Russie: l'opposition manifeste contre des fraudes «colossales» aux législatives

L'opposition au président Poutine a accusé les autorités de fraudes massives lors des législatives. (Photo, AFP)
L'opposition au président Poutine a accusé les autorités de fraudes massives lors des législatives. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 25 septembre 2021

Russie: l'opposition manifeste contre des fraudes «colossales» aux législatives

  • Le parti au pouvoir «Russie Unie a volé les sièges des députés», a déclaré devant la foule Valéri Rachkine, premier secrétaire du Parti communiste
  • «Poutine est un voleur», scandaient les manifestants, appelant également à libérer les prisonniers politiques

 MOSCOU: Plus d'un millier de Russes ont manifesté samedi à Moscou à l'appel du Parti communiste, protestant contre ce que les critiques du Kremlin ont qualifié de fraudes massives lors des dernières législatives, Vladimir Poutine saluant lui une "victoire convaincante".  

Sur une place Pouchkine noire de monde, des figures du Parti communiste ont harangué une foule compacte et calme, décriant un scrutin "volé", selon un correspondant de l'AFP sur place.

Le parti au pouvoir "Russie Unie a volé les sièges des députés", a déclaré devant la foule Valéri Rachkine, premier secrétaire du Parti communiste à Moscou, critiquant une "fraude électorale colossale à Moscou".

Vladimir Poutine a pour sa part salué samedi une "victoire convaincante", affirmant que la démocratie russe se renforçait, lors de cette rencontre avec les chefs de cinq partis ayant remporté des sièges au parlement, dont celui du Parti communiste, Guennadi Ziouganov.

Avant le début de la manifestation, non autorisée par les autorités, ces dernières ont arrêté plusieurs militants politiques dont Sergueï Oudaltsov, chef d'un parti de gauche radicale, a indiqué l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations en Russie.

Un important dispositif policier avait été mis en place sur la place Pouchkine, mais les forces de l'ordre n'ont pas tenté de disperser la manifestation, se contentant de diffuser de la musique à un volume élevé afin de noyer les discours prononcés par les manifestants. 

"Poutine est un voleur", scandaient les manifestants, appelant également à libérer les prisonniers politiques.

Certains brandissaient des pancartes réclamant que l'on recompte les votes, tandis que d'autres exprimaient leur soutien à l'opposant emprisonné Alexeï Navalny.

L'opposition au président Poutine a accusé les autorités de fraudes massives lors des législatives.

Ces dernières ont vu le parti du pouvoir rafler une majorité des deux tiers, assez pour réviser la Constitution, point final d'un scrutin sur-mesure dont avaient été exclus les détracteurs de Vladimir Poutine.

Alexeï Navalny et ses alliés, faute de pouvoir participer au scrutin après le classement de leur mouvement comme "extrémiste" par la justice, avaient mis au point une stratégie visant à encourager les Russes à donner leur voix aux candidats les mieux placés pour battre ceux du pouvoir, souvent des communistes.

Selon l'opposition, ce "vote intelligent" aurait remporté un large succès notamment à Moscou, mais a été contrecarré par les fraudes.

"Il n'y a pas que des membres du parti communiste, mais tout simplement l'électorat de l'opposition", a indiqué Deniza Lisova, 26 ans, freelance dans le domaine des réseaux sociaux, affirmant que toutes les couleurs politiques étaient représentées. "Nous avons tous soutenu le Parti communiste aux élections", a-t-elle ajouté, dénonçant des fraudes notamment lors du vote en ligne.   


Peng Shuai: des stars du tennis saluent la WTA pour son retrait de Chine

Cette photo d'archive prise Photo de Peng Shuai lors d'un de ses matchs à l'Open de France de Roland Garros 2018 à Paris. ( AFP)
Cette photo d'archive prise Photo de Peng Shuai lors d'un de ses matchs à l'Open de France de Roland Garros 2018 à Paris. ( AFP)
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  • La WTA s'inquiète du sort de l'ancienne numéro une mondiale en double, âgée de 35 ans, depuis qu'elle a accusé début novembre un ancien dirigeant chinois, de 40 ans son aîné, de l'avoir contrainte à un rapport sexuel.
  • En Chine, la fédération nationale de tennis reste muette

WASHINGTON: L'association qui gère le circuit professionnel féminin de tennis (WTA), a annoncé mercredi qu'elle suspendait ses tournois en Chine, à la suite du scandale sexuel dénoncé par la championne Peng Shuai.

