Irak: condamnations en série après un appel à la normalisation avec Israël

Parmi les intervenants irakiens, un ex-général et un chef des «Sahwa», milices tribales ayant combattu les djihadistes aidées par Washington. (Photo, AFP)
Parmi les intervenants irakiens, un ex-général et un chef des «Sahwa», milices tribales ayant combattu les djihadistes aidées par Washington. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 25 septembre 2021

Irak: condamnations en série après un appel à la normalisation avec Israël

  • Le Kurdistan, une région autonome dans le nord de l'Irak, entretient de bons rapports avec Israël
  • Les quelque 300 participants, sunnites et chiites, réunis à Erbil, capitale du Kurdistan, sont venus «de six gouvernorats»

 ERBIL: Plus de 300 Irakiens dont des chefs tribaux ont plaidé pour une normalisation avec Israël lors d'une conférence organisée par un think-tank américain au Kurdistan d'Irak, un premier appel du genre qui a déclenché samedi une série de condamnations.

Sans surprise, la présidence de l'Etat, le gouvernement central de Bagdad et des factions politiques ont fustigé le colloque, organisé vendredi soir par le Center for Peace Communications (CPC), think-tank new-yorkais engagé sur le dossier de la normalisation entre Israël et les pays arabes.

Le Kurdistan, une région autonome dans le nord de l'Irak, entretient de bons rapports avec Israël. En revanche les autorités fédérales à Bagdad et les factions politiques alliées de l'Iran, pays ennemi de l'Etat hébreu, sont opposées à une ouverture en direction d'Israël.

Les quelque 300 participants, sunnites et chiites, réunis à Erbil, capitale du Kurdistan, sont venus "de six gouvernorats -Bagdad, Mossoul, Salaheddine, Al-Anbar, Diyala et Babylone", selon le fondateur du CPC, Joseph Braude, expert américain d'origine juive irakienne. "Il y a aussi des chefs de tribus de ces gouvernorats, des intellectuels, des écrivains."

"Nous demandons notre intégration aux accords d'Abraham (...) Nous aussi nous voulons des relations normales avec Israël", selon le communiqué de clôture, lu par une intervenante, Sahar al-Taï, directrice de recherches au ministère de la Culture à Bagdad. "Aucune force n'a le droit de nous empêcher de lancer un tel appel." 

Sous l'égide de Washington, les "accords d'Abraham" ont été signés en 2020 pour normaliser les relations entre Israël, les Emirats arabes unis et Bahreïn. Le Maroc et le Soudan avaient suivi.

Parmi les intervenants irakiens, un ex-général et un chef des "Sahwa", milices tribales ayant combattu les djihadistes aidées par Washington. L'Israélien Chemi Peres, fils du défunt président Shimon Peres, s'est exprimé lors du colloque par vidéo.

"Assez d'animosité. Il faut ouvrir une nouvelle page de coopération et de paix", a indiqué à l'AFP cheikh Rissan al-Halboussi, venu d'Al-Anbar. "(...) Avec le temps les idées changent."

Ces dernières décennies, plusieurs dirigeants du Kurdistan irakien se sont rendus en Israël et des hommes politiques kurdes ont réclamé ouvertement une normalisation avec ce pays.

En 2017, Israël avait soutenu les Kurdes d'Irak qui avaient organisé un référendum d'indépendance controversé.

A Bagdad, le gouvernement central a dénoncé une "réunion illégale" à Erbil, qui "ne représente pas (l'opinion) des populations et des habitants des villes irakiennes".

La présidence de l'Etat dirigée par le Kurde Barham Saleh a également condamné l'appel à la normalisation.

Le puissant leader chiite Moqtada Sadr, à l'influence politique décisive, a lui appelé le gouvernement à "arrêter tous les participants".

Et l'un des députés du groupe parlementaire du Hachd al-Chaabi, les ex-paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces régulières, a dénoncé un "acte criminel".

