins portent de blazers oversized, des blousons ou de grands manteaux en cuir usé pour une nouvelle idée de la modernité

MILAN : Entre Milan et Shanghai en simultané ou dans un entrepôt... Les défilés se sont poursuivis au troisième jour de la fashion week milanaise avec à l'affiche la maison Missoni, où souffle un vent de renouveau, et Miuccia Prada qui veut "tirer les leçons du moment".


Le défilé est public à Milan pour Prada mais aussi, au même moment, devant un autre parterre, à Shanghai.


Les mêmes looks défilent synchrones aux deux extrémités de la planète dans deux décors qui se répondent.


Miuccia Prada et Raf Simons, les co-directeurs artistiques, l’avaient dit lors des dernières saisons entièrement digitales: ils appréciaient de sentir qu'une communauté pouvait se rassembler et éprouver une expérience collective depuis n'importe quel coin du monde.


Faire comme si rien ne s'était passé serait donc un contre-sens pour Miuccia Prada. "Je ne suis pas du tout d'accord avec l'idée d'un retour à la +normale+, nous devons tirer les leçons de ce moment", estime-t-elle.


"L'utilisation de la technologie comme médiateur de l'humanité a été l'inspiration pour le premier spectacle de Raf et moi, notre première collection", ajoute la styliste.

Des mannequins prennent un selfie dans les coulisses avant la présentation de la collection femme printemps-été 2022 de Missoni lors de la Fashion Week de Milan le 24 septembre 2021. (Photo, AFP)


Son crédo: ne pas regarder en arrière donc et continuer de s'interroger, cette fois sur le concept de séduction et l'expression de la sexualité à travers les vêtements. 


Ceux historiquement emblématiques de la séduction à travers la contrainte – la robe du soir, le corset, le soutien-gorge – sont ici déconstruits et dépouillés pour ne garder que certains éléments de leur architecture et libérer le corps.


Il ne reste donc qu'une longue traîne en soie mais sur une mini-jupe, l'empreinte d'une poitrine mais sur un pull en maille, le souvenir d'un corset, ouvert dans le dos.


A même la peau, les mannequins portent de blazers oversized, des blousons ou de grands manteaux en cuir usé pour une nouvelle idée de la modernité.


Vent nouveau chez Missoni

En matinée, Missoni a reçu ses invités dans un grand entrepôt au nord de la capitale lombarde pour présenter la première collection du nouveau directeur artistique, Alberto Caliri.


Pour la première fois dans l'histoire de la maison ce n'est donc plus un membre de la famille fondatrice qui est aux commandes.


En mai, Angela Missoni, troisième enfant de Tai et Rosita Missoni, a quitté son poste de directrice artistique où elle avait elle-même remplacé sa mère, laissant la place à Caliri, son bras droit historique depuis douze ans.


Les deux femmes, ainsi que Margherita, la troisième génération, assistaient d'ailleurs en heureuses spectatrices au show.

Une mannequin pose dans les coulisses avant la présentation de la collection femme printemps-été 2022 de Missoni lors de la Fashion Week de Milan le 24 septembre 2021. (Photo, AFP)


Le maille et les motifs chers à la maison étaient bien au rendez-vous mais un vent de changement était perceptible avec une collection ultra sexy, audacieuse et raffinée.


Des bikinis sous de grands manteaux ou de fluides tuniques, des mini-jupes et des bandeaux en cuirs donnent à la peau un rôle aussi important que le tissus qui l'habillent.


Les motifs iconiques de la marque, les légendaires "flammes", sont là mais ils se cachent parmi les reflets métalliques des textures.


Les robes en mailles sont volontairement inachevées et effilochées, comme pour révéler les rouages du métier à tissé qui est au cœur des collections de la maison.


La journée de vendredi devait s'achever avec Versace dans la soirée.

Une mannequin pose dans les coulisses avant la présentation de la collection femme printemps-été 2022 de Missoni lors de la Fashion Week de Milan le 24 septembre 2021. (Photo, AFP)


Si la collection de Donatella est bien sûr attendue, c'est la révélation d'une collaboration entre Versace et Fendi qui est dans toutes les conversations depuis vendredi matin à Milan.


Jeudi soir, le secret bien gardé a "fuité": les deux maisons travaillent en effet depuis des semaines sur une collection capsule conçue à six mains par Kim Jones, Silvia Venturini Fendi et Donatella Versace et qui sera révélée à l'occasion d'un défilé surprise ce dimanche.