La WTA s'inquiète du sort de l'ancienne numéro une mondiale en double, âgée de 35 ans, depuis qu'elle a accusé début novembre un ancien dirigeant chinois, de 40 ans son aîné, de l'avoir contrainte à un rapport sexuel.  

Une décision lourde mais une décision saluée: des grands noms du tennis ont chaleureusement accueilli la décision de la WTA, qui gère le circuit féminin de tennis, de suspendre les tournois en Chine, en soutien à la joueuse Peng Shuai qui a accusé un ex-haut dirigeant chinois d'agression sexuelle.


En réponse, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a dénoncé jeudi "toute politisation du sport".


La WTA a pris cette initiative en raison, selon son président Steve Simon, des "doutes sérieux" quant à la liberté de mouvement de la joueuse de 35 ans, ex-lauréate de Wimbledon et Roland-Garros en double.


Dans un communiqué virulent, il a annoncé mercredi soir "la suspension immédiate de tous les tournois WTA en Chine, y compris Hong Kong".

 


À Chypre, la petite communauté catholique est en effervescence pour l'arrivée du pape

Le Pape François saluant les religieuses après son audience générale dans le hall Paul VI, le 1er décembre 2021. (AFP).
Le Pape François saluant les religieuses après son audience générale dans le hall Paul VI, le 1er décembre 2021. (AFP).
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  • La visite du pape est attendue avec une grande impatience par les quelque 25 000 membres de la communauté catholique de ce pays
  • Pour les 5 000 à 7 000 fidèles de l'Église maronite, l’une des Églises catholiques orientales, la visite du pape constitue un signe d'espoir, en particulier pour ceux qui sont originaires du Liban et de la Syrie, pays voisins en crise

NICOSIE: Escalier de l'église repeint, chorales soigneusement préparées, vaccinations Covid à jour: l'effervescence règne au sein des communautés catholique et maronite de Chypre, où le pape François est attendu jeudi prochain.

Cette visite de deux jours sur l'île méditerranéenne est la deuxième d'un pape à Chypre après celle de Benoit XVI en 2010. Elle est attendue avec une grande impatience par les quelque 25 000 membres de la communauté catholique de ce pays qui compte plus d'un million d'habitants, à majorité orthodoxe (80%).

Pour les 5 000 à 7 000 fidèles de l'Église maronite, l’une des Églises catholiques orientales, la visite du pape constitue un signe d'espoir, en particulier pour ceux qui sont originaires du Liban et de la Syrie, pays voisins en crise, mais aussi pour ceux qui souhaitent un avenir pacifié sur cette île divisée.

«Beaucoup de Chypriotes-Grecs, de Chypriotes-Turcs et de maronites ont perdu leurs terres en raison de la guerre», rappelle Neophitou Christofou, un Chypriote maronite qui espère que la visite du pape pourra orienter l'île vers une «réunification».

Chypre est divisée depuis qu’elle a été envahie par l'armée turque, en 1974, en réaction au coup d'État de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce. La République de Chypre, membre de l'Union européenne, exerce son autorité au Sud. Au Nord, la République turque de Chypre-Nord (RTCN), autoproclamée, est uniquement reconnue par Ankara.

 


Affaire Peng Shuai: la WTA renonce à la Chine, quoi qu'il en coûte

La joueuse Peng Shuai a accusé d'abus sexuels un ex haut-dirigeant communiste chinois (Photo, AFP).
La joueuse Peng Shuai a accusé d'abus sexuels un ex haut-dirigeant communiste chinois (Photo, AFP).
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  • Dans un communiqué particulièrement virulent, le président de la WTA Steve Simon a annoncé une mesure forte de son instance et appelé les «dirigeants du monde» à le suivre
  • «J'annonce la suspension immédiate de tous les tournois WTA en Chine, y compris Hong Kong» écrit-il

PARIS: La WTA a annoncé mercredi la suspension des tournois féminins de tennis en Chine "quelles qu'en soient les conséquences financières" en soutien à la joueuse Peng Shuai qui a accusé d'abus sexuels un ex haut-dirigeant communiste chinois, mesure saluée par plusieurs champions de la discipline, dont Novak Djokovic.

Dans un communiqué particulièrement virulent, le président de la WTA Steve Simon a annoncé une mesure forte de son instance et appelé les "dirigeants du monde" à le suivre.

"J'annonce la suspension immédiate de tous les tournois WTA en Chine, y compris Hong Kong. En bonne conscience, je ne vois pas comment je peux demander à nos athlètes d'y participer à des tournois quand Peng Shuai n'est pas autorisée à communiquer librement et a, semble-t-il, subi des pressions pour revenir sur ses allégations d'abus sexuels", écrit Steve Simon.