"Tous ceux qui ont organisé et participé à cette réunion sont des traîtres aux yeux de la loi, ils doivent être jugés et recevoir la plus sévère des sanctions", a écrit Ahmed Assadi sur les réseaux sociaux. 


Erdogan discute du renforcement de la coopération avec le ministre des Affaires étrangères des EAU

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avec le cheikh Abdellah ben Zayed, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale des EAU, à Istanbul. (Photo, WAM)
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avec le cheikh Abdellah ben Zayed, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale des EAU, à Istanbul. (Photo, WAM)
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  • «Nous avons atteint une croissance de 82 % des échanges commerciaux en deux ans», a déclaré le chef de la diplomatie des Émirats arabes unies
  • Les relations entre les Émirats arabes unies et la Turquie ne cessent de se développer et d'évoluer

LONDRES: Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accueilli samedi à Istanbul le cheikh Abdellah ben Zayed, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale des Émirats arabes unies, a rapporté l'agence de presse étatique WAM.

Les deux responsables ont discuté des perspectives d’évolution de la coopération entre Ankara et Abu Dhabi dans tous les domaines et ont abordé les questions régionales et l'importance de renforcer les efforts, afin d’instaurer la paix, la sécurité et la stabilité.

La crise ukrainienne et les développements mondiaux ont également été discutés.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unies a rendu visite à son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, et a exploré les possibilités de coopération entre les deux pays et les perspectives d'évolution des relations. 

Le cheikh Abdellah et Cavusoglu ont abordé les derniers développements mondiaux, notamment ceux qui concernent la stabilité des approvisionnements énergétiques et des marchés alimentaires dans le monde, ainsi que les efforts mondiaux déployés pour parvenir à un règlement politique de la crise en Ukraine.

Le chef de la diplomatie des Émirats arabes unis a souligné que les relations entre Abu Dhabi et Ankara ne cessaient de croître et d'évoluer, et que les deux dirigeants étaient déterminés à établir un modèle durable de partenariat mutuellement bénéfique.

Lors de leur conférence de presse conjointe, le cheikh Abdellah a précisé: «J'espère que nous pourrons travailler ensemble pour finaliser l'accord de partenariat commercial entre les deux pays, grâce auquel nous pourrons doubler nos échanges commerciaux.»

Le cheikh Abdellah a souligné que les énergies renouvelables constituaient l'un des secteurs dans lesquels les deux pays souhaitaient renforcer leurs relations bilatérales.

«Ce secteur n'est pas seulement une réussite du point de vue commercial, mais il est aussi important pour nos pays qui travaillent tous deux à la réduction des émissions de carbone dans le monde », a ajouté le ministre émirati.

Le cheikh Abdellah a salué l'augmentation du volume des échanges commerciaux entre les deux pays, qui s'élève désormais à environ 50 milliards de dirham (1 dirham = 0,25 euro). «Nous avons atteint une croissance de 82 % des échanges commerciaux en deux ans», a-t-il signalé.

Il a indiqué que les investisseurs turcs étaient désireux d'accroître leurs investissements dans les Émirats arabes unies. 

En réponse à une question sur l'avenir des relations entre les deux pays, le cheikh Abdellah a affirmé: «Nous avons abordé certains sujets, notamment la question de l'énergie renouvelable, solaire et électrique. L'une des principales entreprises mondiales travaillant dans ce domaine aujourd'hui, à savoir la Abu Dhabi Future Energy Company (Masdar), est très intéressée par la recherche d'opportunités commerciales en Turquie.»

Il a ajouté que la Turquie avait un grand potentiel dans le domaine du tourisme.

«Notre intérêt ne se concentre pas seulement sur le travail en Turquie, mais aussi sur le travail avec la Turquie dans d'autres parties du monde, notamment en Afrique, en Amérique latine, en Asie centrale, en Asie du Sud-Est et en Asie du Sud», a-t-il souligné.