Qu’est-ce qui fait de la rose de Taïf un produit de parfumerie aussi précieux ?

La participation des artisans parfumeurs s'inscrit dans le cadre de l'initiative du Festival de Jazan visant à redynamiser l'artisanat traditionnel. (SPA)
La participation des artisans parfumeurs s'inscrit dans le cadre de l'initiative du Festival de Jazan visant à redynamiser l'artisanat traditionnel. (SPA)
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  • La rose de Taïf est l’un des produits de parfumerie naturels les plus précieux du Royaume, reconnue pour son arôme exceptionnel et son lien étroit avec le patrimoine, l’agriculture et le tourisme de la région
  • Cultivée sur plus de 910 fermes, sa production repose sur une récolte manuelle très brève (45 jours), nécessitant environ 12 000 roses pour obtenir un seul tola d’huile

TAÏF : Réputées pour leur arôme exceptionnel et le soin minutieux exigé à chaque étape de leur culture, de leur récolte et de leur transformation, les roses de Taïf comptent parmi les produits naturels de parfumerie les plus précieux du Royaume. Elles constituent également des symboles agricoles et culturels majeurs, profondément liés au patrimoine et au tourisme de la région.

Les fermes de roses de Taïf — plus de 910 exploitations réparties entre Al-Hada, Al-Shafa, Wadi Muharram, Al-Wahat, Al-Wahit et Wadi Liya — abritent environ 1 144 000 rosiers, cultivés sur près de 270 hectares de terres agricoles.

Ces exploitations produisent près de 550 millions de roses chaque année, toutes récoltées sur une période très courte n’excédant pas 45 jours, de début mars à fin avril.

Cette récolte permet d’obtenir environ 20 000 tolas d’huile de rose de Taïf. La production d’un seul tola nécessite près de 12 000 roses, cueillies manuellement à l’aube puis distillées dans les 24 heures afin de préserver la pureté et la qualité du parfum avant sa mise sur le marché. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Real Madrid et l'Atletico Madrid arrivent à Djeddah pour la Supercoupe d'Espagne

 Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne. (Arab News)
Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne. (Arab News)
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  • Les rivaux madrilènes joueront les demi-finales jeudi
  • Les joueurs ont été accueillis avec le traditionnel café arabe à leur arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz


DJEDDAH : Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne.

Les rivaux madrilènes joueront les demi-finales jeudi.

Les joueurs ont été accueillis avec le traditionnel café arabe à leur arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz.

L'autre demi-finale opposera Barcelone à l'Athletic Club mercredi.

Tous les matches, y compris la finale de dimanche, se dérouleront au stade Alinma Bank de King Abdullah Sport City, et les coups d'envoi seront donnés à 22 heures, heure locale.


Dans le nord du Nigeria, le cinéma de Kannywood entre censure et modernité

La tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique. (AFP)
La tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique. (AFP)
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  • De jeunes créateurs, influencés non seulement par leurs pairs du sud chrétien et libéral du pays, mais également d'autres pays jusqu'à l'Inde, cherchent à toucher un public au-delà du Nigeria, de l'Afrique de l'Ouest et même du continent
  • Mais la tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale

KANO: Le Nigeria est réputé pour Nollywood, sa bouillonnante industrie cinématographique. Dans le nord du pays, socialement conservateur et à majorité musulmane, le secteur connaît une transformation radicale.

De jeunes créateurs, influencés non seulement par leurs pairs du sud chrétien et libéral du pays, mais également d'autres pays jusqu'à l'Inde, cherchent à toucher un public au-delà du Nigeria, de l'Afrique de l'Ouest et même du continent.

Mais la tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique.

Lors d'un récent tournage, deux acteurs prennent place devant une caméra, dans la cour intérieure d’un immeuble d’un quartier d’affaires de Kano. À quelques mètres, une autre participante au tournage, en tenue traditionnelle, révise ses répliques dans une longue robe blanche aux touches dorées.

"Coupez. C’est bien, mais on peut faire mieux. On reprend", lance quelques minutes plus tard Kamilu Ibrahim, le réalisateur.

Un jour de tournage ordinaire à Kannywood, qui produit quelque 200 films par mois.