Il a ajouté être "très inquiet des risques que toutes nos joueuses et nos staffs prendraient si nous organisions des tournois en Chine en 2022 (...) Les dirigeants de la Chine n'ont pas laissé de choix à la WTA".

Le N.1 mondial de tennis Novak Djokovic, toujours en course en Coupe Davis, y a apporté son soutien sans réserve depuis Madrid mercredi soir.

"Je soutiens complètement la position de la WTA parce qu'on n'a pas assez d'informations sur Shuai Peng", a-t-il affirmé.

Billie Jean King, 12 fois championne du Grand Chelem en simple, a également salué la démarche. 

"J'applaudis Steve Simon et la direction de la @WTA pour avoir pris une position forte sur la défense des droits de l'homme en Chine et dans le monde entier", a-t-elle tweeté. 

Appel aux leaders

Aucun tournoi WTA n'était prévu avant la fin de l'année et le calendrier 2022 n'a pas encore été publié.

Lors de la saison 2019, la dernière à ne pas avoir été impactée par le Covid-19, 10 tournois avaient été organisés en Chine, dont les Masters féminins de fin d'année qui, avec 14 millions de dollars, avaient été mieux dotés financièrement que leurs équivalents masculins.

"La WTA fera tout son possible pour protéger ses joueuses, a affirmé Simon. J'espère que les dirigeants du monde vont continuer à se manifester pour que justice soit rendue à Peng et à toutes les femmes, quelles qu'en soient les conséquences financières."

Peng Shuai, 35 ans, avait disparu quelques jours en novembre après avoir publié sur le réseau social chinois Weibo un long message dans lequel elle accusait l'ex-vice Premier ministre Zhang Gaoli, de 40 ans son aîné et retraité depuis, de l'avoir abusée sexuellement avant d'en faire sa maîtresse.

De nombreuses stars du tennis mondial, de Chris Evert à Djokovic déjà, et plusieurs pays occidentaux, notamment la France et les Etats-Unis, mais aussi l'Union européenne et l'ONU, ont demandé à Pékin de clarifier le sort de Peng Shuai.

La jeune femme est réapparue le 21 novembre dans un restaurant de Pékin et lors d'un tournoi de tennis organisé dans la capitale chinoise, selon des vidéos publiées par des médias officiels.

«Doutes sérieux»

Elle a aussi déclaré lors d'une visioconférence avec le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach, être "saine et sauve à son domicile à Pékin" mais qu'elle "aimerait que sa vie privée soit respectée". La membre chinoise du Comité olympique, Li Lingwei, participait à cette visioconférence.

"Même si nous savons maintenant où se trouve Peng, j'ai des doutes sérieux concernant le fait qu'elle soit libre, en sécurité et qu'elle ne soit pas soumise à la censure, à la coercition ni à l'intimidation", a affirmé mercredi Steve Simon.

"Les dirigeants chinois ont eu des occasions de lever la censure, de prouver de façon vérifiable que Peng était libre et en mesure de s'exprimer sans intervention extérieure ni intimidation, et de mener une enquête complète, juste et transparente sur ses accusations d'abus sexuels", ajoute-t-il en regrettant que Pékin n'ait pas "agi de façon crédible".

La seule réaction officielle de Pékin à ce jour a été un appel lancé le 23 novembre par le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, à "cesser de délibérément monter en épingle cette question à des fins hostiles, et surtout d'en faire une question politique".

"Rien de tout cela n'est acceptable et ne le sera jamais. Si les puissants peuvent supprimer les voix de femmes et balayer sous le tapis des accusations d'abus sexuels, alors les fondements sur lesquels reposent la WTA - égalité pour les femmes - seraient fortement ébranlés. Je ne peux pas laisser ça arriver aux joueuses et je ne le laisserai pas faire", martèle Steve Simon.

Parmi les premières à réagir à cette décision du président de la WTA, la Tchèque Petra Kvitova avait tweeté un émoji applaudissant, tandis que la Française Alizé Cornet a écrit "Quel leader !".

L'ex-N.1 mondial Andy Roddick a souligné le risque pris par le patron de la WTA: "Bien agir est bien plus facile quand ça ne coûte rien. Respect."

"La WTA est restée ferme et fidèle à ses valeurs depuis le début et nous comprenons leur décision", a pour sa part déclaré la Fédération internationale (ITF) à l'AFP.