Lors de sa récente visite en Israël, Cavusoglu a déclaré que le dialogue était nécessaire et fructueux. «Des différences peuvent exister, mais rompre les relations n'est pas une solution. Nous avons transmis le message à nos frères palestiniens ainsi qu'aux Israéliens ; et nous nous efforcerons de prendre des mesures supplémentaires en collaboration avec l'Égypte à cet égard.»

Le cheikh Abdellah a souligné: «Il est évident qu'encourager le rétablissement du processus de paix et le dialogue entre Palestiniens et Israéliens est extrêmement important.»

Cavusoglu a soutenu que la Turquie déployait des efforts sur la stabilité de la Libye. «En ce qui concerne le Yémen, nous avons exprimé notre entière solidarité avec les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite suite aux attaques terroristes qui ont frappé les deux pays», a-t-il indiqué. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Craintes de violences pour la «marche des drapeaux» à Jérusalem

Des drapeaux drapés assistent aux funérailles de Yaakov Shalom, l'une des cinq personnes tuées lors de la fusillade d'hier dans la ville religieuse de Bnei Brak, au cimetière de Yarkon dans la ville israélienne de Petah Tikva, le 30 mars 2022 (Photo, AFP).
Des drapeaux drapés assistent aux funérailles de Yaakov Shalom, l'une des cinq personnes tuées lors de la fusillade d'hier dans la ville religieuse de Bnei Brak, au cimetière de Yarkon dans la ville israélienne de Petah Tikva, le 30 mars 2022 (Photo, AFP).
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  • Pour ce dimanche, la police s'est placée en état d'alerte
  • Autre élément en jeu: l'Iran, ennemi N.1 d'Israël et soutien du Hamas

JÉRUSALEM: La police israélienne est en état d'alerte dimanche à Jérusalem à l'occasion de la "marche des drapeaux", défilé marquant la conquête de la partie palestinienne de la ville par Israël, sur fond de craintes d'un nouvel embrasement.

L'an dernier, lors du jour prévu pour cette marche selon le calendrier hébraïque et après des jours de violences israélo-palestiniennes à Jérusalem-Est, le mouvement palestinien Hamas avait lancé des salves de roquettes sur Israël, prélude à une guerre de 11 jours entre les deux camps.

Pour ce dimanche, la police s'est placée en état d'alerte et indiqué avoir mobilisé 3.000 officiers pour la marche de "Yom Yerushalaïm" ou le "jour de Jérusalem" qui doit débuter à 16H00 locales (13H00 GMT).

Le défilé marque pour Israël la "réunification" de la Ville sainte après l'occupation en 1967 de sa partie palestinienne. Son trajet historique passe par la Vieille Ville située à Jérusalem-Est occupée, sans faire de crochet par l'esplanade des Mosquées, au coeur des tensions israélo-palestiniennes. 

Des groupes palestiniens ont menacé de "répondre" en cas de violences lors de la marche, voire si des participants se rendaient à l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam mais aussi site le plus sacré du judaïsme sous le nom de "Mont du Temple".

"Nous n'allons pas hésiter à user de tous les moyens possibles pour stopper une (éventuelle) incursion sur nos sites sacrés. Israël en paiera le prix fort", a déclaré samedi à l'AFP Ghazi Hamad, un membre du bureau politique du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza qui dit combattre une "judaïsation" de ce site.

Test calculé? 

Malgré les pressions, le Premier ministre israélien Naftali Bennett a assuré que la marche "se déroulera selon le trajet prévu, comme c'est le cas depuis des décennies", c'est-à-dire en passant par la Vieille Ville mais sans faire de détour par l'esplanade.

La marche est un "test personnel, voire un test de personnalité" pour M. Bennett, pour marquer sa différence par rapport à son prédécesseur, Benjamin Netanyahu, au pouvoir l'année dernière pendant la marche et la guerre, note le grand quotidien Yediot Aharonot.