À l’instar du cinéma du sud du Nigeria, celui du nord explore l’amour, la vengeance et la trahison, mais se distingue par le respect des codes islamiques et l’usage de la langue haoussa plutôt que de l’anglais.

Nés au début des années 1990, les films de Kannywood sont soumis à un bureau de censure gouvernemental contrôlant toute production audiovisuelle - l'Etat de Kano est soumis à la charia, la loi islamique.

"Il est interdit pour ces films de contenir des scènes de nudité ou sexuelles", ainsi que d'être "contraires aux coutumes, aux traditions et à la religion", explique Abba El-Mustapha, secrétaire exécutif du bureau de la censure à Kano, qui est également réalisateur, producteur et acteur.

Kannywood s’est imposé comme un phénomène culturel, suivi par plus de 80 millions de locuteurs haoussas en Afrique de l’Ouest. Certains professionnels veulent élargir sa portée et appellent à des changements de fond et de forme.

Viser un public plus large 

Le réalisateur Kamilu Ibrahim affirme avoir amorcé cette évolution, en ajoutant des sous-titres en anglais et en explorant "des aspects rarement présents dans les films haoussas".

"Nous n’avons pas l’habitude de voir quelqu’un poursuivre un rêve sans le consentement de sa famille. Nous remettons donc en question certains sujets sociaux importants, sans jamais aller à l’encontre de la culture ou de la religion", indique-t-il.

Ce jour-là, il a prévu de filmer plusieurs scènes de la saison 2 de la série Wata Shida ("Six mois") avec son équipe, sous une chaleur écrasante et au rythme des appels à la prière d’une mosquée voisine.

La série raconte l’histoire d’une femme qui, pour fuir un mariage forcé, conclut un mariage blanc de six mois. Ce pacte se transforme rapidement en une intrigue mêlant amour, rivalités et querelles d’héritage.

L’un des acteurs principaux, Adam Garba, espère voir Wata Shida diffusée sur des plateformes de streaming afin de toucher la diaspora haoussa et un public international. Pour l’instant, la série est diffusée sur YouTube et une chaîne locale.

Les films nigérians sur les grandes plateformes telles que Netflix ou Prime Video viennent surtout du sud, des peuples yorubas et igbos, et le haoussa y est minoritaire.

"Ils ont plus de budget, plus d’équipements, plus de sponsors, plus d’investisseurs", explique M. Garba.

Lui souhaiterait que Kannywood bénéficie un jour des mêmes opportunités, malgré la barrière linguistique.

Plateforme de streaming 

Une plateforme de streaming locale, Arewaflix, a été créée récemment pour rassembler les productions du nord du Nigeria, à l'initiative d’Abdurrahman Muhammad Amart, patron d'une société de production nigériane.

Selon ce dernier, "cette plateforme offrira des opportunités non seulement aux films haoussas, mais également à ceux réalisés dans d’autres langues du nord du Nigeria", telles que le kanouri et le nupe .

Arewaflix prévoit d’ajouter des sous-titres en anglais, puis progressivement en français et en arabe.

Ce projet n’est pas le premier du genre. En 2019, Jamilu Abdussalam, promoteur immobilier et propriétaire d’une académie de football, avait fondé la plateforme Northflix, avant de la fermer en 2023.

"Nous avons investi des centaines de millions dans cette industrie et n’avons eu d’autre choix que d’abandonner", a déploré M. Abdussalam. Northflix comptait pourtant plus de 105.000 abonnés répartis dans plus de 100 pays. Il explique sa décision par un manque de formation et de rigueur des professionnels du secteur, ce qui a freiné le développement de la plateforme.

Pour Abba El-Mustapha, la sécurité reste un défi majeur pour les plateformes locales.

"Lorsqu’un film est accessible à une centaine de personnes sur une plateforme peu sécurisée, il peut rapidement être piraté et circuler partout", prévient-il.

Il estime aussi que Kannywood a besoin de meilleurs équipements et d’un soutien financier de l’État pour accéder aux grandes plateformes internationales.

Le réalisateur Umar Abdulmalik, alias Umr Jos ou "The Youngest", insiste aussi sur l’importance d’outils de production performants pour renforcer la narration.

À 41 ans, il veille à l’authenticité de ses histoires et espère que ses productions traverseront les frontières,  comme celles de Bollywood, le cinéma indien, "que beaucoup regardent à Kano sans comprendre l’anglais et l'hindi, car ils sont transportés par les émotions des personnages ".