"Netanyahu avait balbutié, hésité, pris une décision (d'autoriser la marche), pour ensuite se rétracter (sur le tracé) en raison des menaces du Hamas et nous avions eu malgré tout un barrage de roquettes (...) Bennett a opté pour une stratégie opposée, avec une politique calme et calculée (...)", poursuit le Yediot.

Quel est ce calcul? "Que le Hamas n'a aucun intérêt à se lancer dans une nouvelle guerre (...) car il se focalise sur la reconstruction de Gaza", estime Shlomo Mofaz, analyste sécuritaire et ex-haut gradé du renseignement militaire israélien.

Au cours des derniers mois, Israël a accordé des milliers de permis de travail sur son territoire à des Palestiniens de Gaza, dont le salaire sert à redonner un souffle économique à cette enclave minée par un chômage endémique.

"Saper la stabilité sécuritaire menacerait ses efforts et les progrès (économiques)", a déclaré samedi soir en allusion au Hamas, le commandant israélien Ghassan Alian.

 «Evitez l'escalade»! 

Si le Hamas n'a pas intérêt économiquement à une escalade, des violences à Jérusalem avec des blessés ou des morts palestiniens pourraient le pousser, ou d'autres groupes palestiniens armés comme le Jihad islamique, à passer à l'offensive, note M. Mofaz.

Autre élément en jeu: l'Iran, ennemi N.1 d'Israël et soutien du Hamas et du Jihad islamique.

Selon le New York Times, Israël a indiqué à Washington être responsable de la mort de Sayyad Khodaï, un important officier des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, tué par balles le 22 mai près de Téhéran.

"Peut-être qu'ils (les Iraniens) vont encourager (le Hamas ou le Jihad islamique) à briser la routine" et lancer des roquettes sur Israël, note M. Mofaz.

Le médiateur en chef de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a lui appelé Israéliens et Palestiniens "à faire preuve d'une retenue maximale" afin "d'éviter un nouveau conflit qui ne fera que plus de morts".

"Le message de la communauté internationale est clair: évitez une nouvelle escalade."


Soudan: deux morts dans de nouvelles manifestations anti-putsch

Des manifestants défilent lors d'un rassemblement contre les dirigeants militaires du pays à Khartoum la semaine dernière (Photo, Reuters).
Des manifestants défilent lors d'un rassemblement contre les dirigeants militaires du pays à Khartoum la semaine dernière (Photo, Reuters).
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  • Le putsch a brutalement mis fin à un fragile partage du pouvoir conclu entre civils et militaires
  • Déjà, selon l'ONU, un Soudanais sur deux souffrira de la faim d'ici la fin de l'année

KHARTOUM: Deux manifestant sont morts samedi dans la répression des manifestations qui se poursuivent au Soudan sept mois après un coup d'Etat qui a privé le pays, l'un des plus pauvres au monde, de toute aide internationale, selon des médecins.

Un manifestant a été "tué par balle" par les forces de sécurité et le second est mort "étouffé par les grenades lacrymogènes" à Khartoum, indique un syndicat de médecins prodémocratie

Ces décès portent à 98 le nombre de morts dans la répression des manifestations contre le pouvoir militaire en place depuis le coup d'Etat mené le 25 octobre par le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, selon cette source.

Depuis cette date, des centaines d'autres manifestants ont été blessés et autant arrêtés.

Le putsch a brutalement mis fin à un fragile partage du pouvoir conclu entre civils et militaires après la destitution par l'armée en 2019 du dictateur Omar el-Béchir au pouvoir durant trois décennies. 

Les Nations unies et l'Union africaine --qui a suspendu le Soudan-- plaident pour un dialogue entre toutes les forces politiques, sous peine de voir le pays sombrer définitivement "sur les plans économique et sécuritaire".

Déjà, selon l'ONU, un Soudanais sur deux souffrira de la faim d'ici la fin de l'année.

Mais, échaudés par le putsch, les civils refusent de dialoguer avec les militaires qui, eux, réclament des "compromis" aux prodémocratie.